Une méthode pour financer
Les Etats parties à la Convention se sont accordés sur un plan de mobilisation des ressources financières, point essentiel pour passer du déclaratif à l’action. Cet accord comporte les points conclusifs suivants :
- augmenter fortement les flux financiers pour la biodiversité et de manière suffisante pour couvrir la mise en œuvre du plan stratégique 2011-2020 ;
- le pourcentage de l'Aide Publique au Développement dédié à la biodiversité, les financements nationaux biodiversité, les produits de taxes vertes, le nombre d'instruments innovants de financements… sont adoptés comme indicateurs de l'effort fait par chaque pays en faveur de la biodiversité ;
- d'ici à 2012, une méthode pour calculer précisément ce qui va à la biodiversité (Aide Publique au Développement, budgets nationaux, flux privés, fondations, ONG, etc...) est élaborée et mise en œuvre par chacun des 193 pays de la convention ; les pays proposent leurs chiffres au secrétariat exécutif de la CDB ;
- à la COP 11 qui se réunira en 2012, sur la base du chiffrage réalisé ci-dessus, seront fixés des objectifs d'augmentation de financement pour la période 2012-2020 et la mise en œuvre des mesures du Plan stratégique.
Ces points, certes techniques, sont importants car ils permettent d’avancer vers une stratégie financière et ils font des financements un marqueur de l’engagement des états.
D’ailleurs, il a fallu vaincre les blocages de nombreux états qui ne voulaient ni indicateurs, ni stratégie financière…
Des annonces de financements
A Nagoya, plusieurs pays ont annoncé l’engagement de financements, ainsi le Japon pour 2 milliards de dollars sur 3 ans destinés à lutter contre la déforestation, l’Allemagne pour 500 millions d’euros annuels, la Norvège et la France avec un plan détaillé qui prévoit :
- le taux d’Aide Publique au Développement consacré à la biodiversité est porté à 10% (c’est un engagement Grenelle que la Ligue Roc et l’UICN avait rappelé en préparation à la conférence) ;
- l’aide au pays du sud dans le domaine de la biodiversité sera doublée d’ici 2012, puis augmentée pour atteindre 500 millions d’euros/an en 2014.
D’ici 2020, la France consacrera donc 4 milliards d’euros à la préservation de la biodiversité mondiale.
Ces différentes annonces ont joué un rôle important pour convaincre les pays du sud à s’engager sur le plan stratégique. Il faut maintenant que les pays tiennent leurs engagements.
En France, nous avons obtenu que les engagements pris à Nagoya soient suivis au sein du Comité national de la Stratégie Nationale Biodiversité, afin que la mise en œuvre se fasse dans la transparence.



