IPBES kesako ?
IPBES signifie « Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services », on parle aussi de GIEB pour Groupe Intergouvernemental d’Expertise sur la Biodiversité par analogie avec le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat).
Il s’agit donc de se doter d’une instance d’expertise scientifique internationale unique, crédible, reconnue et indépendante dans le domaine de la biodiversité. Elle travaillerait à synthétiser la connaissance et à la rendre disponible, elle pourrait réaliser des évaluations périodiques globales ou régionales de l’état de la biodiversité, élaborer des scénarios pour le futur, répondre à des questions d’actualité si nécessaire. En bref, être l’outil d’aide à la décision dont la biodiversité a besoin, à l’instar de ce que le GIEC a apporté à la question climatique. IPBES sera informatif mais non prescriptif (comme le GIEC).
Un processus qui dure
Cette idée a démarré en 2005 par un appel de la communauté scientifique lors de la Conférence internationale de Paris « Biodiversité, sciences, gouvernance ». Elle a débouché sur l’initiative IMOSEB initiée par la France et devenue IPBES lors de sa prise en charge par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement.
Cette initiative a longtemps rencontré l’hostilité de certains pays, tels le Brésil ou la Chine, soucieux de sauvegarder ce qu’ils estiment être du niveau de leur souveraineté (la diversité biologique située sur leur territoire), l’Union Européenne et notamment la France, étant à l’inverse, moteurs.
Plusieurs rebondissements ont émaillé le processus, dont le dernier lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies en septembre 2010 (voir notre rubrique GIEB). On pensait, en effet, que la création de IPBES serait officialisée lors de cette réunion, il n’en a rien été.
Pour des raisons « diplomatico-techniques » a-t-on dit. Ces raisons cachent en fait les tractations en cours autour du traité sur l’Accès et le Partage des Avantages dont la signature conditionne tout le reste. Pour s’engager en faveur de la biodiversité, les pays du sud souhaitent en effet des progrès sur la question globale des financements dont l’APA est pour eux la pierre d’angle (voir article « les enjeux de Nagoya »).
Les scientifiques seront au cœur d’IPBES qui sera conçu sur le modèle du GIEC avec des groupes de travail (qui pourront probablement évoluer au cours du temps) et une plénière regroupant tous les scientifiques, les représentants des pays et les parties prenantes associées (comme les ONG). Les décisions finales étant prises par les Gouvernements (un pays, une voix). La revue des rapports par les pairs sera la règle. Il y aurait un Président et 4 vice-présidents pour assurer notamment les équilibres régionaux.
Résultat de Nagoya
Les 193 pays ont adopté une résolution extrêmement positive sur le projet d'IPBES. Elle réaffirme la volonté de tous de le créer et invite l'assemblée générale des Nations Unies à acter cette création le plus rapidement possible donc, on l'espère, lors de sa cession de fin d'année. Les candidatures pour le siège de l'organisation seront alors ouvertes (la France ne le sera que si aucun pays du sud ne l'est, afin de leur laisser la priorité). IPBES pourrait dès lors être opérationnel pour le sommet de Rio+20 en 2012.



