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L'IPBES vite !

IPBES kesako ?
IPBES signifie « Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services », on parle aussi de GIEB pour Groupe Intergouvernemental d’Expertise sur la Biodiversité par analogie avec le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat).

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Plan stratégique 2011-2020

L’enjeu d’un plan ambitieux pour 2020

L’adoption d’un plan stratégique pour les 10 ans à venir était bien sûr un enjeu majeur de la Conférence de Nagoya, notamment après l’échec de l’engagement pris en 2002 visant à freiner l’érosion de la biodiversité d’ici à 2010. Cette feuille de route se devait d’être à la fois ambitieuse et mobilisatrice, ouvrant la voix d’un vrai changement de cap et d’une nouvelle donne en faveur de la biodiversité.

Les 193 pays ont en effet abouti à un texte fort, comportant une « vision à 2050 », une mission opérationnelle pour 2020, devant être atteinte par 20 objectifs (dits objectifs d’Aïchi, Aïchi étant la région où est situé Nagoya), organisés pour répondre à 5 buts stratégiques.

Le texte intégral de ce plan figure ci-dessous (selon une traduction non officielle, fournie par le Ministère français).

Plan stratégique pour la période 2011-2020
« Vivre en harmonie avec la nature »
Traduction de « courtoisie » (MEEDDM novembre 2010)

VISION 2050

La vision de ce Plan stratégique est de « Vivre en harmonie avec la nature », à savoir, « d’ici à 2050, la diversité biologique est valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse, en assurant le maintien des services d’écosystèmes, en maintenant la planète en bonne santé et en procurant des avantages essentiels à tous les peuples ».

LA MISSION DU PLAN STRATEGIQUE 2020

Prendre des mesures efficaces et urgentes pour mettre un terme à l’appauvrissement de la diversité biologique, afin de s’assurer que d’ici à 2020, les écosystèmes sont résilients et continuent de fournir des services essentiels, préservant ainsi la diversité de la vie sur Terre, et contribuant au bien-être humain et à l’élimination de la pauvreté.

Pour garantir ceci, les pressions exercées sur la diversité biologique sont réduites, les écosystèmes sont restaurés, les ressources biologiques sont utilisées d’une manière durable et les avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques sont partagés d’une manière juste et équitable, des ressources financières suffisantes sont fournies, les capacités sont renforcées, les considérations relatives à la diversité biologique et la valeur de la diversité biologique sont intégrées, des politiques appropriées sont appliquées de manière efficace, et les processus décisionnels s’appuient sur des bases scientifiques solides.

BUTS STRATEGIQUES ET GRANDS OBJECTIFS POUR 2010

Le Plan stratégique comprend 20 grans objectifs pour 2020, regroupés en cinq buts stratégiques. Les buts et les objectifs comprennent à la fois : i) des aspirations à satisfaire au niveau mondial et ii) un cadre souple pour les objectifs nationaux ou régionaux. Les Parties sont invitées à établir leurs propres objectifs, en fonction de leurs besoins et de leurs priorités, tout en respectant ce cadre souple et en tenant compte de la contribution de chaque pays à la réalisation des buts mondiaux. Tous les pays ne devront pas nécessairement élaborer un objectif national pour chacun des objectifs mondiaux. Dans certains pays, le but mondial établi au moyen de certains objectifs aura déjà été atteint, ou il ne sera pas pertinent dans certains pays.

But stratégique A : Gérer les causes sous-jacentes de l’appauvrissement de la diversité biologique en intégrant la diversité biologique dans l’ensemble du gouvernement et de la société.

Objectif 1 : D’ici à 2020 au plus tard, les individus sont conscients des valeurs de la diversité biologique et des mesures qu’ils peuvent prendre pour la conserver et l’utiliser de manière durable.
Objectif 2 : D’ici à 2020 au plus tard, les valeurs de la diversité biologique ont été intégrées dans les stratégies et les processus de planification nationaux et locaux de développement et de réduction de la pauvreté, et incorporés dans les comptes nationaux, selon que de besoin, et dans les systèmes de la notification.
Objectif 3 : D’ici à 2020 au plus tard, les incitations, y compris les subventions néfastes pour la diversité biologique, sont éliminées, réduites progressivement ou réformées, afin de réduire au minimum ou d’éviter les impacts défavorables, et des incitations positives en faveur de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique sont élaborées et appliquées, d’une manière compatible et en harmonie avec les dispositions de la Convention et les obligations internationales en vigueur, en tenant compte des conditions socioéconomiques nationales.
Objectif 4 : D’ici à 2020 au plus tard, les gouvernements, les entreprises et les parties prenantes, à tous les niveaux, ont pris des mesures ou ont appliqué des plans pour assurer une production et une consommation durables, et ont maintenu les incidences de l’utilisation des ressources naturelles dans des limites écologiques sûres.

But stratégique B : Réduire les pressions directes exercées sur la diversité biologique et encourager l’utilisation durable.



Objectif 5 : D’ici à 2020, le rythme d’appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts est réduit de moitié au moins et là ou cela est possible ramené près de zéro, et la dégradation et la fragmentation des habitats sont sensiblement réduites.
Objectif 6 : D’ici à 2020, tous les stocks de poissons et d’invertébrés et plantes aquatiques sont gérés et récoltés d’une manière durable, légale et en appliquant des approches fondées sur les écosystèmes, de telle sorte que la surpêche soit évitée, des plans et des mesures de récupération sont en place pour toutes les espèces épuisées, les pêcheries n’ont pas d’impacts négatifs marqués sur les espèces menacées et les écosystèmes vulnérables, et l’impact de la pêche sur les stocks, les espèces et les écosystèmes restent dans des limites écologiques sûres.
Objectif 7 : D’ici à 2020, les zones consacrées à l’agriculture, l’aquaculture et la sylviculture sont gérées d’une manière durable, afin d’assurer la conservation de la diversité biologique.
Objectif 8 : D’ici à 2020, la pollution, notamment celle causée par l’excès d’éléments nutritifs, est ramenée à un niveau qui n’a pas d’effet néfaste sur les fonctions des écosystèmes et la diversité biologique.
Objectif 9 : D’ici à 2020, les espèces exotiques envahissantes et les voies d’introduction sont identifiées et classées en ordre de priorité, les espèces prioritaires sont contrôlées ou éradiquées et des mesures sont en place pour gérer les voies de pénétration, afin d’empêcher l’introduction et l’établissement de ces espèces.
Objectif 10 : D’ici à 2015, les nombreuses pressions anthropiques exercées sur les récifs coralliens et les autres écosystèmes vulnérables marins et côtiers affectés par les changements climatiques ou l’acidification des océans sont réduites au minimum, afin de préserver leur intégrité et leur fonctionnement.

But stratégique C : Améliorer l’état de la diversité biologique en sauvegardant les écosystèmes, les espèces et la diversité génétique.

Objectif 11 : D’ici à 2020, au moins 17% des zones terrestres et d’eaux intérieures, 10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services rendus par les écosystèmes, sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement et équitablement et d’autres mesures de conservation effectives par zone, et intégrées dans les paysages terrestres et marins plus larges.
Objectif 12 : D’ici à 2020, l’extinction d’espèces menacées connues est évitée et leur état de conservation, en particulier de celles qui tombent le plus en déclin, est amélioré et maintenu.
Objectif 13 : D’ici à 2020, la diversité génétique des plantes cultivées, des animaux d’élevage et domestiques et des parents pauvres, y compris celle d’autres espèces qui ont une valeur socio-économique ou culturelle, est préservée, et des stratégies sont élaborées et mises en oeuvre pour réduire au minimum l’érosion génétique et sauvegarder leur diversité génétique.

But stratégique D : Renforcer les avantages retirés pour tous de la diversité biologique et des services rendus par les écosystèmes.

Objectif 14 : D’ici à 2020, les écosystèmes qui fournissent des services essentiels, en particulier les services liés à l’eau, et contribuent à la santé, aux moyens de subsistance et au bien-être, sont sauvegardés et restaurés, prenant en compte les besoins des femmes, des communautés autochtones et locales, et des populations pauvres et vulnérables.
Objectif 15 : D’ici à 2020, la résilience des écosystèmes et la contribution de la diversité biologique aux stocks de carbone sont améliorées, grâce aux mesures de conservation et restauration, y compris la restauration d’au moins 15% des écosystèmes dégradés, contribuant ainsi à l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à ceux-ci, ainsi qu’à la lutte contre la désertification.
Objectif 16 : D’ici à 2015, le protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages issus de leur utilisation est en vigueur et opérationnel, en cohérence avec les législations nationales.

But stratégique E : Renforcer la mise en oeuvre au moyen d’une planification participative, de la gestion des connaissances et du renforcement des capacités.

Objectif 17 : D’ici à 2015, toutes les Parties ont élaboré et adopté en tant qu’instrument de politique générale, et commencé à mettre en oeuvre une stratégie et un plan d’action nationaux efficaces, participatifs et actualisés pour la diversité biologique.
Objectif 18 : D’ici à 2020, les connaissances, innovations et pratiques traditionnelles des communautés autochtones et locales qui présentent un intérêt pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique, ainsi que leur utilisation coutumière durable, sont respectées, sous réserve des dispositions de la législation nationale et des obligations internationales en vigueur, et sont pleinement intégrées et prises en compte dans le cadre de l’application de la Convention, avec la participation entière et effective des communautés autochtones et locales, à tous les niveaux pertinents.
Objectif 19 : D’ici à 2020, les connaissances, la base scientifique et les technologies associées à la diversité biologique, ses valeurs, son fonctionnement, son état et ses tendances, et les conséquences de son appauvrissement, sont améliorées, largement partagées et transférées, et appliquées.
Objectif 20 : D’ici à 2020, au plus tard, la mobilisation des ressources pour mettre en oeuvre efficacement le Plan Stratégique 2011-2020 à partir de toutes les sources et en accord avec le processus consolidé et agréé dans la Stratégie de Mobilisation des Ressources devrait s’accroître substantiellement par rapport au niveau actuel. Cette cible sera sujette à évolution en fonction des évaluations des besoins de ressources devant être développées et rapportées par les Parties.

Pour conclure

Si l’on se replace dans le contexte de la CDB, une convention internationale multi-parties, qui nécessite donc obligatoirement des tractations et des compromis… (à élaborer à vitesse diplomatique !), ce plan est intéressant.

Certes, la rédaction amoindrit parfois la force des sujets, ou certains objectifs ne sont pas au niveau espéré (tels ceux sur les aires protégées -objectif 11- avec 17% fixés pour les aires terrestres et 10% pour les aires marines quand on attendait 25% et 15%). Cela étant, il faut lire cet ensemble à l’aune d’une négociation à 193 pays dont des pays du Sud qui mettent en balance l’action en faveur de la biodiversité avec celle en faveur de la pauvreté et du développement, indiquant qu’ils ne peuvent tout financer. Cet argument ne peut évidemment pas être balayé d’un revers de la main, car ces sujets sont cruciaux pour des millions de personnes, mais il faut rappeler que biodiversité et pauvreté sont des enjeux liés. En face, des pays du Nord arguent de la crise économique pour dire qu’il n’est pas possible de faire…

Au final, l’apport de ce plan est bien d’aller au-delà des seules déclarations incantatoires en détaillant des objectifs, en fixant des axes de travail y compris sur des enjeux lourds et majeurs (subventions néfastes, activités sectorielles, etc...).
Il peut donc constituer une feuille de route structurante pour les pays Parties qui doivent le décliner à travers leur stratégie nationale.
Et il sera intéressant de voir si la France - pays parmi les « riches » - remplit ses engagements, c’est tout sauf certain. La Ligue Roc sera vigilante et force de propositions pour que la prochaine Stratégie Nationale pour la Biodiversité soit la plus ambitieuse possible pour décliner ces objectifs internationaux.

Enfin, la force des accords de Nagoya c’est que l’adoption de ce plan s’accompagne aussi de décisions pour un plan de mobilisation des ressources financières.

 

Qu'est-ce que la CDB ?

La Convention sur la diversité biologique (CDB) est l'une des trois conventions signées au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992 ; les deux autres conventions étant la Convention sur les Changements Climatiques et la Convention de lutte contre la désertification.

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Troisième édition du rapport sur les "Perspectives mondiales de la biodiversité"

« Le monde a échoué dans l’atteinte de l’objectif qu’il s’était fixé de parvenir à une réduction significative du taux de perte de biodiversité d’ici à 2010, Année internationale de la biodiversité », a révélé aujourd’hui M. Delfin J. Ganapin, Directeur du Programme de microfinancements (PMF) du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  M. Ganapin prenait la parole au cours d’une Conférence de presse tenue au Siège de l’ONU, à l’occasion de la publication de la nouvelle édition des « Perspectives mondiales de la biodiversité », élaborée par la Convention sur la diversité biologique (CDB).

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Charte de Syracuse : La biodiversité promue "grande cause mondiale" par le G8

Les ministres de l’Environnement du G8 et des pays émergents réunis à Syracuse ont adopté une "charte" vendredi 24 avril 2009, faisant de la biodiversité une grande cause mondiale au même titre que la lutte contre le réchauffement climatique.
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