Les conséquences liées à l'utilisation des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) en termes de réchauffement climatique n'ont échappé à personne. L'acidification des océans est un autre, et beaucoup moins connu, effet causé par les quelques 79 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) libérées dans l'atmosphère chaque jour, non seulement à cause de la combustion des carburants fossiles mais aussi suite à la déforestation et de la production de ciment. Depuis le début de la révolution industrielle, un tiers du CO2 a été absorbé par les océans, qui contribuent donc à modérer le réchauffement global. Sans cette faculté, la quantité de CO2 dans l'atmosphère et ses conséquences sur le climat seraient beaucoup plus importantes que celles qui sont observées et prévues. La dissolution du CO2 dans l'eau de mer entraîne une diminution du pH et de la concentration d'ions carbonates (CO32-). Les conséquences de ce phénomène n'ont commencé à être étudiées qu'à partir de la fin des années 1990 et restent méconnues. Parmi les plus probables : la diminution de la croissance des organismes à squelette calcaire (coraux, mollusques, algues...).
Le terme “acidification des océans” peut être trompeur. Les océans ne deviendront pas acides (c’est à dire que leur pH de deviendra pas inférieur à 7), du moins pas dans un avenir prévisible. Le terme “acidification” signifie que le pH des océans baisse. Aujourd'hui, les océans ont un pH de 8.1 (ils sont donc légèrement basiques), soit 0.1 unité plus faible qu'au moment de la révolution industrielle. Une différence de 0.1 unité peut paraître faible, mais l'échelle de pH étant logarithmique une diminution de 0.1 unité représente une augmentation en concentration d’ions hydrogènes (H+) de 30 %. Des simulations ont montré que le pH pourrait atteindre 7.8 vers la fin du siècle, une valeur que les écosystèmes marins n'ont pas connu depuis plusieurs millions d'années.
Qu'est-ce qu'EPOCA?
Le projet européen EPOCA (European Project on OCean Acidification) a été lancé en juin 2008 avec l'objectif d'étudier les conséquences biologiques, écologiques, biogéochimiques et sociétales de l'acidification des océans. Le consortium d'EPOCA réunit plus de 160 chercheurs de 32 institutions et 10 pays européens (Allemagne, Belgique, France, Grande Bretagne, Islande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Suède et Suisse).
Voir le site de EPOCA ici : http://www.epoca-project.eu/index.php/home/summaries-in-different-languages/in-french.html
Ou télécharger un résumé au format pdf en cliquant ici




