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L'épandage excessif de produits phytosanitaires est un problème mondial qui est apparu avec le développement de l'agriculture intensive. En effet, ces produits souvent persistants et donc peu biodégradables, épandus massivement sur des champs de superficie importante, finissent par s'accumuler dans les terres agricoles et peuvent contaminer les veines d'eau souterraines. Ceci peut conduire à toute sorte de problèmes écologiques importants, tel que les phénomènes d'eutrophisation dans les cours d'eau, dus aux épandages excessifs d'engrais azotés. Ce problème est pris très au sérieux par la Norvège, dont l'agriculture n'y échappe pas. Dans ce contexte, le Conseil de Recherche de Norvège a financé un projet qui étudie le problème d'épandage des désherbants de manière originale.
On pourrait résumer cette approche ainsi : Comment épandre les désherbants seulement aux endroits où ils sont nécessaires, avec la quantité juste nécessaire à leur efficacité, au lieu de les épandre sur l'ensemble du champ et en quantités disproportionnées ? En effet, les agriculteurs pourraient diviser leur consommation d'herbicides par deux s'ils répandaient ces produits chimiques seulement sur les plantes à éliminer.
Pour le département ICT (Technologies de l'Information et de la Communication) de SINTEF, la réponse à cette question réside dans l'utilisation combinée des systèmes d'épandage à des programmes d'analyse d'images en temps réel. Le programme développé doit ainsi être capable de faire la distinction entre les mauvaises herbes et les plantes cultivées en temps réel durant l'épandage, ce qui rend alors possible l'épandage de désherbant uniquement sur les végétaux que l'on souhaite éliminer. Mais le programme doit aussi être capable d'évaluer la quantité de mauvaises herbes en un point donné afin de calculer la juste quantité de désherbant à y apporter pour leur élimination. Pour arriver à un tel résultat, les technique de traitement d'images utilisés ici font appel à des algorithmes de reconnaissance des formes, utilisés sur les feuilles des plantes, qui sont par exemples longues et fines pour le blé, et plus petites et rondes pour les mauvaises herbes.
Cependant le projet ne se résume pas qu'à des algorithmes d'analyse d'images et est en fait très multidisciplinaire. Pour espérer arriver à un résultat probant, plusieurs organismes ont mis en commun leur savoir et se sont impliqués dans ce projet. Bioforsk Plantehelse (Institut Norvégien de Recherche Environnementale et Agricole) a identifié le seuil critique de dommage des mauvaises herbes, c'est-à-dire le seuil à partir duquel le désherbant doit être épandu. DAT and Adigo, les manufacturiers d'équipement agricole, et les scientifiques de SINTEF, ont quant à eux coopéré pour la mise au point des algorithmes de calcul et des techniques d'analyse d'images.
Adigo a déjà produit un robot autonome à quatre roues qui peut se déplacer sur un champ. La prochaine étape consistera à intégrer le mécanisme dans une boîte installée directement sur la rampe de pulvérisation à l'arrière du tracteur. Adigo pense pouvoir mettre son système sur le marché en 2012. S'il rencontre un bon accueil auprès des agriculteurs norvégiens, il est très probable que ce système pourra aussi rencontrer un succès commercial dans d'autres pays, puis être par la suite adapté à d'autres épandages que celui des désherbants.




