Comment se créent les barrières de reproduction qui isolent les espèces les unes des autres ? Une étude génétique réalisée par l’équipe d’Olivier Loudet, à l’INRA de Versailles en collaboration avec l’université de Nottingham, révèle un des aspects de leur mise en place dans le génome au cours de l’évolution. Ce travail explique pourquoi certaines descendances de croisements ne sont pas viables chez la plante modèle Arabidopsis thaliana, et fournit un mécanisme potentiel pour la formation de sous espèces au sein de populations apparemment homogènes. Ces résultats sont publiés dans la revue "SCIENCE" du 30 janvier 2009.
Spécialisés dans la génétique de la plante modèle Arabidopsis thaliana, les chercheurs ont d’abord constaté que la descendance du croisement entre deux souches naturelles de la plante, Columbia (Col) et Cape Verde Island (Cvi), n’obéissait pas totalement aux lois classiques de l’hérédité de Mendel : certains individus résultant d’une combinaison génétique spécifique des deux génomes parentaux manquaient à l’appel.
Ils ont découvert que ceci correspondait à une incompatibilité entre deux régions chromosomiques, portées par le chromosome 1 de Col et le chromosome 5 de Cvi, qui ne se retrouvaient jamais ensemble à l’état homozygote dans le génome des plantes issues de leur croisement.




