Pour expliquer ces changements de menus et de convives, les chercheurs ont pris leur casquette de géologues afin d'étudier la géographie et les climats de l'Ordovicien. Par exemple, l'équipe de Lille a travaillé sur le climat en modélisant les taux de CO2 présents durant cette période. D'autres chercheurs se sont attachés à établir la hauteur des océans, d'autres encore ont été chargés de l'étude de la répartition des continents. Mises bout à bout, ces informations ont permis de retracer en quelque sorte la carte d'identité de la Terre durant cette période : à l'époque, Rodinia, le supercontinent présent au Précambrien, s'est fragmenté en de nombreux continents plus petits, le niveau des océans était 200 mètres environ plus élevé qu'aujourd'hui et le climat était plus chaud. « Cette situation a abouti à la présence de nombreuses plateformes tropicales, un peu à l'image de celles qui existent actuellement dans l'Océan indien et les Caraïbes et qui sont très riches en biodiversité marine. De fait, durant l'Ordovicien, tous les ingrédients étaient réunis pour que survienne l'explosion de la biodiversité», conclut Thomas Servais.
Et le terme « explosion » n'est pas usurpé. Ainsi, dès le début de l'Ordovicien, les acritarches, des micro-organismes qui font partie du phytoplancton et qui sont à la base de la chaîne alimentaire, se sont diversifiés et ont proliféré. « Cette abondance a profité tout d'abord aux invertébrés suspensivores4 comme les coraux et a posé les bases de la planctotrophie, c'est-à -dire que certaines larves comme par exemple celles de gastéropodes, commencent à se nourrir de phytoplancton, explique Thomas Servais. Par ailleurs, dans le même temps, se sont développés différents types de zooplancton qui se sont répandus dans la colonne d'eau. Enfin, sont apparus les céphalopodes pélagiques – des mollusques, ancêtres des calmars ou des seiches, par exemple – et les premiers poissons. » En résumé, grâce à un climat et à une géographie favorables, en à peine 25 millions d'années, « un laps de temps relativement court à l'échelle de la Terre », précise le chercheur, les océans se sont gorgés de nourriture variée et se sont donc peuplés d'une vie tout aussi diverse.
Et le terme « explosion » n'est pas usurpé. Ainsi, dès le début de l'Ordovicien, les acritarches, des micro-organismes qui font partie du phytoplancton et qui sont à la base de la chaîne alimentaire, se sont diversifiés et ont proliféré. « Cette abondance a profité tout d'abord aux invertébrés suspensivores4 comme les coraux et a posé les bases de la planctotrophie, c'est-à -dire que certaines larves comme par exemple celles de gastéropodes, commencent à se nourrir de phytoplancton, explique Thomas Servais. Par ailleurs, dans le même temps, se sont développés différents types de zooplancton qui se sont répandus dans la colonne d'eau. Enfin, sont apparus les céphalopodes pélagiques – des mollusques, ancêtres des calmars ou des seiches, par exemple – et les premiers poissons. » En résumé, grâce à un climat et à une géographie favorables, en à peine 25 millions d'années, « un laps de temps relativement court à l'échelle de la Terre », précise le chercheur, les océans se sont gorgés de nourriture variée et se sont donc peuplés d'une vie tout aussi diverse.
Françoise Dupuy-Maury
Notes :
1. Laboratoire CNRS / Université Lille-I.Â
2. « Understanding the Great Ordovician Biodiversification Event (GOBE): Influences of Paleogeography, Paleoclimate, or Paleoecology », GSA Today, vol. 19, n° 4, avril 2009.
3. Vertébrés, mollusques, arthropodes, etc.
4. Qui filtrent l'eau située juste au-dessus des fonds marins pour se nourrir des particules qu'elle contient.




