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Les dernières données environnementales mesurées dans la Mer de Barents montrent que ses eaux seraient riches et relativement peu polluées.
La campagne de mesure de cette année a été conduite par un groupe de surveillance environnementale composé d'experts et dirigé par l'IMR (institut de recherche marine). Les résultats sont diffusés par miljøstatus (portail gouvernemental de diffusion de l'information environnementale). Des campagnes de mesure de la pollution sont menées dans la mer de Norvège et la mer de Barents depuis plus de 30 ans. "Nous suivons de près l'évolution des éléments polluants dans la mer de Barents. Certains restent très longtemps dans l'écosystème et peuvent ainsi s'accumuler dans la chaîne alimentaire et remonter jusqu'aux grands animaux et à l'être humain. Nous travaillons pour une règlementation internationale plus stricte.", explique Ellen Hambro, directrice de KLIF (agence norvégienne de contrôle du climat et de la pollution).
L'écosystème de la mer de Barents est influencé de façon significative par les variations climatiques. Un trait caractéristique de la mer de Barents est que les facteurs climatiques comme la température et la quantité de glace de mer varient considérablement d'année en année. Cela a des effets importants sur l'écosystème. Les températures de l'eau dans la mer de Barents ont montré une tendance croissante au cours des 30 dernières années, avec un maximum en 2006. Depuis, la température a légèrement diminué, mais est encore globalement au dessus de la moyenne des 30 dernières années. En parallèle, l'étendue de la glace de mer a diminué, et il est arrivé plusieurs fois ces 10 dernières années que la mer de Barents soit entièrement libre de glace en été.
Cette augmentation est positive pour le stock de poissons. La morue est un prédateur important, au sommet de l'écosystème. Elle se nourrit d'un large éventail de proies, qui peut changer en fonction de la qualité des aliments et de la disponibilité. Le capelan est une proie particulièrement privilégiée, et la population de morues est grandement influencée par les fluctuations du stock de capelan. Les stocks de morue ont augmenté depuis le début des années 2000, et l'année 2011 présente une quantité de poissons adultes (géniteurs) historiquement élevée. Cela est du à une gestion réussie, grâce aux accords de coopération halieutique entre la Norvège et la Russie, et à l'augmentation de la température de ces dernières années, qui a rendu de grandes zones de la mer de Barents disponibles pour la morue.
Le bilan est plus mitigé en ce qui concerne les oiseaux marins. Un certain nombre d'espèces est en déclin, en particulier les guillemots et les mouettes tridactyles, dans le sud-ouest de la région. Les causes de l'évolution de la population sont inconnues. Cela pourrait être dû, du moins pour les mouettes, à des changements à grande échelle à travers l'Atlantique Nord.
Globalement, le rapport montre que si les écosystèmes de la mer de Barents sont exposés à la pollution, cela provient principalement de sources extérieures à la zone de gestion, transportées par les courants aériens et marins. Dans les filets de morue, les niveaux de mercure, cadmium, plomb et déchets radioactifs sont faibles. Cependant, l'analyse des foies de morue montre des niveaux relativement élevés de certains polluants, comme les dioxines et certains PCB (dérivés chimiques chlorés), les toxines s'accumulant plus facilement dans les corps gras que dans la viande maigre. On peut également noter certaines substances trouvées dans les grands prédateurs. Le rapport montre en effet qu'il y aurait des raisons d'être préoccupé de la situation sanitaire des ours polaires dans plusieurs régions arctiques, notamment Svalbard et le Groenland.
De manière générale, le niveau de pollution serait faible dans le domaine de gestion et les produits alimentaires marins en provenance des eaux de la mer de Barents seraient tout à fais propres à la consommation.
Source : BE Norvège numéro 102 (20/10/2011) - Ambassade de France en Norvège / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67947.htm




