2008, bis repetita pour la loi Grenelle 1Â ?
Comme en 1976, la prise de conscience sociétale est là . Elle a notamment permis à tous les acteurs du Grenelle de construire, malgré leurs différences, voire leurs divergences initiales, un consensus sur une série d’engagements forts en matière de biodiversité.
Les débats parlementaires eux aussi ont traduit cette prise de conscience générale en faveur de la biodiversité.
Les députés ont donné de l’ambition au texte en fixant comme objectif de « maintenir et développer la biodiversité » ne se contentant pas de vouloir « stopper l’érosion ».
Ils ont amélioré le texte en matière de prise en compte de la biodiversité par l’urbanisme et les transports. Ils ont ancré la Trame verte et bleue comme outil d’aménagement du territoire. Le mot « territoire » a une grande importance car rien ne sera durable sans la contribution des habitants de territoires qui constituent la mosaïque nationale.
Le grand apport de la loi Grenelle 1 c’est d’ouvrir la voie d’une prise en compte globale, et par toutes les politiques, de la biodiversité. Cette prise en compte de « la nature ordinaire » est la seule voie possible pour maintenir la qualité des services irremplaçables que nous rend la biodiversité.
Bien sûr, des améliorations au projet restent nécessaires, et nous comptons sur les sénateurs. Ainsi, il faut préciser que la compensation n’est qu’un dernier recours - compenser le vivant est plus compliqué que de compenser le carbone - , il faut renforcer les aspects concernant l’éducation à la nature, ou préciser l’effort de recherche en matière de biodiversité.
Bien sûr, les décrets d’application et la loi Grenelle 2 sont lourds d’enjeux et donc de risques. C’est notamment la loi 2 qui dira si la Trame Verte et Bleue est réellement un changement d’échelle en matière de politique de protection de la nature.
Il n’empêche que sur une thématique -la biodiversité- longtemps jugée accessoire, la dynamique se poursuit.
Un vote unanime de la loi Grenelle 1 ne pourra que la renforcer encore et donc contribuer à placer l’avenir sous les meilleurs auspices. Le défi à relever est de taille : Hubert Reeves et la Ligue ROC souhaitent que les lois Grenelle donnent les moyens de le relever.
Contact : Christophe Aubel, Directeur de la Ligue Roc 06 71 76 83 77




