Le terme biodiversité s’est substitué à l’expression « diversité biologique » depuis 1988. Ce changement est intervenu après la publication, cette année-là , de l’ouvrage édité par Edward O. Wilson intitulé : Biodiversity. Cet ouvrage et l’adoption du mot résultaient d’un débat de deux années lancé par la Sigma-Ksi « Society for Scientific Research »aux Etats-Unis.
Dans l’usage la différence est assez simple, alors que « diversité biologique » caractérise ce que chacun peut observer : l’extrême variété des organismes qui nous entourent ou les différences entre individus d’une même lignée, par exemple entre les enfants d’une même famille. Biodiversité désigne cette variété et cette différence, mais, en plus, intègre la diversité à tous les niveaux d’organisation du vivant « from genes to ecosystems » et son histoire depuis l’apparition de la vie sur la Terre.
De plus, déjà dans l’ouvrage de Wilson, d’autres dimensions sont apparentes (économiques, anthropologiques, notamment) en insistant sur l’érosion de cette biodiversité suite aux modifications de notre environnement résultant, directement ou indirectement, de l’action de l’homme, amenant à se préoccuper d’autres dimensions du règne vivant (son ensemble pourrait constituer la biodiversité), notamment l’abondance, des écosystèmes en surface, des espèces en nombre d’individus.
Le terme biodiversité intègre aussi la notion de ressources vivantes et de produits des êtres vivants. De là les implications économiques de sa gestion, qui apparaissent considérables et concernent les secteurs de l’alimentation, du médicament, des matériaux et de l’énergie. Par ailleurs et récemment, on a mis évidence et essayé d’évaluer ce qui a été convenu d’appeler les « services des écosystèmes », par exemple pour l’épuration des eaux, sachant que la qualité de ces services dépend de la biodiversité des écosystèmes en question. Tout bien compté le « marché de la biodiversité » constitue le premier secteur économique de notre époque, voire de toutes les époques, sachant que les aspects éthiques et esthétiques sont omniprésents et non réductibles à une approche mercantile. Ce sont principalement les dimensions économiques qui ont motivé la Convention sur la Diversité Biologique, élaborée lors de la conférence de Rio en 1992, où les aspects idéologiques et humanistes n’étaient pas absents, notamment avec les développements sur les « peuples autochtones » et les « savoirs traditionnels ».
Enfin, la biodiversité concerne aussi l’homme en tant qu’être vivant. Cette diversité des humains a fait couler beaucoup d’encre et a pu mener à des positions idéologiques contestables, voire carrément néfastes. Mais au delà des discours, la biodiversité humaine mérite d’être analysée pour de nombreuses raisons, en particulier biomédicales, mais elle est utile aussi pour retracer l’histoire des humains et des sociétés humaines (débats actuels sur les hominidés et les relations sapiens – néanderthaliens, ou, en histoire contemporaine, l’études des origines de populations noires issues de l’esclavagisme ou des divergences entre échanges culturels et génétiques au sein des populations amérindiennes et noire marrons en Amazonie).




