Les invasions biologiques sont considérées aujourd’hui comme la deuxième cause mondiale de l’érosion de la biodiversité, après la destruction des habitats. Les milieux insulaires sont beaucoup plus vulnérables à ces invasions que les continents, en raison de leur isolement, de leur surface réduite et du faible nombre d’espèces qu’ils hébergent (certains groupes biologiques, comme les grands prédateurs ou les grands herbivores, étant souvent absents). Ces caractéristiques, auxquelles s’ajoutent les contraintes climatiques, sont poussées à l’extrême dans les îles subantarctiques qui sont donc des lieux privilégiés pour étudier les invasions biologiques et leurs conséquences sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes.
L’impact des activités humaines et des changements climatiques sur la biodiversité C’est pour mieux appréhender ces phénomènes que le programme de recherche "Changements climatiques, actions anthropiques et biodiversité des écosystèmes terrestres subantarctiques" a été initié au milieu des années 70 dans l’archipel Crozet et les îles Kerguelen (sud de l’océan Indien). Soutenu par l’IPEV, il est actuellement coordonné par Marc Lebouvier, ingénieur de recherche CNRS au laboratoire "Écosystèmes, biodiversité, évolution". Ses objectifs ? Étudier la réponse des plantes et invertébrés aux contraintes environnementales, analyser les mécanismes d’invasion des espèces introduites (volontairement ou accidentellement) et préciser leurs relations avec les espèces locales.
Des envahisseurs qui menacent la biodiversité À côté d’envahisseurs aux effets spectaculaires, tels le rat, le lapin ou le chat, les plantes et les insectes sont aussi concernés. Souvent plus discrets, ils peuvent néanmoins entraîner des bouleversements considérables dans les écosystèmes et une perte substantielle de biodiversité. Ainsi, un carabe (petit insecte coléoptère) introduit à Kerguelen depuis les îles Falkland au début du XXe siècle connaît depuis une dizaine d’années une expansion très importante. Dans certains secteurs de l’archipel, ce prédateur élimine progressivement la majorité des autres invertébrés, parmi lesquels les "mouches sans ailes de Kerguelen" qui jouent un rôle clé dans les écosystèmes par leur participation à la dégradation de la matière organique.




