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En observant d’un œil distrait le ballet des insectes butineurs dans une prairie ou un verger, on pense rarement à leur exprimer notre reconnaissance. Pourtant, en se gavant de nectar, ils se chargent de pollen qu’ils véhiculent de fleur en fleur, d’anthère en pistil. Ils assurent ainsi la pollinisation de 75 % des plantes cultivées, soit 30 à 40 % de la production agricole globale, et le maintien d’une grande partie de la diversité des communautés végétales naturelles. Problème : des chercheurs viennent de découvrir1 un phénomène inquiétant lié à leur raréfaction en cours… Moins nombreux, les bourdons se font moins de concurrence quant aux plantes à butiner. Résultat : ils deviennent difficiles et se contentent de certaines espèces, notamment les plus accessibles.
Avant d’arriver à cette conclusion peu rassurante pour nombre d’espèces végétales, Colin Fontaine, Carine Collin et Isabelle Dajoz, du laboratoire « Biogéochimie et écologie des milieux continentaux » (Bioemco)2, se sont intéressés aux variations du régime alimentaire du bourdon Bombus terrestris, en fonction de l’intensité de la compétition avec ses congénères.
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