La vision des écosystèmes marins côtiers qui s’offre à nous aujourd’hui est très contrastée : aux images idylliques de ces lieux de rencontre entre terre et mer se heurtent celles d’une réalité qui nous renvoie aux conséquences d’un développement des activités humaines qu’il faut aujourd’hui qualifier de non durable.
Sur une très faible surface de l’océan, ces écosystèmes, qui présentent une grande diversité de paysages – zones humides, lagunes, estuaires, baies, lagons, mangroves… –, sont à l’origine de près d’un tiers des ressources écologiques et économiques de notre planète. Cette richesse à la fois qualitative et quantitative trouve son origine dans la situation d’interface qui caractérise l’ensemble des milieux marins côtiers. De profondeur limitée, soumis aux contraintes physiques (vent, érosion, tempête…), nourris par les apports continentaux, ces écosystèmes, hétérogènes, produisent une grande diversité biologique renouvelée par leurs liens étroits avec la mer.
Diversité, accessibilité, richesse ont attiré depuis toujours les populations humaines dans ces espaces privilégiés, mais sans grand souci des conséquences, qui sont de plus en plus manifestes : marées vertes, anoxies, espèces exotiques, invasives et toxiques, espèces disparues ou en voie de disparition, épuisement de certaines ressources… Ces environnements subissent aussi les pollutions chroniques et aiguës qui peuvent conduire à un état sanitaire des eaux et des ressources vivantes incompatible avec leur utilisation par les populations humaines. Et les changements climatiques ajoutent des menaces déjà perceptibles sur l’intégrité de ces écosystèmes.
Comme ces écosystèmes, naturellement complexes et diversifiés, sont soumis à une multiplicité de contraintes d’origine locale et globale, il est impératif de mener une recherche pluridisciplinaire pour en comprendre le fonctionnement et anticiper leur devenir.




