http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/64136.htm
Certains modèles démographiques prévoient que la population mondiale atteindra le seuil des 9 milliards d'habitants en 2050 (elle est évaluée à environ 6,87 milliards d'habitants aujourd'hui). Devant une telle perspective d'évolution se pose logiquement la question de la répartition des ressources et l'impact environnemental d'une telle population.
Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement a récemment publié un rapport permettant d'avoir un bon aperçu de la situation actuelle, donnée de base nécessaire à une projection dans le futur et à la recherche de solutions aux différents problèmes qui se posent ou vont se poser. Bien que certaines des données de ce rapport étaient déjà connues ou pressenties, c'est la première fois qu'une étude réalise une évaluation au niveau mondial des impacts environnementaux résultant de l'activité économique humaine. Et comme on peut s'y attendre, le bilan n'est pas vraiment positif. Edgar Hertwich, Professeur de Génie des Procédés et de l'Energie et directeur du Programme sur l'Ecologie Industrielle de NTNU (Norges Teknisk-Naturvitenskapelige Universitet, "Université Norvégienne de Sciences et de Technologie"), a supervisé cette étude et la rédaction du rapport. Avec son équipe, ils ont travaillé pendant 2 ans afin de répondre aux questions suivantes :
- Quelles sont les industries qui influent le plus sur le changement climatique ?
- Quelle quantité d'énergie exigent nos différentes activités de consommation lorsque les processus de fabrication sont pris en compte?
- Quels sont les productions de matériaux qui contribuent le plus aux problèmes environnementaux ?
Le résultat le plus marquant de l'étude est l'impact largement prédominant de l'agriculture, supérieur à la production de matériaux comme le béton ou les produits manufacturés. Le rapport indique clairement que dans l'état actuel, il est impossible que la population mondiale puisse bénéficier d'un régime alimentaire équivalent au régime alimentaire européen "moyen". Les terres et les ressources seraient insuffisantes pour y parvenir.
Un autre résultat révélateur montre que les impacts environnementaux augmentent d'environ 80% lorsque l'on double les revenus individuels. L'une des principales raisons est le changement dans le régime alimentaire des individus qui s'enrichit alors en viande, dont l'impact environnemental est bien plus important qu'une alimentation majoritairement basée sur des céréales et des légumes.
Autre résultat inquiétant, le rapport met en relief le gaspillage gigantesque des ressources alimentaires mondiales. Il estime qu'entre 30 et 50% de la production alimentaire est gaspillée, dans les pays développés comme dans les pays plus modestes. A la différence que la ressource est perdue au cours de son acheminement vers le marché pour les pays les plus pauvres, et plutôt par le consommateur lui-même dans les pays les plus développés.
Alors que la situation dépeinte par ce rapport semble plutôt sombre, le Professeur Hertwich se veut pourtant optimiste sur les défis d'aujourd'hui et de demain : " Il y a des défis fondamentaux là maintenant, auxquels je ne pense pas que notre société se soit encore éveillée. Quelque part dans le rétroviseur, il y a un gros monstre, et nous agissons actuellement comme si il n'était pas là. Pourtant, je crois que si nous décidons vraiment de s'attaquer à ces défis, nous serons capable de faire quelque chose."




