La reprise du tourisme écologique est bonne pour le Kenya et la biodiversité, selon le directeur exécutif du PNUE

Achim Steiner soutient le "Kenya Tourist Board" et le Kenya Worldlife Service(KWS)à la foire du tourisme à Berlin

Berlin/Nairobi, 6 mars 2008 - Le tourisme peut jouer un rôle important dans le rétablissement de l’activité économique et l’emploi au Kenya, et ce faisant jouer son rôle dans l’instauration de la paix et la stabilité dans les pays de l’Afrique de l’Est, a dit le directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement(PNUE) aujourd’hui.

Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE s’exprimait lors de sa visite à Berlin, en Allemagne, pays hôte de l’une des plus grandes foires mondiales sur le tourisme.

"Le tourisme, base sur la faune et les paysage légendaires du Kenya, a toujours été un élément important pour l’économie et la création d’emplois. La génération des revenus est également vitale pour les efforts de conservation du pays et pour le maintien du réseau important des parcs nationaux et autres aires protégées au Kenya", a dit Mr. Steiner.

"Malheureusement, le nombre de visiteurs a diminué a cause de l’instabilité après les élections de décembre 2007, 25,000 personnes travaillaient dans les industries touristiques et beaucoup d’autres indirectement employés ont été licenciés et les recettes des parcs et réserves ont chuté, mettant en danger d’innombrables initiatives de conservation conduites par le Kenya Wildlife Service (KWS) et d’autres ", a-t-il dit.

"L’accord de paix signé récemment, négocié par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et son équipe, prévoit désormais la chance d’apporter la stabilité au Kenya et son peuple. Le tourisme peut jouer un rôle important dans cette démarche. Ce faisant, elle peut également jouer un rôle important dans la conservation de la faune et des écosystèmes de créatures charismatiques comme les éléphants et les rhinocéros, ainsi que les requins-baleines et les oiseaux plus denses et variés de la planète ", Mr. Steiner, le Sous - Secrétaire Général des Nations Unies a dit.

Selon les statistiques officielles, qui seront présentées à Berlin cette semaine par la délégation kényane, l’année 2007 a vu le chiffre record de plus d’un million de touristes internationaux dans le pays par voie aérienne et maritime, avec une croissance de 10 pour cent par rapport à 2006.

Mais depuis les résultats disputés des élections de décembre 2007, les chiffres ont vite chuté et une moyenne de 9,000 visiteurs est prévue chaque mois pendant le premier trimestre de l’année 2008-une chute de plus de 90 pour cent et une perte de 5,5 milliards de Shillings kenyans.

Un défi pour la conservation à cause des pertes de revenus

Le Kenya Wildlife Service(KWS), qui, l’an dernier a affiché un record d’affaires de 28 millions de dollars, souffre aussi et une commande de plus de 200 véhicules nécessaires aux patrouilles anti-braconnage et autres travaux importants de conservation vient d’être suspendue.

La réduction des recettes liées au tourisme peut aussi endommager d’importants projets de conservation selon les experts.

Il s’agit notamment d’un programme de reproduction de rhinocéros noir, lancé il y a six mois en vu d’accroître le nombre d’animaux à 700 dans cinq ans, de la base des 540 actuels.

Le braconnage répandu a réduit la population de rhinocéros dans le pays à un taux estimé de 20,000 dans les années 1970, à moins de 350. Mais les initiatives d’anti-braconnage et d’autres initiatives y compris les sanctuaires de rhinocéros ont ramené le nombre à environ 540.

D’autres initiatives novatrices qui peuvent être à risque sont les projets communautaires, les systèmes de translocation des espèces et un autre projet pour essayer de nouvelles idées pour réduire les conflits entre homme et animaux autour du Parc national Amboseli, qui abrite 1500 éléphants.

Il s’agit notamment de plantations de tabac pimenté qui peuvent aider à empêcher les éléphants à gaspiller les terres agricoles, de systèmes d’alarme simple mais ingénieux pour les agriculteurs utilisant des système de cloches qui sonnent dans la ferme, et de feux d’artifice qui peuvent chasser les animaux.

Mr. Steiner a dit : "Le fait que les populations des éléphants au Kenya ont récemment augmenté de quatre pour cent après des années de succès de lutte contre le braconnage et d’autres méthodes de gestion montre le succès de KWS. Cette hausse vient au moment où les revenus souffrent suite à la crise postélectorale."

De plus vastes impacts environnementaux

La Fondation pour la sauvegarde de la faune et de la flore en Afrique est également préoccupée par l’incidence de la chute des flux touristiques sur des conservatoires crées récemment.

Le cas du conservatoire d’Ol Pejata à Laikipia souligne le défi. Fondée en 2004, c’est le projet de conservation privé le plus vaste pour les rhinocéros noirs en Afrique avec 77 animaux.

Selon Richard Vigne, directeur de la conservation, le projet a employé 600 personnes dont beaucoup font partie de la communauté locale.

Il a ajouté que la gestion d’un conservatoire de rhinocéros coûte 2,5 fois le coût de la gestion de la même zone sans animaux.

Mr. Vigne dit le déclin du tourisme affecte environ 60 pour cent des recettes de ce conservatoire a but non lucratif et ses projets pour la communauté.

Ol Pejata a recueilli plus d’1 million de dollars américains des bailleurs de fond pour le travail de la communauté locale pendant les trois dernières années, et il y a la préoccupation que les fonds pour l’avenir pourraient en danger.

 


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