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La plantation de mangrove nuit à la circulation naturelle de l'eau et renforcerait la sédimentation dans les estuaires et les lagons selon une étude publiée récemment au Sri Lanka. En décembre 2004 un tsunami a dévasté les côtes du Sri Lanka. Afin de prévenir ce type de catastrophe naturelle, les autorités ont lancé un programme de plantation de mangrove. Cette étude financée par l'International Union for Conservation of Nature (IUCN) a porté sur les estuaires micro tidaux caractérisés par un marnage inférieur à 2 mètres et sur les lagons.
La mangrove se développe en bordure immédiate du littoral, fixe les sédiments et progresse sur l'eau. Selon Samarakoon, directeur de l'équipe de l' Integrated Resources Management Programme on Wetlands de l'Autorité Central de l'Environnement du Sri Lanka, ce processus naturel est long mais dans le cas des plantations humaines on a considérablement accéléré le phénomène, déstabilisant ainsi l'écosystème littoral.
Les lagons assurent la sécurité alimentaire d'un grand nombre de communautés de pêcheurs pauvres. De plus, ils permettent le stockage de l'excès d'eau durant la saison humide, celui-ci est absorbé par le lagon puis rejeté en mer à marée basse. Le Sri Lanka est caractérisé par un système côtier micro tidal dont la différence entre le niveau de l'eau à basse mer et à haute mer est inférieur à 2 mètres rendant ses côtes sensibles aux risques d'envasement.
Ranjith Mahindapala, le représentant Sri lankais de l'IUCN estime que ces plantations ont été réalisées afin de gagner du terrain sur l'eau au risque de déséquilibrer les écosystèmes. Mala Damayanthi Amarasinghe, directeur du département de Botanique a l'Université de Kelaniya, a un point de vue différent ; pour lui les mangroves ne sont pas responsables de cet envasement côtier. Il estime que cette situation est due à un phénomène de floculation, situation dans laquelle les particules s'agrégent et sédimentent.
Cette étude de l'IUCN est basée sur les mesures de sédimentation réalisées entre 1990 et 1994 sur le Negombo lagoon qui montrent que sur les zones où la mangrove est présente on observe une sédimentation de six millimètres par an pour 1,5 millimètre dans les zones dégagées.




