Pour éliminer les pucerons, on peut utiliser des pesticides... ou d'autres insectes. C'est le principe de la lutte biologique. Les Aphidius, par exemple, sont des insectes utilisés pour tuer les pucerons. Mais dans ce petit monde des « parasitoïdes » tueurs, l'évolution du climat peut tout chambouler, très vite. La chenille processionnaire, venue d'Espagne, est arrivée aux Pays-Bas, où il fait maintenant plus chaud... mais ses pires ennemis, les parasitoïdes, n'ont pas suivi leur « hôte » ! L'équilibre entre les populations d'insectes, établi dans une co-évolution à long terme, peut se rompre.
Le comportement des parasitoïdes
« On ne sait pas comment vont se comporter les parasitoïdes, explique Jacques van Alphen, professeur en écologie aux Pays-Bas, qui vient d'arriver au laboratoire Ecobio (1), à l'Université de Rennes 1 (lire encadré). Il ne suffit pas de comparer des populations de régions aux climats différents. L'environnement n'est pas le même ». Le chercheur se lance dans un programme de trois ans (2), avec Joan van Baaren, maître de conférence à Ecobio. Ils veulent savoir comment les parasitoïdes modifieront la gestion de leurs ressources énergétiques - on parle de « traits d'histoire de vie ». « Aujourd'hui, aucune publication scientifique ne relie les traits d'histoire de vie des parasitoïdes aux changements climatiques », précise Joan van Baaren.
Le parasitoïde pond dans l'œuf, ou dans la larve, de son hôte... qui n'a, en général, aucune chance de s'en sortir, en général. Le bébé parasitoïde se nourrit de ses lipides et, dans sa vie d'adulte, il n'aura besoin que d'un peu de sucre. C'est pratique ! Mais il doit bien gérer son budget initial en lipides : soit il pond un maximum d'œufs, soit il vole beaucoup, à la recherche de ses hôtes. « Si la température augmente, le parasitoïde digère rapidement ses lipides, détaille Jacques van Alphen. Il « brûle » plus vite son énergie, peut faire plus de générations dans une saison... mais il vit aussi moins longtemps ». Une fécondation plus élevée compensera-t-elle une durée de vie courte ? Grande question ! Car si la densité de population des parasitoïdes change, la lutte biologique est moins efficace.




