Ce n'est pas l'eau, mais la lumière qui est le principal facteur déterminant les opportunités de croissance des centaines d'espèces d'arbres des forêts tropicales. La variation des caractéristiques physiologiques entre les espèces, permet d'expliquer comment ces espèces occupent des niches écologiques différentes, contribuant ainsi à la biodiversité des forêts tropicales. C'est ce que décrit un article publié dans la revue PNAS par des chercheurs de l'université de Wageningen et de l'Université d'Utrecht.
Les forêts tropicales sont formées de centaines d'espèces sur un seul hectare, mais la source de création de cette biodiversité est encore méconnue. L'étude menée par Frank Sterck, Lourens Poorter et Lars Markesteijn (Wageningen UR) et Feike Schieving (Université d'Utrecht) montre que les espèces d'arbres boliviens peuvent coexister parce qu'elles occupent une même niche. Les espèces étudiées réagissent toutes différemment aux variations de lumière et de disponibilité en eau, possédant toutes des caractéristiques physiologiques différentes. La biodiversité est une donnée essentielle pour de nombreuses espèces.
Dans cette étude, de nombreux traits physiologiques tels que la surface foliaire, la masse du bois, la capacité de photosynthèse, et la résistance des feuilles à l'eau ont été mesurés sur des arbres de forêts tropicales de Bolivie. Les chercheurs ont également mis en place un modèle physiologique calculant la vitesse avec laquelle les espèces peuvent se développer sous différentes combinaisons d'apports en eau et en lumière. Les simulations montrent que certaines espèces sont spécifiques à certaines niches, car elles ont des capacités photosynthétiques et une production de feuilles différente.
Les chercheurs concluent que la lumière, même dans les forêts tropicales relativement sèches, est le moteur idéal pour la spécialisation des espèces dans de différentes niches, et donc un facteur plus important que celui de l'eau pour la coexistence des différentes espèces.
C'est l'une des premières études dans laquelle des modèles de physiologie végétale sont utilisés pour déterminer les caractéristiques de croissance et de survie des différentes espèces, afin d'expliquer la richesse de la biodiversité végétale des forêts tropicales. Dans l'avenir, ces modèles seront utilisés pour aider à déterminer la répartition des espèces végétales le long d'un gradient climatique.
Source : BE Pays-Bas numéro 38 (9/01/2012) - Ambassade de France aux Pays-Bas / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68732.htm




