La grande aptitude de certains oiseaux à "s'urbaniser"

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60723.htm

Les biologistes de l'Université d'Etat Lomonossov de Moscou (MGOu) ont constaté que les habitudes des oiseaux sauvages se modifient de manière étonnante dans les conditions urbaines. Ces modifications interviennent, affirment les chercheurs, au niveau de la population elle-même. Et non du fait de la sélection naturelle.
L'analyse des données recueillies sur la faune volatile de Moscou et de sa région entre 1970 et 2005 montre que certaines espèces d'oiseaux s'habituent de manière extraordinairement rapide à la vie en ville. Une population urbaine spécifique de ces espèces se forme en seulement 10 à 20 ans. Ces oiseaux choisissent différemment de leurs congénères "sauvages" tant leurs lieux d'habitation et de nidification que leur nourriture.
Les oiseaux commencent à s'urbaniser soit à partir de colonies de peuplement se trouvant dans les forêts proches de la ville, soit directement dans la ville à l'occasion de l'hiver. Puis ils se mettent à compléter la population urbaine de leur espèce qui, au début, croît pour l'essentiel grâce à ces "migrants", et non grâce à sa propre reproduction. Au final, il se forme une population urbaine de telle ou telle espèce d'oiseaux, dont la structure diffère fortement de celle de la population "sauvage".
Ainsi, à partir du début des années 80 du siècle dernier, les villes de la partie européenne de la Russie ont commencé à se peupler d'autours ordinaires [1]. Ceux-ci ont pratiquement d'emblée assimilé de nouveaux comportements de chasse. Ils ont appris à imiter les faucons, suivant leurs proies dans la pénombre totale, dénichant les souris dans l'herbe et chassant dans les greniers. Dès la deuxième ou la troisième génération, ces habitudes de chasse sont devenues familières aux autours ordinaires présents à Moscou depuis seulement une dizaine ou une quinzaine d'années.
L'une des caractéristiques des populations urbaines d'oiseaux est le passage incessant des individus d'un groupe à un autre. La principale difficulté à laquelle ils se heurtent est la nécessité pour eux de s'adapter rapidement aux modifications du paysage urbain : répartition des lieux d'habitation, degré d'accessibilité de la nourriture dans tel ou tel endroit.
Toutes les espèces d'oiseaux ne possèdent pas pour autant des prédispositions pour vivre en ville. Certaines ne s'y adaptent qu'au bout d'une trentaine, voire une soixantaine d'années, tantôt reculant, chassées par la ville qui avance, tantôt y revenant. Les biologistes du MGOu ont déterminé les traits caractéristiques de la stabilité des populations urbaines. On peut distinguer les "citadins" potentiels des espèces plus vulnérables, susceptibles d'être rapidement évincées de la ville. Le critère le plus important est l'épanouissement d'une population urbaine même lorsque le nombre d'individus de cette espèce diminue nettement et durablement hors de la ville. Cela montre qu'est alors apparue une population urbaine, distincte de la population "sauvage".

 


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Le fantastique spectacle des migrations de papillons Monarque mérite l’attention et la protection de l’humain.

Photos : Michel Lamarche FindNature.com
Musique : Robert Len robertlen.com
Texte : Hubert Reeves


www.biodiversite2012.org

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