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D'après les résultats d'une étude publiée dans le numéro de mai de Molecular Ecology par des biologistes de l'Université de Sherbrooke, l'ensemencement des truites mouchetées modifie leur diversité génétique.
"Dans les lacs fortement ensemencés, il y a modification importante à court terme de la diversité génétique des populations naturelles" affirme le Professeur Dany Garant de la Faculté de Biologie de l'Université de Sherbrooke.
Le professeur Garant et son équipe ont analysé, pendant deux ans, les données génétiques de 2.000 truites mouchetées prélevées dans 24 lacs situés dans les réserves fauniques de Portneuf et de Mastigouche. L'équipe de biologiste a étudié l'ampleur des différences génétiques entre les populations d'élevage et les populations sauvages à l'aide de petites variations présentes dans l'ADN des poissons. Les chercheurs ont ensuite évalué le niveau d'hybridation entre poissons domestiques et sauvages causé par les ensemencements. Ils ont ensuite associé la variation des niveaux établis avec l'historique des ensemencements et l'hétérogénéité environnementale.
Leur étude fait apparaître que les lacs non ensemencés présentent des populations dont le patrimoine génétique est beaucoup plus varié. En effet, comme l'explique Dany Garant : "Les truites domestiquées se reproduisent entre-elles en captivité, elles partagent donc le même patrimoine génétique".
Il s'agit de la première étude du genre réalisée dans l'Est du Canada sur la truite mouchetée, appelée également omble des fontaines. Cette espèce est la plus utilisée pour soutenir l'offre de pêche sportive au Québec. En 2009, près de 335.000 ombles des fontaines ont été introduites par ensemencement dans les lacs du Québec selon le Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune. Or, de plus en plus de questions sont soulevées quant aux aspects négatifs potentiels associés aux ensemencements de truites.




