La disparition des espèces d'oiseaux s'accélère en Australie

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61922.htm

Une étude de la composition et la distribution des communautés aviaires conduite sur une période de 15 ans a montré un déclin des deux-tiers des espèces d'oiseaux recensées, dans la région sud-est de l'Australie, dans l'Etat du Victoria.
Le projet mené par des biologistes de l'Université Monash, de l'Université Deakin et l'Université de Melbourne a consisté en :
- Un recensement régional des espèces habitant dans des enclaves (>10000 ha) de forêts natives d'eucalyptus (Eucalyptus tricarpa, E. microcarpa et E. leucoxylon) effectué au cours de trois campagnes en 1995-97, 2004-05 et 2006-08);
- Un recensement à l'échelle du paysage (24 paysages de 104 ha) en 2002-03 et 2006-07;
- Des relevés ponctuels réguliers (64 visites) au niveau de 12 sites situés dans les enclaves boisées entre 1997 et 2008.
Le déclin des populations d'oiseaux est semblable dans les enclaves de végétation native -incluant les parcs nationaux- et dans les régions défrichées et affecte toutes les catégories d'oiseaux de la même manière. Des espèces communes généralement considérées comme étant bien représentées dont certains loriquets (Glossopsitta concinna) et passereaux (Anthochaera carunculata) connaissent une réduction de leur habitat et de leur abondance. La proportion des espèces en déclin ne dépend pas des caractéristiques écologiques des oiseaux telles que leur alimentation, habitat ou mobilité géographique et seulement 40% des espèces semblent se reproduire. Le taux de reproduction faible résulterait du manque de nourriture dû à la sécheresse qui sévit depuis 1996.
Cependant les oiseaux nectarivores et insectivores sont affectés différemment par la sécheresse. Les nectarivores sont des espèces très mobiles dont les déplacements sont régis par les variations de la floraison des eucalyptus, et donc de l'abondance du nectar, d'une année à l'autre. L'abondance des populations de nectarivores diminue fortement pendant les années à faible taux de floraison; les oiseaux émigrent vers des régions plus propices et certaines communautés ne retourneront pas. Une floraison moindre, à laquelle s'ajoute une diminution du nombre de pollinateurs, pourrait entrainer de profonds changements au niveau de la flore de leur habitat d'origine. Par contre, confrontées à une pénurie de nourriture, les espèces insectivores peu mobiles se reproduisent peu et le taux de reproduction faible ne suffit pas à maintenir la taille des populations.
Une meilleure gestion des écosystèmes boisés pourrait accroître la résilience des communautés aviaires comme le suggère un taux de reproduction plus élevé dans les sites à sols fertiles reboisés récemment.

 


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