La biodiversité végétale des prairies participe à la protection du climat

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Dans le cadre d’un projet expérimental de longue durée, conduit depuis 2002, des chercheurs de l’Institut Max Planck de biogéochimie d’Iéna viennent de mettre en évidence que la diversité des espèces végétales d’une prairie favorise non seulement la production de biomasse, mais permet aussi un stockage plus important, et surtout plus rapide, de carbone organique dans le sol.

De nombreux travaux de recherche se consacrent au changement climatique et aux disparitions massives d’espèces animales et végétales, qui lui sont souvent liées. L’objectif est, d’une part, de déterminer quel rôle le maintien d’une diversité d’espèces élevée joue dans la conservation de certaines fonctions écosystémiques. D’autre part, il s’agit de savoir si certains processus se déroulant dans les écosystèmes peuvent être influencés de manière ciblée, pour agir positivement sur des mécanismes, comme la production de biomasse ou le stockage de carbone.

Pour répondre à ces questions, une expérience sur la biodiversité des prairies a été mise en place en 2002 à Iéna. Sur une surface d’environ neuf hectares, des chercheurs de différentes institutions étudient de nombreuses facettes de la diversité végétale dans des écosystèmes prairiaux. L’Institut Max Planck de biogéochimie s’intéresse spécifiquement à l’évolution du cycle du carbone dans le sol des surfaces expérimentales.

Au début de l’expérience, puis après deux et quatre ans, des prélèvements de sols ont été analysés, afin de déterminer l’influence du gradient de diversité des espèces végétales sur l’évolution du réservoir de carbone du sol. Les écosystèmes étudiés présentent une diversité allant de la monoculture à des mélanges comprenant jusqu’à 60 espèces de plantes.

Pour la première fois, les chercheurs ont, ainsi, pu nettement montrer que les mélanges de plantes les plus riches en espèces conduisent à un stockage - à long terme - nettement plus élevé et plus rapide de carbone dans le sol. De manière surprenante, l’effet observé est indépendant de l’identité des espèces. C’est, bien plus, la diversité en elle-même qui joue un rôle déterminant.

Pour les agriculteurs, il est très positif que, parallèlement à la capacité accrue de stockage de CO2, de plus forts rendements de production de biomasse soient également observés. Ainsi, les prairies riches en biodiversité sont lucratives pour les agriculteurs et participent simultanément à la protection du climat, en favorisant, par le mécanisme naturel de la photosynthèse, le transfert de carbone de l’atmosphère vers le sol, où cet élément est finalement stocké.

 


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Photos : Michel Lamarche FindNature.com
Musique : Robert Len robertlen.com
Texte : Hubert Reeves


www.biodiversite2012.org

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