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En juillet dernier, Johan Rockström, directeur exécutif du SEI (Stockholm Environment Institute) et du centre de résilience de Stockholm (Stockholm Resilience Centre), a donné un "talk" d'une trentaine de minutes à la conférence annuelle TEDGlobal [1] à Oxford en Grande-Bretagne. Sa démonstration repose sur le postulat que l'avenir de la planète dépend de notre volonté à changer de cap, à réajuster les bases de notre développement sur un nouveau paradigme.
Dans son intervention, il a commencé par énoncer les quatre grands maux infligés à la planète par l'homme que sont l'augmentation de la population, le changement climatique, le déclin des écosystèmes et enfin notre surprise face à ce constat qui nous fait remettre en question le socle même de notre société. Les preuves scientifiques ne manquent pas et la "grande accélération" a débuté au milieu du siècle dernier. Le temps est alors venu d'infléchir la courbe avant de dépasser le seuil de non-retour qui précipiterait la planète dans un cercle vicieux où chaque changement en entraîne un autre accentuant le précédent. Il a alors évoqué sur l'approche des limites planétaires que lui et 29 scientifiques de haut niveau et de disciplines diverses ont conceptualisé pour permettre à l'humanité de se développer de manière durable. Cette démarche a fait l'objet d'un article publié dans Nature en septembre 2009 [2]. Les neufs limites identifiées sont : le changement climatique, la perte de la biodiversité, l'ouverture des cycles de nitrogène et de phosphore, l'appauvrissement de la couche d'ozone, l'acidification des océans, l'épuisement de la ressource en eau, l'utilisation des terres, la pollution chimique et la pollution atmosphérique. Chacun de ces problèmes est lié aux autres et déjà trois limites sont considérées comme dépassées.
Le caractère concret de cette étude, reposant sur des chiffres précis, dans un cadre défini, la rend attractive aux yeux des gouvernements qui comprennent mieux les limites que les incertitudes. L'idée de ce groupe d'experts est de construire un nouveau paradigme, non plus basé sur la recherche de l'efficacité et de l'optimisation aveugle, mais sur une gestion flexible et raisonnée des systèmes sociaux et environnementaux. Il a fini son exposé sur une note positive en présentant des exemples de résilience à travers le monde où une crise mène à une opportunité. La porte est ouverte vers une nouvelle ère et il nous faut saisir cette chance.
Nommé "personnalité suédoise de l'année" en 2009 par le magazine Fokus [3], Johan Rockström [4] est une figure importante dans le domaine de l'eau.
La conférence TEDGlobal se tient tous les étés à Oxford depuis 2005 dans le même esprit que sa grande soeur californienne TED mais plus orientée vers la nature. Durant cet événement, des penseurs et acteurs importants au niveau mondial viennent présenter leurs idées et actions pour changer le monde dans un exposé d'une vingtaine de minutes devant un public des plus influents de la planète.
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