Le modèle de l’agriculture intensive, fondé sur l’utilisation massive de pesticides, d’engrais chimiques, d’eau et d’énergie fossile, est aujourd’hui remis en cause. Pourtant, pour nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050, il faudra produire plus. Afin d’anticiper les changements à venir, le Cirad et l’Inra se mobilisent autour d’un nouveau concept : l’intensification écologique.
C’était une crainte. C’est devenu une réalité. A force d’utiliser engrais et pesticides en grande quantité, les sols perdent peu à peu leur fertilité biologique, l’eau est polluée, la biodiversité altérée. L’agriculture intensive laisse entrevoir ses limites. En outre, dans de nombreuses situations des pays du Sud, ce type d’intensification a rarement été adopté et les rendements restent faibles. L’accroissement de la production est allé de pair avec celui des surfaces, au détriment des écosystèmes forestiers ou des aires pastorales. Dans le même temps, la population mondiale et les besoins alimentaires ne cessent de croître. Comment satisfaire ces besoins alimentaires tout en préservant l’environnement ?
Les chercheurs du Cirad et de l’Inra ont approfondi cette question à l’occasion d’une journée de débats qui s’est tenue le 30 août dernier à Montpellier. Intensification écologique, tels sont les termes qui recouvrent à l’heure actuelle la voie dans laquelle ils s’engagent. L’idée consiste à s’appuyer sur les processus écologiques mis naturellement à disposition par les écosystèmes pour produire plus. Une approche qui va de pair avec la préservation de l’environnement. Il s’agit de réduire les nuisances, de mieux valoriser les ressources rares comme l’eau ou encore de contribuer à la conservation de la biodiversité afin de reconstituer les services écologiques que l’agriculture peut rendre à la société.




