La France est le second producteur de bois de chêne dans le monde. Dans un souci d’améliorer la qualité de la production, les sylviculteurs modifient depuis plus d’un siècle les modes de traitement sylvicole, notamment en convertissant les anciens taillis sous futaie en futaie régulière. La grande majorité des chênaies publiques de notre territoire sera concernée d’ici quelques décennies. Les gestionnaires de l’Office National des Forêts (ONF) interrogent les scientifiques sur les risques éventuels de perte en biodiversité liés à ces nouvelles pratiques.
Le domaine forestier couvre plus du quart du territoire français, avec une dominante de forêts à base de chêne sessile et de chêne pédonculé, deux essences exploitées économiquement pour le bois d’œuvre. Depuis plus d’un siècle, pour améliorer la qualité des chênes, les peuplements forestiers, autrefois traités en taillis sous futaie, système qui assurait une continuité en arbres adultes sur la parcelle au cours du temps, sont progressivement convertis en futaie régulière, avec rupture du couvert arboré adulte lors de la phase de régénération. Le but est de produire en 200 ans sur une même parcelle de grands arbres du même âge, avec des fûts bien droits et de même diamètre. Ce mode de gestion devrait s’étendre, d’ici la fin de notre siècle, à l’ensemble des grands massifs publics feuillus français à vocation de production. Les gestionnaires forestiers s’interrogent sur les conséquences de cette normalisation du couvert forestier. Est-elle compatible avec le concept de gestion durable des forêts défini lors de la conférence d’Helsinki en 1993 ? Ne menace-t-elle pas à plus ou moins long terme la biodiversité forestière ?




