Un projet international, principalement mené par Tomás Marqués-Bonet (Universitat Pompeu Fabra de Barcelone), a permis la réévaluation des homologies génétiques entre les différents...
Un projet international, principalement mené par Tomás Marqués-Bonet (Universitat Pompeu Fabra de Barcelone), a permis la réévaluation des homologies génétiques entre les différents hominidés grâce à l’élaboration et la comparaison des cartes des duplications segmentaires [1] des hominidés : macaques, orangs-outans, chimpanzés et Hommes. Ces quatre espèces ont en commun un ancêtre, dont les macaques se sont éloignés il y a 25 millions d’années. Les orangs-outans ont ensuite quitté la branche commune il y a 12 à 16 millions d’années ; puis la séparation entre les Hommes et les chimpanzés s’est effectuée il y a 6 millions d’années.
Jusqu’ici, le taux d’homologie [2] entre ces deux dernières espèces était calculé à partir des mutations génétiques ponctuelles, et était ainsi estimé à 99%. Selon Marqués-Bonet, si l’on prend en considération les duplications segmentaires, le taux de différences entre Hommes et chimpanzés passerait de 1,24% (estimation actuelle) à 10-15%. En effet, il a observé une explosion des duplications segmentaires au moment de la séparation entre les chimpanzés et les Hommes, c’est-à-dire il y a 6 millions d’années environ. De façon surprenante, cette augmentation intervient au moment même où l’on constate une diminution importante des mutations génétiques ponctuelles. Ceci sous-entend donc que les propriétés d’évolution des duplications segmentaires sont différentes de celles des autres mutations génétiques.




