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Charles Darwin reconnaissait lui-même la difficulté de considérer qu’un organe aussi complexe et de morphologies aussi variées que l’oeil des vertébrés soit issu d’un processus de sélection naturelle. Cet argument a d’ailleurs été maintes fois repris par les créationnistes.
Des biologistes australiens de l’Université Nationale Australienne, de l’Université du Queensland, et américain ont démontré que l’oeil des vertébrés a évolué graduellement à partir d’un oeil primitif, pendant une période relativement courte couvrant environ 30 millions d’années.
Il y a plus de 600 millions d’années, certains organismes primitifs étaient pourvus de photorécepteurs qui consistaient en de simples cellules sensorielles réagissant à la lumière. L’amélioration des chances de survie de ces organismes aurait conduit au perfectionnement progressif de l’oeil.
Les chercheurs ont mené une étude comparative des organes visuels de chordés marins correspondant à différents stades de l’évolution : urochordés, agnathes ,ou poissons sans mâchoire, et gnathostomes, ou poissons à mâchoires. Le premier groupe est représenté par des espèces d’ascidies (classe des ascidiacés) qui sont considérées comme étant un groupe évolutif à la charnière entre les invertébrés et les vertébrés, et les poissons sans mâchoire comprennent les myxines (non vertébrés) et les lamproies (vertébrés).
L’étude intègre des données sur la structure des photorécepteurs, les opsines (protéines homologues de la rhodopsine liées au chromophore rétinal), le développement de la rétine et de la cupule optique, et l’apparition de l’oeil type "caméra" des vertébrés.
L’analyse a permis de discerner une longue séquence de transitions qui a conduit au développement de l’oeil des vertébrés. L’étude des structures visuelles des myxines, ces poissons très primitifs qui auraient divergé des vertébrés il y a 530 millions d’années, a permis de découvrir un des chaînons manquants. Ces créatures possèdent des yeux atrophiés couverts de peau qui étaient considérés comme étant des formes dégénérées des yeux de précurseurs de type lamproie. Il n’en serait rien, les myxines ne seraient pas des formes dégénérées mais des représentants d’un groupe antérieur distinct apparenté aux lamproies.




