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Une équipe de chercheurs de l'Institut National des Sciences Agro-biologiques, dirigés par le docteur Chiyuki Takabayashi, est parvenue à créer des vaisseaux sanguins artificiels à partir de cocons de vers à soie génétiquement modifiés.
Les vers à soie utilisés par les chercheurs sont dotés d'un transgène leur permettant de tisser des fils capables de produire des fibroblastes [1]. Ces fils subissent un traitement particulier : tout d'abord, la séricine (protéine naturelle de la soie), qui pose des problèmes de biocompatibilité, en est extraite, puis ils sont mis à tremper dans une solution de fibroïne puis dans de l'éthanol. Ensuite, ils sont tressés et enroulés pour former des tubes. Lorsque ces tubes sont greffés à des vaisseaux sanguins, des cellules vasculaires prolifèrent sur les fibroblastes situés sur leurs parois interne et externe.
La technologie présente plusieurs avantages. En premier lieu, les tubes obtenus sont fins, leur diamètre interne étant d'environ 1 mm soit quatre fois moins que pour les vaisseaux sanguins artificiels que l'on utilise actuellement. De plus, une fois la greffe effectuée, les fibres de soie se dissolvent progressivement ; les cellules qui ont proliféré autour des tubes fusionnent, formant des vaisseaux identiques à ceux de l'organisme. Enfin, le taux de perméabilité des tubes (probabilité qu'ils restent ouverts) est plus élevé que celui des vaisseaux en polytetrafluoroéthylène.
Les premiers tests sur des petits mammifères - des souris et des lapins - se sont montrés prometteurs. Les chercheurs vont maintenant expérimenter sur des porcs, tout en commençant en parallèle à réfléchir à la commercialisation de la technologie.
[1] les fibroblastes sont des cellules capables de produire les protéines formant la matrice extracellulaire (l'ensemble des molécules se trouvant entre certaines cellules, qui assurent un rôle de cohésion et de soutien).




