Des lapins, des hommes et de la biodiversité...

A partir de l'exemple de l'introduction des lapins en Australie qui permet de montrer que la mobilité croissante des hommes entraîne l'introduction d'espèces animales dans des milieux inadaptés et multiplie ainsi les cas d'espèces invasives, on peut s'arrêter - en cette fin d'année internationale de la biodiversité – sur les causes anthropiques de l'évolution de la biodiversité. Voir aussi l'exemple de l'écrevisse de Louisiane.

Selon l'Université Libre de Bruxelles, « les extinctions de masse constituent un phénomène récurrent au cours de l’histoire évolutive. Ce phénomène a eu pour effet d’effacer de la Planète des groupes entiers induisant de fait une réorganisation du vivant à plusieurs reprises au cours des temps géologiques. Il est indéniable aujourd’hui que ces extinctions « aléatoires » de masses constituent un moteur de l’évolution au même titre que la sélection naturelle. La particularité de ces extinctions est qu’elles ont provoqué une baisse massive de la biodiversité non pas de manière graduelle mais abrupte sur de courtes périodes de temps. L’amplitude de la baisse de biodiversité que l’on enregistre aujourd’hui est-elle du même ordre de grandeur ? Le débat fait rage sur ce sujet au sein de la communauté scientifique. »

« Il faut se demander si les activités de l'homme sont à même d'entraîner l'écosystème terrestre vers une extinction de masse des espèces sur une courte échelle de temps ? En fait la question est celle de la stabilité des écosystèmes face aux perturbation du milieu ; et si la réponse est oui, il restera alors à déterminer qu'elles en seront les conséquences économiques, sanitaires et sociales et les dispositions à prendre pour y remédier. »

L'ULB propose aussi une définition de la biodiversité, et cette autre page sur le thème.

Le « sauvage » existe-t-il encore ? Si on considère (avec Stéphane Tirard de l'université de Nantes et Guillaume Lecointre du Muséum national d'histoire naturelle) qu'il s'agit de tout ce qui n'a jamais subi une influence de l'homme, il semble vraiment difficile de répondre par l'affirmative. Il y a donc lieu de réfléchir sur les comportements humains et leur impact sur les variations du nombre d'espèces vivantes. S'achemine-t-on vers la fin d'un certain type de relations entre l'homme et la nature ? Peut-on sauver le biotope terrestre (biotope : milieu biologique homogène propre au développement d'une ou plusieurs espèces), homme compris ?

La particularité de l'INRA est de mener (parallèlement aux études portant sur la biodiversité « sauvage ») les recherches s'intéressant à la biodiversité « domestique », construite par l'homme depuis la naissance de l'agriculture, de la foresterie ou de l'aquaculture. Voici quelques citations provenant de ces pages de l'INRA : « On assiste à une érosion accélérée de la biodiversité. Parmi les causes d’origine humaine : l'urbanisation, l'aménagement du territoire, l'industrialisation, l'agriculture, le tourisme ou l'exploitation par cueillette, pêche, commerce des animaux… peuvent être néfastes pour la biodiversité. [...] Le réchauffement climatique pourrait également constituer une cause majeure de perte de diversité car la modification trop rapide des paramètres climatiques condamne les espèces qui ne peuvent s'adapter ou migrer assez rapidement. Les échanges internationaux favorisent l’introduction d’espèces envahissantes ou de pathogènes exotiques qui modifient l’état des écosystèmes.[...] L'action de l'homme n'est pas toujours négative : les activités humaines, à leur façon, créent aussi de la biodiversité. Ainsi l'agriculture a engendré la création de nouvelles variétés de plantes, de nouvelles races animales, et de nouveaux ferments pour l'industrie agro-alimentaire… Les espaces gérés par les agriculteurs (les 2/3 du territoire en France) peuvent générer ou tout au moins favoriser une biodiversité. Les paysages ruraux et leurs agencements particuliers créés par l'homme hébergent une flore et une faune importantes : bocages, prairies, marais, chemins, murets, lisières, bosquets, réseaux hydrauliques, jachères… »

A propos des liens entre changements climatiques et la capacité des espèces à suivre les déplacements des enveloppes climatiques, Luc Abbadie (écologue, Ecole normale supérieure de Paris) évoque une prévision de 20 à 25 % des disparitions d'espèces à cinquante ans.

Rachid Amara propose un article dans la revue « Vertigo » (La revue électronique en sciences de l'environnement) sur l'impact de l'anthropisation sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes marins (exemple de la Manche – mer du nord).

Un exemple régional : le site de l'observatoire régional de la biodiversité en Languedoc Roussillon.

Le CNRS propose cet article sur les causes naturelles et anthropiques de la variabilité du méthane atmosphèrique : « Le méthane atmosphérique (CH4) est un important gaz à effet de serre : une molécule de méthane dans l'atmosphère produit un effet radiatif de 20 à 50 fois supérieur une molécule de dioxyde de carbone. Or sa concentration dans l'atmosphère croit fortement depuis environ un siècle. L'ensemble des mesures atmosphériques réalisées depuis 1985 sur un grand nombre de sites de par le monde a également permis de montrer que sa concentration atmosphérique connaît de fortes variations interannuelles et que son taux de croissance moyen ralentit depuis une vingtaine d'années. »

l'Université Virtuelle Environnement et Développement durable (UVED) est l'une des sept Universités Numériques Thématiques (UNT) soutenues par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle propose un dossier sur les changements de la biodiversité : « Les tendances actuelles de la biodiversité affectent la capacité d’un développement durable et de pourvoir au bien-être humain. Les écosystèmes sont transformés, et un grand nombre d'espèces se sont éteintes dans l'histoire contemporaine ou sont menacées d'extinction. Les pressions les plus importantes sur la biodiversité sont la destruction ou la dégradation d'habitats, l'introduction d’espèces exotiques envahissantes, la surexploitation, la pollution (y compris les décharges nutritives anthropiques des systèmes terrestres et aquatiques), et le changement climatique. Les services des écosystèmes - les bénéfices retirés des écosystèmes par l’homme– sont aussi dégradés et utilisés non durablement. Les populations rurales pauvres tendent à être le plus directement affectées par la détérioration ou la perte des services des écosystèmes, car elles sont les plus dépendantes des ressources locales. »

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Photos : Michel Lamarche FindNature.com
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