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Les personnes habitant en bordure de Rhône sauront ce que sont les polychlorobiphényles (PCB), et pour cause, puisque ce produit a pollué le fleuve sur près de 300km de long, rendant la plupart des poissons impropres à la consommation. Ces substances mises en évidence début 2007, avaient été libérées dans le fleuve tout au long des 30 dernières années. Les responsables seraient des entreprises -aux normes pour la plupart- retraitant des transformateurs dans le cas du Rhône. Car en réalité, de nombreux fleuves français sont touchés, dans la vallée de la Seine, le Nord ou l’Est de la France.
Les conséquences environnementales de ces produits sont importantes, particulièrement en milieu aquatique où ils s’accumulent dans les chairs des poissons gras -les PCB sont très liposolubles- et contaminent aussi en conséquence tous leurs prédateurs. Par ailleurs, le produit est très lentement biodégradable, dans l’environnement comme dans les organismes animaux ou humains. La demi-vie des PCB dans la nature est de l’ordre de 6 ans pour les molécules les plus complexes, moins pour les molécules plus simples. Cela explique pourquoi, malgré le renforcement des normes, les zones polluées le restent. Chez l’homme, le produit est stocké dans les tissus gras et dans le lait. Il a un effet perturbateur endocrinien, il affecte certaines enzymes. Par ailleurs, il serait aussi cancérigène. Si les effets décrits peuvent sembler peu précis, c’est qu’il s’agit d’une gamme de produits, qui comporte environ 200 molécules différentes et dont les effets sur l’homme et l’environnement peuvent varier.
Les procédés de dépollution pour le PCB sont quasi-inexistants et la dégradation naturelle microbienne donne d’autres composés eux aussi polluants. Quelques projets de bioremédiation sont cependant en cours. L’un d’entre eux est mené par des scientifiques du Centre for Environmental Science and Engineering de l’Indian Institute of Technology Bombay, à Mumbai. Il consiste à s’attaquer aux résidus de la dégradation microbienne. Ainsi le PCB n’est pas traité directement mais ce sont les cholorobenzoates -les résidus- qui sont visés. Des bactéries ont été mises en culture et les scientifiques ont ensuite étudié la dégradation des chlorobenzoates par ces bactéries. Il apparaît que la souche qu’ils ont retenu donne des résultats probants. Elle parviendrait à "déchlorer" les composés en questions ainsi que les solutions dans lesquels ils sont mélangés à hauteur de 50% à 75%, dans des conditions aérobies.
Malgré ses résultats encourageants, ce procédé n’est encore qu’à un stade expérimental. Un travail important est encore nécessaire pour éventuellement vérifier des effets similaires sur le terrain et élaborer une technique de traitement des eaux ou des sols.




