Alors que le salon Pollutec, qui s’ouvre du 27 au 30 novembre, réunit chaque année tous les milieux professionnels travaillant sur l’environnement, la pollution des mers et des cours d’eau s’aggrave. Rien que pour les océans, citons les marées noires, les déballastages sauvages, les métaux lourds précipités par les pluies… L’Homme n’aurait-il pas tendance à prendre la mer pour une poubelle ?
Hélène Budzinski : Le mot « poubelle » est exagéré mais le fait est que les océans sont de plus en plus pollués. Déjà , le taux d’acidité des eaux, qui ne cesse d’augmenter à cause de l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre, menace de multiples écosystèmes. Mais aussi, chaque année, ce sont en moyenne plus de 6 millions de tonnes de produits toxiques qui sont déversés dans la mer, des hydrocarbures aux métaux lourds en passant par les engrais et les pesticides charriés par les fleuves. Et plusieurs dizaines de millions de « macro-déchets » (comme des sacs plastiques) flottent entre deux eaux. Surtout, la pollution maritime n’épargne plus aucune région de la planète. Au Groenland, par exemple, les Inuits commencent à rencontrer de graves problèmes de santé liés aux produits toxiques concentrés dans la graisse des animaux qu’ils consomment. Ces produits (polychlorobiphényles, ou PCB), provenant des contrées industrielles qui les ont fabriqués massivement dans les années 1960, ont fini par contaminer les zones arctiques par retombées atmosphériques. N’oublions jamais que, tôt ou tard, tout finit en mer et que cette dernière ne peut tout absorber…
Le bulletin de santé des cours d’eau est-il aussi alarmant ?
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