Les recherches sur le changement global se sont tout d’abord centrées sur les interactions entre les changements de l’environnement (principalement le changement climatique), le fonctionnement des écosystèmes et les sociétés humaines. Quand la biodiversité fut ajoutée au tableau, ce fut dans la mesure où elle était affectée par les autres composantes du changement global.
Pourquoi se soucier de la biodiversité ?
La biodiversité nous concerne pour trois types de raisons au moins. Tout d’abord, elle nous procure un certain nombre de biens qui possèdent une valeur économique directe, tels que la nourriture, de nouveaux médicaments, des gènes qui permettent d’améliorer les récoltes et des organismes utilisés en contrôle biologique. Ensuite, elle est intrinsèquement liée au bien-être de l’homme pour des raisons éthiques, esthétiques, culturelles et scientifiques. Enfin, elle peut contribuer à des "services" écologiques qui ne sont en général pas évalués en termes économiques, tels que :
la production primaire et secondaire,
la pollinisation des plantes,
la régulation du climat,
la régulation du cycle de l’eau,
le maintien de la qualité de l’eau,
le maintien de la fertilité des sols.
Au cours de la dernière décennie, les effets de la biodiversité sur les autres composantes du changement global ont reçu une attention croissante (Figure 1). En particulier, on a assisté à une croissance explosive des recherches sur les effets potentiels de la perte de biodiversité sur le fonctionnement des écosystèmes, et, par là, sur les "biens" et "services" écologiques qu’ils procurent aux sociétés humaines.
Comment la biodiversité affecte-t-elle le fonctionnement des écosystèmes à petite échelle ?
Pour comprendre les effets de la biodiversité sur les grands processus fonctionnels des écosystèmes, une vague d’études expérimentales nouvelles a permis de manipuler la diversité des espèces à l’aide d’écosystèmes modèles synthétiques, tant en milieu terrestre qu’aquatique. Si la première étude dans laquelle la diversité a été manipulée expérimentalement concernait plusieurs niveaux trophiques à la fois (Naeem et al. 1994), les études ultérieures se sont principalement centrées sur les effets de la diversité taxonomique et de la diversité des groupes fonctionnels de plantes sur la production primaire et la rétention des nutriments dans les écosystèmes de prairie (par exemple, Tilman et al. 1996, 1997 ; Hooper and Vitousek 1997 ; Hector et al. 1999). Dans la mesure où les plantes, en tant que producteurs primaires, représentent la composante de base de la plupart des écosystèmes, elles constituaient le point de départ logique d’études plus détaillées.




