Comme un éléphant dans un parc national

En octobre, une dizaine de chercheurs français, britanniques et zimbabwéens vont étudier les relations complexes entre les éléphants – de plus en plus nombreux –, les autres herbivores et leurs prédateurs dans le grand parc de Hwange.

Dans le parc national de Hwange, au Zimbabwe, les éléphants coulent des jours heureux. Si heureux que leur population est passée en une quinzaine d’années de 15 000 à 35 000 individus, 40 000 en comptant ceux qui vivent en périphérie proche. Une croissance démographique due avant tout à la mise en place de pompes pour maintenir les points d’eau tout au long de l’année et à l’arrêt des abattages en 1986. Si les gestionnaires du parc se félicitent de la bonne forme de l’animal, tout n’est pourtant pas rose dans la meilleure des savanes. Car les autres herbivores, comme les buffles ou les impalas, eux, sont en déclin. La faute aux éléphants ? C’est pour le savoir qu’une nouvelle mission d’étude des animaux du parc1 est conduite en octobre par le laboratoire « Biométrie et biologie évolutive »2, en partenariat avec le Centre d’études biologiques de Chizé du CNRS, les universités d’Angers, d’Oxford (Royaume-Uni) et du Zimbabwe, et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Son objectif : décrypter les effets indirects des éléphants sur les espèces avec lesquelles ils cohabitent, en particulier les herbivores et leurs prédateurs.

En l’absence de signes d’une quelconque maladie, deux hypothèses ont été émises par les chercheurs pour expliquer le déclin des herbivores. D’abord celle de la compétition. En occupant les meilleures zones du parc, les éléphants obligeraient les autres herbivores à se rabattre sur des habitats aux ressources de moindre qualité. L’autre hypothèse est celle de la prédation, notamment autour des points d’eau. Une précédente étude menée par la même équipe a montré que la présence des éléphants modifiait les horaires d’accès aux points d’eau : certains herbivores sont par exemple contraints de s’abreuver à des heures où les prédateurs sont encore très actifs, devenant ainsi plus vulnérables. « Il pourrait aussi y avoir un effet indirect, qui lierait la prédation à la compétition, observe Hervé Fritz, écologue au LBBE et coordinateur de la mission. Les petits herbivores, plus vulnérables à la prédation, se concentreraient sur les zones les plus sûres pour eux. La compétition entre espèces à ces endroits stratégiques réduirait alors la quantité et la qualité des ressources disponibles. »

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http://www2.cnrs.fr/presse/journal/4045.htm

 


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