« L’Histoire récente nous contraint à revoir l’histoire que nous nous étions inventée à rebours. Pour comprendre un domaine vers lequel la recherche nous a conduits, le sol dans ses aspects dynamiques, nous avons dû conclure que bien avant l’arrivée de l’Homme et de l’agriculture qu’il fut contraint d’inventer, la forêt existait de par toute la planète où il était possible qu’elle s’installa. Spontanément, nous avons conclu que tous les mécanismes qui régissaient la forêt devaient passer par l’évolution et le comportement du sol qui, en retour, est modifiés par la végétation qui constituait cet ensemble.
Nous avons donc émis l’hypothèse que, si durant des centaines de millions d’années la forêt avait dominé en l’absence d’agriculture, que lors de l’utilisation du sol après avoir éliminé la forêt, des dégradations importantes apparaissaient et des baisses de fertilité se perpétuaient, c’est que les mécanismes à la base de la fertilité devaient être d’origine forestière. Une telle hypothèse implique que les mécanismes responsables devraient reposer sur une base biologique plutôt que chimique. »
Par le Professeur Gilles Lemieux, Département des Sciences du Bois et de la Forêt - Université Laval - Québec




