Espèces

Pour une protection de la flore

Par Philippe Lévêque, pilote de la Mission flore de FNE.

Constat

le décret de 1982

L’application de la loi de 1976 sur la protection des espèces végétales a été beaucoup plus tardive que la faune vertébrée. Ce n’est qu’en 1982 qu’apparaît un premier décret de portée nationale. Cette première liste présente une très forte hétérogénéité. On y trouve en effet mélangées :

- des micro-endémiques fortement menacées (Viola rothomagensis = Viola hispida, Teucrium massiliense)
- des micro-endémiques peu menacées (Narcissus triandrus ssp. capax)
- des endémiques largement cultivées (Geranium endressii)
- des endémiques peu menacées (Sorbus latifolia)
- des espèces peu menacées sur l’essentiel de leur aire mais possédant des isolats menacés (Astragalus monspessulanus)
- des espèces en limite d’aire (Calla palustris)
- des espèces ayant en France une distribution limitée (le pôle méditerranéen domine ici largement) mais qui sont peu menacées (Barlia robertiana)
- des espèces à large répartition globalement très menacées (Damasonium alisma)
- des espèces à large répartition globalement assez menacées mais qui possèdent de nombreux secteurs de stabilité (Ranunculus lingua)
- des espèces à large répartition menacées sur une large partie du territoire mais peu menacées dans de nombreuses régions (Drosera rotundifolia)
- des espèces éteintes sur le territoire métropolitain (Lathyrus maritimus)
- des espèces éteintes à l ‘état spontané mais largement cultivées et localement naturalisées (Chamaerops humilis)
- des espèces dont l’habitat n’est pas particulièrement menacé mais pour lesquelles la seule cueillette constitue une menace (Eryngium alpinum)

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La préservation des espèces nécéssite de repenser leur statut

Texte collectif paru dans le numéro spécial biodiversité de "La lettre du hérisson", la revue de France Nature Environnement

Le régime de protection découlant de la loi de 1976 (liste positive d’espèces protégées) a montré depuis 30 ans son intérêt et sa capacité à évoluer, afin de tenir compte des prescriptions européennes et des états de conservation populationnelle. Il montre également ses limites, n’ayant pu prévenir l’effondrement de certaines espèces et se voyant régulièrement remis en cause par certaines initiatives législatives.

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Toutes les espèces doivent être conservées

Par Gilles Pipien

Les multiples engagements internationaux de l’Etat français sont clairs : il doit veiller à la conservation de la biodiversité, c’est-à-dire à la conservation de toutes les espèces animales et végétales sur son territoire, faisant partie du patrimoine de l’humanité, du patrimoine commun de la nation. Tous ces textes évoquent la conservation des populations.

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Les animaux sont des êtres sensibles

Par Gilles Pipien

Si a priori la vieille notion, héritée du droit latin de res nullius, de bien sans maître, de simple objet de droit pouvait se comprendre, s’admettre, car la nature est antérieure et extérieure au droit, car la nature préxistante à l’homme ne peut en être a priori sa propriété, la conséquence dans une société qui a érigé la propriété comme fondement est dramatique. Il n’y a que deux alternatives pour un bien sans maître : soit il n’existe pas en droit et tout respect par l’homme lui est donc refusé, soit il a la vocation de devenir le bien de quelqu’un. Or l’un des attributs de la propriété, c’est l’abusus (cf. article 544 du code Civil) : le propriétaire « peut s’en priver [...] mais même physiquement : il a le droit de [...] détruire. Brûler, jeter, tuer » (in « du droit de détruire » de Remond-Gouilloud, les Voies du Droit, PUF, 1989). L’absence de propriété aboutit au total irrespect de la vie, des individus vivants non humains.

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Le statut des espèces

Par Gilles Pipien

Le respect du vivant se traduit par deux principes de base qui devraient guider le cadrage des politiques concernant les espèces en particulier non domestiques, non cultivées : le respect de l’individu, le respect de l’espèce. Ils ne sont ni de même essence, ni de même effet, mais sont complémentaires.

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