La conservation de la Forêt Boréale en Alberta et les crédits de compensation pour perte de biodiversité
La Forêt Boréale du Canada renferme le quart des dernières forêts intactes de la planète. Cet écosystème, l’un des plus grands en son genre encore intact à l’échelle de la planète, est habité par une faune abondante, dont des oiseaux chanteurs migrateurs, des sauvagines, des ours, des loups et les plus grandes populations de caribou au monde. De plus, la Forêt Boréale soutient de nombreux aménagements traditionnels du territoire ainsi que des écoservices dont le stockage du carbone et le recyclage de l’eau. La région naturelle de la Forêt Boréale de l’Alberta couvre 58 % du territoire de la province et constitue la majorité de son sol forestier.
En Alberta, la Forêt Boréale subit des perturbations anthropiques considérables découlant de la construction de routes, de la prospection sismique, de la production pétrolière et gazière, de la récolte de bois, d’activités récréatives et de régimes de perturbations naturelles.1 Le nord-est de l’Alberta, particulièrement la municipalité régionale de Wood Buffalo (MRWB), est une région qui connaît d’importants mouvements. Elle est soumise à des pressions uniques en raison de l’extraction des sables bitumineux exploitables de l’Alberta, qui devrait contribuer à la création d’une importante empreinte durable au cours des 50 prochaines années.2 En plus des sables bitumineux, la région abrite la zone couverte par l’entente sur la mise en valeur des ressources forestières conclue avec Alberta-Pacific Forest Industries Inc. (Al-Pac) – une des plus importantes zones régies par une entente de mise en valeur des ressources forestières de la province. En vertu de cette entente, Al-Pac est responsable de la gestion des valeurs non ligneuses de la forêt et a la certification du Forest Stewardship Council. Conformément aux exigences de cette certification, Al-Pac doit fonder sa planification et ses pratiques sur des processus écologiques boréaux qui assureront la pérennité des valeurs naturelles du territoire.3 Le système de réglementation actuellement en place dans le secteur énergétique met principalement l’accent sur des exigences en matière d’évaluation des incidences environnementales et de remise en état pour atténuer les effets du développement. Toutefois, reste à voir si la MRWB pourra être remise en état lorsque les activités minières en surface seront terminées. L’empreinte déjà laissée par le développement, en plus de l’envergue et des effets potentiellement irréversibles de l’exploitation des sables bitumineux, crée un besoin urgent de développer des nouveaux outils d’aménagement du territoire pour prévenir des dommages durables et irréversibles causés à la MRWB. Le présent rapport, commandé par l’Initiative boréale canadienne, examine la possibilité de créer des crédits de compensation pour perte de biodiversité en tant qu’outil pour atténuer les effets du développement industriel sur la MRWB. Il vise à examiner les options qui permettraient d’atteindre les objectifs de biodiversité fixés pour l’ensemble du territoire de la MRWB, en mettant l’emphase sur des perspectives d’atténuation des impacts du développement sur la MRWB dans le cadre d’un programme-pilote de compensation pour perte de biodiversité. Alors que le rapport se concentre sur l’étude de cas de la MRWB, les concepts qui y sont décrits peuvent facilement être appliqués à la gestion de l’ensemble de la Forêt Boréale du Canada.
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