La réhabilitation des atouts naturels est génératrice d'emplois et de richesses

De la Chine au Mexique et de la Tanzanie à la Floride - La réhabilitation des atouts naturels est génératrice d'emplois et de richesses et permet de restaurer des services représentant plusieurs milliers de milliards de dollars

Le nouveau rapport du PNUE - Planète morte, planète vivante - présente des arguments économiques en faveur de la restauration des environnements naturels endommagés ou dégradés

Journée mondiale de l'environnement : Des millions d'espèces - Une seule planète - Un avenir commun

3 juin 2010 - Selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la restauration d'écosystèmes disparus ou endommagés - que ce soient des forêts, des plans d'eau douce, des mangroves ou des zones humides - permet de générer des revenus de plusieurs millions de dollars, de créer des emplois et de combattre la pauvreté.

Divulgué à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, ce rapport repose sur des milliers de projets de restauration d'écosystèmes à travers le monde et présente plus de 30 initiatives qui transforment la vie de communautés et de pays du monde entier.

Le rapport, intitulé « Planète morte, planète vivante : restauration de la biodiversité et des écosystèmes pour un développement durable », montre que, loin d'être une entrave à la croissance et au développement, bon nombre d'investissements environnementaux dans des actifs naturels dégradés peuvent générer des revenus substantiels et multiples.

Ces investissements peuvent consister à restaurer des cours d'eau alimentant les rivières et les lacs, à améliorer la stabilité et la fertilité des sols qui sont vitales pour l'agriculture et à combattre le changement climatique en capturant et stockant le carbone présent dans l'atmosphère.

Le rapport souligne que la priorité doit être accordée à la préservation et à la gestion d'écosystèmes intacts. Toutefois, dans la mesure où plus de 60 % de ces écosystèmes - des marais et, récifs coralliens aux forêts et sols tropicaux - sont déjà dégradés, la restauration doit, désormais, devenir une priorité au même titre que la préservation.

La restauration et la réhabilitation d'écosystèmes créent également des emplois dans un monde qui compte 1,3 milliard de personnes sont sans emploi ou sous-employées tout en permettant la réalisation d'objectifs internationaux visant à enrayer l'appauvrissement de la biodiversité, l'une des priorités de 2010.

La restauration d'écosystèmes vaut-elle la peine?

Le rapport démontre que des programmes judicieusement planifiés, basés sur des données scientifiques et bénéficiant du soutien de la communauté permettent de récupérer entre 25 et 44 % des services originels ainsi que les animaux, les plantes et d'autres formes de biodiversité qui existaient à l'époque où le écosystème était encore intact.

L'utilité de ce type de programme est parfaitement illustrée par une étude sur la restauration de pâturages et de terres dégradées situées autour des bassins fluviaux dans les montagnes du Drakensberg en Afrique du Sud.

Selon cette étude, le projet ramènera à des communautés vulnérables des rivières hivernales dont le débit devrait avoisiner 4 millions de m3 d'eau, réduira les pertes de sédiments et permettra le stockage de carbone.

Coût : 4,5 millions de dollars américains ou 3,6 millions d'euros sur sept ans avec des frais de gestion annuels de 800 000 euros.

Rendement : jusqu'à 7,4 millions de dollars américains (6 millions d'euros) par an, en générant plus de 300 emplois permanents liés à la gestion des ressources naturelles et 2,5 millions de journées de travail pendant la phase de restauration.

Restauration d'écosystèmes - Ce n'est pas toujours aussi simple

Le rapport cite, cependant, des cas dans lesquels des restaurations qui, le plus souvent, partent d'une bonne intention, produisent des résultats pour le moins indésirables et profite de cette occasion pour insister sur le fait que de tels projets devraient être mis en oeuvre de manière rigoureuse et planifiée.

Le rapport évoque ainsi l'introduction dans des eaux européennes d'écrevisses signal originaires d'Amérique du Nord après que la surpêche a affecté les prises d'espèces indigènes en les ramenant parfois à seulement 10 % des prises originelles.

Malheureusement, les écrevisses non indigènes initialement introduites dans les eaux suédoises ont apporté une peste propre à cette espèce qui s'est répandue dans 21 pays. Certains d'entre eux tentent maintenant de mettre en place des « sanctuaires » ou des sites sécurisés afin de sauver les populations indigènes survivantes.

Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, affirme : « L'infrastructure écologique de la planète procure à l'humanité des services d'une valeur de plus de 70 000 milliards de dollars par an et peut-être même beaucoup plus. Dans le passé, ces services n'étaient jamais ou pratiquement jamais comptabilisés au niveau national ou international. Cela devrait et doit changer. » Il ajoute : « Ce rapport est destiné à faire passer deux messages fondamentaux aux gouvernements, communautés et citoyens à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement et en 2010, proclamée Année internationale de la biodiversité par les Nations Unies. Le premier est que la mauvaise gestion des actifs naturels représente un obstacle au développement tellement énorme qu'à côté de lui la récente crise économique semble presque insignifiante. »

M. Steiner, qui était l'hôte principal de cette Journée mondiale de l'environnement organisée à Kigali au Rwanda a également déclaré : « Le deuxième message est que des investissements correctement planifiés et des réinvestissements dans la restauration de ces importantes infrastructures naturelles ne font pas que procurer un rendement élevé. Ils seront également très importants, sinon essentiels, pour le développement durable dans un monde qui se caractérise par une croissance continue des aspirations, de la démographie, des revenus et des demandes en ressources naturelles de la planète. »

Au Brésil, le top-modèle Gisele Bündchen, ambassadrice de bonne volonté du PNUE, s'est également rendue dans sa ville natale d'Horizonta afin de souligner l'importance de la restauration des écosystèmes par le biais de son projet Água Limpa (Eau Claire) qu'elle a lancé avec son père en 2008.

Ce projet a pour objectif de restaurer la pureté des sources d'eau et de promouvoir la biodiversité en réhabilitant les berges des rivières et la végétation qui y pousse ainsi que les bassins fluviaux.

Selon Gisele Bündchen : « Le rapport du PNUE sur la restauration des écosystèmes met en évidence les innombrables opportunités qui s'offrent aux communautés pour investir dans le développement futur. »

Elle ajoute : « La restauration d'environnements dégradés est, en effet, le plus beau cadeau que nous puissions offrir et transmettre aux générations actuelles et futures. Nous devons attirer l'attention de tous sur le lien crucial qui existe entre les forêts, les zones humides ainsi que d'autres systèmes naturels et notre survie et notre prospérité dans ce monde extraordinaire. »

«La restauration est importante et efficace: les zones humides et les forêts peuvent être jusqu'à 22 fois plus efficace que d'investir dans les systèmes de traitement d'eau, explique Christian Nelleman de UNEPs GRIP - Arendal en Norvège, qui a dirigé le rapport lancé aujourd'hui."Faites - bien les choses. Mettre en place une bonne gestion à long terme et, quand nécéssaire, assurer que les lois soient renforcées. Et vous réussirez avec le soutien du public et générer des rendements immédiats et à long terme ".

Le rapport contient une série de recommandations, notamment :

? Pousser les agences de coopération au développement, les institutions financières internationales et d'autres bailleurs de fonds comme les banques régionales de développement à intégrer la restauration des écosystèmes et l'aide à la gestion à long terme dans le soutien au développement, dans les initiatives en matière de sécurité alimentaire et dans le financement de projets visant à créer des emplois et à atténuer la pauvreté.

- Un pour cent du PIB devrait être épargné chaque année pour la conservation, la gestion et la restauration de l'environnement et des ressources naturelles, avec un montant précis selon la situation nationale

- Faire en sorte que la restauration des écosystèmes tienne compte des expériences passées afin d'éviter des conséquences indésirables comme l'introduction d'espèces envahissantes non indigènes et de ravageurs.

- Garantir qu'au départ la priorité soit accordée aux « points sensibles » dans le domaine de la biodiversité et des écosystèmes.

- Veiller à ce que les projets qui endommagent un écosystème prévoient des fonds pour restaurer un écosystème dégradé similaire situé dans un autre endroit du pays ou de la communauté.

Les points les plus importants du rapport sont publiés en ligne à l'adresse suivante :

http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=628&ArticleID=6596&l=fr

 


www.biodiversite2012.org

Articles les plus lus