La Ligue ROC agit

La Ligue Roc est devenue Humanité et Biodiversité

Attention, ce site n'est plus actualisé.

Hubert Reeves, Président, est heureux de vous annoncer que la Ligue Roc a ouvert une nouvelle page de son histoire en devenant Humanité et Biodiversité.

La biodiversité, ce premier pilier du bien-être humain dont nous dépendons au quotidien, va mal. Toutes les études le confirment. Il convient d'agir et d'agir puissamment, car sauvegarder la biodiversité, c’est sauvegarder la vie ! C’est cette volonté d’action qui anime Humanité et Biodiversité.
En adoptant ce nouveau nom et de nouveaux statuts, l’association affirme avec force son engagement vers une prise en compte plus large et plus complète des liens qui unissent l’humanité à l’ensemble du vivant dans une communauté de destin.

Ainsi, l’objet principal dHumanité et Biodiversité est devenu « le renforcement de la perception et de la prise en compte par tous, des synergies et des liens indissociables entre l’humanité et la biodiversité ».

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La biodiversité dans la Présidentielle

Humanité et biodiversité a interrogé les candidats à la présidentielle : ils ne sont pas à la hauteur de l’enjeu ! Voici notre communiqué de presse et les liens pour découvrir nos résultats en infographie !

Tous les résultats sont visibles Ici

BIODIVERSITE : LES CANDIDATS N’ONT PAS SAISI L’IMPORTANCE DE L’ENJEU

Paris le 21 mars 2012. Les enjeux écologiques, sociaux et économiques liés à la préservation de la biodiversité conditionnent largement l’avenir de nos sociétés. Ils doivent occuper la place légitime qui leur revient dans les programmes des candidats aux élections présidentielles de 2012. C’est pourquoi Humanité et Biodiversité a diffusé aux candidats le 22 novembre 2011 un questionnaire afin de recueillir et évaluer leurs propositions sur la prise en considération de la biodiversité dans leur programme. L’évaluation des réponses repose sur trois critères principaux : l’ambition, le réalisme et la technicité.

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Vu dans la presse

Retrouvez dans cette rubrique des extraits ou des liens d’articles de presse évoquant le sujet biodiversité dans le cadre de la campagne électorale.

Source : Site internet de L'Agence Bretagne Presse, le 02-03-12
Interview David Derrien candidat de la biodiversité : Je ferai la Réunification et le Parlement breton au sein d'une France plurielle

Interview du 2/03/12 de notre correspondant Louis Bouveron,

PLOUGASTEL-DAOULAS— David Derrien, dit Dédé l'Abeillaud, candidat de la biodiversité et des abeilles, a été interrogé par ABP sur son projet de gouvernement et son engagement. Il est centré sur la défense de l'environnement et la reconnaissance de la diversité de la nature et des territoires.

ABP : Comment est né Dédé l'Abeillaud ?
Dédé l'Abeillaud : Je suis militant pour l'environnement depuis 15 ans, j'en ai 41 aujourd'hui. Après un BTS et un BTA j'avais prévu de m'installer en 1998 en élevage de moutons bio, et à cette fin j'avais voyagé pour me former dans les plaines de la Crau et à Mirecourt dans les Vosges. Mais à l'époque la SAFER et les chambres consulaires en Bretagne avaient fait les yeux ronds. Je suis resté engagé dans l'environnement et je cherchais à concrétiser, sachant que en Bretagne, la culture écologique est très forte et se transmet alimentée par des luttes nucléaires (Plogoff) et des événements tels que les marées noires ou vertes. Par ailleurs, j'ai été adhérent de l'UDB, je m'étais présenté en 2004 pour le canton de Saint-Pol de Léon où j'avais fait 7.4%, à l'époque où l'UDB amorçait son rapprochement avec les Verts. J'habite maintenant à Plougastel-Daoulas. J'ai donc imaginé à partir de mars 2011 d'apparaître en costume d'abeille pour sensibiliser les gens à la disparition des populations d'abeilles à cause des pesticides et aux questions environnementales en général. J'ai participé au blocage de la coopérative CECAB qui fait des aliments pour bétail à base de tourteaux de soja OGM et là j'ai fait le show en abeille pendant une heure. J'ai commencé à décoller et d'avril à août je me suis rendu à diverses fêtes où je me présentais pour de rire aux élections « pesticilentielles ». C'est alors que la FFAP (Fédération française des apiculteurs professionnels) m'a invité à passer à l'étape suivante en me présentant à la présidentielle pour mettre à profit l'outil de communication que j'étais. Les faucheurs volontaires (anti-OGM) se sont joints au mouvement.

ABP : Comment vous-vous êtes pris pour la chasse aux parrainages ?
Dédé l'Abeillaud : Il y a une implantation assez forte des apiculteurs et des faucheurs sur le territoire, sur laquelle on peut superposer la cartographie de mes premières promesses de parrainage : Rhône-Alpes, Grand Ouest (90 dont 35 à 40 en Bretagne) et Sud Ouest. En effet, les élus ruraux sont les premiers aux prises avec les problèmes écologiques, et connaissent leurs enjeux. Il a fallu les convaincre, expliquer la méthodologie, le programme qu'il y a derrière. Fin décembre 2011, nous avions une petite bombe, soit 300 promesses de parrainage. Mais il y avait besoin d'un second souffle, donc j'ai déclaré ma candidature dans les médias. Nous avons à ce jour 354 promesses de parrainage. Beaucoup de maires attendent la dernière ligne droite, la dernière semaine, pour apporter leur soutien, c'est pourquoi nous allons faire le point après le 9 mars et les inviter à apporter leur soutien à notre candidature.

ABP : Quel est votre programme ?
Dédé l'Abeillaud : Notre programme est centré sur la diversité biologique, que nous sommes résolus à défendre. Nous voulons dénoncer la position hypocrite de l'Etat et de la Commission Européenne au sujet de l'usage des phytosanitaires puisqu'ils se retranchent derrière l'absence d'études scientifiques prouvant leur nocivité ; si nous sommes élus, nous interdirons la commercialisation des insecticides systémiques en France, comme cela a été fait en Italie. Ces insecticides qui enrobent la graine se diffusent dans la plante durant toute sa croissance, et aussi dans les sols et dans la biodiversité. Il y aura aussi un moratoire sur les importations OGM en Union Européenne. Nous ferons la promotion de la production de semences paysannes par les agriculteurs eux-mêmes, pour rompre la dépendance avec les grands groupes semenciers. Nous soutiendrons la diversification des produits vers plus de goût et moins d'uniformité. Nous appliquerons enfin la convention de Rio sur la diversité biologique ratifiée en 1992 par 180 pays et oubliée depuis.

ABP : Quel est votre programme pour la Bretagne si vous êtes élu ?
Dédé l'Abeillaud : Si je suis élu, je suis pour que la République reconnaisse la diversité de ses territoires. La réunification va être évidente, et je suis même pour que se fassent des Parlements bretons, corses, basques, autonomes mais dans le cadre d'une République plurielle.

ABP : Arrêterez-vous la construction du projet d'aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame des Landes ?
Dédé l'Abeillaud : Bien sûr ! Je suis moi-même pour la désobéissance civile et non violente, et puisque le David Derrien est indissociable de Dédé l'Abeillaud, je vous affirme que ce projet est surdimensionné, d'impact clairement négatif, 1500 hectares arasés pour la mégalomanie de certains qui croient ainsi faire face à la saturation de l'aéroport actuel, saturation qui n'est ni immédiate, ni sans solutions locales. Nous arrêterons le projet d'aéroport, comme nous sortirons de l'énergie fossile, et comme nous planifierons une sortie du nucléaire qui ne peut se faire du jour au lendemain mais qui résulte d'un choix pour la France.

ABP : La Bretagne est une région avec un modèle agricole particulier. Que proposez-vous pour l'adapter à la biodiversité ?
Dédé l'Abeillaud : Nous proposons d'entrer dans un autre monde. Les logiques de capitalisme, de compétitivité ne nous intéressent pas. Nous privilégierons l'humain, le local, la qualité. Mais aussi la sobriété dans les besoins, tant écologiques qu'alimentaires. Les agriculteurs doivent être mieux rémunérés pour les sortir du surendettement et de la spirale infernale qui les oblige à toujours plus de technicité et toujours moins de coûts. Le modèle agro-économique breton a été nécessaire, il est aujourd'hui au bout du rouleau, il faut en proposer un autre qui donne sa place à l'éthique, au solidaire. J'applique cela dans ma vie courante, notamment par le placement éthique au sein de la NEF (Nouvelle économie fraternelle) puisque aujourd'hui il y a une offre réaliste qui permet de subvenir aux besoins d'un choix de société écologique et solidaire.

ABP : Dernière question, pensez-vous qu'il faut continuer à encourager l'éolien et le solaire, même s'ils risquent de miter les paysages [Voir ABP 24889] ou s'il faut privilégier les énergies renouvelables qui prennent la Bretagne telle qu'elle est, à savoir la houle et la biomasse ?
Dédé l'Abeillaud : Je pense qu'il faut régulariser l'éolien pour éviter la spéculation. Mais qu'il faut continuer à développer ces énergies, notamment par l'offshore pour limiter le mitage des terrains. Il faut privilégier l'avenir et non le patrimoine religieux : entre une éolienne et le clocher avec lequel elle pourrait jurer, je préfère l'éolienne. Elles vont entrer dans les consciences, comme les lignes à très hautes tensions que beaucoup ne voient plus et qu'il faut virer. Aujourd'hui, j'ai fait de l'environnement un choix de vie, d'une autre vie. Je ne paie plus un centime à EDF, j'ai fait le choix d'ENERCOOP qui privilégie les petites structures produisant de l'énergie renouvelable. Je peux donc me dire anti-nucléaire. Les centrales houlomotrices doivent être encouragées. La biodiversité au quotidien, c'est possible !

Source : AgenceBretagnePresse.com


Source : Site internet Les echos, le 29-02-12

Présidentielle : les candidats se montrent fuyants sur l'environnement

Au premier plan en 2007 avec le Pacte écologique, les questions liées à l'environnement ne parviennent pas à s'imposer cette année dans la campagne électorale.
Si l'agriculture occupe depuis plusieurs jours une place de choix dans la campagne présidentielle, on ne peut pas en dire autant de l'environnement ! Après Nicolas Sarkozy, samedi en ouverture, et avant Eva Joly aujourd'hui et Marine Le Pen demain, François Hollande est allé longuement courtiser le monde paysan mardi au Salon de l'agriculture. A l'issue de cette séance d'exposition de près de douze heures face aux caméras et aux micros, c'est dans un huis clos absolu que le candidat socialiste a tenu une réunion avec les dirigeants des principales associations environnementales dans la foulée. Tout un symbole. Cette rencontre organisée dans les locaux de son QG de campagne est « la première étape d'une discussion sur le fond des dossiers », assure son entourage pour mieux justifier la « grande discrétion » qui a entouré ces échanges. Et d'assurer qu'« il n'y a eu aucune contradiction entre ce qui s'est dit dans la soirée et les propos tenus dans la journée, porte de Versailles ».

François Hollande se voudrait seulement circonspect en cloisonnant deux thématiques de campagne - l'agriculture et l'écologie -qui s'entrechoquent plus qu'elles ne s'accordent. Une fausse excuse, jugent certains. « François Hollande est a-écologiste », assène un cacique d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). « L'environnement, ça ne l'intéresse pas. » Une indifférence à la cause verte dont le dernier signe serait sa récente proposition de bloquer les prix de l'essence trois mois et de rétablir une TIPP flottante. Sur le nucléaire, le candidat du PS n'est acquis à la fermeture que d'une centrale sur le prochain quinquennat, celle de Fessenheim. Et il ne s'est guère fait entendre après l'annonce du non-remplacement de Nathalie Kosciusko-Morizet à la tête du ministère de l'Ecologie.

Une décision perçue par les associations écologistes comme un flagrant délit de marche arrière du candidat Sarkozy. La campagne 2012 n'est pas celle de 2007, quand les principaux prétendants à l'Elysée signaient le Pacte écologique de Nicolas Hulot. Le Grenelle de l'environnement, un des marqueurs du mandat du président sortant, a été mis en sourdine. Les associations, qui continuent de voir en lui un levier de croissance et de sortie de crise, ne s'estiment plus entendues par le chef de l'Etat. C'est particulièrement net dans le secteur de l'agriculture. Pour Nicolas Sarkozy, le candidat préféré des agriculteurs, « le plus important » est de soutenir « la compétitivité » de la France quitte à ce que « les contrôles ne soient pas aussi tatillons » pour les producteurs. Comme sur la question des nitrates, où la France traîne toujours les pieds pour appliquer la directive européenne. « On ne peut plus opposer bêtement le monde de l'environnement et les paysans », oppose Serge Orru, le directeur de WWF. France Nature Environnement (FNE) s'est simplement entendu promettre une réponse du candidat Nicolas Sarkozy à l'appel lancé aux candidats par les 3.000 associations qui la composent. Déclarés bien plus tôt, tous les autres prétendants à la magistrature suprême ont répondu. Mais hormis Eva Joly et Corinne Lepage, qui jouent leur légitimité, le contenu de leurs propositions est jugé flou, voir « vague » dans le cas de François Bayrou. Aucun n'avance encore de plan très précis pour défendre la biodiversité. Rien de très concret non plus à signaler en matière de fiscalité de l'environnement.

Le fiasco de la taxe carbone est dans toutes les mémoires et les difficultés économiques du moment ont ravivé son souvenir. « Avec la crise de la dette et ses conséquences, priorité est donnée aux réponses à court terme », reconnaît Bruno Genty, le président de FNE. Le pari à long terme de la croissance verte représente encore un saut dans l'inconnu pour beaucoup de Français qui demandent actuellement surtout à être rassurés et protégés.

Hier, Nicolas Hulot s'est déclaré « triste » de l'absence des questions environnementales dans l'élection présidentielle. L'ex-candidat écologiste à la primaire EELV a par ailleurs ajouté qu'il n'aurait pas « fait mieux » qu'Eva Joly, la candidate choisie par les militants. « J'observe la vacuité de la campagne sur ces sujets essentiels », a enfin déploré l'initiateur du Pacte écologique en 2007.


 

Source : Site internet du Nouvel Observateur, le 28-02-12
Governatori : "Je suis contraint à la grève de la faim"

Dans une tribune au "Nouvel Observateur", le candidat à la présidentielle de l’Alliance écologiste indépendante se dit victime d'un double verrou.
C’est une résolution à la fois grave et mûrement réfléchie que j’ai dû prendre. Je suis contraint de faire une grève de la faim jusqu'au vendredi 16 mars, date du dépôt des parrainages pour la présidentielle.
Je camperai au pied du siège du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel à partir de ce mardi à 16h30 et jusqu’à ce que l’équité en matière d’accès aux médias soit enfin respectée pour l’ensemble des candidats.
Aujourd’hui, l’élection présidentielle n’est qu’une parodie de démocratie. Verrouillée à deux niveaux.

Le premier concerne les parrainages. Les maires s’autocensurent de peur des conséquences de leur geste que ce soit vis-à-vis des subventions des conseils généraux et autres collectivités ou du regard de leurs électeurs. Tant que l’anonymat ne sera pas de mise, le pluralisme politique ne pourra pas être respecté.
D’une manière générale, PS et UMP se partagent le pouvoir et prennent soin (mode de scrutin…), d’un comme un accord, de conserver ce bipartisme hégémonique qui sert aux deux partis de gouvernement.

Le deuxième verrou est le "blacklistage" par les médias et les instituts de sondages. Journalistes et sondeurs cooptent un certain nombre de candidats sur des critères qui leur sont propres, faisant fi des recommandations du CSA. Un vrai cercle vicieux. Si vous n’êtes pas sondé, vous n’êtes pas dans les médias et vice-versa. Vous n’avez donc aucune chance de pouvoir présenter vos propositions au plus grand nombre. Malgré mes nombreuses réclamations auprès du CSA, et les retours positifs de leur part, rien ne bouge.

Vers le populisme et le nationalisme
Les médias qualifient de "grands candidats" tous ceux qui ont pourtant échoué localement ou nationalement. On prépare allègrement une finale présidentielle des plus conventionnelles avec messieurs Sarkozy et Hollande.
Pourtant, l'histoire et le poids économique de notre pays requiert que nous montrions la voie à tellement de populations déboussolées. Ce n'est pas avec les mêmes politiques qui nous ressortent les mêmes programmes que nous préparerons des lendemains qui chantent. En l’absence de choix alternatifs, de nombreux français se tournent malheureusement vers les extrêmes, vers le populisme et le nationalisme.

L’écologie indépendante que je représente est le courant de pensée originelle de l’écologie politique avant que les Verts ne l’aient dévoyée en France. Nous avons toute notre place dans le débat démocratique comme l’atteste un récent sondage (72 % des français interrogés souhaitent que l’Alliance soit présente au premier tour).
Les 1000 bénévoles de l'Alliance écologiste indépendante ont sué sang et eau pour parvenir aujourd'hui à 315 parrainages, mais j’ai bien peur que nous n’arrivions pas à réunir les 500 signatures.

J'en appelle donc aux maires et aux médias afin qu’ils respectent le pluralisme politique, un des piliers garant de notre démocratie. Dans cette grève de la faim, je veux représenter ces millions de Français qui ne se reconnaissent pas dans cette classe politique conventionnelle qui sabote le bien être durable de tous.
Jean-Marc Governatori, secrétaire national de l’Alliance écologiste indépendante et candidat à l'élection présidentielle de 2012


Source : Site internet de Marianne2, le 27-02-12
Sans Eva Joly, pas d'écologie !

ELUS ET RESPONSABLES D'EELV - TRIBUNE
Tous avec Joly ! Les verts se rassemblent derrière leur candidate, et défendent l'importance de leur programme pour la société et l'avenir du pays. Car « face à la crise, la candidature d’Eva Joly à l’élection présidentielle est indispensable ! »

A l’heure où les ressources pétrolières se raréfient et que le changement climatique transforme nos vies et nos écosystèmes, à l’heure où certains de nos concitoyens ont de plus en plus de mal à travailler, à se loger, à se chauffer, à manger sainement et à se soigner, à l’heure où la catastrophe de Fukushima marque encore les esprits et la fin du mythe du nucléaire, qui peut encore sérieusement penser que l’écologie n’a pas sa place dans les débats de l’élection présidentielle ?

Sans candidature écologiste, le risque serait de voir se réduire à la portion congrue les propositions politiques. Deux préoccupations majeures animent aujourd'hui le débat : la montée de l'abstention et celle du vote d'extrême droite. Cette double tendance exprime l’extrême difficulté pour des millions d’électeurs à trouver dans les deux grands partis qui polarisent l’attention médiatique une réponse à leurs attentes.

La vision d’une société écologiste doit être défendue dans les débats : elle répond à l’attente de millions de citoyens. Au final, la présentation de notre projet ne conduit pas à une dispersion des votes mais, au contraire, participe à une plus grande mobilisation des électeurs vers l’alternance.

Car si nous voulons l’alternance, nous allons plus loin que ça ! Notre projet est de dépasser la crise environnementale et financière, et de réduire le chômage grâce à la mise en place d’un nouveau modèle de développement qui ne laisse personne de côté.

On parle beaucoup de la crise économique et financière, mais on oublie trop vite ses causes profondes. La surexploitation des matières premières, la raréfaction du pétrole, l’assèchement des terres cultivables et la raréfaction des biens communs, comme l’eau, ont entraîné un accroissement important de leur prix. L’exemple du pétrole est, à ce titre, révélateur. La consommation effrénée et le gaspillage de cette ressource énergétique a eu pour conséquence l’emballement de son prix, pénalisant les ménages, surtout les plus modestes, et entraînant une insoutenable tension sur les marchés. Pour faire face à cette situation, une seule solution est de mettre en œuvre des façons de produire et de consommer plus sobres et moins consommateurs d’énergie.

DES RÉFORMES D'AVENIR
Ainsi, nous proposons de mettre en place une fiscalité écologique incitative qui permettrait de rapprocher les lieux de consommation et de production et de favoriser les circuits courts. Cette nouvelle façon de penser les échanges économiques présente un double avantage : limiter la consommation excessive d’énergie, et créer des milliers d’emplois locaux, répartis sur tout le territoire, notamment dans les zones les plus durement touchées par la crise.

L’emploi est en effet au cœur du modèle de développement écologiste que nous promouvons. L’hypocrite faiblesse du coût des transports et la recherche d’un profit maximisé, ont entraîné des délocalisations dans des pays aux conditions de travail intolérables, vidant de leur activité des régions entières de notre pays, sans réflexion préalable sur leur avenir. Dans le même temps, un nombre croissant de salariés ne se reconnaît plus dans le travail qu’ils font et subissent stress, souffrance et mal-être.

Cette concurrence entre les gens et les territoires, à l’international mais aussi entre les régions françaises (avec les zones franches, les exonérations fiscales, et autres pôles de « compétitivité ») est synonyme d’injustices territoriales, qui amplifient considérablement les inégalités sociales.

Face à cette situation, la relocalisation de l’activité telle que nous la proposons donnerait un souffle d’air aux régions sinistrées. Surtout si, dans le même temps, le service public, comme l’hôpital, l’école ou les bureaux de postes, y est soutenu et valorisé. Pour nous, ces services sont essentiels pour assurer la qualité de vie des citoyens, qu'ils soient actifs ou non.

Nous voulons développer des emplois locaux, offrant des conditions de vie et de travail décentes sur tout le territoire. Services de proximité à la personne, aide à la dépendance, insertion par l'activité économique, recyclage (collecte, tri, réemploi, transformation, etc), habitait écologique, éco-construction, rénovation thermique, agriculture biologique...Ce sont ainsi presque un million d'emplois de qualité qui pourraient être créés et développés dans ces filières nouvelles ou en démarrage, si nous mettions une réelle politique de conversion écologique de notre économie.

Quoi qu'on puisse penser des travers de la personnification de l'élection présidentielle, cet enjeu fondamental pour des millions de chômeurs et de précaires rendrait irresponsable le retrait de notre candidate. La cohérence du projet écologiste, qui pense la réponse à la crise sur l’ensemble de ses dimensions, environnementale, et sociale, doit être défendue lors du débat national qui s'engage. Il y a urgence à construire une nouvelle société du « mieux vivre » ; il y a urgence à soutenir la candidature d’Eva Joly à l’élection présidentielle !

Ont contribué à ce texte : Laurent Audouin, Responsable commission recherche et enseignement supérieur, David Belliard, Délégué à la protection sociale, Delphine Bonnet, Membre du conseil fédéral, Karima Delli, Députée européene, François Desriaux, Délégué au travail, Hélène Flautre, Députée européen, Bastien François, Conseiller régional Ile de France, Eric Loiselet, membre du Comité d’orientation politique, Jean-Philippe Magnen, Vice-Président Région Pays de la Loire, Thomas Matagne, Responsable de la commission Energie, Agnès Michel, Responsable de la commission économie et sociale,  Christophe Nadjovski, Adjoint au Maire de Paris, Sandrine Rousseau, Vice-Présidente région Nord - Pas de Calais, Eva Sas, Trésorière nationale, Marine Tondelier, Membre du Comité d’orientation politique, Marie Toussaint, Membre du Comité d'orientation politique.


Source : Site internet de la-Croix.com, le 27-02-12
Corinne Lepage cherche sa place entre François Bayrou et Eva Joly

L’ancienne ministre de l’environnement est toujours à la recherche des 500 parrainages. Elle entend porter au centre un projet écologiste économiquement « crédible et responsable ».
Comme la quasi-totalité des candidats à l’élection présidentielle, Corinne Lepage a visité lundi 27 février, à Paris, le Salon de l’agriculture. L’ancienne ministre du gouvernement Juppé n’est pourtant toujours pas certaine de franchir le seuil des 500 parrainages d’élus requis. « Je n’y suis pas, j’avance difficilement », reconnaît celle qui s’était associée à la question prioritaire de constitutionnalité de Marine Le Pen réclamant, en vain, l’anonymat des signataires.

Corinne Lepage vient cependant de recevoir un coup de pouce appréciable : une dizaine de personnalités – parmi lesquelles Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Autissier et Jean-Marie Pelt (président-fondateur de l’Institut européen d’écologie) – ont lancé un « appel démocratique » à la parrainer afin « que les divers projets qui défendent les valeurs écologiques, au cœur aujourd’hui de toutes les priorités, s’expriment et soient mis en débat ».

Pour sa campagne, Corinne Lepage peut s’appuyer sur son parti, Cap21 (Citoyenneté, Action, Participation pour le XXIe siècle), créé dans le contexte de sa précédente candidature à l’élection présidentielle en 2002 (1,88 % des suffrages exprimés). Mais depuis les législatives de 2007, celui-ci ne bénéficie plus du financement public, puisque ses candidats s’étaient présentés sous l’étiquette MoDem, dont il fut un des membres fondateurs aux côtés de l’UDF.

ENTRE 0,5 ET 1 % D’INTENTIONS DE VOTE POUR CORINNE LEPAGE
C’est d’ailleurs grâce à cette étiquette que l’avocate a été élue en 2009 au Parlement européen. Cette année-là, 72 % des recettes de Cap21 provenaient de versements du MoDem, contre 19 % des cotisations des adhérents et des contributions des élus. Or, dans le contexte des régionales de 2010, la formation de Corinne Lepage a repris son indépendance. Elle s’est alors rapprochée des listes Europe Écologie, sans toutefois participer ensuite à la création du parti Europe Écologie-Les Verts (EELV).

Reste également pour Corinne Lepage à trouver sa place dans la campagne. « Je suis, comme François Bayrou, du centre, mais son programme est daté, c’est un programme du XXe siècle qui n’intègre pas l’écologie et le développement durable », lance-t-elle à l’égard de son ancien allié. « Eva Joly ne porte pas un projet écologiste crédible et responsable », poursuit-elle en visant cette fois les propositions économiques et budgétaires de la candidate écologiste de gauche. Si Eva Joly (3 % des intentions de vote dans les derniers sondages) distance Corinne Lepage (entre 0,5 et 1 %), l’écart est suffisamment faible pour aiguiser la rivalité entre les deux femmes.


Source : Site internet LeJDD.fr, le 24-02-12
Agriculture : ce que proposent les candidats

Samedi s'est ouvert le Salon de l'agriculture, passage incontournable de la campagne électorale pour les prétendants à l'Elysée. Une grande partie d'entre eux arpenteront ses allées. Nicolas Sarkozy a déjà ouvert le bal samedi. Tous devront détailler leur projet pour le monde agricole. LeJDD.fr fait le point sur leurs principales propositions.
L'agriculture fait son entrée dans la campagne électorale. Presque tous les candidats à la présidentielle ont prévu de se rendre à la 49e édition du Salon de l'agriculture, qui s'ouvre ce week-end à Paris. Si le président sortant Nicolas Sarkozy inaugurera l'évènement dès samedi, François Hollande y passera une bonne partie de sa journée, mardi.

Dans l'hebdomadaire spécialisé Agra-Presse, les deux favoris de la course à l'Elysée précisent ce vendredi leurs intentions pour le monde agricole. De son côté, Marine Le Pen, a lancé un site Internet à destination des acteurs de la ruralité, revenant en détail sur les mesures de son projet présidentiel à ce sujet. LeJDD.fr passe en revue les principaux thèmes qui opposent les prétendants à la présidence de la République.

Réforme de la Politique agricole commune (PAC)
C'est le principal enjeu de cette présidentielle dans le domaine de l'agriculture. Le prochain président devra renégocier la PAC, ou Politique agricole commune, qui expire en 2013. Celle-ci représente 40% du budget de l'Union européenne et est financée par l'ensemble de ses Etats membres. Vendredi, François Hollande rappelle dans Agra-Presse l'engagement qui figure dans son projet présidentiel : il souhaite que le budget de la PAC soit "le plus élevé possible", en lui donnant "une dimension agro-environnementale". "Je lui recommande de travailler un peu mieux son dossier agricole européen", a rétorqué, samedi matin sur Europe 1, le ministre de l'Agriculture Le Maire, interrogé depuis le Salon de l'Agriculture.

"Il verra que les propositions de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne n'ont strictement rien à voir, que la Grande-Bretagne ne voulait pas maintenir le budget de la PAC, comme le dit François Hollande, elle voulait le baisser voire le supprimer", a relevé le ministre. "C'est nous, les Français, qui avons pris la tête de cette négociation, c'est nous qui avons constitué une majorité et c'est moi qui ai obtenu un accord avec l'Allemagne sur le maintien du budget de la PAC", a-t-il ajouté.

Si Nicolas Sarkozy doit encore préciser son projet pour l'agriculture, le parti présidentiel a déjà fait 15 propositions à ce sujet. Concernant la PAC, la majorité veut "maintenir un budget ambitieux" et "simplifier la gestion administrative" de ces aides. Une priorité réaffirmée vendredi par le président sortant.

A l'inverse, Marine Le Pen rappelle dans son programme que "la France ne peut abdiquer à sa souveraineté". C'est pourquoi, si la candidate du Front national est élue, le pays "abandonnera la PAC au bénéfice de la PAF", la Politique agricole française, qui sera "financée par la réduction de sa contribution globale au budget européen".

"Produire en France"
La préférence nationale fait son chemin pour les produits agricoles. François Bayrou a fait notamment du "Produire en France" l'un de ses principaux thèmes de campagnes. "A cause de leur nombre faible, les agriculteurs ne sont plus entendus en France", a regretté lundi sur TF1 le candidat du MoDem, qui veut sauvegarder le "tissu agricole". Le centriste insiste pour "faire appliquer les mêmes règles sur ce qui est produit chez nous et ce qui est importé".

Marine Le Pen propose de son côté une loi "Achetons français", afin de faire prévaloir les produits agricoles nationaux et d'instaurer le "patriotisme agricole". De même, Nicolas Dupont-Aignan souhaite pour sa part "encadrer les importations pour protéger notre production".

Aides aux jeunes agriculteurs
Jean-Luc Mélenchon en fait l'une de ses priorités. "Nous soutiendrons l’installation de jeunes agriculteurs et la consolidation des petites exploitations, y compris par le biais de réserves foncières", stipule son programme présidentiel, l'Humain d'abord. Le candidat du Front de gauche veut notamment "revoir la gouvernance des Safer", les Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural. 
Début février, lors d'un déplacement en Basse-Normandie, Eva Joly avait d'ailleurs accusé ses sociétés de se comporter "comme n'importe quel spéculateur", se détournant ainsi de leur "mission de service public qui est d'aider les jeunes agriculteurs à s'installer".

L'UMP propose quant à elle "la constitution d'un Fonds d'épargne qui soutiendrait le développement et l'investissement des jeunes agriculteurs". Enfin, Marine Le Pen entend mettre en place un programme d'aide spécifique de 110 millions d'euros.

Face à la grande distribution
Si le parti majoritaire se félicite du travail de "transparence" entrepris durant ce mandat quant aux prix des produits de grande consommation, il souhaite "poursuivre son action". L'UMP souhaite ainsi renforcer "l'Observatoire des prix et des marges" et veut "assurer un contrôle efficace des pratiques commerciales".

François Hollande a affirmé vendredi qu'il allait rencontrer en mars "les principaux responsables de la grande distribution" pour leur indiquer qu'il souhaite lancer un "contrat moral entre [eux] et les producteurs". Plus radicale, Marine Le Pen veut lutter contre "les abus de position dominante de la grande distribution", en renforçant les moyens de l'Autorité de la concurrence.

Assurer la "transition écologique"
A gauche, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly proposent un nouveau modèle agricole, orienté vers l'écologie. La candidate d'Europe Ecologie – Les Verts entend inciter les collectivités à convertir au minimum 20% de leurs surfaces agricoles utiles à l'agriculture biologique en cinq ans, afin de permettre une alimentation 100% bio dans les cantines scolaires. Reprenant l'objectif du Grenelle de réduire de 50% des pesticides d'ici 2018, la candidate souhaite également à terme la sortie des pesticides en une génération.

Le leader du Front de gauche veut pour sa part une agriculture "de qualité, sans OGM, largement autonome en ressources non renouvelables, relocalisée, participant à la santé publique des consommateurs et contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique". Restant très général, François Hollande estime également dans ses engagements vouloir "encourager la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique". Quant à l'UMP, son objectif est de favoriser "l'innovation de la chimie verte" ou encore des "agro-carburants de deuxième génération".

A l'échelle internationale
Plus de protection face à la concurrence internationale. C'est ce à quoi s'engage François Hollande, qui veut "une nouvelle politique commerciale pour faire obstacle à toute forme de concurrence déloyale et pour fixer des règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale". L'UMP souhaite "une taxe réciprocité" aux frontières de l'Europe sur les produits étrangers qui ne respectent pas un certain nombre de normes.

Au Front de gauche, on veut "soutenir le développement de marchés régionaux" et "réguler les marchés mondiaux". Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon entend "opposer le veto de la France à la conclusion du cycle de Doha de l’OMC, à la signature des accords de libre-échange négociés par l’Union européenne, à toutes les pressions du FMI et de la Banque mondiale". De même, Eva Joly, souhaite que le pays porte "au sein de l'OMC le droit inaliénable des peuples à produire leur propre alimentation."


Source : Site internet du Huffington post, le 24-02-2012
Les vraies raisons de la disparition de l'écologie dans la présidentielle

Pour beaucoup, l'écologie a disparu des radars dans cette campagne présidentielle. C'est vrai et cette réalité, au demeurant fort dommageable pour l'ensemble de nos concitoyens, a une triple origine :

- La volonté politique du candidat président sortant qui après avoir fait, en application du pacte écologique, le Grenelle de l'environnement -qui a fait croire que la France entrait enfin comme ses voisins dans une nouvelle ère- l'a enterré en grande pompe et avec une série de prises de position destinées à bien faire comprendre que l'enterrement était définitif. Nicolas Sarkozy est devenu le fossoyeur de l'écologie. Dans la mesure où les médias jouent majoritairement le jeu du candidat président qui consistent à contraindre tous les autres candidats à se positionner sur des propositions d'autant moins crédibles qu'elles sont l'antithèse de ce qu'il a fait pendant cinq ans, il est pour le moins naturel que l'environnement ne soit pas à l'agenda.

Les symboles ne manquent du reste pas : arrivée de Claude Allègre auprès de Nicolas Sarkozy, symbole s'il en est du négationnisme écologique, disparition du ministre de l'environnement jugé suffisamment négligeable pour ne pas être remplacé, rumeurs autour de Jean-Louis Borloo qui est le symbole de l'aspect positif du Grenelle. Si l'on ajoute à cela le fait que "l'environnement cela suffit" va bien évidemment dans le sens des grands lobbys qui supportent le président candidat qui ont eu peur au moment du Grenelle et qui prennent ainsi leur revanche.

- Le choix d'Eva Joly et les conséquences de l'accord Vert PS. L'accord Vert PS est ravageur pour l'écologie politique ou tout au moins pour ceux qui s'en réclament et nient le droit des autres à l'existence. En effet, il apporte d'abord la preuve que bien des prétentions des Verts disparaissent dès lors que des jobs leur sont promis: l'abandon du nucléaire qui faisait l'objet d'un ultimatum n'est plus un problème, le choix des candidats par les militants n'est plus un impératif et seul compte le nombre de circonscriptions promises.

On peut comprendre parfaitement que compte tenu de la difficulté que représente une présidentielle pour les écologistes, une candidature commune de premier tour sur la base d'un programme soit un choix légitime. En revanche, on ne peut pas comprendre la candidature ET l'accord préalable qui fige le programme quel que soit le score du candidat vert. Ensuite, il contraint le candidat, en l'espèce la candidate, à une surenchère à la gauche de la gauche sur des sujets qui n'ont rien à voir avec l'écologie mais qui sont destinés à marquer une différence: les 32 heures de travail, une fiscalité totalement confiscatoire, des revenus minima dont on ignore totalement comment ils seront financés, aucun engagement de réduction sérieux des déficits.

A ceci s'ajoute le choix d'Eva Joly, qui certes, porte en elle la rigueur intransigeante du juge d'instruction de l'affaire Elf, mais qui a découvert l'écologie il y a trois ans, après avoir tenté sa chance au Modem. Le mélange d'incompétence sur les sujets environnementaux, une fois le contenu des fiches qui lui sont préparées épuisé, et le caractère punitif assez violent de sa personne, sont ravageurs.

Le dérapage verbal dont j'ai été la victime témoigne, au-delà de l'énervement et de la fatigue dû à une campagne qui patine, de la prise de conscience de ce que l'écologie politique ne peut évidemment pas dans cette campagne se réduire à sa personne. La dilapidation du capital électoral des élections européennes résulte précisément du retour aux fondamentaux de la nomenklatura verte que Daniel Cohn-Bendit avait su avec talent surmonter en ouvrant l'écologie vers le centre, en donnant envie d'écologie et en se projetant dans le futur.

- Alors, et c'est la troisième raison de la faible présence de l'écologie dans cette campagne, il faut tuer le soldat Lepage. En effet, parce que je représente légitimement l'environnement, le défendant depuis plus de 35 ans avec de véritables succès à mon actif, parce que je suis une femme du centre, capable de travailler avec la droite et la gauche tant je suis convaincue que les solutions du nouveau monde dans lequel nous vivons sont des synthèses très originales qui ne se trouvent ni dans un camp ni dans l'autre, parce que je m'appuie sur la société civile, le monde associatif, le secteur social et solidaire, il est impératif pour nombre de personnes que je ne sois pas dans cette campagne.

Depuis octobre 2011, je me suis heurtée à la raillerie de quelques commentateurs politiques de la Sarkozie et du monde politique traditionnel trouvant ridicule que j'ose me présenter et pariant pour mon retrait très rapide. Puis, celui-ci ne venant pas, je me suis alors heurté au silence pesant des médias. Quasiment aucun temps d'antenne jusqu'en janvier puis, un temps d'antenne ridicule au cours de la période dite d'équité qui m'a alloué généreusement le 15e du temps d'Eva Joly en janvier.

Les journaux bien-pensants, Le Monde, Libération ne m'ont pas consacré une ligne dans leur format papier. Et même lorsque des journalistes m'interviewent, mon nom disparaît dans les articles qui sont finalement publiés. Seule Eva Joly a le droit de s'exprimer au nom de l'écologie! Et si elle plonge, comme l'a titré Le Monde, l'écologie disparaît des radars. Autrement dit, Eva Joly a desservi l'écologie et, les médias ont joué le jeu de la disparition de l'écologie dans la campagne, refusant de me laisser m'exprimer et démontrer que l'écologie pouvait être présente et est convaincante.

Dès lors, il n'est pas surprenant que les intentions de vote soient faibles et lorsqu'elles commencent très modestement à décoller, personne ne le note, de peur que je puisse exister. Pourtant, dans cette campagne, je suis la seule à pouvoir faire exister une écologie désirable. Je suis la seule à pouvoir faire comprendre à nos concitoyens que la politique de l'autruche qui a été celle poursuivie à l'égard de la dette ou des délocalisations nous a amené dans le mur dans lequel nous sommes.

Et pourtant, nos politiques font aujourd'hui la même chose avec la crise écologique, la crise climatique et sanitaire. Pourtant, il n'y aura pas de développement économique, il n'y aura pas de solidarité, il n'y aura pas une amélioration des conditions de vie de nos concitoyens si nous ne sommes pas capables de lier l'économie, l'écologie et le social. Mon programme qui a l'avantage de lier la rigueur budgétaire avec l'investissement indispensable dans la troisième révolution industrielle, l'innovation avec le développement de l'économie sociale et solidaire, la prévention en matière de santé et de risques avec le financement de la solidarité répond à cette ardente obligation.

Il est vrai qu'il présente un inconvénient majeur pour les partis politiques qui se partagent un gâteau auquel ils tiennent et pour les lobbys de tous genres. Il change les rapports de force en donnant aux citoyens de nouveaux droits (information, référendum d'initiative citoyenne, action collective, droits des salariés dans les entreprises, droits des clients des banques...) en considérant comme indispensables le non cumul des mandats, la proportionnelle, la reconnaissance du vote blanc, l'égalité effective entre les hommes et les femmes, 6 référendums sociétaux.

Il donne une place réelle au long terme en verdissant la fiscalité, en créant un conseil de la société civile et des générations futures doté de réels pouvoirs. Il inverse les choix en termes économiques en faveur des PME et au détriment des multinationales... Bref, il propose un choix cohérent d'une société intelligente qui retrouve son dynamisme et sa cohésion dans ce qu'on appelle le génie français.

C'est sans doute pour cette raison que beaucoup souhaitent ma disparition du paysage de la présidentielle car ils seront tranquilles: personne ne parlera d'écologie comme de la solution économique et sociale pour sortir par le haut de l'abîme dans lequel nous sommes précipités.


Source : Site internet web-agri.fr, le 24-02-2012
Election présidentielle 2012 - Philippe Poutou, candidat du Npa, répond à vos questions

Successeur d’Olivier Besancenot, Philippe Poutou, le candidat du Npa à l’élection présidentielle 2012, répond aux questions posées par les agriculteurs sur les forums de Terre-net Média. A travers ses réponses, le candidat communiste dévoile sa vision de l’agriculture française.

Les questions ci-dessous auxquelles Philippe Poutou a répondu sont extraites des forums de terre-net.fr, élevage-net.fr et viti-net.fr.
NB : nous avons sélectionné les questions-réponses pouvant avoir un impact de près ou de loin sur la biodiversité.

La France doit-elle sacrifier son excédent commercial de près de 12 milliards d'euros pour rendre son agriculture plus écolo-compatible ?

Philippe Poutou: C'est une question, qui dans sa forme, ressemble étrangement à : « le nucléaire ou la bougie ? ». En gros, on est sérieux, ou on s'amuse...On brasse 12 milliards, ou on repeint la France en vert... La contradiction insurmontable qui apparaît en filigrane dans la question, mérite d'être nuancée. 
C'est essentiellement l'agroalimentaire et les grands groupes, s'appuyant sur une agriculture de plus en plus industrielle, dévoreuse d'énergie, d'intrants, et de soutien financier, qui trouvent intérêt à la quête agressive de nouvelles parts de marché. Ils sont les bénéficiaires presque exclusifs des marges bénéficiaires réalisées à l'export. Leurs lois sont celles du capitalisme et de l'Omc. Leur crédo, c'est la libéralisation totale des échanges. Les paysans en sont réduits à fournir le produit de base, pas cher, mais indispensable à la transformation qui génère la plus-value des industriels. 
Il existe encore en France, en Europe, une petite et moyenne agriculture, économe, autonome, respectueuse des écosystèmes, faisant appel à de la main d’œuvre. Elle est moins performante, à l’évidence, en termes de rentabilité capitaliste, sur les marchés mondiaux. Mais cette agriculture accomplit parfaitement sa mission, en faisant faiblement appel à l'argent public. Elle entretient et met en valeur le territoire, elle maintient un tissu rural vivant et l'emploi, elle assure la couverture des besoins alimentaires en quantité et qualité, y compris en développant une part dans l'export, grâce souvent, à des produits exceptionnels. 
Les paysans ont tout à perdre dans la libéralisation des échanges, dans la compétitivité à outrance, dans la spéculation des investisseurs, dans les projets capitalistes des firmes mondiales. Par contre, ils ont tout à gagner dans un nouveau projet de régulation internationale, basée sur des échanges commerciaux plus justes, respectant les différents systèmes de production agricole dans le monde, organisant un développement pérenne, et respectueux des équilibres naturels. 
Les atteintes au milieu et dérives multiples, clairement identifiées par les scientifiques, doivent être corrigées. Oui, nous sommes allés trop loin dans l'irrigation de cultures inadaptées à leur milieu, le drainage détruisant les prairies humides, le retournement des prairies, nuisant à la biodiversité, la monoculture, l'épandage massif de lisiers et intrants dangereux, l'arrachage des haies et le comblement des mares. Erosion, pollutions des cours d'eau, des plages et des nappes, ont mis la profession au ban des accusés. Il est grandement temps d'agir ! 
Pour conclure sur ce point, avec une autre approche, nous n'aurions pas 12 milliards d'euros d'excédents, mais nous ne serions pas perdants pour autant.

Plusieurs formes d'agriculture peuvent-elles coexister avec des secteurs orientés à l'export et vers l'agro-industrie et, d'autres orientés sur les circuits de proximité ? Ou bien sont-ils incompatibles ?

Philippe Poutou: L'agriculture duale est la réalité d'aujourd'hui. Mais un système entend prédominer, c'est celui de l'agriculture industrielle. La tendance lourde est la concentration de l'outil de travail, et du soutien financier, entre les mains d'exploitants de moins en moins nombreux. Il faut infléchir cette dérive ruineuse au plan humain, financier, écologique.

La PAC fête ses 50 ans. Son bilan est-il positif ?

Philippe Poutou: Comment pourrait-il l'être ? En Europe, une ferme cesse son activité toutes les 3 minutes, toutes les 20 minutes en France. Des millions de paysans européens ont quitté le métier, d'autres millions sont dans la mire. La moitié des paysans français sont sous-smicards, et pour bon nombre d'entre eux, vivent en dessous du seuil de pauvreté. L'agriculture productiviste, enfant choyé des institutions, s'est installée solidement, attirant à elle, les flux de l'argent public. Intensification maximum en certains endroits, déprise agricole, désertification, pauvreté en d'autres. L'environnement est très sérieusement malmené par les pratiques de l'agro-business. Les marchés sont secoués par des crises à répétition, notamment de surproduction, et sanitaires. Volatilité ou baisse des prix insoutenables, spéculations sur les denrées, prix ne couvrant pas les coûts de production et les revenus, primes injustement réparties, autant de raisons d'invoquer une faillite de l'outil Pac.

Êtes-vous favorable à une représentation de tous les syndicats dans toutes les organisations professionnelles ?

Philippe Poutou: La démocratie, cela ne se saucissonne pas. Tous les syndicats peuvent prétendre légitimement à siéger dans les organisations professionnelles. 
Il est à noter que les élections professionnelles ne sont toujours pas instituées à la proportionnelle intégrale, le type de scrutin le plus fidèle à la réalité. Le syndicalisme majoritaire FNSEA-CNJA, a trop longtemps pesé seul sur les destinées de la paysannerie, quand il n'a pas envoyé un des siens comme ministre de l'agriculture. Bel exemple de cogestion, de collusion.

Les règles environnementales sont sources de distorsion de concurrence. Souhaitez-vous mettre un terme à la surenchère française en la matière par rapport à ses voisins européens ? Ou, au contraire, souhaitez-vous défendre une harmonisation par le haut des règles sociales et environnementales en Europe ?

Philippe Poutou: Le problème n'est pas que nous en fassions trop , mais que les autres n'en fassent pas assez ! Effectivement, ailleurs, avec un niveau d'exigence en la matière, moindre, cela représente une distorsion de concurrence. La réponse est donc contenue dans la question. Oui, nous sommes pour une harmonisation par le haut des règles sociales et environnementales européennes.

Les agriculteurs irrigants se plaignent des contraintes environnementales et des démarches administratives qui limitent leurs possibilités d'usage de l'eau. Êtes-vous prêt à assouplir la loi sur l'eau ?

Philippe Poutou: Il y a des limites à tout. Les rivières n'ont pas un débit constant et de nature à satisfaire les appétits de chacun. L'eau des rivières et des nappes est un bien vital qui se partage avec les autres usagers. L'irrigation massive ne fait pas partie de son cycle naturel, perturbe les équilibres écologiques. Nous pensons que plutô que d'envoyer tout le monde pomper dans la ressource, sauf nécessité, il serait préférable de semer des variétés plus rustiques, moins productives, ce handicap étant pallié par des aides. Ces aides financières seraient pleinement justifiées, au titre de la solidarité nationale avec les zones agricoles difficiles, et au maintien de l'activité agricole. 
Les retenues collinaires pourraient être encouragées comme un moindre mal.

Faut-il soutenir la production d'énergie par les agriculteurs, via la valorisation de la biomasse (méthanisation) ou de l'énergie solaire (photovoltaïque) ? Comment ?

Philippe Poutou: Tout ce qui peut être créé sur la ferme, et qui est susceptible de générer une valeur ajoutée, doit être mis en œuvre. De surcroît, pour sortir du nucléaire, énergie ruineuse et dangereuse, nous devrons nous appuyer sur des projets d'envergure (éolien off-shore et terrestre, géothermie, hydraulique, cogénération, etc...) et sur d'autres, à plus petite échelle. Il est dommage que les engagements de l'Etat sur l'achat, et les aides à l'installation aient été revus à la baisse, rendant moins attractive la démarche. Entre monter une unité de méthanisation dans la cour, poser des panneaux solaires sur un bâtiment, ou stocker dans le jardin, 2 ou 3 m3 de déchets fortement radioactifs pour 100 000 ans... Il n'y a pas photo ! 
Nous pensons qu'il faut que l'Etat n'abandonne pas la recherche, l'installation et l'exploitation, au privé. Il doit construire une filière publique produisant en masse, au meilleur rapport qualité-prix, des matériels pour produire de l'énergie à partir du soleil, de la méthanisation, du petit hydraulique. C'est générateur d'emploi, et le vivier est considérable. Ensuite, les utilisateurs de ces installations fiables à moindre coût, car le but avoué est la recherche d'énergie, pas les profits, bénéficieraient d'un suivi opéré par des techniciens d'un service public de l'énergie, et non pas de margoulins comme c'est parfois le cas.

Dans le cadre de la politique énergétique, êtes-vous favorable au développement des bio-carburants ? Souhaitez-vous maintenir les objectifs français en la matière ?

Philippe Poutou: Nous sommes opposés au développement des agrocarburants. D'ailleurs nous préférons les appeler ainsi, plutôt que biocarburants, terme d'autant plus ambigu, que ces carburants, loin d'être bio, sont plutôt issus de la plus industrielle des agricultures... Le bilan énergétique de ces carburants est nul, voire pire. C'est l'exemple même de la fausse bonne solution verte. Surtout si nous considérons les surfaces retirées de l'alimentation, pour faire rouler nos bagnoles. Une partie de l'offre alimentaire est détournée vers un autre secteur, renchérissant les prix des denrées. A l'exemple du maïs mexicain et nord américain, utilisé en "essence", et qui a provoqué la hausse du coût de la tortilla et les émeutes qui s'en suivirent. 
1.000.000.000 d'individus souffrent de la faim, ils attendent mieux de nous !

Êtes-vous favorable au développement des cultures OGM en Europe et à leur introduction en France ?

Philippe Poutou: Les multinationales de l'agrobusiness (semences, pesticides,...) veulent nous imposer notre alimentation par le biais des semences qu'elles brevètent et commercialisent. Elles entendent mettre au pas les agriculteurs du monde entier, les empêcher de resemer leur production. Ces firmes capitalistes détruisent la souveraineté alimentaire des pays les plus pauvres, en faisant courir d'énormes risques aux écosystèmes. 
Pour ces raisons nous nous opposons à l'expérimentation, au développement des OGM, ici, comme ailleurs. 
Des marges de progrès importantes résident dans le travail de sélection animale et végétale qui s'opère depuis la nuit des temps, et qui s'est accéléré ces dernières décennies. 
Nous continuerons de défendre les faucheurs volontaires qui s'opposent physiquement à la culture des OGM.

Approuvez-vous l'adoption de la loi sur les certificats d'obtention végétale qui autorisera, notamment, les semenciers à demander une participation financière des agriculteurs pour la recherche végétale ?

Philippe Poutou: Parce que, quand les gros semenciers font des bénéfices, ils nous en redistribuent ? Le gag ! C'est pourtant nous qui devrions leur demander quelque chose pour le travail de sélection, sur lequel ils s'appuient, accompli par des générations et des générations de paysans, depuis le néolithique, jusqu'aujourd'hui ! 
La bataille de chiens qui règne actuellement pour prendre possession des semences, entre en résonance avec la spéculation grandissante et scandaleuse sur les denrées agricoles. C'est tout un désordre qui n'a comme seul idéal, comme seul but, que le profit. Ce désordre s'appelle capitalisme.

 


Source : la tribune.fr, le 20-02-12
JEAN-MARC JANCOVICI, EXPERT ENERGIE-CLIMAT
Entretien. « Nicolas Sarkozy a raté la marche du Grenelle de l'Environnement »

Propos recueillis par Elisabeth Salles, Enerpresse, le quotidien de l'énergie

L'expert Jean-Marc Jancovici a accordé un très long et intéressant entretien à la journaliste Elisabeth Salles pour Enerpresse et le BIP sur les enjeux écologiques et énergétiques de la présidentielle. Il critique, sans langue de bois, les positions de François Hollande et de Nicolas Sarkozy et s'inquiète de l'effacement des questions environnementales dans la campagne électorale.

Enerpresse - Des événements qui ont marqué la scène énergétique française en ce début d'année, quel est celui qui a particulièrement retenu votre attention ?
Jean-Marc Jancovici.
Il y en a beaucoup ! Je vais commencer avec le rapport de la Cour des comptes sur le nucléaire, que j'ai trouvé être un exercice de méthode très intéressant. Repartir de questions élémentaires, comme « qui paye quoi à qui, et avec quelles règles de calcul », permet de poser les bases d'un débat factuel, ce qui est hautement souhaitable. Du reste, si nous souhaitons ensuite faire des comparaisons entre énergies, car c'est à l'évidence indispensable pour faire des choix, il serait très utile, voire indispensable, d'appliquer la même démarche aux autres énergies. J'espère que les magistrats de la Cour en auront le temps ! Ce rapport pose donc, dès le départ, la bonne question pour discuter argent : quels chiffres doit-on prendre en compte, et de quelle manière ? J'y ai même découvert une notion que je ne connaissais pas, à savoir le « coût complet économique », qui fait disparaître la durée de vie des investissements, en remplaçant leur amortissement par un loyer annuel (ce qui pour le coup est assez perturbant et peut conduire à interpréter le résultat de travers).
Mais, au-delà, ce rapport m'inspire plusieurs réflexions. La première est qu'il fait apparaître que la loi Nome oblige EDF à vendre son électricité nucléaire à un niveau inférieur au coût de renouvellement à l'identique. Cela équivaut à transférer la « rente nucléaire » aux actionnaires des concurrents, ce qui est assurément la moins bonne manière d'utiliser cet argent ! Il vaudrait bien mieux le laisser au sein d'une société publique ayant le mandat clair de renouveler ou améliorer ses centrales nucléaires, voire d'augmenter les dividendes servis à l'État, qui en a bien besoin. Ce rapport, qui émane, ce qui est amusant compte tenu des positions de François Hollande sur le nucléaire, d'une autorité dont le président fut député socialiste (Didier Migaud - ndlr), conforte d'autre part des ordres de grandeur connus. Que, sur des installations qui vont durer 40 à 60 ans, le coût ne soit révisé que de 10 % par rapport à ce qui figurait dans des travaux approfondis précédents montre que l'on sait à peu près où l'on va, ce qui n'est absolument pas le cas avec les combustibles fossiles, dont le cout futur est largement imprévisible. Il faudra aussi faire l'exercice avec les renouvelables pour comparer ce qui est comparable.
La Cour des comptes a, également, souligné deux autres points intéressants. Le premier concerne le démantèlement, dont l'imprécision sur le coût futur ferait courir, selon les opposants au nucléaire, un risque majeur d'inflation sur le prix de l'électricité. En fait, les calculs montrent que même si le démantèlement a été sous-évalué d'un facteur 2, l'impact sur le coût du MWh n'en est modifié que d'un euro environ. Il n'y a donc pas lieu de se focaliser sur ce sujet outre mesure. D'autre part, et même si l'institution ne l'explicite pas clairement, la constitution d'un fonds d'assurance en cas d'accident grave représente un coût d'un montant équivalent. Un euro par MWh sur les 400 TWh de production nucléaire annuelle équivalent à 400 millions d'euros par an, soit 20 milliards sur 50 ans. Cela nous prouve qu'à faible coût le moyen est là de constituer un fonds significatif pour gérer un éventuel accident important, qu'il faut, bien évidemment, tout faire pour éviter. C'est, il me semble, le début d'une gestion non totalement affective d'un risque faible, mais possible, pour un bénéfice global bien identifié. Car, il faut être clair : soit le nucléaire est porteur d'un risque inadmissible, et l'on interdit cette industrie en totalité (ce n'est pas mon analyse) ; soit il est globalement utile, et donc on l'utilise, mais en obligeant l'industrie à constituer, comme ailleurs, un mécanisme d'assurance.

Que pensez-vous du projet énergétique du candidat socialiste ?
Jean-Marc Jancovici.
Il est difficile de qualifier quelques affirmations de « projet », et je vais donc me limiter à commenter deux caractéristiques quantitatives du programme socialiste. Un premier défaut est d'être calé sur une hypothèse totalement irréaliste de « retour à la croissance », justement à cause de la contrainte énergétique. Ce qui fonde mon raisonnement est une simple règle de trois : le PIB par personne est la multiplication du PIB par unité d'énergie (c'est l'efficacité énergétique du PIB) et de l'énergie par personne. Du coup, la croissance du PIB par personne est la somme de l'amélioration de l'efficacité énergétique de l'économie et de la croissance de l'énergie par personne.
De la révolution industrielle à 1980, cette croissance de l'énergie par personne, en moyenne mondiale, a été de 2,3 % par an, avant de chuter à 0,2 % juste après 1980. Le PIB par unité d'énergie, lui, progresse de 0,8 % par an depuis 1970. Du coup, le PIB par personne est brutalement passé de 3 % de croissance par an avant 1980 - et nous avons calé toute la progression de la dépense publique là-dessus - à 1 % par an après. Depuis 30 ans, on essaie de retrouver ce chiffre de 3 %, qui permettrait de désendetter l'état, de payer les retraites et de résorber le chômage tout en encourageant les gains de productivité, mais nous n'y arrivons pas, parce que la contraintes sur les ressources énergétiques empêche de retrouver le 2 % de croissance de l'énergie par personne et par an.
Et le grand paradoxe est qu'en plus cela va conduire l'efficacité énergétique de l'économie à se dégrader, car améliorer cette efficacité suppose une rotation du capital pour diminuer la consommation unitaire (bâtiments, voitures, usines, etc.) qui a généralement besoin d'une économie en croissance pour aller vite. Dans les années qui viennent, le plus probable est que nous ayons une récession tous les deux à trois ans. Penser, comme François Hollande, que la croissance du PIB remontera à 3 % dans trois ans et bâtir son projet là-dessus est faire prendre au pays un pari perdant d'avance.
À cause du lien exposé ci-dessus entre énergie et PIB, sortir de l'énergie nucléaire est en outre un excellent moyen d'accélérer la récession ! Il est amusant de voir le PS proposer ce genre de mesure, alors que c'est historiquement celui qui est le plus axé sur la croissance, indispensable pour disposer du surplus à répartir. En concluant une alliance avec les Verts sur ce sujet, le candidat socialiste a certes suscité des craintes sérieuses au sein des milieux économiques, mais surtout cherché à réaliser un étonnant mariage de la carpe et du lapin.

La Cour des comptes a publié un rapport assez critique sur le Grenelle de l'environnement. Qu'en pensez-vous ?
Jean-Marc Jancovici.
« Je ne peux hélas pas me prononcer sur ce rapport, car je ne l'ai pas lu. Le Grenelle a eu, à mon avis, un effet structurant sur un certain nombre de points, sans avoir, toutefois, insufflé une dynamique du bon ordre de grandeur pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés. Le principal effet intéressant est que, dans beaucoup de domaines, nous sommes passés de l'incantation à la discussion sur les problèmes concrets (qui doit faire quoi, comment, avec quel argent, contrôlé comment, etc.). Le Grenelle a donc créé un public exigeant, dans les entreprises et les administrations, auquel l'on ne peut plus servir un discours simpliste sans aligner des chiffres en face. Il a modifié l'opinion d'un certain nombre de gens, poussé à un vrai mélange des cultures, comme en témoigne par exemple des fusions d'administrations historiquement opposées (eaux et forêts et Ponts, ou encore énergie et climat). Les sujets environnementaux sont devenus des sujets sérieux, c'est un vrai acquis, peut-être le principal.
La mauvaise nouvelle, c'est que le pouvoir politique n'a pas vu passer le bon train. Nicolas Sarkozy n'a pas compris que d'enclencher la révolution de la décarbonisation de l'économie pouvait le transformer en Napoléon des temps modernes, et je ne comprends toujours pas pourquoi il a raté cette marche, lui qui a par ailleurs tant de rêves de grandeur... Le président n'a pas saisi que si l'on traitait le problème en appelant à une nouvelle révolution industrielle, cela donnait une entrée cohérente pour tout réformer, y compris la fiscalité, l'aménagement du territoire, les filières industrielles et le système de formation. La France a pourtant tiré la première sur bon nombre d'instruments réglementaires qui permettent de gérer le problème. Cette démarche aurait pu être notre "conquête de la lune", et j'espère toujours qu'elle le sera bientôt.
La crise, qui est d'origine énergétique pour une large partie, aurait pu être l'occasion de se réinventer. Elle a, pour l'heure, plutôt abouti à rabaisser les ambitions. En cette fin de mandat, les décrets d'application de la loi Grenelle 2 sont publiés à la pelle, mais au prix de compromis qui, souvent, vident la loi de son esprit. Si l'on fait un bilan des années écoulées, j'en veux aussi un peu aux ONG qui ont qualifié le sommet de Copenhague d'erreur. Elles n'ont pas voulu comprendre que de passer d'un format onusien, utile pour la discussion et le partage des connaissances - le GIEC en est une remarquable illustration - mais totalement inadapté à une action forte, à un format type G20, est un indiscutable progrès, car c'est la condition de l'action. Quand il y a des gagnants et des perdants, l'action forte ne peut jamais dériver d'un consensus parfait : il faut un groupe resserré d'acteurs qui prennent le manche, et qui bousculeront nécessairement un peu les autres. Or c'est ce qui s'est passé dans les dernières heures de la conférence de Copenhague.


Croire que c'est un échec est une erreur de lecture : c'est un point de passage obligé. Si cette question du climat était devenue un "sujet G20", il en aurait été question tous les deux mois au sein des puissants. Je me demande si la raison principale de cette réaction des ONG concernées n'est pas tout simplement qu'elles ne participent pas au G20, et donc elles n'ont aucune envie que le débat principal parte dans une enceinte où elles sont absentes. Mais dans cette histoire elles ont de fait tiré un peu contre leur camp, même si je me demande parfois où est leur camp ! Cette réflexion en amenant une autre, il me semble que les médias sont un peu trop complaisants avec ces acteurs, laissant une trop large part à l'empathie, ce qui conduit à promouvoir tous leurs raisonnements, qu'ils soient fondés ou farfelus, parce qu'il est impensable de refuser une tribune à celui qui dit "je veux sauver la planète" ! Mais ce qui m'importe encore plus, c'est qu'en période pré-électorale, je ne vois personne reprendre le flambeau de cette politique énergie-climat. L'UMP n'en parle quasiment plus, NKM (Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie - ndlr) pas beaucoup plus que les autres, et quand le PS en parle, c'est généralement de manière non structurante, et pour vouloir tout et son contraire. Nous avons le choix entre un soufflé retombé et des gens qui ne sont pas débarrassés de leurs contradictions (et n'ont pas beaucoup travaillé). Pas très rassurant... J'espère que nous ne sommes pas devenus un pays de vieux mollassons trop gâtés, qui n'avons plus envie de faire des efforts ! Car chacun sait qu'aucun problème ne résiste à une absence de solution... Pourtant, la seule révolution industrielle qu'il nous faut mener, c'est bien celle de la sortie des combustibles fossiles...

Vous n'accordez aucune confiance au programme du Parti Socialiste...
Jean-Marc Jancovici.
Aucune confiance » est un peu violent ! Disons que j'ai quelques craintes. Sur les 5 dernières années, je n'ai pas eu beaucoup de signes comme quoi les dirigeants du PS - quelques députés que nous connaissons tous exceptés - cherchaient à bien se former sur ces enjeux cruciaux, alors que, de manière un peu ironique, on pourrait dire qu'ils n'avaient que cela à faire puisqu'ils n'étaient pas aux affaires. À titre personnel je ne suis jamais arrivé à faire un exposé sur les ordres de grandeur des contraintes physiques à des hauts responsables du PS, et je ne connais personne qui l'ait fait, alors que c'est une étape incontournable si on veut comprendre à quoi on a affaire (que ce soit moi ou quelqu'un d'autre qui s'en charge n'est pas la question). Ce n'est évidemment pas rassurant du tout que les membres du PS n'aient pas pris le temps de monter en compétence sur ces sujets, et je suis très loin d'être le seul à partager cette inquiétude (nombre de physiciens ouvertement de sensibilité PS la partagent). En face, le public qu'ils auront, s'ils reviennent au pouvoir, est devenu plus exigeant, et la situation est surtout de plus en plus tendue. »

L'argument de base du programme énergétique du candidat socialiste, c'est la maîtrise de l'énergie, qui permettra d'assurer la transition énergétique...
Jean-Marc Jancovici.
Ce n'est pas moi qui vais être contre ! Mais la maîtrise de l'énergie porte un nom : c'est l'augmentation programmée du prix de l'énergie. Sinon, on fera ce que l'on fait depuis 150 ans : des objets unitaires plus performants.... et une consommation globale qui augmente tant qu'elle peut, et qui après se régule dans la crise. Or le PS propose à la fois des économies via des actions techniques sur des objets (logements par exemple), et... se plaint de la hausse de l'électricité - pourtant indispensable (voir attendus du programme de François Hollande), ou propose des actions à la baisse sur le prix de l'énergie, comme la TIPP flottante. Que comprendre dans ces envies contradictoires ? En outre, le PS ne semble pas avoir compris que le prix de l'énergie va augmenter de toute façon, en raison des tensions sur l'offre, mais cela ne profitera pas aux mêmes. Moins on acceptera de majorer le prix de l'énergie par la fiscalité, et plus la hausse arrivera à l'occasion de chocs destructeurs, et sera en outre captée par des acteurs particuliers, soit ceux qui détiennent les ressources fossiles (donc les opérateurs des pays pétroliers), soit les entreprises qui sont dans le système. Le consommateur paiera quoi qu'il en soit, avec son portefeuille ou en perdant des emplois domestiques. Le politique a donc juste le choix entre une bonne et une mauvaise manière d'organiser une hausse qui touchera aussi les classes moyennes et populaires, il ne faut pas se raconter d'histoires. C'est un discours qui est très difficile à faire passer aux hommes politiques. Et les associations de consommateurs sont souvent très obtuses aussi. L'UFC a souvent considéré que si nous ne nous imposons pas de hausse du prix de l'énergie, ce dernier n'augmentera jamais !

Vous avez fait partie de la commission Énergies 2050, dont le rapport vient d'être publié. Quelle est votre vision sur cet exercice ?
Jean-Marc Jancovici.
Ce genre d'exercice a toujours un mérite, celui d'exister, et toujours une limite, celle de permettre des interprétations erronées sur ce qui aura été écrit. Quand le travail est fait à la demande d'un ministre, il y a aussi - c'est la règle du jeu - toujours des soupçons de conclusion « sur ordre », infondés en ce qui me concerne. Mais il faut y aller, parce que c'est précieux d'avoir des temps d'échange avec les corps intermédiaires (hauts fonctionnaires, décideurs économiques). Ce sont à ces occasions que l'on fait de la transversalité et que l'on a le temps de faire passer des raisonnements un peu argumentés. Sans surprise, dans les conclusions du rapport on trouve que supprimer le nucléaire serait une erreur (peut-être parce que tous les participants savent apprécier la réalité des risques !), mais ce qui est mis en avant est surtout qu'il est essentiel d'économiser l'énergie, et qu'il faut se donner les moyens de le faire. Et cela est un résultat qui n'était pas du tout acquis d'avance, ce qui fait donc que cette commission a été très utile.

Vous êtes un partisan déclaré de l'énergie nucléaire. L'accident de Fukushima ne vous a pas fait changer d'avis ?
Jean-Marc Jancovici.
Non. Même si tous les 20 ans se produit un accident similaire, le nucléaire évitera toujours plus de risques qu'il n'en crée. Il n'y a plus de raison sanitaire, aujourd'hui, d'empêcher le retour des populations évacuées à Fukushima, qui, au final, n'aura fait aucun mort par irradiation. De son côté, le million d'évacués pour le barrage des Trois Gorges, parfaitement « renouvelable », est assuré de ne jamais retrouver son « chez lui » ! En France - car c'est loin d'être pareil partout - Fukushima aura surtout été un problème médiatique majeur, avant d'être un désastre sanitaire ou environnemental majeur. Cet embrasement médiatique n'est pas du tout en rapport avec l'importance de cette nuisance dans l'ensemble des problèmes connus dans ce vaste monde. Du point de vue des écosystèmes, et ce n'est pas du tout de l'ironie, un accident de centrale est une excellente nouvelle, car cela crée instantanément une réserve naturelle parfaite ! La vie sauvage ne s'est jamais aussi bien portée dans les environs de Tchernobyl que depuis que les hommes ont été évacués (la colonisation soviétique, à l'inverse, a été une vraie catastrophe pour la flore et la faune). Le niveau de radioactivité est désormais sans effet sur les écosystèmes environnants, et le fait d'avoir évacué le prédateur en chef sur cette terre (nous) a permis le retour des castors, loups, faucons, etc. On a même profité de cette création inattendue de réserve naturelle pour réintroduire des bisons et des chevaux de Przewalski , qui vont très bien merci. La hantise de la radioactivité vient de la crainte que nous avons tous quand nous ne comprenons pas ce qui se passe. Mais ce que nous ne comprenons pas n'est pas nécessairement dangereux pour autant...

Les gaz de schiste sont aussi tombés dans le piège médiatique. Quelle est votre opinion en ce qui concerne leur éventuelle exploitation ? Jean-Marc Jancovici. Sur ce sujet, je dirais simplement qu'il est très difficile d'avoir un avis définitif à partir d'informations parcellaires. Nous savons qu'en France il y a des roches mères, appelées schistes. Je ne crois pas que quiconque sache aujourd'hui s'il y a effectivement du gaz extractible dans ces roches mères, et si oui en quelles quantités. À supposer qu'il y en ait, il faut conditionner son exploitation éventuelle au respect de la stratégie de division par quatre des émissions de CO2, et à l'absence de nuisances locales majeures (si on doit défricher 5 hectares tous les kilomètres, ça ne sera pas terrible). Mais si c'est possible de l'exploiter à ces conditions, on peut en discuter.

Pour revenir au rapport Énergies 2050, c'est un exercice toujours utile. Était-ce le bon moment ?
Oui si l'on pense à la prochaine discussion d'une nouvelle programmation pluriannuelle des investissements (de la production d'électricité - PPI - ndlr), non si l'on se dit qu'en fin de mandature, c'est un mauvais moment pour s'adresser aux politiques. Même si l'exercice a produit des résultats très intéressants, ce rapport souffre de deux lacunes. La première est qu'il contient l'affirmation que la « contrainte climatique » arrivera avant les problèmes d'approvisionnement en France. Or la contrainte d'approvisionnement n'est pas pour plus tard : elle est déjà là ! L'Europe a perdu 8 % de son pétrole et 8 % de son gaz depuis 2005, ce qui ne traduit pas vraiment une contrainte « future ». Mais nous ne voyons pas cette contrainte pour ce qu'elle est, car elle se traduit en crises économiques que nous attribuons uniquement à une mauvaise gestion politique ou des facéties de financier. Mon deuxième regret est que cet exercice n'a pas été l'occasion de commencer à normaliser la production de scénarios énergétiques. Le rapport aurait pu comporter une partie de méthode, pour expliquer quelles sont les conditions à remplir si l'on veut qu'un scénario puisse être comparé à d'autres. Car tant que les scénarios ne peuvent pas se comparer, le décideur est perdu, ne sachant pas réellement quoi faire de ces objets, ni sur quelles bases choisir. Ce constat m'a du reste amené, au sein d'un think tank que j'ai créé sous le nom de The Shift Project, à pousser à la création d'un référentiel pour la création de scénarios énergétiques, pour en faire une discipline scientifique à part entière. Cela veut dire transparence des hypothèses et des méthodes, publication dans des revues scientifiques, fourniture d'un nombre minimum d'informations, contrôle de cohérence et absence d'impossibilités physiques, etc. Nous travaillons aussi sur des méthodes pour reconstituer les variables qui ne figurent pas dans certains scénarios. L'objectif est que l'on puisse avoir des débats argumentés dans le monde des scientifiques et ingénieurs, pour ensuite présenter aux politiques des objets qu'ils soient capables d'interpréter et de comparer.

Le PS veut organiser un grand débat sur la transition énergétique, estimant que le sujet ne relève pas des "techniciens" justement... Qu'en pensez-vous ? Jean-Marc Jancovici.

J'en pense plusieurs choses. D'abord que le "grand débat" a lieu en permanence, dans les medias et dans les instances diverses. À quoi pensent-ils en particulier ? Depuis que je m'intéresse à ce sujet, chaque élu promet le "grand débat" qu'on n'avait jamais vu avant, promis juré ! En fait, le plus grand débat que nous avons eu sur l'environnement dans ce pays a résulté du Grenelle de l'Environnement. Un "grand débat" va donc avec une "grande ambition", essentiellement. Par ailleurs, j'ai côtoyé suffisamment de "grands débats" pour conclure qu'un tel exercice ne remplace pas la nécessaire sueur au sein des gens qui préparent les programmes, et ne permet pas d'accoucher d'une solution miracle et consensuelle si le politique n'a pas un peu travaillé son sujet.
Ensuite, il est évident que le sujet ne relève pas que des techniciens. Mais par ailleurs l'argument est souvent employé pour ce qu'il n'est pas : quand les politiques accusent parfois les scientifiques ou techniciens de confisquer le débat, la vraie raison est juste que lesdits politiques sont perdus dans les arguments techniques échangés, et là personne ne peut rien faire pour eux s'ils ne veulent pas prendre le temps de se former un minimum. Je veux bien que l'on débatte du nucléaire, mais si les débatteurs ne savent pas ce qu'est un atome d'uranium, un rendement de Carnot, un cycle du combustible, un cout du kW installé, un millisievert, ou quels éléments on trouve dans les déchets nucléaires, c'est un dialogue de sourds. C'est comme si quelqu'un n'ayant jamais bu de vin accusait un sommelier de "confisquer le débat" au motif qu'il a passé des années à étudier le choix d'un bon vin ! Je connais des dizaines de scientifiques et d'ingénieurs (de sensibilité PS en général, ce qui est un comble) qui seraient ravis de passer des heures à former des politiques, et qui n'ont jamais eu cette possibilité, même quand ils ont fait des tentatives. Pour ce que j'en connais, ceux qui ont parfois eu ce privilège au sein du PS ont le plus souvent été choisis sur la base de leurs convictions militantes, pas sur la base de leurs connaissances techniques. Et quand il y a un colloque sur l'énergie, le député ou le ministre qui intervient ne reste jamais pour écouter les experts. Dans ces mêmes colloques scientifiques ou techniques sur l'énergie, en près de 15 ans je n'ai jamais vu que 3 députés PS (toujours les mêmes) et un vert (toujours le même). Alors avant d'accuser une profession qui est loin d'être un ramassis de malhonnêtes, j'aimerais bien que les politiques qui utilisent cet argument balaient un peu devant leur porte.


 

Source : Site internet de 20minutes.fr, le 20-02-12
Présidentielle: Corinne Lepage lance son programme d'«écologie du centre»

par Anne-Laëtitia Béraud,

REPORTAGE - La candidate écologiste de Cap21 a présenté son programme présidentiel...

«Lorsque le navire a été envoyé dans les récifs par son capitaine, il faut changer de capitaine et de cap. Ensemble, changeons l’un et l’autre». Avec cette métaphore du naufrage du Costa Concordia, appliqué au président-candidat Nicolas Sarkozy, Corinne Lepage veut marquer les esprits ce lundi midi.

La candidate Cap21 à l’élection présidentielle, «écologiste du centre» comme elle se définit elle-même, a présenté à Paris son programme présidentiel, qui suit deux lignes directrices: «la réduction simultanée de toutes les dettes (budgétaires, écologiques, sociales et sanitaires) dans une perspective dynamique de création d’activité, d’emplois et de solidarité» et «le changement profond dans les modes de gouvernance en donnant à chacun le droit et le pouvoir de faire».

Equilibre budgétaire «en verdissant la fiscalité et l’épargne»

Proposant «70 mesures prioritaires», parallèlement à un programme fiscal, financier et budgétaire «permettant de revenir à l’équilibre en verdissant la fiscalité et l’épargne», la candidate a axé son programme sur une alliance entre croissance économique et transition vers une société plus écologique.

L’une des idées phares du programme consiste à réaliser une «troisième révolution industrielle avec le plan «SOLEIL» (SOLution Energie Investissement Long terme)». Ce plan «SOLEIL» liera, selon la candidate, «un Plan et un Fonds destinés à assurer un financement pérenne sur 30 ans de la transition énergétique. Les fonds bloqués sur 30 ans serviront à financer la recherche, la création de filières et la réalisation de la transition énergétique».

Sarkozy fait «une course à l’échalote avec Marine Le Pen»

Concernant l’énergie, la candidate prône notamment l’arrêt des constructions de centrales nucléaires, et propose de sortir de cette énergie d’ici «20 à 25 ans», augmentant parallèlement la part des énergies renouvelables, «soit 25 % dans la consommation en 2020 pour atteindre 34 % dans la consommation finale d'énergie en 2030». Deuxième idée phare du programme présidentiel, le «produire local» avec une «décentralisation énergétique» et la «reprise  agricole», c’est-à-dire rendre des terres à l’agriculture.

Pour financer son programme, la candidate table sur un arsenal de nouvelles recettes : la réduction ou la suppression des niches fiscales et sociales «notées 0» par la Cour des comptes devrait lui rapporter (14,5 milliards d’euros), la réduction des dépenses budgétaires des élus et des institutions (23 milliards), une taxe carbone (9 milliards), une taxe sur les transactions financières (3 milliards) ou  encore la hausse des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu (4 milliards).

«L’écologie a plus besoin d’une avocate que d’une juge»

Egratignant au passage François Bayrou (MoDem), son ancien allié, dont le programme est, selon Corinne Lepage, «daté de 1950», l’avocate a estimé à propos d’Eva Joly, ancienne magistrate, que «l’écologie en France a plus besoin d’une avocate que d’une juge».

Quant à Nicolas Sarkozy, Corinne Lepage juge le bilan  du quinquennat du Président «calamiteux». «Contrairement à ce qu’il dit sur la crise, il n’a pas sauvé l’Europe et la France en 2008. En tant que député européen, j’ai pu m’en rendre compte. Par ailleurs, il a abaissé la fonction présidentielle et affaibli la France. En 1995, les sujets de campagne de Jean-Marie Le Pen étaient l’immigration, la sécurité, l’ordre… ce sont les sujets de Nicolas Sarkozy en 2012! Cette course à l’échalote avec Marine Le Pen pour savoir qui va être le plus à droite, ça me choque», conclut la candidate, qui estime à plus de 400 le nombre de ses parrainages. Il ne lui en manque donc plus qu’une petite centaine pour être présente au premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril prochain.


Source : Site internet du Journal de l'environnement, le 20-02-12
Présidentielles: deux visions opposées de l’écologie

par Stéphanie Senet et Geneviève De Lacour,

Après avoir présenté de façon expresse leur programme sur l’environnement au cours du colloque organisé par France Nature Environnement le 28 janvier, les candidats détaillent actuellement leur feuille de route. Ce 20 février, ce fut le tour de l’avocate centriste Corinne Lepage et de Corinne Morel-Darleux, secrétaire nationale à l’écologie du Parti de Gauche et conseillère régionale du Front de Gauche en Rhône-Alpes.

Corinne Lepage a fait de l’énergie le cœur de son programme, en rappelant que l’heure était à la «troisième révolution industrielle (1)», c’est-à-dire celle de la convergence des énergies renouvelables (ENR) avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Sa transition énergétique, elle l’imagine «avec une sortie du nucléaire», «toutefois impossible à réaliser avant 20 à 25 ans», a-t-elle estimé. La construction d’un nouvel EPR n’a aucun sens à ses yeux, à cause de son coût pharaonique de 6 à 8 milliards d’euros, d’autant plus que «cette installation sera obsolète dès le milieu du XXIe siècle». Elle propose donc d’arrêter la construction de tout nouveau réacteur, y compris celui de Flamanville.

Quant aux centrales anciennes, «les stress tests communautaires indiqueront quelle centrale fermer en priorité, à commencer par Fessenheim», a précisé Corinne Lepage. Curieusement, elle nuance toutefois ce projet ambitieux en proposant d’organiser un référendum pour demander aux Français «s’il faut construire de nouvelles centrales».

Sur la même longueur d’onde que Jean-Luc Mélenchon, la représentante du Front de Gauche se déclare, quant à elle, pour la sortie du nucléaire même si elle avoue que le sujet ne fait pas l’unanimité au sein de sa formation. Favorable à un grand débat citoyen, elle souhaite qu’il soit conclu par un référendum. «On ne nous a jamais demandé notre avis sur le nucléaire, il serait temps que le débat ait lieu», précise-t-elle avant d’ajouter: «Le Parti de Gauche est pour la sortie du nucléaire avec une fermeture progressive des centrales en fin de vie (30 ans).» Mais lorsqu’il s’agit de préciser la question qui serait posée lors de ce référendum, Corinne Morel-Darleux avoue qu’elle n’a pas encore été définie au sein de sa formation.

Corinne Lepage base sa transition énergétique sur un développement rapide des énergies renouvelables, avec l’objectif d’atteindre 25% de la consommation en 2020 et 34% en 2030. L’investissement s’élève à 70 Md€, qu’elle souhaite répartir entre les entreprises, les consommateurs et les fonds publics. Selon elle, cela devrait créer 130.000 emplois directs et indirects d’ici 2020. Au cœur de ce projet se trouve le programme Soleil (SOLutions Energétiques d’Investissements de Long terme) regroupant un plan d’action et un fonds à hauteur de 300 Md€. Celui-ci servira à financer en priorité le solaire photovoltaïque, thermique et thermodynamique, une vraie filière éolienne offshore, le développement du stockage massif de l’électricité, les smart grids, les matériaux innovants pour l’efficacité énergétique et la rénovation des habitations anciennes, la biomasse de 2e et 3e génération, enfin le soutien à la recherche sur le CO2 comme source d’énergie.

Concernant le financement, il serait alimenté par la réaffectation des subventions publiques aux industries pétrolières et gazières (19 Md€ selon la Cour des comptes), l’affectation des recettes des enchères de quotas d’émission et la création de la fameuse taxe carbone, dont «Sarkozy s’est fait le fossoyeur», a rappelé Corinne Lepage, qui a précisé qu’elle ne rallierait aucun candidat au premier tour et que sa consigne pour le second serait le non à Sarkozy. Autres mannes financières: la création d’un livret Soleil pour l’épargne des ménages, qui serait centralisé à la Caisse des dépôts. L’avocate veut aussi augmenter les taux de la future taxe française sur les transactions financières de façon à dégager 3 Md€ contre 1,1 telle qu’elle est prévue actuellement.

En matière d’énergie, l’élue Front de Gauche préconise un plan massif d’économie d’énergie basé sur l’isolation des logements et la réalisation d’efforts en matière d’efficacité énergétique. Elle préconise aussi l’interdiction des surconsommations inutiles comme les panneaux publicitaires. A un terme non esquissé, la production énergétique serait fournie par les énergies renouvelables: géothermie de surface, éolien, solaire, géothermie profonde, technique qui semble beaucoup séduire Jean-Luc Mélenchon. Et pour accélérer la transition du modèle énergétique français, le Front de Gauche propose la renationalisation d’EDF, de GDF Suez et Areva et la nationalisation de Total pour créer un grand pôle public de l’énergie. Son rôle sera de gérer les centrales nucléaires jusqu’à leur fermeture et de mettre en œuvre le scénario Negawatt.

Pour financer le programme du Front de Gauche, Corinne Morel-Darleux propose une imposition du revenu du capital au même niveau que le revenu du travail mais avec un impôt plus progressif divisé en 14 tranches. Les revenus supérieurs à 360.000 € annuels seront imposés à 90%. Le Font de Gauche se déclare pour la sortie des marchés concurrentiels de l’énergie et de l’eau avec un retour à la gestion de l’eau en régie.

Après l’énergie, l’économie. Corinne Lepage privilégie le «produire local» qu’elle différencie du «produire français» en insistant sur la production locale d’électricité (ou décentralisation énergétique), les activités agricoles biologiques (objectif de 10% de la surface agricole utile dans 10 ans) ou «à haute productivité environnementale» (avec suppression de toutes les aides défavorables à la nature), et les circuits courts. Elle veut aussi encourager l’économie circulaire par la création d’une nouvelle fiscalité en faveur de la réutilisation des matières premières. A noter qu’elle s’est clairement engagée en faveur de l’abandon progressif de l’incinération au profit de la méthanisation (dans un premier temps dans les exploitations agricoles), ainsi que pour la redevance incitative (paiement selon la pesée embarquée).

Autre axe prioritaire: la santé, en particulier celle des enfants, qui donnera lieu à un plan national de prévention ainsi qu’au renforcement des moyens de la médecine scolaire. «Il faut aussi être plus sévère au niveau des normes sur la qualité de l’eau, de l’air et sur la toxicité des produits chimiques», a-t-elle précisé.

Concernant l’habitat, elle compte construire 500.000 logements en France par an et rénover le bâti ancien, en donnant la main aux communes pour piloter ces grands chantiers. Autre idée: créer une législation encourageant la remise en l’état des friches urbaines, grâce à leur dépollution, «afin d’éviter la dispersion urbaine».

Enfin, Corinne Lepage a détaillé son nouveau modèle de gouvernance «pour sortir du bonapartisme actuel, en rendant leurs voix aux syndicats et aux associations», a déclaré l’ancienne ministre de l’environnement. Au programme, un doublement paritaire au sein du gouvernement (aussi bien homme-femme que société politique–société civile), un grand Conseil de la société civile et des générations futures (sorte de Conseil économique, social et environnemental renforcé), l’entrée de la société civile au sein des conseils d’administration des banques, le renforcement des moyens d’instruction du pôle financier et du pôle environnemental au niveau judiciaire. Sans oublier la création d’un tribunal pénal international en charge des crimes environnementaux.

En matière de politique européenne, Corinne Morel-Darleux a fustigé l’effet néfaste de certaines directives dont certaines «ne devraient pas être suivies», tout en soulignant dans la même phrase l’intérêt de la réglementation Reach sur les produits chimiques. Elle évoque une certaine «désobéissance» européenne et la sortie de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Et lorsqu’elle parle du Grenelle de l’environnement, l’élue Front de gauche, condamne «la contradiction permanente qui existe entre les bonnes intentions affichées et le manque de moyens pour les appliquer».

Si Corinne Lepage occupe pleinement le chapitre environnemental de cette campagne, elle n’a toujours pas recueilli les 500 signatures nécessaires. Quant aux intentions de vote, elles sont encore plus faibles que celles allant à Eva Joly: 0,5% selon le sondage Opinionway du 20 février contre 2% pour la candidate d’Europe-Ecologie-les Verts.


Source : Site internet de Marianne 2, le 19-02-12
Présidentielles J-63. L'écologie victime de la campagne

par Hervé Nathan,

La ministre de l'écologie démissionne pour devenir porte-parole de Nicolas Sarkozy, et n'est pas remplacée. C'est le signe que les questions environnementales sont absentes du débat politique. Dommage.

La campagne présidentielle compte déjà un grand blessé: l’environnement. L’éviction symbolique  de la question écologique  du champ politique aura lieu dans quatre jours lorsque Nathalie Kosciusko-Morizet  aura démissionné de son poste de ministre de l’écologie, du développement durable, du transport et du logement, pour se consacrer entièrement à la tâche de porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy. Son département ministériel sera alors rattaché à Matignon. L’éclipse est historique : depuis 1981, voir 1974, il y a toujours eu un maroquin dédié à l’écologie en France. De plus le ministère de NKM, créé en 2007 par le regroupement des ministères de l’Equipement et de l’Environnement, symbolisait l’engagement écologique de Nicolas Sarkozy. Il avait été occupé par deux quasi vice-premier ministres : Alain Juppé et Jean-Louis Borloo. « NKM » sort elle-même assez piteusement de ce poste prestigieux. Le dernier acte du quinquennat sur l’énergie nucléaire, par exemple, s’est joué sans elle. C’est Eric Besson qui a tiré les marrons du feu le 11 février lors de la présentation du rapport de la  Commission « Energie 2050 », en transformant cette dernière de façon scandaleuse en simple agence de promotion du parc nucléaire d’EDF. L’encore ministre de l’Ecologie n’a pas moufté...

Le candidat Sarkozy, qui lança en 2007 le « Grenelle de l’environnement » semble prêt à prendre aujourd'hui le contre-pied du président. Sa seule pensée est pour la centrale de Fessenheim. Et lorsqu'il en parle, ce n'est pas pour tracer l'avenir énergétique du pays, mais pour se poser en défenseur de l'emploi des ouvriers alsaciens. Qui pourrait lui donner tort ?  La candidate qui représente l’écologie politique n’est créditée que de 3% dans les sondages d’intentions de vote. Il est vrai qu’Eva Joly incarne mieux la Justice que les éoliennes… Au point que la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’une « planification écologique » le fasse apparaître comme le plus écolo des candidats ! Ailleurs, l’environnement semble s’estomper du paysage politique.  François Hollande, invente un nouveau « ni-ni » : ni abandon du nucléaire, ni tout-nucléaire.  Pas de quoi en faire un combat fondamental. Marine Le Pen n’en parle pas, ou presque, de même que François Bayrou….

Dans les états-majors à droite et à gauche,  on  entend une vieille rengaine : l’écologie, c’est pour les bobos, qui ne sont plus en vogue en ces temps de crise, et les candidats doivent se concentrer sur les questions qui intéresseraient les « classes populaires », qui bien sûr n’ont aucun intérêt pour leur cadre de vie et l’avenir de leurs enfants…

Double erreur! Outre qu’elle revient à dessaisir le peuple du choix de son avenir collectif, une telle fuite devant le débat oublie la situation réelle  des classes populaires, touchées plus que les autres par la crise énergétique. Lorsque  les prix du fuel domestique et de l’essence battent des records, c’est dans les milieux les plus populaires que la ponction est la plus forte et ce sont donc les premiers intéressés à l’exploration d’alternatives au modèle actuel…


Source : Site internet de Libération, le 09-02-12
Joly s'estime prise en grippe par «le petit monde politico-médiatique»

La candidate écologiste à la présidentielle pense que son image négative a été construite par les médias, mais ne reflète pas le sentiment de l'opinion publique.

Eva Joly, candidate EELV à l'Elysée, estime dans un entretien à l'hebdomadaire Politis paru jeudi que «c'est le petit monde politico-médiatique» qui l'a «prise en grippe» mais «pas l'opinion publique», se disant désormais «prête et en confiance» sur le programme écologiste.Lors de la présentation de son projet présidentiel samedi prochain à Roubaix, l'eurodéputée EELV, qui stagne à 2-3% dans les sondages, compte insister notamment sur «la dénonciation du mépris social» et la «conversion écologique de l'économie" pour des "réponses très concrètes à la crise», indique-t-elle.
Sur les critiques dont elle fait l'objet depuis quelques semaines, elle affirme: «c'est le petit monde politico-médiatique qui m'a prise en grippe, pas l'opinion publique». «Cela ne me surprend pas, j'attaque les multinationales qui ne payent pas d'impôts, l'industrie de l'armement, etc., avec lesquelles ce sérail a des accointances», dit l'ex-magistrate.

«Je sais ce que je vaux»
«Je soupçonne aussi cette forme de rejet, pas très glorieuse, qui affecte la "vieille femme" dans la société française... Mais je sais ce que je vaux, c'est ce qui motive ma persévérance
Pour contrer son «image négative largement construite par les médias» selon elle, Mme Joly, qui se dit «timide», assure essayer «d'apparaître plus chaleureuse».
«Je ne me sens jamais spontanément conquérante, j'estime qu'il me faut toujours apprendre et écouter avant de m'exprimer valablement
» et  «aujourd'hui, je pense avoir fait le tour des dossiers et du programme écologiste, je me sens prête et en confiance», fait aussi valoir la candidate.

Comme on lui demande si une circonstance pourrait la pousser à renoncer, elle répond : «Il ne faut jamais dire jamais, bien sûr. Mais abandonner serait faillir. C'est la seule chose que je n'ai pas le droit de faire». «J'ai l'outrecuidance de penser que je peux apporter quelque chose à la France», poursuit-elle.


Source : Site internet Le Monde.fr, le 07-02-12
Avant la présidentielle, Nicolas Sarkozy courtise les chasseurs

Par Audrey Garric

Levée des moratoires protégeant certains oiseaux, "prélèvements scientifiques" d'oies après la fermeture de la chasse, lois qui en facilitent la pratique : à l'approche de l'élection présidentielle, les chasseurs sont choyés, au grand dam des écologistes, qui dénoncent "un braconnage électoraliste".

Lors de ses vœux au monde rural, le 17 janvier, dans l'Ariège, le président de la République avait critiqué des règles environnementales trop "tatillonnes" et certaines limitations imposées par la justice à la chasse. "La préservation de l'environnement, ça n'est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit", avait-il lâché, ajoutant que le gouvernement allait "prendre un certain nombre de décisions pour relâcher la pression".

Peu après, le chef de l'Etat avait continué à courtiser le monde cynégétique. Après avoir reçu longuement une délégation de la Fédération nationale de la chasse (FNC), il a adressé une lettre à son président, le 31 janvier, soulignant que "la préservation de cette grande tradition française qu'est la chasse demeure une priorité", avant de conclure : "Je refuserai toujours formellement d'opposer la chasse et la protection de la nature."

ESPÈCES MENACÉES

Nicolas Sarkozy n'a pas tardé à tenir parole : samedi 4 février, deux moratoires en vigueur jusqu'en 2013 sur la chasse de deux oiseaux, l'eider à duvet et le courlis cendré, ont été levés, après l'avis favorable du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. "A la suite de la demande du président de la République, le Conseil national a rendu une étude indiquant que ces espèces ne présentaient pas des difficultés systématiques et on a demandé qu'elles soient chassables dès maintenant", explique Bernard Baudin, président de la FNC.

Le problème, pour les associations de défense de l'environnement, c'est que l'organisme, composé majoritairement d'associations de chasseurs, n'a pas de vocation scientifique. "Seul le Groupe d'experts sur les oiseaux et leur chasse peut émettre des avis scientifiques sur les espèces qui peuvent être prélevées", rappelle Dominique Py, administratrice chargée du dossier faune sauvage à l'ONG France Nature Environnement. Or, il n'a pas été consulté, comme le gouvernement s'y était engagé. Et la décision d'abroger les moratoires a été prise à la hâte." Par ailleurs, ces deux espèces sont toujours présentes sur la liste rouge des espèces menacées en France publiée par l'Union internationale pour la conservation de la nature. L'eider à duvet y est classé "en danger critique" tandis que le courlis cendré apparaît dans la catégorie "vulnérable".

"Le gouvernement revient sur des engagements pris vis-à-vis du monde de la nature sans nous consulter", déplore Michel Métais, directeur de la Ligue de protection des oiseaux. En juillet 2008, chasseurs et écolos s'étaient en effet mis autour de la table pour s'entendre sur un compromis. En avait découlé un accord, prévoyant un moratoire pour trois espèces d'oiseaux, dont le courlis et l'eider, en contrepartie d'un avancement de l'ouverture de la chasse du 1er septembre au 21 août.

"CHASSER PLUS ET PLUS LONGTEMPS"

Tentative de séduction oblige, la liste des espèces désormais chassables ne s'arrête pas à ces seuls oiseaux. Nicolas Sarkozy a également promis aux chasseurs de prendre des décisions dès mars pour autoriser les chasses traditionnelles d'espèces protégées (bruant, ortolan et pinson dans les Landes) et avancer d'un mois la chasse au vanneau huppé. Enfin, le Conseil national de la chasse a donné vendredi 3 février un avis favorable à "des prélèvements scientifiques" d'oies pendant dix jours après la date officielle de la fermeture de la chasse le 31 janvier. Cent quatre-vingt-quinze bêtes pourront ainsi être chassées dans treize départements, officiellement pour analyser les isotopes de leurs plumes afin de déterminer leur provenance.

"Il n'y avait pas d'urgence à mener cette analyse en février, estime Dominique Py. Il ne s'agit que d'une manière de contourner la loi, en faisant fi des cas de braconnage, pour apaiser les chasseurs." Des chasseurs qui s'étaient vivement indignés de la décision du Conseil d'Etat du 23 décembre avançant la fermeture de la chasse du 10 février au 31 janvier pour le gibier d'eau.

"Ce sont des petits acquis qui remettent en cause les grands équilibres environnementaux et qui constituent la porte ouverte à d'autres autorisations. Or, on ne peut pas réguler la biodiversité en chassant plus d'espèces et plus longtemps", regrette Michel Métais.

"BRACONNAGE ÉLECTORALISTE"

Au-delà de l'allongement de la liste des espèces, le gouvernement entend aussi faciliter l'accès à la chasse. Le 2 février, le Sénat a ainsi adopté à l'unanimité, moins les sénateurs écologistes, une proposition de loi modernisant le droit de chasse et la reconnaissant comme "un acteur à part entière en matière de gestion de la biodiversité". Le texte, qui prévoit notamment qu'un nouveau chasseur pourra chasser sur l'ensemble du territoire national et non plus seulement dans son département et qui exonère les terrains de chasse de taxe sur le foncier non bâti en zone humide, devrait repasser devant l'Assemblée nationale à la fin du mois avant d'être rapidement promulgué.

"Ce braconnage électoraliste ne trompe personne, et ne rehausse pas l'image du Parlement. Il est temps que les députés et les sénateurs se consacrent à des questions plus sérieuses que les obstinations d'un lobby certes vigoureux, mais largement minoritaire dans ses aspirations, y compris dans le monde rural", avait immédiatement réagi Dominique Voynet, porte-parole de la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts Eva Joly.

"On est très clairement face à une série de mesures à visée électorale", confirme Michel Métais. Et de souligner que la technique n'est pas nouvelle : sur les six lois chasse votées en douze ans, trois l'ont été juste avant une élection (2002, 2007 et 2012) et une juste après (2008). Des actions à même de rassurer les 1,3 million de chasseurs, regroupés en 80 000 associations.


Source : Site internet de La France Agricole, le 02-02-12
Eva Joly veut un « nouveau contrat » entre l'agriculture et la société

Répondant à une interpellation de Xavier Beulin, le président de la FNSEA, Eva Joly, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, confirme que « l'agriculture a bien sa place dans cette campagne (présidentielle, ndlr) » et qu'elle souscrit à l'idée « d'avoir un nouveau contrat entre agriculture et société, agriculteurs et citoyens ».

Pour la candidate verte, « le modèle agricole actuel ne peut plus durer ». Il « a rempli puis dépassé les objectifs qui lui étaient assignés : augmenter la production pour assurer la souveraineté alimentaire ». Ce modèle « a eu et a encore un coût social et un coût environnemental qui ne cessent de croître : effondrement du nombre d'agriculteurs et du nombre de fermes, désertification des campagnes, effondrement de la biodiversité, pollution des eaux, marées vertes, érosion, inondations, atteintes à la santé des agriculteurs, suicides élevés en milieu agricole, artificialisation des sols, invasion des marchés du Sud avec nos produits subventionnés... » Elle reproche à la FNSEA de porter une part de responsabilité dans ce bilan : « Elle (la FNSEA, ndlr.) crie actuellement sur tous les toits qu'il faut “relâcher la pression sur les mesures environnementales”. Elle incarne une certaine vision du monde agricole, une agriculture intensive dont nous voyons aujourd'hui les limites ».

Eva Joly estime que l'agriculture française, sous prétexte de nourrir le monde, fait le jeu de « puissantes multinationales » qui nuisent aux pays en développement ou aux petits agriculteurs. Elle prend l'exemple des exportations de céréales ou de « bas » morceaux des volailles ou encore les importations de soja ou de bœuf. « Ce n'est pas seulement l'environnement ou la souveraineté alimentaire de nombreux pays que le modèle que vous défendez a ruiné, continue d'assener Eva Joly. C'est aussi l'image des agriculteurs et leur santé ». La candidate verte estime que « les agriculteurs méritent mieux que de se défendre d'être des pollueurs qu'il faut faire payer. Ils méritent mieux que d'angoisser en se demandant si les pesticides qu'ils utilisent ne sont pas en train de les rendre malades ».

Le projet qu'elle propose et qu'elle présentera lors d'un grand rassemblement de son parti sur l'agriculture, à Caen le vendredi 3 février, vise à « sortir de cette impasse », à « redonner sens au métier d'agriculteur ». « Il s'agit toujours de produire, bien sûr, mais en accord avec la nature et avec les hommes, explique-t-elle. La mal-bouffe doit être une période révolue : je crois en l'amour des agriculteurs pour leur terre et leurs produits. Il faut installer des agriculteurs jeunes et moins jeunes qui ont un projet en accord avec la société, au lieu de poursuivre la logique d'agrandissement actuelle. Il faut aider l'ensemble des agriculteurs à vivre la transition nécessaire et progressive vers l'agro-écologie. Certains sont déjà prêts, d'autres beaucoup moins. Il faut respecter les rythmes de chacun mais... sans faire du sur-place. »

Pour Eva Joly, le progrès c'est « la transition écologique vers des modes de production et de consommation en harmonie avec le vivant, c'est-à-dire avec l'humain et la nature ». « Les écologistes – loin d'être des empêcheurs de cultiver en rond – peuvent apporter les idées qui sauveront l'agriculture », conclut-elle dans sa lettre au président de la FNSEA.


 

Source : Site internet du Nouvel observateur, le 30-01-12

Présidentielle : l'écologie, un sujet dont on ne parle que devant les écolos


Par Laurent Samuel, journaliste spécialisé en écologie (auteur parrainé par Laurent Joffrin)

LE PLUS. Mais quand les candidats à la présidentielle prendront-ils le sujet au sérieux ? Invités au 36e Congrès de France Nature Environnement le 28 janvier, sept candidats déclarés ont tenté de se placer en super-héros verts. Pourtant, en temps normal, le sujet ne les intéresse guère.

Après être restés silencieux sur le sujet pendant des semaines, les candidats déclarés à la présidentielle se sont livrés à une surenchère "verte" devant le congrès de France Nature Environnement, le 28 janvier dernier. Reverdissement durable ou simple feu de paille ?

Il ne se passe guère de jour sans que de nouvelles études scientifiques confirment la réalité des atteintes à la biodiversité ou du changement climatique. Ces menaces globales sur l’environnement seront au cœur du sommet Rio+20, qui se tiendra au Brésil du 20 au 22 juin prochains.


Pourtant, les candidats à l’élection présidentielle française ont largement ignoré le sujet tout au long du mois de janvier. Un comble : même les deux "impétrantes" portant les couleurs de l’écologie, Corinne Lepage et Eva Joly, ont zappé la question lors de leurs vœux aux Français.


Du défenseur des abeilles au héraut de la transition écologique


Or, voilà qu’après ce grand silence, les candidats, invités le 28 janvier par France Nature Environnement à l’occasion de son congrès à Montreuil, ont joué au jeu du "plus écolo que moi, tu meurs". Parmi les principaux concurrents, seuls Nicolas Sarkozy (pas encore candidat) et Marine Le Pen (récusée par FNE) étaient absents.


De François Bayrou en défenseur des abeilles à François Hollande en héraut de la transition écologique en passant par Jean-Luc Mélenchon en apôtre de la planification écologique, tous ont rivalisé d’éloquence pour convaincre les quelque 2000 personnes présentes que leur programme en matière d’écologie était le plus pertinent.


Les responsables de FNE avaient demandé aux candidats de se prononcer sur leur "appel des 3000" (ainsi nommé en référence aux 3000 associations, pour la plupart locales, qui composent cette fédération) pour un contrat environnemental. Mais, à l’exception prévisible des deux écologistes, qui ont exprimé leur accord global avec cette plate-forme, les autres candidats se sont contentés de piocher dans ce vaste catalogue de mesures, celles qui leur convenaient le mieux, ou, souvent, de tenir des discours vagues et généraux sur l’environnement.


Dominique de Villepin et Hervé Morin se sont prononcés, comme l’avait fait précédemment Jean-Luc Mélenchon au nom du Front de Gauche, pour un référendum sur le nucléaire. De son côté, François Hollande, s’il est élu, a annoncé qu’il convoquerait une "conférence environnementale", sorte de Grenelle bis, et chargerait son Premier ministre de piloter la transition écologique.


L'écologie reste un sujet dont on ne parle que devant les écolos


Hélas, la forme retenue par FNE – un défilé des candidats sans dialogue entre eux ni interpellation par les responsables associatifs – n’a pas permis de savoir, par exemple, comment François Hollande compte s’y prendre pour fermer 24 réacteurs nucléaires d’ici à 2025 (afin de réduire, comme il l’a promis, la part de l’atome dans l’électricité de 75 à 50 %) en n’en arrêtant que 4 (ceux de Fessenheim) durant sa mandature 2012-2017.


Plus généralement, l’occasion n’a pas été donnée aux candidats d’expliquer par quelle magie ils se trouvaient subitement si bavards sur l’écologie après que la plupart d’entre eux n’en avaient pas dit un mot pendant un mois…


Tout se passe comme si, pour la majorité de ces candidats, l’écologie restait un sujet "catégoriel" dont on ne parle que devant les écologistes, de la même manière que l’on n’aborde les problèmes de la filière bovine que face aux éleveurs. Mais ce "déficit" écologique dans la campagne est aussi dû en partie aux choix d’EELV (Europe Ecologie les Verts).


Joly, candidate "officielle" de l'écologie, n'est pas à la hauteur


Avec Eva Joly, ce parti a désigné une candidate éminemment respectable et courageuse, mais qui, faute de connaissances de base des dossiers d’environnement (à la différence notable de Corinne Lepage, qui, elle, maîtrise parfaitement ces sujets), se révèle incapable de convaincre les Français que la solution à la crise passe par l’écologie. Si l’écologie est si peu présente dans la campagne, c’est aussi parce que sa candidate "officielle" est largement inaudible. Ce dont témoigne ce titre à la une du "Monde" daté des 29-30 janvier 2012 : "Eva Joly disparaît des radars de la présidentielle, l’écologie aussi".


À ce sombre tableau, il faut ajouter le positionnement hostile à l’écologie du président sortant (et candidat présumé) Nicolas Sarkozy, qui, lors d’un discours devant des agriculteurs et des chasseurs le 17 janvier dernier à Pamiers, a tenu ces fermes propos : "J’ai conscience que l’aspect tatillon de certains règlements administratifs, vous insupporte. La préservation de l’environnement, ce n’est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit. Il faut absolument lever le pied de ce point de vue" (lire ici le billet d’Olivier Nouaillas). On est loin de l’enthousiasme écolo et des promesses du même Sarkozy lors de Grenelle de l’environnement de 2007…


Le "reverdissement", un simple feu de paille


Il est donc à craindre que le "reverdissement" de la campagne présidentielle observé le 28 janvier grâce à l’initiative de FNE ne soit qu’un feu de paille, et que l’on en revienne vite aux "choses sérieuses". Pourtant, même si la majorité des responsables politiques nationaux persiste à s’en désinteresser, l’écologisation de la société se poursuit, lentement mais sûrement, dans les collectivités locales et de nombreuses entreprises.


À l’occasion des vœux du Comité 21, le 26 janvier dernier, on a ainsi appris que le nombre d’Agendas 21 mis en œuvre en France dépassait désormais le millier. De même, le succès du congrès de FNE démontre la vitalité du tissu des associations d’environnement dans notre pays. D’ici à la présidentielle, celles-ci vont devoir s’exprimer haut et fort, et d’une seule voix, pour que l’écologie revienne pour de bon dans la campagne…




Source : Site internet du Monde.fr, le 29-01-12

Sept candidats, sept stratégies pour convaincre sur l'écologie
Par Anne-Sophie Mercier, LEMONDE.FR


Le 36e congrès de France Nature Environnement (FNE), la plus importante fédération écologiste de France, avec 3 000 associations regroupées en son sein, aura été l'événement médiatique du 28 janvier.


Sept candidats déclarés à l'élection présidentielle avaient en effet fait le déplacement à Montreuil, où se tenait le Congrès, pour venir passer devant les 2 000 militants présents un grand oral très encadré et strictement minuté (un quart d'heure chacun). Evidemment conscients d'être face à une salle où coexistaient des sensibilités politiques diverses, les candidats ont tous réussi à éviter les sifflets et même à se faire applaudir par une assemblée attentive et volontiers critique. Chacun avait sa stratégie.



Hervé Morin, pour masquer son absence de propositions, avait opté pour un humour potache décliné avec des vers de mirliton : "Crise au balcon, environnement à l'abandon". La salle, indulgente, a souri. François Bayrou a choisi de caresser son auditoire dans le sens du poil. "Je viens vous faire une déclaration de gratitude : tout cela n'existerait pas si les associations n'avaient pas joué le rôle qu'elles ont joué. C'est à vous qu'il faut dire merci, c'est vous qui l'avez voulu et obtenu".


Cette déclaration avait aussi pour but de faire passer auprès des militants présents des positions pro-nucléaires peu appréciées par la FNE qui milite ouvertement pour la sortie. François Bayrou a qualifié le nucléaire d'énergie "de transition" avant de faire un long dégagement sur les abeilles et sur "l'harmonie qui doit exister entre les être humains et la nature". La salle, pas dupe, a cependant applaudi lorsque François Bayrou a promis d'instaurer, en cas de victoire, une " éducation à l'environnement au sein des institutions scolaires ".


Dominique de Villepin a, lui, choisi de parler de... beauté sur le mode du "c'était mieux avant". Il a évoqué un "monde rural préservé", des "paysages respectés", fustigeant les zones commerciales, les ronds points et autres bretelles d'autoroute qui abiment les paysages.


Profitant de la faiblesse sondagière d'Eva Joly, très applaudie lors d'une prestation qui lui a permis de rappeler, en parlant des autres candidats, que "l'écologie, ils en parlent beaucoup, ils en font peu", Jean-Luc Mélenchon et Corinne Lepage se sont montrés très offensifs pour faire avancer leur cause.


Jean-Luc Mélenchon avait opté pour la stratégie du "j'ai changé", qui a semble-t-il convaincu la salle. "Le productivisme a été longtemps le passé de la gauche traditionnelle. Il n'y aucune politique d''intérêt général possible qui ne soit une rupture avec le productivisme et avec le capitalisme qui le porte" a -t-il lancé, avant d'évoquer l'échec de Durban, "une tragédie".


HOLLANDE DROIT DANS SES BOTTES MAIS SOURIANT
Mme Lepage a, elle, joué la carte de la connivence familiale pour faire passer un message et un seul : l'héritière, c'est moi. "Je me sens en famille ! Vos combats sont les miens, la plupart de vos propositions figurent dans mon programme de 2012." Rappelant son "expérience de 35 ans" sur les questions environnementales, Mme Lepage a conclu son allocution par un : "l'essentiel, c'est nous, vous et moi qui avons eu le tort d'avoir raison trop tôt ".


Attendu au tournant, François Hollande a lui joué la carte "droit dans ses bottes" mais souriant. Il n'a guère fait de concessions, à l'exception d'une "conférence environnementale" en cas d'élection. Mais il a rappelé qu'il était opposé aux OGM en plein champ, qu'il souhaitait une baisse de l'utilisation des pesticides, qu'il était sensible à la préservation de la biodiversité.


La salle n'a pas bronché quand il a rappelé qu'il souhaitait une baisse de la part de l'électricité d'origine nucléaire, mais sans parler de sortie, et lui-même est resté souriant quand des militants anti-EPR ont déployé une banderole en bas de la tribune pendant son intervention. A la fin de son discours, François Hollande a été applaudi. On pouvait déceler sur le visage du candidat socialiste un certain soulagement.

>> Lire : Sept candidats devant les militants de l'environnement

>> Lire aussi : Ecologie : François Hollande s'engage à ouvrir une "conférence environnementale"


Source : Blog libération de Laure Noualhat, le 29-01-12
Présidentielles: le grand oral bio des candidats
Par Laure Noualhat

En 2007, avec le pas de danse «Hulotien», l'environnement avait eu une petite place dans la campagne présidentielle. En 2012, avec Fukushima, seul le nucléaire existe dans cette élection. Et encore, il suffit qu'on perde son triple A pour qu'on en oublie les économies d'énergie. Sans compter que la crise occulte tous les autres sujets -pourtant majeurs- de l'écologie. Voilà pourquoi la fédération France Nature Environnement (FNE) a convié les candidats à la présidentielle à un grand oral samedi à Montreuil, en fin d'après-midi. Objectif: placer, le temps d'un cours de maths, l'environnement et les questions écologiques au cœur de la campagne. Les 3000 associations de FNE ont appelé les candidats à lister les mesures écolos qu'ils mettraient prioritairement en œuvre au lendemain de leur élection. François Bayrou, Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin, Dominique de Villepin et François Hollande se sont pliés à l'exercice. Ils disposaient chacun de 15 minutes face à une salle remplie de 2000 écolos de tous bords. Le petit décryptage subjectif du grand oral écolo des candidats, dans leur ordre d'apparition est visible ICI.




Source : Site internet de France Soir, le 28-01-12

Présidentielle : Bayrou pour les abeilles, Joly contre les pesticides
Par Thomas Morel


Les candidats à l'élection présidentielle ont présenté samedi devant les associations de défense de l'environnement leurs propositions en faveur de l'écologie.
Eva Joly a choisi de promouvoir son plan de sortie des pesticides

Comme Nicolas Hulot, qui avait en 2007 fait signer un « pacte écologique » aux candidats à la présidentielle, la fédération France Nature Environnement (FNE) présentait samedi 28 janvier son « appel des 3.000 », série d'engagements écologiques pour les candidats à la présidentielle. Pour Bruno Genty, le président de FNE, il s'agit de faire en sorte que « la nature et l'environnement ne soient pas ignorés ». Depuis le grenelle de l'environnement, l'aggravation de la crise économique à relégué au second plan le débat sur l'écologie et le développement durable. Seule la question du nucléaire à survécu, catastrophe de Fukushima oblige. L'évolution du ministère de l'Écologie en est la preuve la plus évidente. En cinq ans, il a perdu son titre de ministère d'État, ainsi que toutes les fonctions ayant trait à l'énergie, transférées au ministère de l'Industrie.


Sept candidats se sont présentés ce samedi devant les membres de France nature environnement, pour jurer de leur soutien éternel à l'écologie. François Bayrou (MoDem), Eva Joly (Europe Écologie – Les Verts), Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), Hervé Morin (Nouveau Centre), Dominique de Villepin (République Solidaire) et François Hollande (Parti Socialiste) ont tous répondu à l'appel de France Nature Environnement.
Seul grand absent : Nicolas Sarkozy, candidat pas encore déclaré à l'élection du 22 avril. À la tribune, peu de surprises. Dans un grand élan de solidarité, les candidats ont tous adhéré au projet de France Nature environnement, depuis l'éducation des jeunes jusqu'à la transition énergétique, en passant par le soutien à l'économie verte et le conditionnement des aides publiques à la protection de l'environnement. Seule la question du nucléaire a laissé entrevoir quelques différences, entre les partisans de la fermeture pure et simple des centrales et ceux qui préféraient l'organisation d'un grand débat national sur le sujet.



François Bayrou veut sauver les abeilles
Alors pour se différencier, certains candidats ont choisi de prendre position sur des causes plus originales. François Hollande a promis la tenue d'une grande conférence environnementale s'il était élu afin de mettre en place les politiques de transition énergétique. Eva Joly a elle choisi de promouvoir son plan de sortie des pesticides, pour « en réduire l'utilisation de 50 % en cinq ans et les faire disparaître en une génération ». La candidate d'Europe Écologie – Les Verts a également rappelé son intention de créer un million d'emplois liés à l'économie verte, un chiffre qu'a préféré tempérer Corinne Lepage, déclarant « je ne sais pas s'il y en a un million, mais des centaines de milliers oui ! »
Dominique de Villepin a préféré mettre l'accent sur l'importance de lier l'écologie aux autres enjeux, rappelant la crise économique dure qui frappe la France. Il souhaite également une « charte des paysages » : « quand on voit pousser les parkings, les centres commerciaux et les bretelles d'autoroute, on se demande où est la France ». Jean-Luc Mélenchon, fidèle à lui-même, a encore une fois demandé la tête du capitalisme : «  Il n'y a aucune politique d'intérêt général possible qui ne soit en rupture avec le capitalisme d'aujourd'hui. »
Mais la palme de la promesse la plus originale revient à François Bayrou. Le candidat du Modem, également agriculteur à ses heures, veut faire de la survie des abeilles une grande cause politique. « Les abeilles sont des témoins et des veilleurs au nom de toutes les espèces vivantes », a-t-il martelé.
Reste maintenant à savoir ce qu'il restera de ces propositions au lendemain du second tour. La promesse est facile, le passé a prouvé que sa mise en pratique ne l'était pas toujours.





Source : Site internet du Monde.fr le 28-01-12

Le rejet d'Eva Joly dans l'opinion trouble les Verts
Par Anne-Sophie Mercier

C'est peu dire que "l'image détaillée" d'Eva Joly, révélée par "Présidoscopie", l'étude de l'institut Ipsos réalisée pour Le Monde et publiée jeudi 26 janvier, a semé la consternation chez les écologistes. Car, à la lecture de cette enquête, on comprend aisément que, selon l'expression de Daniel Cohn-Bendit, "l'équation personnelle de la candidate ne fonctionne pas".




Si Mme Joly est en effet créditée d'avoir des convictions (59 % des sondés le pensent), une majorité de personnes interrogées estime qu'elle n'est pas honnête, qu'elle n'est pas dynamique, qu'elle ne tiendra pas ses engagements.
Ils sont également une écrasante majorité à ne pas la trouver sympathique (75 %), ni compétente (78 %), à la juger éloignée de leurs problèmes (78 %) et dépourvue de stature présidentielle (91 %). La candidate écologiste "inquiète" aussi 63 % des personnes interrogées. Et si la personne de Mme Joly semble de fait assez peu appréciée des sondés, son action et ses déclarations récentes suscitent tout autant le rejet puisqu'ils sont 73 % à déclarer que celles-ci leur ont "déplu" au cours des dernières semaines.


Il serait inexact d'affirmer que le délicat sujet de la personnalité de Mme Joly et de son rapport à l'opinion a été occulté par son entourage. Le 9 septembre 2011, lors d'un déplacement de la candidate à Marseille, Sergio Coronado, un de ses proches, expliquait à la presse que l'équipe de campagne allait s'attacher à montrer la "vraie" Eva Joly, "bien plus sympa que ce qu'on voit". Mme Joly avait alors été photographiée tout sourire en train de faire du kayak dans les calanques marseillaises.


Pourtant, l'ampleur du rejet suscite l'incompréhension. "Je ne comprends pas. La seule explication que je vois est que les Français, sans se l'avouer, ont terriblement peur des juges", déplore l'euro-députée Michèle Rivasi, porte-parole de la candidate.


"EVA JOLY DÉRANGE"

Stéphane Sitbon, directeur de la campagne de Mme Joly, fait part, lui aussi, de son incompréhension. "On a joué une carte difficile, dit-il, présenter une candidate qui n'était pas issue du milieu politique, et qui n'est pas rompue aux exercices politiques traditionnels. Eva Joly dérange." Seul mea culpa : "On ne l'a pas fait connaître et on a eu tort, car sa vie parle pour elle."
Une motion présentée au conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), réuni samedi 28 janvier, propose que l'emprunt lancé auprès des banques pour financer la campagne de Mme Joly ne dépasse pas 500 000 euros, puisqu'elle risque de ne pas atteindre 5 % des voix, niveau nécessaire pour bénéficier du remboursement par l'Etat de la moitié de ses dépenses.
Or la campagne a été conçue avec un plan de financement prévoyant le double, sans compter l'avance de fonds publics aux candidats une fois qu'ils auront été validés par le Conseil constitutionnel, en mars.
Un échec électoral de Mme Joly pourrait pousser le parti à la faillite, explique l'auteur de la motion, Pierre Minnaert, militant en Ile-de-France. Les partisans de Daniel Cohn-Bendit, soucieux de ne pas torpiller la campagne de Mme Joly, devraient toutefois ajouter leurs votes à ceux des partisans de Mme Duflot, pour faire repousser cette motion.
Mme Joly, qui publie la semaine prochaine un livre, très personnel selon son entourage, va donc parler de sa vie dans une émission de France 2 le 4 février, puis être mise en scène de manière à montrer son "humanité" et sa "proximité avec les gens", comme l'explique Mme Rivasi. Son équipe planche notamment sur une visite dans les hôpitaux aux côtés de l'urgentiste Patrick Peloux.


AU CRÉNEAU, LES STARS DE LA CAMPAGNE DES EUROPÉENNES
En attendant, pour "réchauffer" la campagne et faire apparaître la candidate comme sympathique, dynamique et compétente, on fait monter au créneau les stars de la campagne des élections européennes. José Bové et Daniel Cohn-Bendit tiendront une conférence de presse sur l'Europe aux côtés de la candidate lundi 30 janvier. Mme Duflot, qui multiplie les apparitions avec Mme Joly depuis deux semaines, sera aussi présente.
La stratégie vis-à-vis de la candidate est double : d'un côté, dévoilement en ce qui concerne sa vie privée et ses supposées qualités personnelles ; de l'autre, dilution autant que possible de ses propos dans une mise en scène aux côtés des stars du mouvement dans les réunions publiques.
L'état-major d'EE-LV souhaitait que Mme Joly soit encore davantage entourée, mais, contacté, Nicolas Hulot a refusé, et M. Cohn-Bendit refuse, pour le moment, d'intervenir davantage dans une campagne dont il a désapprouvé le principe.


"SI ON FAIT 4 %, ON S'EN TIRE BIEN"
Au-delà des questions d'image, Mme Joly se voit reprocher son positionnement par les sondés : trop radicale sur les sujets écologiques, irréaliste sur le dossier nucléaire, mais aussi incapable de faire le lien entre écologie d'un côté, croissance et emploi de l'autre. A EELV, on feint de ne pas s'en inquiéter. "L'absence de sensibilité écologique de François Hollande nous offre un boulevard pour développer nos thèses", veut croire Stéphane Sitbon.
Mais cet optimisme de la direction du mouvement n'est en fait qu'une façade. Mme Duflot a ainsi récemment déclaré dans une réunion que "si on fait 4 %, on s'en tire bien". "Les électeurs écologistes ne veulent pas qu'on leur raconte une belle histoire, ils ne veulent pas qu'on leur parle du mythe d'une femme partie en croisade contre les turpitudes mondiales, ils veulent des propositions", estime Jean-Paul Besset, qui est un proche de M. Hulot.



Source : Site internet du Monde.fr, le 28-01-12
L'écologie est un combat
Par Hervé Kempf


L'atmosphère de la campagne électorale ne peut que désespérer les citoyens conscients de la gravité de la crise écologique. Lors de son émission télévisée du 26 janvier, François Hollande n'a pas eu un seul mot ou pensée sur un sujet environnemental.
On n'entend pas davantage les autres candidats sur ce thème, comme s'ils avaient tous intégré la parole de M.Sarkozy, le 6 mars 2010 : "Toutes ces questions d'environnement, ça commence à bien faire." Les candidats, au demeurant, ne sont pas seuls responsables de ce déni. Les journalistes aussi y ont leur part.
Ainsi, lors de l'émission "Des paroles et des actes", le 12 janvier, Jean-Luc Mélenchon a évoqué par trois fois la question écologique. N'aurait-il pas été intéressant de titiller à ce sujet un homme issu de la gauche traditionnelle, allié à un parti historiquement productiviste et nucléariste, le Parti communiste français ? Mais pour les éminences médiatiques, l'environnement ne fait pas partie des questions sérieuses.
Changement climatique, étalement urbain, rôle des produits chimiques sur la santé, plantes transgéniques, transports collectifs, économies d'énergie, déchets nucléaires, autant de thèmes absents du discours politique – et même des programmes.


M. HOLLANDE EST LACUNAIRE SUR L'ENVIRONNEMENT
Par exemple, les "engagements pour la France" de M.Hollande sont lacunaires en ce qui concerne l'environnement, et, pour ce qu'ils en disent, ils pourraient être repris mot pour mot par M.Sarkozy, à la seule différence près du passage à 50 % de la part du nucléaire.
Selon Denis Baupin, élu d'Europe Ecologie-Les Verts, l'aphasie du discours politique s'explique ainsi : "Les politiques classiques veulent annoncer des lendemains qui chantent. Or, l'analyse de la situation écologique, surtout quand on n'a pas de grille de contre-propositions, leur apparaît probablement incompatible avec une bonne campagne."
Cette explication est convaincante. Mais sans doute partielle : car l'obsession croissanciste et la solidarité avec les intérêts dominants expliquent aussi ce vide politique.
L'écologie, à vrai dire, n'a jamais avancé par un jeu spontané des institutions politiques – Etat, partis, médias. C'est la lutte tenace de citoyens dévoués sur le terrain qui a fait avancer les choses et les esprits. Il en ira de même à l'avenir, et l'on suivra donc avec attention la chaîne humaine contre le nucléaire le 11 mars, et la manifestation du 24 mars contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.



Source : Site internet du Journal de l'environnement, le 26-01-12

Peu d’environnement dans le programme de Hollande
par Valéry Laramée de Tannenberg

Comme annoncé depuis quelques jours, le candidat socialiste à l’élection présidentielle a rendu public son programme détaillé, aujourd’hui jeudi 26 janvier, lors d’une conférence de presse tenue à la Maison des métallos, à Paris.
Au total, François Hollande prend 60 engagements pour «permettre le changement, […] redresser la France, […] redonner confiance en l’avenir».
Ses promesses environnementales décevront peu de monde si elles n’étaient pas tenues, tant elles sont peu nombreuses: 6 en tout et pour tout. Car «pour faire de la France la nation de l’excellence environnementale», le président du conseil général de Corrèze prévoit de réduire à 75% la part du nucléaire dans la production d’électricité, de «favoriser» la montée en puissance des énergies renouvelables, de fermer les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (1.800 mégawatts), tout en achevant l’EPR de Flamanville (1.600 MW). François Hollande promet aussi de faire adopter une nouvelle tarification progressive de l’eau, de l’électricité et du gaz. L’ancien maire de Tulle prévoit également de lancer un programme «d’isolation thermique de qualité» pour un million de logements.
Il faut croire que la gestion des déchets, des eaux, des sols, des forêts, la protection des biotopes menacés, la diminution de la biodiversité, la progression de certaines pollutions atmosphériques et leur cortège de conséquences sanitaires ne sont pas des problèmes urgents à résoudre. A moins bien sûr qu’ils ne soient pas solubles. Car le candidat socialiste n’entend promettre que ce qu’il pourra tenir.




Source : Site internet Romandie news, le 26-01-12

Projet Hollande : Rien sur l'écologie, déplore NKM

Par l’AFP

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a déploré jeudi que le programme du candidat PS à l'Elysée François Hollande ne comporte aucun chapitre sur l'environnement, à part quelques propositions témoignant d'une grande méconnaissance du sujet.

Il n'y a rien sur l'écologie, il n'y a pas de chapitre environnement, a-t-elle dit à l'AFP, et quand il y a une proposition, au détour d'un autre chapitre, c'est en général une proposition qui témoigne une grande méconnaissance du sujet.

Ainsi, le candidat PS réclame la mise en place d'un tarif progressif de l'eau qui est aujourd'hui possible de manière volontaire, a-t-elle assuré.

La raison pour laquelle ça ne se fait pas de manière généralisée, c'est qu'il y a en France des milliers de services de l'eau, qui est un service local, et donc la tarification est une gestion locale, a poursuivi la ministre. Donc soit il ne le sait pas, soit il y a une grande hypocrisie derrière cette proposition.

Par ailleurs, en affirmant vouloir fermer la centrale nucléaire de Fessenheim plutôt qu'une autre centrale, François Hollande reste flou sur les raisons qui le poussent à faire ce choix, a-t-elle dit. Pourquoi Fessenheim plutôt que Tricastin au titre du risque sismique, ou Le Blayais au titre du risque inondation'.

La ministre a ajouté ne pas comprendre la cohérence d'un homme politique qui en 2009 a saisi le Conseil constitutionnel pour invalider la taxe carbone et qui aujourd'hui dans son programme défend la taxe carbone aux frontières de l'Europe.




Source : Site internet du Monde.fr, le 25-01-12

Quatre économistes donnent un satisfecit au projet de budget d'Eva Joly
Par Anne-Sophie Mercier


Ras le bol d'être assimilés sans cesse à la seule défense des pâquerettes et du monde animal. Les écologistes ont beaucoup travaillé, et ce depuis des années, sur les questions économiques : croissance, chômage, économies d'énergie bien sûr, mais aussi diminution de la dette et redressement de la balance commerciale. Un travail effectué en pure perte pour le moment, puisque, dans l'opinion, si l'idée de transaction énergétique n'a cessé de marquer des points, celle d'une véritable économie verte fondée sur une croissance positive et des créations d'emplois ne convainc guère.
Conscients d'être dans une campagne électorale dominée par la réponse à apporter à la crise, les écologistes, évidemment soucieux de ne pas se laisser marginaliser, ont souhaité montrer que leurs propositions tenaient la route. Comme l'explique le député européen Pascal Canfin, l'expert économique d'Eva Joly, qui a travaillé sur le "budget vert", l'idée est de montrer que "les politiques écologiques sont meilleures pour l'économie et meilleures pour la planète".
Ils ont donc soumis le projet de budget présenté à la presse par Eva Joly le 4 octobre 2011 à quatre économistes qui ont utilisé un modèle macro-économique de l'OFCE, sans lien avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV),  pour mission de mesurer l'impact d'un tel budget.
Les résultats de l'étude sont assez concluants. Les mesures budgétaires proposées par Eva Joly (réorientation de la fiscalité vers la fiscalité environnementale, avec l'instauration d'une contribution climat-énergie, augmentation des dépenses d'investissements publics, notamment dans les filières vertes et la construction de logements neufs, relèvement des prélèvements obligatoires sur les hauts salaires et les revenus du capital) constitueraient, selon les quatre économistes auteurs de l'étude, un modèle efficace pour sortir de la crise.


BON POINT
Comparé au budget de référence, qui est celui adopté par le projet de loi de finances de septembre 2011, et en considérant que les budgets suivants seraient identiques, l'instauration d'un "budget vert" permettrait la création de 400 000 emplois supplémentaires à l'horizon 2015. Ces créations d'emplois supplémentaires permettraient une baisse du taux de chômage à 8,3 % en 2015.
Par ailleurs, l'augmentation progressive de la fiscalité écologique couplée au plan d'économies d'énergies permettrait une baisse des émissions des gaz à effet de serre. La baisse des émissions de CO2 serait de 32 % d'ici à 2020, ce qui permettrait d'atteindre les objectifs préconisés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).


EMPLOIS VERTS
Un bon point également pour les écologistes en ce qui concerne la diminution de la dette, si l'on en croit les auteurs de l'étude, puisque les choix budgétaires d'Eva Joly permettent de ramener le déficit public sous les 3 % en 2014. Enfin, contrairement aux idées reçues, selon lesquelles les écologistes seraient tous des adeptes de la décroissance, le modèle soumis à l'audit des chercheurs aurait un effet positif sur la croissance.
Le mécanisme est simple : les créations d'emplois et les investissements verts créent un effet d'entrainement favorable à l'activité économique. Dès la première année d'instauration d'un "budget vert", les mesures préconisées auraient un impact positif de 0,9 point de produit intérieur brut (PIB) et de 1,8 point de PIB sur deux ans.
C'est la première fois qu'un parti politique, et qu'une candidate à l'élection présidentielle soumettent leurs hypothèses de travail à un audit effectué par des chercheurs
indépendants. Les résultats obtenus devraient susciter débats et réflexions.


Commentaire Ligue Roc/Humanité et Biodiversité : L’implication dans l’analyse par trois des économistes cités aurait été réfutée par ces derniers, plus d’informations sont accessibles sur le  Site internet de l'OFCE.



Source : Site internet de La voix du Nord, le 26-01-12

Corinne Lepage accélère sa campagne présidentielle en dévoilant près de Lille son projet d'« écologie de centre »
par Yannick Boucher


Les oreilles de la magistrate Eva Joly ont dû siffler comme une éolienne en plein vent. Hier, une avocate des combats écologistes a présenté pour la première fois son projet à la presse, dans le bureau d'Emmanuel Druon, le dirigeant « écolonomiste » de la papeterie Pocheco à Forest-sur-Marque...
Dire que la campagne de Corinne Lepage est lancée serait exagéré. « C'est beaucoup plus difficile qu'en 2007 mais j'aurai mes 500 signatures », a-t-elle déclaré.


Amère solitude
« Je fais l'objet d'un traitement scientifique d'absence des médias. On m'empêche de m'exprimer, je n'ai jamais été invitée sur un plateau télé, sauf une fois un quart d'heure chez Laurent Ruquier. Je suis une femme libre, je ne négocie aucune circonscription, je ne dois allégeance à personne et je sais convaincre, aussi parce que je suis avocate dans des procès condamnant les pollueurs et les grands lobbies. Forcément, ça gêne », a-t-elle précisé. L'eurodéputée de la région Nord confirme sa réputation de lanceuse d'oursins dans les poches des grands lobbies. Elle s'en explique. « Le pouvoir a été confisqué par un petit clan dans le monde politique, économique ou médiatique et moi je ne fais pas partie du petit club. » Elle précise qu'« il n'y en a que pour les grands groupes alors que la priorité doit aller aux PME », charge Total qui « ne paie pas ses impôts sur les sociétés et ferme des raffineries », réclame une autre répartition des richesses (« on doit payer à due proportion de ses revenus ») et fustige la crise de la dette (« si nous revenions simplement au niveau de revenus de 2000, la dette ne serait pas de 80 % du PIB mais de 60 %, ce qui réglerait beaucoup de choses ! »).


Mais où est donc Corinne Lepage ? Antinucléaire viscérale, elle porte beaucoup de propositions que les Verts ne renieraient pas. Revendiquant une « écologie du centre » et « une mutation en douceur », elle peut plaire aux électeurs de François Bayrou, elle qui a quitté le MoDem après avoir refusé par ailleurs un poste de ministre, ce qui lui fait dire qu'« autour de Nicolas Sarkozy, on ne me l'a jamais pardonné ». Bref, fâchée avec tout le monde, la présidente de Cap 21, 160 adhérents dans le Nord-Pas-de-Calais, terre de mission. « Eva Joly dispose de 20 fois plus de temps de parole que moi ! », déplore-t-elle. Le bras de fer risque de se durcir entre les deux femmes.


L’ÉCOLONOMIE SUR LE PAPIER
C'est dans une papeterie nordiste qu'a pris forme un concept servant de base au projet de la candidate. Projet soutenu par Emmanuel Druon, dirigeant atypique et engagé de la cause écologiste (il avait déjà permis aux Verts de présenter dans ses locaux leur programme aux dernières élections européennes). Hier, devant plus de 200 invités, Emmanuel Druon a reprécisé les contours de sa pensée : « C'est une économie de transition vers une réduction maximale de l'impact de l'activité sur l'environnement. Je démontre chaque jour que, dans une usine, il est plus rentable de travailler de façon écologique que de ne pas le faire. » Énergie solaire, épuration des eaux usées par les plantes, terrasses végétalisées, process non polluants, reboisements, Pocheco forme un alliage subtil entre le marketing durable servant la communication d'entreprise et la satisfaction réelle de l'intérêt général sur l'urgence de la lutte contre le changement climatique.





Source : Site internet de France soir, le 25-01-12

Présidentielle : "Dédé l'abeillaud" affirme avoir 300 parrainages


Un apiculteur breton, déguisé en abeille et candidat à l'Élysée, assure avoir réuni 300 signatures. Il estime être le « seul candidat de la biodiversité ».
« C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui ». La phrase est de Rémi Gaillard, amuseur public qui a fait des dizaines de fois le buzz sur la toile grâce à ses vidéos loufoques. David Derrien, agent de service à Plougastel-Daoulas (Finistère), semble avoir fait sienne cette devise. Déguisé en insecte butineur, il est devenu « Dédé l'abeillaud », candidat à l'Élysée. C'est un « moyen fantaisiste de faire passer des choses sérieuses », estime ce défenseur de la cause des abeilles. Et si le mode opératoire de ce Breton de 41 ans fera certainement sourire les professionnels de la politique, lui se targue d'une belle collection de parrainages. « Nous avons réuni près de 300 promesses de signatures. Mais on a atteint un plafond et nous souhaitons aller au-delà », a-t-il indiqué mercredi lors d'un point presse, précisant qu'il était le « vrai et seul candidat de la biodiversité ».


Interdire les insecticides
Vêtu de son costume jaune et noir, une grosse paire de lunettes et de petites antennes sur la tête, David Derrien, qui confie avoir auparavant toujours voté pour les Verts ou Europe Écologie-Les Verts, a réussi à mobiliser « le réseau apicole » et de « défenseurs de l'environnement » pour obtenir ses parrainages. Son programme : la lutte contre les pesticides et produits phytosanitaires qui font des ravages au sein des ruches, menaçant par la même occasion l'ensemble de la biodiversité. L'apiculteur amateur se veut hors de conflits politico-politiques : « Moi, je n'ai pas d'ennemis, que des adversaires. Mes adversaires (l'industrie des phytosanitaires et de biotechnologie végétale) pratiquent le terrorisme d'État avec des armes de destruction massive ». Dédé l'abeillaud a d'ailleurs déclaré qu'une fois élu à l'Élysée, sa première mesure serait d'interdire tous les insecticides systémiques, « comme en Italie ».




Source : Site internet Novethic, le 23-01-12

« Présidentielle 2012 : l'environnement en crise »



Cette interview de Daniel Boy, politologue, traite de la place du sujet environnemental dans la campagne Présidentielles 2012 en comparaison avec celle de 2007. L’article est disponible sur le site de Novethic.


Source : http://www.bienpublic.com, le 16-01-12

L’Alliance écologique, « des idées à contre-courant »
Jean-Marc Governatori a présenté les propositions de son parti à Dijon.



« L’Alliance écologique incarne l’écologie politique indépendante en France », explique Jean-Marc Governatori, secrétaire national de ce mouvement né en 2009 et candidat à la présidentielle 2012. Jean-Marc Governatori, qui a présenté son projet, vendredi soir à Dijon, devant une quarantaine de personnes, a insisté sur le positionnement de son mouvement « au-delà du clivage gauche-droite » et sur ses « idées à contre-courant ».
Alliance écologique indépendante propose une politique en huit points et 212 propositions pour agir sur les causes : « L’autonomie des personnes ; une politique migratoire contribuant à ce que les personnes soient bien dans leur pays d’origine ; une politique judiciaire efficace pour que le moins bien loti ait une vie digne ; le rejet de la drogue ; une énergie qu’on ne consomme pas ; la suppression des déchets par leur non-production ; l’isolation des centrales nucléaires ; la préservation en amont de la santé ; une agriculture productiviste sans pesticide ni OGM ; le transport collectif, le vélo ou la marche à la place du carburant. »
Parmi les propositions : une TVA sociale et écologique modulable réduite sur les produits de première nécessité, les produits bio […], haute sur les produits emballés et les produits de luxe. Interdiction de création de nouvelles grandes surface, pas de charge sur l’embauche d’un premier salarié, un débat national public de six mois ponctué par un référendum avant un vote du peuple pour l’éducation, la protection animale. […]
« Nous sommes le 7 e parti français par le score électoral réalisé aux Européennes et aux cantonales 2011 », rappelle Jean-Marc Governatori qui a recueilli 90 signatures à l’heure ou nous écrivons ses lignes.



"Transition écologique" : Eva Joly promet 1 million d'emplois

Eva Joly, la candidate des écologistes à l'élection présidentielle 2012 a développé vendredi dernier son Pacte écologique pour l'emploi, alors même qu'elle rencontrait des salariés de M-real qui s'opposent vivement à la fermeture de leur usine de papier (l'Eure) "rentable" et défendent également sa conversion écologique.



"La raffinerie Pétroplus est en train de fermer ses portes. Si nous engagions la transition écologique, nous aurions dès demain les moyens de produire ici (NDLR : à Alizay) des agrocarburants de nouvelle génération qui correspondraient à 20% de la capacité de production de Pétroplus" a précisé Eva Joly.

Un consortium européen aurait proposé une offre combinée entre le papetier et le raffineur. Le premier produirait un nouvel agrocarburant à partir de bois, tandis que le second le raffinerait sur le site de Petroplus.
« La France poursuit des mirages et des impasses pour répondre au chômage, à commencer par l'espérance vaine d'une croissance retrouvée. La réponse des écologistes pour créer un million d'emplois, c'est l'économie verte et le vivre-mieux ; c'est l'économie de proximité ; c'est le retour du long terme dans l'économie par la rénovation du dialogue social. En changeant de perspective, de modèle, nous montrons aujourd'hui que nous sommes les seuls à ouvrir le chemin pour créer de nouveaux emplois », a déclaré par ailleurs Eva Joly.

Ce Pacte écologique pour l'emploi repose sur 5 piliers dont celui de la création nette d'1 million d'emplois par "la transition écologique", d'ici 2020. "Il ne s'agit pas d'une promesse en l'air, nous avons chiffré et mesuré l'impact de la transition écologique de l'économie. Ma priorité, c'est de montrer qu'en France, créer de l'emploi, oui c'est possible." a affirmé la candidate verte. Et d'affirmer son slogan : "Un million d'emplois, c'est faire le choix de la transition énergétique, des énergies renouvelables et des économies d'énergie !"

Dans son discours, elle a aussi interpellé Henry Proglio (PDG EDF), lui indiquant "que nous sommes les seuls à ouvrir le chemin pour véritablement créer de nouveaux emplois. Ces chiffres sont précis et calculés dans le dossier de presse que vous avez entre les mains."

Rien que dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie, Eva Joly a chiffré le nombre de création d'emplois à plus de 400.000. Voici ci dessous, les éléments mis en avant par les Verts pour atteindre cet objectif, dont celui de la reconversion progressive de la filière nucléaire.



Extraits du chiffrage détaillé sur le document 1 million d'emplois (disponible ici en intégralité) :



"Les énergies renouvelables : +141 000 emplois directs et indirects"
Le développement de la part des énergies renouvelables est fortement créateur d'emplois. Les énergies renouvelables sont en effet des énergies produites localement, contrairement au pétrole et au gaz importés. Les énergies renouvelables ont aussi un mode de production plus intensif en travail que les énergies fossiles. Le développement des énergies renouvelables permettrait la création de plus de 110 000 emplois directs et indirects d'ici 2020 (2). En détail, la filière solaire permettrait la création de 80 000 emplois pour une puissance installée de 20 gigawatt (soit 20 fois la puissance du parc solaire installé à fin la 2010). La filière éolienne pourrait créer 40 000 emplois pour une puissance installée de 30 gigawatt (soit 6 fois le parc actuel). La filière bois pourrait créer 15 000 emplois directs et indirects et le biogaz 6 000.
En matière d'énergie renouvelable, la France doit suivre la voie tracée par l'Allemagne dont 10% de l'énergie totale est aujourd'hui d'origine renouvelable et a ainsi créé une filière qui emploie 5 fois plus de salariés qu'il y a 10 ans.

"Les économies d'énergie : +440 000 emplois directs et indirects"
La politique de l'énergie repose sur deux piliers : produire ET économiser. La réhabilitation énergétique des logements est prioritaire pour diviser par quatre les émissions de CO2. L'objectif est d'atteindre un rythme de 900 000 logements par an réhabilités aux normes basse consommation d'ici 2020. La réalisation de cet objectif permettrait la création de 440 000 emplois nouveaux dans le secteur du bâtiment. 70% de ces emplois seront créés par la rénovation des logements, le reste dans le tertiaire. Au total, 130 000 emplois directs et indirects seront créés dans les ouvertures, 260 000 dans l'isolation et 45 000 pour les systèmes de chauffage efficaces (3).
"Des emplois à reconvertir dans les énergies fossiles : -65 000 emplois directs et indirects"
Personne ne croit plus aujourd'hui en une croissance infinie de la consommation d'énergie fossile. Ces secteurs sont peu intensifs en main-d'œuvre et consistent principalement en la distribution de produits importés. D'ici 2020, la conversion à l'économie verte doit permettre une réduction de 30% de la consommation de pétrole et de gaz. Cette diminution de la consommation des énergies fossiles se traduirait par la perte de 65 000 emplois directs et indirects.
"Une reconversion progressive de la filière nucléaire : -70 000 emplois directs et indirects"
L'industrie nucléaire et ses 240 000 emplois directs et indirects ne vont pas disparaître brutalement. Le démantèlement du parc nucléaire et le renforcement du niveau de sécurité des centrales en activité exigeront de maintenir une partie importante de l'emploi. D'ici 2020, les destructions d'emplois devraient principalement se concentrer dans les centrales qui fermeront d'ici 2020 (37 réacteurs, soit 63% du parc installé) ou verront leurs chantiers arrêtés (réacteur EPR de Flamanville).
L'étude PricewaterhouseCoopers pour Areva (4) estime que le démantèlement d'un réacteur implique de conserver un tiers des emplois d'une centrale en activité. L'arrêt de 37 réacteurs devrait donc se traduire par la suppression de 20 000 emplois directs sur les 47 000 emplois dans l'exploitation et la maintenance. L'arrêt de la construction de l'EPR de Flamanville et une réduction progressive des activités d'enrichissement et de retraitement entraîneront la perte de 20 000 emplois directs.
Le développement d'un savoir-faire en matière de démantèlement sera susceptible de créer des une nouvelle filière dont les emplois ne sont pas comptabilisés ici. Au total, 70 000 emplois directs et indirects seront supprimés d'ici 2020.


Source :
(2) Méthodologie P. Quirion, CIRED CNRS, et ratios emplois issus de l’étude ADEME /IN NUMERI, Marchés, emplois et enjeu énergétiques des activités liées à l’amélioration de l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables, situation 2008-09 perspectives 2010
(3) Idem
(4) Etude PricewaterhouseCoopers pour Areva : ICI




Nicolas Sarkozy à Eurexpo... pour présenter ses voeux

Les opposants au projet "OL land" de Décines dans le Rhône ont bien l'intention de faire entendre leur voix lors de la visite annoncée  du Président de la République à Lyon-Eurexpo le jeudi 19 janvier. Une rencontre avec "le monde économique local" qui ne compte pas dans la campagne électorale - pour laquelle Nicolas Sarkozy n'est officiellement pas encore candidat - mais qui a pour objectif de "présenter ses voeux"...
Dans un communiqué, les opposants au Grand stade demandent, "au nom du combat que nous menons depuis plusieurs années (...) de lui rappeler sa déclaration et son engagement de l'issue du Grenelle de l'environnement". Le Président de la République déclarait en effet le jeudi 25 octobre 2007 devant un parterre de personnalités *:

"Ma première pensée va à tous ceux qui ont œuvré à la réussite de ce Grenelle de l’Environnement qui restera comme un moment important dans la prise de conscience par notre société qu’elle ne peut plus vivre dans le gaspillage, qu’elle ne peut plus négliger les conséquences sur l’avenir de la planète de sa façon de vivre, de produire et de consommer... Il faut avoir le courage de décider autrement, de changer les méthodes, de préférer la décision issue de la négociation plutôt que la décision issue de l’administration...
Il faut avoir le courage de reconnaître que nous ne pouvons plus définir des politiques en ignorant le défi climatique, en ignorant que nous détruisons les conditions de notre survie. Premier principe : tous les grands projets publics, toutes les décisions publiques seront désormais arbitrées en intégrant leur coût pour le climat, leur « coût en carbone ».
Toutes les décisions publiques seront arbitrées en intégrant leur coût pour la biodiversité. Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé.

Deuxième principe, nous allons renverser la charge de la preuve. Ce ne sera plus aux solutions écologiques de prouver leur intérêt. Ce sera aux projets non écologiques de prouver qu’il n’était pas possible de faire autrement. Les décisions dites non écologiques devront être motivées et justifiées comme ultime et dernier recours. C’est une révolution dans la méthode de gouvernance de notre pays totale et nous allons appliquer immédiatement ce principe à la politique des transports. Le Grenelle propose une rupture et bien, je propose de la faire mienne.
La priorité ne sera plus au rattrapage routier mais au rattrapage des autres modes de transports.
"
* Déclaration de Nicolas Sarkozy devant  le Premier ministre,  le Président du Sénat, le Président de l'Assemblée nationale,  le Président Al GORE,  le Président BARROSO...

Le collectif d'associations indique qu'il avait alors perçu cette déclaration comme un changement radical dans la manière d'approcher et de traiter les grands projets d'aménagement. "Or, nous constatons que dans le projet de l'OL Land et son grand stade il n'en est rien", indique-t-il aujourd'hui.
Les organisations regrettent l'engagement de l’État auprès du porteur (privé) de ce projet, et les lois spécifiques votées par le parlement favorisant la construction et le financement des équipements nécessaires à l'organisation de l'Euro2016.
Il rappelle aux élus UMP qui seront invités à la cérémonie que certains de leurs collègues parlementaires n'ont pas hésité à critiquer "la scandaleuse débauche financière que connaît le monde footballistique".
Selon eux, il est encore temps que l’État et l'ensemble des parties prenantes au protocole des partenaires (Conseil Général du Rhône, Grand-Lyon, Sytral...) se ressaisissent et, compte tenu de la dégradation financière que connait notre pays, demandent l'abandon de ce projet sur Décines pour une réorientation des crédits disponibles sur l'aménagement de Gerland "et surtout sur les besoins en logements, aménagement des établissements de santé, des crèches, écoles...".



La crise financière pourrait constituer une opportunité pour arrêter le projet...
Pour Joël Dubros, coordinateur de la CEDRUL, "il y a là une réelle opportunité pour toute la classe politique de faire preuve d'exemplarité et, de se remettre en phase et de renouer le lien rompu avec la société civile. La ville de Lyon ne serait pas pour autant absente de l''Euro 2016, car les matches peuvent se jouer à Gerland".

Un référendum demandé par plus de 20% des électeurs de Décines.
Le collectif d'associations s'appuie dans ses demandes sur "les attentes des populations" : plus de 23% des électeurs de Décines (3820 sur 16.076) ont selon eux signé une demande explicite de référendum d'initiative populaire sur ce sujet de la construction du Grand Stade dans leur ville.

G.R.
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Source : www.la1ere.fr, le 06-01-2012

Europe Ecologie se penche sur les Outre-mers (extraits)
Par Maité KODA

Europe Ecologie – Les Verts a présenté son programme comprenant 22 propositions pour les Outre-mers français.
Europe Ecologie – les Verts veut en finir avec la République coloniale. Le parti de la candidate Eva Joly a présenté son programme présidentiel. Cent trois pages en tout, dont un volet de 22 propositions consacré à l’Outre-mer.


C’est pour ces "outremers français qui concentrent aujourd’hui les défis et inégalités" qu’EELV a concocté un programme dédié, en privilégiant, avant tout le développement durable. 
Sur le plan économique tout d’abord, le parti, propose une "réorientation" de la défiscalisation vers les investissements en matière "d’agro-transformation" et d’énergies renouvelables. Pour ce faire il préconise la création d’une "banque publique régionalisée d’investissement des outremers régionalisée."
Le coût de la vie, très élevé dans les Outremers a entraîné plusieurs mouvements de protestations aux Antilles-Guyane, dans l’océan Indien mais également dans le Pacifique. Il est lié à l’importation de nombreux produits alimentaires en provenance de l’Hexagone. EELV veut donc encourager les activités issues du développement local ainsi que "la transformation des matériaux et des produits locaux". Dans la même veine, les écologistes veulent donc passer d’un modèle "agro-exportateur" à celui d’une agriculture permettant la souveraineté alimentaire et une production de qualité.
Les services et transports publics ainsi que la mobilité sont également au cœur du projet écologiste, avec notamment une lutte contre le "tout-voiture" qui passerait par la création d’une autorité unique d’organisation des transports terrestres et maritimes des voyageurs "dans chaque outremer".


 

Source : leplus.nouvelobs.com, le 05-01-2012

Voeux d'Eva Joly et Corinne Lepage : j'ai écouté, et je regrette Nicolas Hulot
Par Laurent Samuel, journaliste spécialisé en écologie.

LE PLUS. Au cours des traditionnels voeux pour 2012, aucune des deux candidates "écologistes" n'a fait référence à la protection de l'environnement dans son allocution. Un oubli fâcheux et inquiétant ?

Dans leurs messages de bonne année, mis en ligne sur le net, aucune des deux candidates se réclamant de l'écologie, Eva Joly (EE-LV) et Corinne Lepage (Cap 21), n'a prononcé ce mot. Les termes nature, biodiversité, changement climatique n'étaient pas davantage présents dans leurs discours.
Tout juste Corinne Lepage a-t-elle évoqué la nécessité d'une "croissance verte".

Aucune de ces deux candidates n'a parlé de laïcité non plus. Un oubli étonnant de la part de Corinne Lepage, dont l'engagement en faveur de la défense de la laïcité est une "marque de fabrique".
Nicolas Sarkozy, François Hollande et Marine Le Pen n'ont pas non plus parlé de la crise écologique dans leurs voeux (j'avoue ne pas avoir écouté les messages des autres candidats, si d'aventure l'un d'entre eux a évoqué le sujet, qu'on me le signale...).

Face à cet oubli de l'écologie par les principaux candidats, y compris celles qui s'en réclament, et au vu des magnifiques numéros d'Ushuaia Nature, notamment celui sur le Tchad, diffusé le 29 novembre dernier sur TF1, on regrette plus que jamais que les votants à la primaire écologiste aient été assez inconscients pour préférer Eva Joly à Nicolas Hulot pour les représenter à l'élection présidentielle.

Dans cette émission, Nicolas Hulot montre en effet de manière très concrète (et en prime time sur TF1 !) les conséquences du bouleversement climatique non seulement sur l'environnement africain, mais aussi et surtout, sur les peuples qui y vivent. Une formidable leçon d'écologie sociale, bien plus efficace que les discours gris et péremptoires d'Eva Joly.

La grande force de Nicolas Hulot est aussi, grâce à la beauté des images de son magazine, de nous faire aimer et respecter la nature. Une dimension qui devrait être au coeur de la démarche des écologistes, mais qui s'en trouve aujourd'hui dramatiquement absent.

Sans doute Nicolas Hulot était-il trop pur et trop naïf pour survivre dans le marigot des crocodiles verts. Il n'en est pas moins vrai que son absence (de la campagne électorale mais aussi de l'antenne de TF1) est une mauvaise nouvelle à l'aube de cette nouvelle année.

Pour conclure, risquons un voeu : que l'écologie (le sujet, pas seulement l'étiquette) fasse son come-back dans la campagne présidentielle !


 

 

Source : lefigaro.fr, le 29-12-11

Chasse/oies : le FN contre la fermeture

Le Front national a protesté aujourd'hui contre la fermeture anticipée de la chasse aux oies, avancée par le Conseil d’État au 31 janvier au lieu du 10 février à la requête d'associations environnementales. "Le père Noël est vraiment une ordure !", s'agace dans un communiqué Guillaume Vouzellaud, conseiller politique de Marine Le Pen chargé de la chasse. "Et dire que nos pères les chassaient jusqu'à la fin mars ! C'était notre tradition. Et cette coutume n'était pas 'contra legem' au regard du droit naturel", poursuit-il. Le Conseil d’État s'est appuyé sur la directive européenne oiseaux, selon laquelle les oiseaux migrateurs ne doivent pas être chassés durant leur migration prénuptiale."Marine Le Pen entend rétablir, pour la chasse également, les valeurs qui ont fondé notre société moderne. (...) Les chasseurs français ne seront pas, en ce début du XXIe siècle, les nouveaux serfs d'une Union européenne déracinée, hégémonique et totalitaire", ajoute Guillaume Vouzellaud.


 

Source : Site du Journal de l’environnement, 20-12-11

Eva Joly : tout un programme
Le 20 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg

Pesant une centaine de pages, le programme électoral de la candidate d’EELV vise à réconcilier l’homme et la nature, l’industrie et les territoires, la France et l’Europe. Ce qui n’exclut pas, bien au contraire, de s’intéresser fortement à l’environnement. Morceaux choisis.

En 1981, François Mitterrand voulait changer le monde avec ses 110 propositions, dont 3 seulement concernaient l’environnement. Trente ans plus tard, Eva Joly veut engager la France «vers la société écologique», grâce à un méga-programme s’étalant sur 102 pages.
Adopté en début de semaine, «Vivre mieux, vers la société écologique», n’est pas un catalogue de mesures ni une brochette de bonnes idées. N’en déplaisent aux pourfendeurs des «Khmers verts», il s’agit là d’un programme souvent ambitieux, qu’un Jacques Chaban-Delmas aurait pu cataloguer dans ses projets de Nouvelle société.

Plus sérieusement, le programme d’Europe-Ecologie-les Verts (EELV) touche véritablement à tout. Il prône la réduction de l’empreinte écologique de notre société, un environnement plus sain, une économie écologique au service des populations, une nouvelle organisation de l’éducation et de la recherche, une société plus ouverte. Le tout devant aboutir à une «6e République dans une Europe fédérale.»
Sur la centaine de pages que pèse le document, les chapitres touchant à la protection de l’environnement s’étendent sur une trentaine. Ce qui est inédit, pour le moment: tous les candidats n’ont pas encore publié leur profession de foi.

Le titre du chapitre consacré à l’énergie annonce la couleur: «Se libérer de la dépendance aux énergies fossiles et au nucléaire». Sans surprise. Mais pour se libérer tout à la fois de l’atome et du charbon, EELV fait montre d’imagination: réforme des marchés carbone, taxation carbone des transports internationaux, taxe carbone aux frontières de l’Europe, contribution Climat-énergie, tarification de l’énergie progressive en fonction des kilowattheures consommés, réforme du mécanisme des certificats d’économie d’énergie. Autant de propositions (sortie du nucléaire en 2031 mise à part) auxquelles pourraient souscrire des politiques de tout bord.

Les énergies renouvelables devant assurer 40% de la production d’électricité en 2020 (contre 11,7% aujourd’hui), les Verts et leurs alliés entendent simplifier les tarifs, les procédures et le cadre règlementaire. Les citoyens pourront directement investir dans les fermes éoliennes ou solaires, en devenant coopérateurs ou actionnaires de projets. Déjà en déficit à cause du blocage gouvernemental et de l’explosion des énergies solaires et éoliennes, la Contribution au service public de l’électricité (que paient tous les consommateurs d’électricité) sera réformée. Sans que l’on sache comment.

Pour assurer sans doute une plus grande efficacité des marchés de l’énergie, les groupes EDF et GDF Suez seront atomisés, si l’on peut dire. Les écologistes souhaitent notamment séparer, plus que comptablement (ce qui est le cas aujourd’hui) les activités de production, de transport et de distribution. Cela n’est jamais que le souhait exprimé depuis des années par la Commission européenne.

Rappelant, fort à propos, que le bâtiment consomme 43% de l’énergie primaire, EELV milite «pour des investissements forts dans la réhabilitation». «En 2017, 500.000 logements par an devront être rénovés», avancent les rédacteurs. Une ambition pas si éloignée de celle de la loi Grenelle I qui fixe un rythme de 400.000 logements à rénover par an à compter de 2013. Problème, ni du côté de EELV, ni sous les ors de l’hôtel de Roquelaure, on n’a encore trouvé de moyens pérennes de financer un si beau projet.

Pour réduire l’empreinte carbone des transports, les partisans d’Eva Joly ne prétendent pas mettre, comme les cyclistes européens [JDLE], tout le monde sur un petit vélo. Ils privilégient plutôt le développement des trains régionaux (les régions devenant pour l’occasion autorités organisatrices de mobilité durable) et les transports publics de proximité. Les tarifs de péages autoroutiers sont modulés en fonction des émissions de chaque véhicule. Sur tous les axes, la limite de vitesse sera abaissée, de même qu’en ville où fleuriront les zones 30. Ou comment développer les Zapa[1] plus vite que prévu?

Afin de «protéger et restaurer la nature et respecter l’animal», les écolos entendent lancer «un moratoire sur les OGM et les gaz de schiste» (quels rapports entre les deux?). Les trames vertes et bleues seront opposables à tout projet d’aménagement. Les biotechnologies et les phytosanitaires seront «mis à l’écart». Les nitrates, les pesticides et le recours à l’irrigation seront fortement taxés. Les aides publiques à l’agriculture seront «bio-conditionnées». En taxant l’urbanisation des terres agricoles, le gouvernement Vert financera l’acquisition de champs destinés à être convertis à la culture bio. Les aides aux cultures «énergétiques» seront interdites. A contrario, la production d’agro-matériaux (chanvre, pailles) sera aidée.

Une loi donnera le statut «d’être vivant» à l’animal. L’organisation de la chasse sera revue de fond en comble, notamment pour réformer le fonctionnement des associations de chasse, l’octroi du permis et interdire certaines chasses «particulièrement cruelles».

La gestion de l’eau apparaît comme l’un des projets les plus ambitieux, pour ne pas dire utopique, de la candidate écologiste. Reconnue comme un patrimoine de l’humanité (au même titre que la gastronomie française?), l’eau «doit être protégée des prévarications et pollutions». Raison pour laquelle EELV veut la fin de l’accord général sur le commerce et les services. Pour succéder à cet accord, instituant tout de même l’Organisation mondiale du commerce, Eva Joly préconise la création d’un autorité mondiale de l’eau (en remplacement du Conseil mondial, très lié aux multinationales françaises du secteur), laquelle garantirait le respect d’un contrat mondial de l’eau.

Parce qu’il faut aussi réduire la consommation d’or bleu, les écolos proposent d’appliquer les lois existantes, de généraliser les programmes d’économie et de doubler les réseaux, histoire de ne pas arroser les trottoirs avec de l’eau potable. Les tarifs dégressifs accordés à certains industriels seront supprimés. Et les agriculteurs devront payer leur prélèvement.
[1]
Zones d'actions prioritaires pour l'air


Source : Le monde.fr, le 20-12-11

Aubry précise la position de Hollande sur l'agriculture

La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a précisé mardi 20 décembre la position de François Hollande sur le volet agricole figurant dans l'accord conclu avec les écologistes.

Europe 1 a affirmé lundi que le candidat socialiste aurait pris ses distances avec l'accord conclu en novembre avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV) sur l'agriculture. D'après la radio, M. Hollande aurait assuré, dans un courrier à Xavier Beulin, le dirigeant du principal syndicat agricole, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), que le texte signé par le PS et EELV ne l'engageait pas.

M. Beulin, qui a d’ailleurs été convié pour un rendez-vous avec M. Hollande début janvier, craint que l'accord signé entre le PS et EELV soit "nuisible" aux agriculteurs français, notamment la volonté de développer fortement l'agriculture biologique.

"L'avenir n'est pas dans le productivisme intensif et dévoreur de pesticides", est-il écrit dans le texte de l'accord, qui prévoit notamment la "relocalisation de l'agriculture favorisant les productions de proximité en lien avec les collectivités locales" et un "soutien à l'agriculture paysanne et biologique pour atteindre les 20 % de la surface agricole utile (SAU) en bio" (voir la page 11 du texte, en PDF).

PAS DE "DÉSACCORD" MAIS DES DIVERGENCES
Interrogée sur la teneur du courrier qu'aurait envoyé M. Hollande au dirigeant de la FNSEA, Mme Aubry a affirmé sur RTL : "Ce qu'il dit [François Hollande, ndlr], c'est qu'il n'est pas en accord avec Les Verts sur le projet agricole. Ce qui est totalement différent" de l'affirmation selon laquelle il ne serait pas engagé par l'accord global avec les écologistes, a-t-elle précisé.
Mme Aubry a affirmé que le PS et EELV ne sont "pas en désaccord" sur la question agricole. Selon elle, les deux partis ont seulement des divergences sur le rythme auquel les mesures doivent être mises en place dans ce secteur.

Parlant des écologistes, elle a déclaré : "Eux, ils vont plus loin. Ils disent : on veut partout du bio, etc ... aujourd'hui, ce n'est pas possible. Il faut des étapes. C'est un peu comme pour la politique énergétique et il [François Hollande, ndlr] dit ce qu'il pourra faire ; et il le dit avec sérieux et détermination. C'est essentiel."

POUR UNE AGRICULTURE "DE PROXIMITÉ ET DE QUALITÉ"
La maire de Lille, qui fait partie du conseil politique de la campagne de M. Hollande, a exposé la politique du PS en matière agricole. "A Cluny, il y a un an et demi maintenant, avec les cinq syndicats agricoles, le Parti socialiste a fait des propositions qui sont celles que François Hollande a reprises", a-t-elle rappelé.

Avant de citer les mesures défendues par le PS et son candidat : "Nous voulons une agriculture de proximité, une agriculture de qualité ; et il faut aider les agriculteurs français qui ont été abandonnés par le pouvoir actuel quand les quotas laitiers sont retirés, quand l'arrachage des vignes, quand l'aide au stockage est supprimée par Bruxelles et qu'on ne fait rien. Nous voulons un accompagnement pour une agriculture de proximité et de qualité, avec la PAC [politique agricole commune] et avec le gouvernement français ; voilà ce qu'il propose. Et c'est profondément ce que nous défendons."

L'UMP a sauté sur l'occasion pour tenter de décrédibiliser le candidat PS. La déléguée générale adjointe de l'UMP, Valérie Rosso-Debord, a fustigé lundi dans un communiqué "la nouvelle reculade du candidat socialiste concernant l'accord signé entre EELV et le PS sur l'agriculture".


Source : Site du Journal de l’environnement, 19-12-11

L’UMP, un parti vert pâle
Le pacte écologique semble bien loin.

Le 19 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg

Le parti majoritaire vient de publier son projet de programme électoral. Un document où l'environnement est bien peu présent.
Nathalie Kosciusko-Morizet a beau être l’une des nombreuses conseillères de son parti, son influence au sein de l’UMP semble être des plus modestes. Du moins, si on la mesure à l’aune de la place consacrée à l’environnement par le programme électoral du parti présidentiel.

Envoyé la semaine passée aux adhérents, le projet UMP est pourtant prometteur: un an de travail, participation d’un mystérieux conseil des Clubs et des Think Tanks, «plus de 50 débats, colloques et conventions» organisés. Pas de doute, les «populaires» ont bien préparé la campagne.

Pour autant, et malgré l’organisation d’une convention sur le développement durable, les traces vertes sont rares dans le document riche pourtant de 15 pages grand format.

Rédigé par une équipe dirigée par Bruno Le Maire, l’actuel ministre de l’agriculture, le texte affirme vouloir promouvoir «l’indépendance et la sécurité alimentaire». Mais ne souffle mot de l’agriculture biologique, des organismes génétiquement modifiés, des pollutions (de l’air et de l’eau) imputables aux intrants. L’UMP veut juste défendre «les terres agricoles contre la spéculation, notamment en périphérie des grandes villes». Un vrai sujet: plus de 12.000 hectares de surfaces agricoles sont «artificialisés» chaque année, nous rappelle une récente étude du Commissariat général au développement durable.

Sans crainte de fâcher le gouvernement, l’UMP s’inscrit aussi «dans la continuité du Grenelle de l’environnement». Ce qui la dispense de proposer des idées nouvelles. Rien d’étonnant, donc, à ce que le parti tricolore confirme le choix du nucléaire (le Grenelle n’en a soufflé mot) ou veuille faire passer à 23% de notre mix énergétique la part dédiée aux renouvelables (c’est la loi!). Bonne nouvelle toutefois: l’UMP veut «amplifier les efforts de recherche en faveur des énergies renouvelables». Sans préciser lesquelles ni avec quel argent.

Chaud partisan «d’une Europe plus forte et plus protectrice», le parti néo-gaulliste milite pour la mise en œuvre de «taxes réciprocité». Ciblant les produits des pays extra-européens dont les normes sociales et environnementales sont plus souples et les émissions de CO2 plus fortes que sur le Vieux monde, ces taxes risquent de nous mettre à dos la plupart des puissances exportatrices et accessoirement l’Organisation mondiale du commerce.

En quelques lignes, l’UMP dévoile une nouvelle arme contre les changements climatiques. La formation dirigée par Jean-François Copé propose de taxer les transactions financières. Le produit de cette taxe Tobin d’un nouveau genre devant servir au «développement économique et social des pays les moins avancés et la lutte contre le changement climatique». Sans doute, ce que l’ONU appelle des «financements innovants».

Last but not least, s’il est élu, le candidat UMP poursuivra «les initiatives pour donner naissance à une organisation mondiale de l’environnement». Un projet déjà initié par le président Jacques Chirac, lors de son premier mandat.


Source : Le monde.fr, 19-12-11

Marine Le Pen dénonce "le drame" écologique des yaourts voyageurs

Le 19 décembre 2011, par Eric Nunès

C'est sur les Champs-Elysées, au centre du marché de Noël parisien, paradis des babioles "made in China", que Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle, a invité la presse, lundi 19 décembre, à l'entendre parler patriotisme économique, pouvoir d'achat et écologie.

Entourée de son avocat et soutien Gilbert Collard et d'une nuée de journalistes, la parlementaire européenne choisit de traverser une exposition d'automates consacrés à la protection de la nature pour décliner un volet écologique de son programme présidentiel. Son plan : contraindre les industriels à produire des machines qui durent. "Nous vivons aujourd'hui dans une société du jetable et de la surconsommation", lance Marine Le Pen. "Aujourd'hui, un appareil électroménager a une durée de vie de cinq ou six ans. Ces articles sont volontairement cassables pour pousser à la consommation", dénonce-t-elle.

"Ces produits, lorsqu'ils étaient construits en France, étaient bien plus solides que ceux qui sont produits en Chine. La ré-industrialisation de la France permettra de revenir à cette démarche de qualité, à une relocalisation des activités et fera du bien au pouvoir d'achat des Français", poursuit la candidate. Comment conduire les industriels à lâcher leurs lignes de production en Chine pour se réimplanter dans l'Hexagone ? En les contraignant à produire de la qualité. "Les produits qui cesseront de fonctionner après cinq ans de vie devront être remboursés", avance Marine Le Pen.

LE FN SUR LE TERRAIN DE L'ÉCOLOGIE
La relocalisation de la production en France fait également partie du plan écologique du Front national. "Je trouve très incohérent le comportement des écologistes, qui sont des mondialistes, favorables à l'ouverture totale des frontières", indique Marine Le Pen, qui évoque les produits chinois et embraye sur les yaourts.

"Lorsqu'un yaourt fait 15000 ou 20 000 km pour arriver chez nous, c'est un véritable drame pour la planète, dramatise-t-elle. Nous sommes les défenseurs du patrimoine, et, par conséquent, nous avons la nécessité de prendre conscience que la faune, la flore, notre planète sont un patrimoine que nous devons transmettre à nos enfants." Interrogée sur sa légitimité sur le terrain de l'écologie, la candidate d'extrême droite préfère revenir à ses fondamentaux. Plutôt que de se perdre sur les thématiques écologiques, elle questionne "le patriotisme" de la candidate EELV d'origine norvégienne, Eva Joly.

Pour terminer sa balade, Marine Le Pen tire une dernière salve à destination à la fois de la candidate écologiste et du Parti socialiste. "Je me perds en conjecture sur le sens de son combat. Elle n'est pas légitime pour parler écologie, toutefois, comme ancienne juge d'instruction elle pourrait l'être pour évoquer les questions de corruption du Parti socialiste dans le Nord - Pas-de-Calais. Mais elle se garde de dénoncer le système de ses partenaires socialistes." A son côté, Gilbert Collard tient dans ses mains une lionne en peluche. Made in China.


Source : site de l’IFOP, 19-12-11

Les français et l’écologie politique

Quelques semaines après la signature d’un accord entre Europe Ecologie - Les Verts et le Parti Socialiste pour les élections législatives, l’Ifop a souhaité connaître l’avis des Français sur la stratégie à suivre par l’écologie politique. 61% des personnes interrogées estiment ainsi que l’écologie politique devrait suivre la voie de l’indépendance vis-à-vis des autres institutions politiques, tandis que 39% considèrent que le mouvement devrait plutôt passer des accords avec d’autres partis politiques comme le Parti Socialiste ou l’UMP.

Notons par ailleurs que les sympathisants d’Europe Ecologie – Les Verts préféreraient que l’écologie politique tende vers l’indépendance (58%).

Parmi les candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2012, Corinne Lepage est jugée comme la personnalité incarnant le mieux l’écologie, juste devant Eva Joly (40% contre 36%). Candidat de l’Alliance Ecologiste Indépendante, Jean-Marc Governatori est quant à lui cité par une personne sur quatre (24%). L’ancienne juge d’instruction est cependant majoritaire auprès des sympathisants de gauche (55%) et plus précisément auprès des sympathisants d’Europe Ecologie - Les Verts (60%).

Echantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) du 13 au 15 décembre 2011.

Lien vers le sondage IFOP avec l’Alliance écologiste indépendante : http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=poll&id=1714

Téléchargez l'étude "Les Français et l'écologie politique"


Source : Le figaro.fr, 14-12-11

Bayrou pour une "écologie positive"

AFP Publié le 14/12/2011 à 17:46

Le candidat à l'Elysée François Bayrou a indiqué aujourd'hui qu'il voulait placer sa campagne et les politiques publiques sous le signe de "l'écologie positive", après une visite autour des lacs de la forêt d'Orient dans l'Aube. "Nous avons été précurseurs du 'produire en France', nous voulons être précurseurs sur le sujet de l'écologie positive, celle qui prend en charge la totalité des liens de l'homme avec la nature", a-t-il déclaré.

"Dans la campagne, on parle beaucoup du nucléaire, de l'énergie, mais pas de la nature. Mais c'est le lien entre la nature et l'homme qui devrait être l'essentiel de la réflexion", a poursuivi le président du MoDem, dont deux responsables viennent des Verts.

"L'accord EELV/PS ne dit pas un mot de la défense de la nature", a dit François Bayrou, qui juge l'accord "purement politicien: "ou bien le nucléaire est dangereux, et il faut fermer toutes les centrales, ou bien il y a des assurances de sécurité, auquel cas il n'y a aucune raison de fixer un calendrier politicien" de fermeture des réacteurs.

"L'écologie positive" passe "par la défense de la nature, la promotion de la biodiversité, la sauvegarde de ce qui est en danger, comme les abeilles dont dépend presque 50% de l'alimentation humaine", selon le député des Pyrénées-Atlantiques. "Ces sujets sont l'occasion de recentrer le débat politique au-delà des partis", a jugé le candidat centriste qui veut introduire "la dimension écologique" dans chaque décision politique. "On ne peut pas dire que cela soit un succès", a-t-il dit sur le Grenelle 1 de l'Environnement, qu'il avait voté. M. Bayrou s'est déclaré "inquiet de ce qui s'est passé à Durban et de la sortie du Canada du protocole de Kyoto".


Source : Le site de Sciences et avenir, 05-12-11

Climat : en France "tout le monde s'en fout complètement", déplore Corinne Lepage
Mots-clés :
Onu, climat, réchauffement, environnement, France2012, Nature & environnement

L'ex-ministre française de l'Environnement Corinne Lepage, candidate à l'élection présidentielle de 2012, a déploré lundi à Durban (Afrique du Sud) qu'en France, les politiques "se foutent complètement" des négociations en cours sur le réchauffement climatique. "Dans le monde politique, tout le monde s'en fout complètement!", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"C'est très regrettable. Cela traduit une analyse profondément inexacte de la crise économique et financière que nous vivons", a estimé la députée européenne. "En France, on n'a pas compris que tout cela faisait un tout. En négligeant l'un (la crise climatique), on risque d'aggraver l'autre (la crise économique)".
"La situation est catastrophique sur le plan climatique et on est dans le scénario le plus noir avec des conséquences à moyen terme extrêmement préoccupantes", a-t-elle ajouté.

L'ancienne ministre, présente à Durban avec la délégation du parlement européen, a par ailleurs déploré que "la dimension écologique des sujets" ait disparu de la campagne électorale en France, que ce soit sur le climat ou la biodiversité. "Dans la campagne, cela a totalement disparu. Ce n'est plus du tout un sujet porté par Eva Joly (candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, NDLR). Le nucléaire, elle en a fait sa chose. Mais sur le reste, tout est passé à la trappe, on ne l'entend pas".

Interrogée sur son avenir politique, Mme Lepage a réaffirmé qu'elle avait l'intention d'aller jusqu'au bout et d'être présente lors de l'élection présidentielle. "Mes signatures rentrent. Il y a derrière moi énormément de gens de la société civile qui m'aident et qui m'appuient", a affirmé la présidente de Cap21, qui avait déjà été candidate à la présidentielle de 2002 et avait obtenu 1,88% des voix.

Plus de 190 pays sont réunis jusqu'à vendredi à Durban sous l'égide de l'ONU pour tenter de donner une suite au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et plus, largement, trouver les moyens de limiter la hausse de la température de la planète à +2°C. Après plus d'une semaine de pourparlers entre négociateurs, les ministres, parmi lesquels la ministre française de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, devaient commencer à arriver mardi dans cette ville sud-africaine située au bord de l'océan Indien.

 

Front de gauche

Source : Le site du Front de gauche, le 08-03-12

Jean-Luc Mélenchon a publié son programme le 13 février dernier au nom du Front de gauche. Il s’intitule « L’humain d’abord » et comporte un chapitre sur la « planification écologique ». Son programme intègre la dimension écologique dans ses objectifs mais ne porte pas de proposition ciblant directement la protection des milieux naturels et des espèces.

Vous trouverez son programme dont les principaux propos concernant directement ou indirectement la biodiversité ont été surlignés. Il est téléchargeable en PDF ici.
 

Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan présente ses « 37 mesures pour une France libre ». Une seule mesure concerne directement l’écologie : la 15ème, qui s’intitule « L’écologie au service de l’emploi, en finir avec l’écologie punitive ». Aucune proposition concrète n’est énoncée au sujet de la protection de la biodiversité et l’enjeu n’est pas vraiment intégré dans les différentes politiques sectorielles (urbanisme, éducation, agriculture…). Par ailleurs, l’exploitation des milieux marins est fortement encouragée (« De cet espace [marin], nous pouvons tirer richesse et indépendance. C’est pourquoi je propose (…) de valoriser les fonds marins (métaux précieux et rares, hydrocarbures)… »).

Plus d’informations sont visibles dans son programme PDF surligné et téléchargeable ici.

 
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