Rappel du contexte international
En 2002, au Sommet de la Terre de Johannesburg (Afrique du Sud), les pays membres des Nations Unies s'engageaient à freiner l’érosion de la biodiversité d'ici 2010. Ils faisaient ainsi écho à l’objectif très strict que s’était fixé l’Union européenne en 2001, au sommet de Göteborg (Suède) : arrêter le déclin de la biodiversité en Europe d’ici 2010. Afin de bien marquer cette échéance et faire le bilan des actions entreprises aux niveaux national et international, 2010 a été proclamée année internationale de la biodiversité par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Tout au long de l’année, partout dans le monde, la biodiversité sera célébrée.
Néanmoins il faut garder en mémoire que l’objectif fixé en 2002 n’est pas atteint, l’érosion de la biodiversité se poursuit. Cet échec ne fait pas débat mais ne doit surtout pas conduire à minimiser cette année internationale, au contraire, 2010 n’en prend que plus d’importance !
Elle doit permettre un effort accru de sensibilisation de toute la société, et ce constat partagé doit nous pousser à l’action.
Le secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB) est le centre de liaison pour l'année 2010. Et toutes les parties prenantes aux niveaux local, régional et international, sont encouragées par l'ONU à organiser des actions pour sensibiliser l’opinion à l’importance de la diversité biologique au cours de l’année internationale qui a été officiellement lancée le 11 janvier 2010à Berlin.
L’ONU invite également tous les États membres à créer des comités nationaux, comprenant des représentants des communautés autochtones et locales et regroupant les parties prenantes pour célébrer 2010. Toutes les organisations internationales sont aussi invitées à marquer l’événement.
La France a annoncé un plan d’action en 10 points
La Secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno, a présenté en Conseil des ministres le 4 novembre dernier un plan d’action pour la France en 10 points. Beaucoup de ces points restent cependant à préciser et à affiner. Et le MEEDDM n’exclut pas d’en ajouter. A suivre donc.
* Améliorer la connaissance et déployer des axes de continuités écologiques
La première action envisagée est la réalisation (sans doute dans deux régions test, peut-être plus suivant les financements) d’un inventaire complet de la « nature patrimoniale » sous la forme d’un carroyage 10 km x 10 km. L’idée étant d’avoir les informations dès l’amont des grands choix d’infrastructures (avant même les tracés) puisqu'actuellement cette prise en compte n’existe pas.
La seconde idée est d'améliorer la connaissance à l’échelle du territoire communal. Il s’agirait d’une action expérimentale « d’atlas communal des enjeux biodiversité » lancé sur la base du volontariat, associant les élus, les scientifiques, les associations et les citoyens. L’objectif est d’aboutir à un atlas des enjeux devant servir de support pour déterminer les priorités d’actions en faveur de la biodiversité (par exemple sa trame verte et bleue). L’objectif de cette opération est de lancer la réalisation de cet inventaire communal dans 250 communes en 2010 (de préférence de petites communes confrontées à une méconnaissance de leur patrimoine naturel) et sans doute dans 1 000 communes d’ici trois ans.
* Campagne de sensibilisation du grand public
Cette sensibilisation passera par une campagne presse écrite et par une campagne télé. Des outils pédagogiques seront réalisées. La Fête de la Nature (organisée du 19 au 23 mai) sera un événement phare. Toutes les manifestations seront présentées sur un site Internet dédié : www.biodiversite2010.fr.
* Réaliser l’inventaire du Patrimoine Naturel de l’Etat
Il s'agit de réaliser l'inventaire faune/flore exhaustif des propriétés de l’État.
* Oeuvrer pour la création de l’IPBES (Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services) ou GIEC Biodiversité
Cette création sera (ou ne sera pas) annoncée lors de la conférence des parties de la CDB à Nagoya au japon, fin octobre.
* Renforcer la Stratégie Nationale Biodiversité pour progresser dans les manques ou les combler, mobiliser toute la société, et en faire une stratégie interministérielle. Un moment fort du lancement de ce travail sera la Conférence française de la Biodiversité qui se tiendra à Chamonix, les 10-11-12 mai 2010.
* Renforcer la recherche, reconnaissance des disciplines et études des services écosystémiques.
* Renforcer l’implication de l’économie dans la préservation de la biodiversité
Cela concerne le bilan des mesures fiscales défavorables, la poursuites des travaux du Centre d'Analyse Stratégique sur la monétarisation de la Biodiversité, l'information des entreprises et le développement du mécénat.
* Développer les Sciences participatives
Le programme Vigie Nature porté par le Muséum National d’Histoire Naturelle, et les expériences de sciences citoyennes devraient être multipliés et généralisés.
* Accélérer la mise en place des Plans de conservation des espèces menacées
* Mieux protéger les richesses de l’outre-mer
Un cadre pour la préparation et le suivi
La mise en œuvre du plan d’actions est suivie par un comité de pilotage « 2010 : année de la biodiversité » regroupant les acteurs de la Biodiversité. Il a été installé le 5 novembre dernier par la Secrétaire d’État à l’Écologie et regroupe environ 60 structures et se réunira chaque mois dans un Ministère différent car ce plan se veut interministériel. La Ligue ROC en est membre.
Un groupe plus restreint d’une quinzaine de personnes intuitue personnae se réunit régulièrement en présence de la Secrétaire d’Etat. Le Directeur de notre Ligue en fait partie.
Enfin, trois sous-groupe de travail assiste le COPIL 2010, l’un sur l’international, un second sur la communication, le troisième sur la préparation de la Conférence de Chamonix.
Une mobilisation de tous les acteurs
Au delà de l’État, tous les acteurs se mobiliseront, qu'il s'agissent des collectivités locales ou des autres secteurs de la société.
Cette rubrique vous informera, et bien sûr le site officiel www.biodiversite2010.fr relaiera tous les événements, partout en France.


