La Ligue ROC agit

Vu dans la presse

Retrouvez dans cette rubrique des extraits ou des liens d’articles de presse évoquant le sujet biodiversité dans le cadre de la campagne électorale.

Source : Site internet du Nouvel observateur, le 30-01-12

Présidentielle : l'écologie, un sujet dont on ne parle que devant les écolos


Par Laurent Samuel, journaliste spécialisé en écologie (auteur parrainé par Laurent Joffrin)

LE PLUS. Mais quand les candidats à la présidentielle prendront-ils le sujet au sérieux ? Invités au 36e Congrès de France Nature Environnement le 28 janvier, sept candidats déclarés ont tenté de se placer en super-héros verts. Pourtant, en temps normal, le sujet ne les intéresse guère.

Après être restés silencieux sur le sujet pendant des semaines, les candidats déclarés à la présidentielle se sont livrés à une surenchère "verte" devant le congrès de France Nature Environnement, le 28 janvier dernier. Reverdissement durable ou simple feu de paille ?

Il ne se passe guère de jour sans que de nouvelles études scientifiques confirment la réalité des atteintes à la biodiversité ou du changement climatique. Ces menaces globales sur l’environnement seront au cœur du sommet Rio+20, qui se tiendra au Brésil du 20 au 22 juin prochains.


Pourtant, les candidats à l’élection présidentielle française ont largement ignoré le sujet tout au long du mois de janvier. Un comble : même les deux "impétrantes" portant les couleurs de l’écologie, Corinne Lepage et Eva Joly, ont zappé la question lors de leurs vœux aux Français.


Du défenseur des abeilles au héraut de la transition écologique


Or, voilà qu’après ce grand silence, les candidats, invités le 28 janvier par France Nature Environnement à l’occasion de son congrès à Montreuil, ont joué au jeu du "plus écolo que moi, tu meurs". Parmi les principaux concurrents, seuls Nicolas Sarkozy (pas encore candidat) et Marine Le Pen (récusée par FNE) étaient absents.


De François Bayrou en défenseur des abeilles à François Hollande en héraut de la transition écologique en passant par Jean-Luc Mélenchon en apôtre de la planification écologique, tous ont rivalisé d’éloquence pour convaincre les quelque 2000 personnes présentes que leur programme en matière d’écologie était le plus pertinent.


Les responsables de FNE avaient demandé aux candidats de se prononcer sur leur "appel des 3000" (ainsi nommé en référence aux 3000 associations, pour la plupart locales, qui composent cette fédération) pour un contrat environnemental. Mais, à l’exception prévisible des deux écologistes, qui ont exprimé leur accord global avec cette plate-forme, les autres candidats se sont contentés de piocher dans ce vaste catalogue de mesures, celles qui leur convenaient le mieux, ou, souvent, de tenir des discours vagues et généraux sur l’environnement.


Dominique de Villepin et Hervé Morin se sont prononcés, comme l’avait fait précédemment Jean-Luc Mélenchon au nom du Front de Gauche, pour un référendum sur le nucléaire. De son côté, François Hollande, s’il est élu, a annoncé qu’il convoquerait une "conférence environnementale", sorte de Grenelle bis, et chargerait son Premier ministre de piloter la transition écologique.


L'écologie reste un sujet dont on ne parle que devant les écolos


Hélas, la forme retenue par FNE – un défilé des candidats sans dialogue entre eux ni interpellation par les responsables associatifs – n’a pas permis de savoir, par exemple, comment François Hollande compte s’y prendre pour fermer 24 réacteurs nucléaires d’ici à 2025 (afin de réduire, comme il l’a promis, la part de l’atome dans l’électricité de 75 à 50 %) en n’en arrêtant que 4 (ceux de Fessenheim) durant sa mandature 2012-2017.


Plus généralement, l’occasion n’a pas été donnée aux candidats d’expliquer par quelle magie ils se trouvaient subitement si bavards sur l’écologie après que la plupart d’entre eux n’en avaient pas dit un mot pendant un mois…


Tout se passe comme si, pour la majorité de ces candidats, l’écologie restait un sujet "catégoriel" dont on ne parle que devant les écologistes, de la même manière que l’on n’aborde les problèmes de la filière bovine que face aux éleveurs. Mais ce "déficit" écologique dans la campagne est aussi dû en partie aux choix d’EELV (Europe Ecologie les Verts).


Joly, candidate "officielle" de l'écologie, n'est pas à la hauteur


Avec Eva Joly, ce parti a désigné une candidate éminemment respectable et courageuse, mais qui, faute de connaissances de base des dossiers d’environnement (à la différence notable de Corinne Lepage, qui, elle, maîtrise parfaitement ces sujets), se révèle incapable de convaincre les Français que la solution à la crise passe par l’écologie. Si l’écologie est si peu présente dans la campagne, c’est aussi parce que sa candidate "officielle" est largement inaudible. Ce dont témoigne ce titre à la une du "Monde" daté des 29-30 janvier 2012 : "Eva Joly disparaît des radars de la présidentielle, l’écologie aussi".


À ce sombre tableau, il faut ajouter le positionnement hostile à l’écologie du président sortant (et candidat présumé) Nicolas Sarkozy, qui, lors d’un discours devant des agriculteurs et des chasseurs le 17 janvier dernier à Pamiers, a tenu ces fermes propos : "J’ai conscience que l’aspect tatillon de certains règlements administratifs, vous insupporte. La préservation de l’environnement, ce n’est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit. Il faut absolument lever le pied de ce point de vue" (lire ici le billet d’Olivier Nouaillas). On est loin de l’enthousiasme écolo et des promesses du même Sarkozy lors de Grenelle de l’environnement de 2007…


Le "reverdissement", un simple feu de paille


Il est donc à craindre que le "reverdissement" de la campagne présidentielle observé le 28 janvier grâce à l’initiative de FNE ne soit qu’un feu de paille, et que l’on en revienne vite aux "choses sérieuses". Pourtant, même si la majorité des responsables politiques nationaux persiste à s’en désinteresser, l’écologisation de la société se poursuit, lentement mais sûrement, dans les collectivités locales et de nombreuses entreprises.


À l’occasion des vœux du Comité 21, le 26 janvier dernier, on a ainsi appris que le nombre d’Agendas 21 mis en œuvre en France dépassait désormais le millier. De même, le succès du congrès de FNE démontre la vitalité du tissu des associations d’environnement dans notre pays. D’ici à la présidentielle, celles-ci vont devoir s’exprimer haut et fort, et d’une seule voix, pour que l’écologie revienne pour de bon dans la campagne…




Source : Site internet du Monde.fr, le 29-01-12

Sept candidats, sept stratégies pour convaincre sur l'écologie
Par Anne-Sophie Mercier, LEMONDE.FR


Le 36e congrès de France Nature Environnement (FNE), la plus importante fédération écologiste de France, avec 3 000 associations regroupées en son sein, aura été l'événement médiatique du 28 janvier.


Sept candidats déclarés à l'élection présidentielle avaient en effet fait le déplacement à Montreuil, où se tenait le Congrès, pour venir passer devant les 2 000 militants présents un grand oral très encadré et strictement minuté (un quart d'heure chacun). Evidemment conscients d'être face à une salle où coexistaient des sensibilités politiques diverses, les candidats ont tous réussi à éviter les sifflets et même à se faire applaudir par une assemblée attentive et volontiers critique. Chacun avait sa stratégie.



Hervé Morin, pour masquer son absence de propositions, avait opté pour un humour potache décliné avec des vers de mirliton : "Crise au balcon, environnement à l'abandon". La salle, indulgente, a souri. François Bayrou a choisi de caresser son auditoire dans le sens du poil. "Je viens vous faire une déclaration de gratitude : tout cela n'existerait pas si les associations n'avaient pas joué le rôle qu'elles ont joué. C'est à vous qu'il faut dire merci, c'est vous qui l'avez voulu et obtenu".


Cette déclaration avait aussi pour but de faire passer auprès des militants présents des positions pro-nucléaires peu appréciées par la FNE qui milite ouvertement pour la sortie. François Bayrou a qualifié le nucléaire d'énergie "de transition" avant de faire un long dégagement sur les abeilles et sur "l'harmonie qui doit exister entre les être humains et la nature". La salle, pas dupe, a cependant applaudi lorsque François Bayrou a promis d'instaurer, en cas de victoire, une " éducation à l'environnement au sein des institutions scolaires ".


Dominique de Villepin a, lui, choisi de parler de... beauté sur le mode du "c'était mieux avant". Il a évoqué un "monde rural préservé", des "paysages respectés", fustigeant les zones commerciales, les ronds points et autres bretelles d'autoroute qui abiment les paysages.


Profitant de la faiblesse sondagière d'Eva Joly, très applaudie lors d'une prestation qui lui a permis de rappeler, en parlant des autres candidats, que "l'écologie, ils en parlent beaucoup, ils en font peu", Jean-Luc Mélenchon et Corinne Lepage se sont montrés très offensifs pour faire avancer leur cause.


Jean-Luc Mélenchon avait opté pour la stratégie du "j'ai changé", qui a semble-t-il convaincu la salle. "Le productivisme a été longtemps le passé de la gauche traditionnelle. Il n'y aucune politique d''intérêt général possible qui ne soit une rupture avec le productivisme et avec le capitalisme qui le porte" a -t-il lancé, avant d'évoquer l'échec de Durban, "une tragédie".


HOLLANDE DROIT DANS SES BOTTES MAIS SOURIANT
Mme Lepage a, elle, joué la carte de la connivence familiale pour faire passer un message et un seul : l'héritière, c'est moi. "Je me sens en famille ! Vos combats sont les miens, la plupart de vos propositions figurent dans mon programme de 2012." Rappelant son "expérience de 35 ans" sur les questions environnementales, Mme Lepage a conclu son allocution par un : "l'essentiel, c'est nous, vous et moi qui avons eu le tort d'avoir raison trop tôt ".


Attendu au tournant, François Hollande a lui joué la carte "droit dans ses bottes" mais souriant. Il n'a guère fait de concessions, à l'exception d'une "conférence environnementale" en cas d'élection. Mais il a rappelé qu'il était opposé aux OGM en plein champ, qu'il souhaitait une baisse de l'utilisation des pesticides, qu'il était sensible à la préservation de la biodiversité.


La salle n'a pas bronché quand il a rappelé qu'il souhaitait une baisse de la part de l'électricité d'origine nucléaire, mais sans parler de sortie, et lui-même est resté souriant quand des militants anti-EPR ont déployé une banderole en bas de la tribune pendant son intervention. A la fin de son discours, François Hollande a été applaudi. On pouvait déceler sur le visage du candidat socialiste un certain soulagement.

>> Lire : Sept candidats devant les militants de l'environnement

>> Lire aussi : Ecologie : François Hollande s'engage à ouvrir une "conférence environnementale"


Source : Blog libération de Laure Noualhat, le 29-01-12
Présidentielles: le grand oral bio des candidats

Par Laure Noualhat

En 2007, avec le pas de danse «Hulotien», l'environnement avait eu une petite place dans la campagne présidentielle. En 2012, avec Fukushima, seul le nucléaire existe dans cette élection. Et encore, il suffit qu'on perde son triple A pour qu'on en oublie les économies d'énergie. Sans compter que la crise occulte tous les autres sujets -pourtant majeurs- de l'écologie. Voilà pourquoi la fédération France Nature Environnement (FNE) a convié les candidats à la présidentielle à un grand oral samedi à Montreuil, en fin d'après-midi. Objectif: placer, le temps d'un cours de maths, l'environnement et les questions écologiques au cœur de la campagne. Les 3000 associations de FNE ont appelé les candidats à lister les mesures écolos qu'ils mettraient prioritairement en œuvre au lendemain de leur élection. François Bayrou, Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin, Dominique de Villepin et François Hollande se sont pliés à l'exercice. Ils disposaient chacun de 15 minutes face à une salle remplie de 2000 écolos de tous bords. Le petit décryptage subjectif du grand oral écolo des candidats, dans leur ordre d'apparition est visible ICI.




Source : Site internet de France Soir, le 28-01-12

Présidentielle : Bayrou pour les abeilles, Joly contre les pesticides
Par Thomas Morel


Les candidats à l'élection présidentielle ont présenté samedi devant les associations de défense de l'environnement leurs propositions en faveur de l'écologie.
Eva Joly a choisi de promouvoir son plan de sortie des pesticides

Comme Nicolas Hulot, qui avait en 2007 fait signer un « pacte écologique » aux candidats à la présidentielle, la fédération France Nature Environnement (FNE) présentait samedi 28 janvier son « appel des 3.000 », série d'engagements écologiques pour les candidats à la présidentielle. Pour Bruno Genty, le président de FNE, il s'agit de faire en sorte que « la nature et l'environnement ne soient pas ignorés ». Depuis le grenelle de l'environnement, l'aggravation de la crise économique à relégué au second plan le débat sur l'écologie et le développement durable. Seule la question du nucléaire à survécu, catastrophe de Fukushima oblige. L'évolution du ministère de l'Écologie en est la preuve la plus évidente. En cinq ans, il a perdu son titre de ministère d'État, ainsi que toutes les fonctions ayant trait à l'énergie, transférées au ministère de l'Industrie.


Sept candidats se sont présentés ce samedi devant les membres de France nature environnement, pour jurer de leur soutien éternel à l'écologie. François Bayrou (MoDem), Eva Joly (Europe Écologie – Les Verts), Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), Hervé Morin (Nouveau Centre), Dominique de Villepin (République Solidaire) et François Hollande (Parti Socialiste) ont tous répondu à l'appel de France Nature Environnement.
Seul grand absent : Nicolas Sarkozy, candidat pas encore déclaré à l'élection du 22 avril. À la tribune, peu de surprises. Dans un grand élan de solidarité, les candidats ont tous adhéré au projet de France Nature environnement, depuis l'éducation des jeunes jusqu'à la transition énergétique, en passant par le soutien à l'économie verte et le conditionnement des aides publiques à la protection de l'environnement. Seule la question du nucléaire a laissé entrevoir quelques différences, entre les partisans de la fermeture pure et simple des centrales et ceux qui préféraient l'organisation d'un grand débat national sur le sujet.



François Bayrou veut sauver les abeilles
Alors pour se différencier, certains candidats ont choisi de prendre position sur des causes plus originales. François Hollande a promis la tenue d'une grande conférence environnementale s'il était élu afin de mettre en place les politiques de transition énergétique. Eva Joly a elle choisi de promouvoir son plan de sortie des pesticides, pour « en réduire l'utilisation de 50 % en cinq ans et les faire disparaître en une génération ». La candidate d'Europe Écologie – Les Verts a également rappelé son intention de créer un million d'emplois liés à l'économie verte, un chiffre qu'a préféré tempérer Corinne Lepage, déclarant « je ne sais pas s'il y en a un million, mais des centaines de milliers oui ! »
Dominique de Villepin a préféré mettre l'accent sur l'importance de lier l'écologie aux autres enjeux, rappelant la crise économique dure qui frappe la France. Il souhaite également une « charte des paysages » : « quand on voit pousser les parkings, les centres commerciaux et les bretelles d'autoroute, on se demande où est la France ». Jean-Luc Mélenchon, fidèle à lui-même, a encore une fois demandé la tête du capitalisme : «  Il n'y a aucune politique d'intérêt général possible qui ne soit en rupture avec le capitalisme d'aujourd'hui. »
Mais la palme de la promesse la plus originale revient à François Bayrou. Le candidat du Modem, également agriculteur à ses heures, veut faire de la survie des abeilles une grande cause politique. « Les abeilles sont des témoins et des veilleurs au nom de toutes les espèces vivantes », a-t-il martelé.
Reste maintenant à savoir ce qu'il restera de ces propositions au lendemain du second tour. La promesse est facile, le passé a prouvé que sa mise en pratique ne l'était pas toujours.





Source : Site internet du Monde.fr le 28-01-12

Le rejet d'Eva Joly dans l'opinion trouble les Verts
Par Anne-Sophie Mercier

C'est peu dire que "l'image détaillée" d'Eva Joly, révélée par "Présidoscopie", l'étude de l'institut Ipsos réalisée pour Le Monde et publiée jeudi 26 janvier, a semé la consternation chez les écologistes. Car, à la lecture de cette enquête, on comprend aisément que, selon l'expression de Daniel Cohn-Bendit, "l'équation personnelle de la candidate ne fonctionne pas".




Si Mme Joly est en effet créditée d'avoir des convictions (59 % des sondés le pensent), une majorité de personnes interrogées estime qu'elle n'est pas honnête, qu'elle n'est pas dynamique, qu'elle ne tiendra pas ses engagements.
Ils sont également une écrasante majorité à ne pas la trouver sympathique (75 %), ni compétente (78 %), à la juger éloignée de leurs problèmes (78 %) et dépourvue de stature présidentielle (91 %). La candidate écologiste "inquiète" aussi 63 % des personnes interrogées. Et si la personne de Mme Joly semble de fait assez peu appréciée des sondés, son action et ses déclarations récentes suscitent tout autant le rejet puisqu'ils sont 73 % à déclarer que celles-ci leur ont "déplu" au cours des dernières semaines.


Il serait inexact d'affirmer que le délicat sujet de la personnalité de Mme Joly et de son rapport à l'opinion a été occulté par son entourage. Le 9 septembre 2011, lors d'un déplacement de la candidate à Marseille, Sergio Coronado, un de ses proches, expliquait à la presse que l'équipe de campagne allait s'attacher à montrer la "vraie" Eva Joly, "bien plus sympa que ce qu'on voit". Mme Joly avait alors été photographiée tout sourire en train de faire du kayak dans les calanques marseillaises.


Pourtant, l'ampleur du rejet suscite l'incompréhension. "Je ne comprends pas. La seule explication que je vois est que les Français, sans se l'avouer, ont terriblement peur des juges", déplore l'euro-députée Michèle Rivasi, porte-parole de la candidate.


"EVA JOLY DÉRANGE"

Stéphane Sitbon, directeur de la campagne de Mme Joly, fait part, lui aussi, de son incompréhension. "On a joué une carte difficile, dit-il, présenter une candidate qui n'était pas issue du milieu politique, et qui n'est pas rompue aux exercices politiques traditionnels. Eva Joly dérange." Seul mea culpa : "On ne l'a pas fait connaître et on a eu tort, car sa vie parle pour elle."
Une motion présentée au conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), réuni samedi 28 janvier, propose que l'emprunt lancé auprès des banques pour financer la campagne de Mme Joly ne dépasse pas 500 000 euros, puisqu'elle risque de ne pas atteindre 5 % des voix, niveau nécessaire pour bénéficier du remboursement par l'Etat de la moitié de ses dépenses.
Or la campagne a été conçue avec un plan de financement prévoyant le double, sans compter l'avance de fonds publics aux candidats une fois qu'ils auront été validés par le Conseil constitutionnel, en mars.
Un échec électoral de Mme Joly pourrait pousser le parti à la faillite, explique l'auteur de la motion, Pierre Minnaert, militant en Ile-de-France. Les partisans de Daniel Cohn-Bendit, soucieux de ne pas torpiller la campagne de Mme Joly, devraient toutefois ajouter leurs votes à ceux des partisans de Mme Duflot, pour faire repousser cette motion.
Mme Joly, qui publie la semaine prochaine un livre, très personnel selon son entourage, va donc parler de sa vie dans une émission de France 2 le 4 février, puis être mise en scène de manière à montrer son "humanité" et sa "proximité avec les gens", comme l'explique Mme Rivasi. Son équipe planche notamment sur une visite dans les hôpitaux aux côtés de l'urgentiste Patrick Peloux.


AU CRÉNEAU, LES STARS DE LA CAMPAGNE DES EUROPÉENNES
En attendant, pour "réchauffer" la campagne et faire apparaître la candidate comme sympathique, dynamique et compétente, on fait monter au créneau les stars de la campagne des élections européennes. José Bové et Daniel Cohn-Bendit tiendront une conférence de presse sur l'Europe aux côtés de la candidate lundi 30 janvier. Mme Duflot, qui multiplie les apparitions avec Mme Joly depuis deux semaines, sera aussi présente.
La stratégie vis-à-vis de la candidate est double : d'un côté, dévoilement en ce qui concerne sa vie privée et ses supposées qualités personnelles ; de l'autre, dilution autant que possible de ses propos dans une mise en scène aux côtés des stars du mouvement dans les réunions publiques.
L'état-major d'EE-LV souhaitait que Mme Joly soit encore davantage entourée, mais, contacté, Nicolas Hulot a refusé, et M. Cohn-Bendit refuse, pour le moment, d'intervenir davantage dans une campagne dont il a désapprouvé le principe.


"SI ON FAIT 4 %, ON S'EN TIRE BIEN"
Au-delà des questions d'image, Mme Joly se voit reprocher son positionnement par les sondés : trop radicale sur les sujets écologiques, irréaliste sur le dossier nucléaire, mais aussi incapable de faire le lien entre écologie d'un côté, croissance et emploi de l'autre. A EELV, on feint de ne pas s'en inquiéter. "L'absence de sensibilité écologique de François Hollande nous offre un boulevard pour développer nos thèses", veut croire Stéphane Sitbon.
Mais cet optimisme de la direction du mouvement n'est en fait qu'une façade. Mme Duflot a ainsi récemment déclaré dans une réunion que "si on fait 4 %, on s'en tire bien". "Les électeurs écologistes ne veulent pas qu'on leur raconte une belle histoire, ils ne veulent pas qu'on leur parle du mythe d'une femme partie en croisade contre les turpitudes mondiales, ils veulent des propositions", estime Jean-Paul Besset, qui est un proche de M. Hulot.



Source : Site internet du Monde.fr, le 28-01-12
L'écologie est un combat
Par Hervé Kempf


L'atmosphère de la campagne électorale ne peut que désespérer les citoyens conscients de la gravité de la crise écologique. Lors de son émission télévisée du 26 janvier, François Hollande n'a pas eu un seul mot ou pensée sur un sujet environnemental.
On n'entend pas davantage les autres candidats sur ce thème, comme s'ils avaient tous intégré la parole de M.Sarkozy, le 6 mars 2010 : "Toutes ces questions d'environnement, ça commence à bien faire." Les candidats, au demeurant, ne sont pas seuls responsables de ce déni. Les journalistes aussi y ont leur part.
Ainsi, lors de l'émission "Des paroles et des actes", le 12 janvier, Jean-Luc Mélenchon a évoqué par trois fois la question écologique. N'aurait-il pas été intéressant de titiller à ce sujet un homme issu de la gauche traditionnelle, allié à un parti historiquement productiviste et nucléariste, le Parti communiste français ? Mais pour les éminences médiatiques, l'environnement ne fait pas partie des questions sérieuses.
Changement climatique, étalement urbain, rôle des produits chimiques sur la santé, plantes transgéniques, transports collectifs, économies d'énergie, déchets nucléaires, autant de thèmes absents du discours politique – et même des programmes.


M. HOLLANDE EST LACUNAIRE SUR L'ENVIRONNEMENT
Par exemple, les "engagements pour la France" de M.Hollande sont lacunaires en ce qui concerne l'environnement, et, pour ce qu'ils en disent, ils pourraient être repris mot pour mot par M.Sarkozy, à la seule différence près du passage à 50 % de la part du nucléaire.
Selon Denis Baupin, élu d'Europe Ecologie-Les Verts, l'aphasie du discours politique s'explique ainsi : "Les politiques classiques veulent annoncer des lendemains qui chantent. Or, l'analyse de la situation écologique, surtout quand on n'a pas de grille de contre-propositions, leur apparaît probablement incompatible avec une bonne campagne."
Cette explication est convaincante. Mais sans doute partielle : car l'obsession croissanciste et la solidarité avec les intérêts dominants expliquent aussi ce vide politique.
L'écologie, à vrai dire, n'a jamais avancé par un jeu spontané des institutions politiques – Etat, partis, médias. C'est la lutte tenace de citoyens dévoués sur le terrain qui a fait avancer les choses et les esprits. Il en ira de même à l'avenir, et l'on suivra donc avec attention la chaîne humaine contre le nucléaire le 11 mars, et la manifestation du 24 mars contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.



Source : Site internet du Journal de l'environnement, le 26-01-12

Peu d’environnement dans le programme de Hollande
par Valéry Laramée de Tannenberg

Comme annoncé depuis quelques jours, le candidat socialiste à l’élection présidentielle a rendu public son programme détaillé, aujourd’hui jeudi 26 janvier, lors d’une conférence de presse tenue à la Maison des métallos, à Paris.
Au total, François Hollande prend 60 engagements pour «permettre le changement, […] redresser la France, […] redonner confiance en l’avenir».
Ses promesses environnementales décevront peu de monde si elles n’étaient pas tenues, tant elles sont peu nombreuses: 6 en tout et pour tout. Car «pour faire de la France la nation de l’excellence environnementale», le président du conseil général de Corrèze prévoit de réduire à 75% la part du nucléaire dans la production d’électricité, de «favoriser» la montée en puissance des énergies renouvelables, de fermer les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (1.800 mégawatts), tout en achevant l’EPR de Flamanville (1.600 MW). François Hollande promet aussi de faire adopter une nouvelle tarification progressive de l’eau, de l’électricité et du gaz. L’ancien maire de Tulle prévoit également de lancer un programme «d’isolation thermique de qualité» pour un million de logements.
Il faut croire que la gestion des déchets, des eaux, des sols, des forêts, la protection des biotopes menacés, la diminution de la biodiversité, la progression de certaines pollutions atmosphériques et leur cortège de conséquences sanitaires ne sont pas des problèmes urgents à résoudre. A moins bien sûr qu’ils ne soient pas solubles. Car le candidat socialiste n’entend promettre que ce qu’il pourra tenir.




Source : Site internet Romandie news, le 26-01-12

Projet Hollande : Rien sur l'écologie, déplore NKM

Par l’AFP

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a déploré jeudi que le programme du candidat PS à l'Elysée François Hollande ne comporte aucun chapitre sur l'environnement, à part quelques propositions témoignant d'une grande méconnaissance du sujet.

Il n'y a rien sur l'écologie, il n'y a pas de chapitre environnement, a-t-elle dit à l'AFP, et quand il y a une proposition, au détour d'un autre chapitre, c'est en général une proposition qui témoigne une grande méconnaissance du sujet.

Ainsi, le candidat PS réclame la mise en place d'un tarif progressif de l'eau qui est aujourd'hui possible de manière volontaire, a-t-elle assuré.

La raison pour laquelle ça ne se fait pas de manière généralisée, c'est qu'il y a en France des milliers de services de l'eau, qui est un service local, et donc la tarification est une gestion locale, a poursuivi la ministre. Donc soit il ne le sait pas, soit il y a une grande hypocrisie derrière cette proposition.

Par ailleurs, en affirmant vouloir fermer la centrale nucléaire de Fessenheim plutôt qu'une autre centrale, François Hollande reste flou sur les raisons qui le poussent à faire ce choix, a-t-elle dit. Pourquoi Fessenheim plutôt que Tricastin au titre du risque sismique, ou Le Blayais au titre du risque inondation'.

La ministre a ajouté ne pas comprendre la cohérence d'un homme politique qui en 2009 a saisi le Conseil constitutionnel pour invalider la taxe carbone et qui aujourd'hui dans son programme défend la taxe carbone aux frontières de l'Europe.




Source : Site internet du Monde.fr, le 25-01-12

Quatre économistes donnent un satisfecit au projet de budget d'Eva Joly
Par Anne-Sophie Mercier


Ras le bol d'être assimilés sans cesse à la seule défense des pâquerettes et du monde animal. Les écologistes ont beaucoup travaillé, et ce depuis des années, sur les questions économiques : croissance, chômage, économies d'énergie bien sûr, mais aussi diminution de la dette et redressement de la balance commerciale. Un travail effectué en pure perte pour le moment, puisque, dans l'opinion, si l'idée de transaction énergétique n'a cessé de marquer des points, celle d'une véritable économie verte fondée sur une croissance positive et des créations d'emplois ne convainc guère.
Conscients d'être dans une campagne électorale dominée par la réponse à apporter à la crise, les écologistes, évidemment soucieux de ne pas se laisser marginaliser, ont souhaité montrer que leurs propositions tenaient la route. Comme l'explique le député européen Pascal Canfin, l'expert économique d'Eva Joly, qui a travaillé sur le "budget vert", l'idée est de montrer que "les politiques écologiques sont meilleures pour l'économie et meilleures pour la planète".
Ils ont donc soumis le projet de budget présenté à la presse par Eva Joly le 4 octobre 2011 à quatre économistes qui ont utilisé un modèle macro-économique de l'OFCE, sans lien avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV),  pour mission de mesurer l'impact d'un tel budget.
Les résultats de l'étude sont assez concluants. Les mesures budgétaires proposées par Eva Joly (réorientation de la fiscalité vers la fiscalité environnementale, avec l'instauration d'une contribution climat-énergie, augmentation des dépenses d'investissements publics, notamment dans les filières vertes et la construction de logements neufs, relèvement des prélèvements obligatoires sur les hauts salaires et les revenus du capital) constitueraient, selon les quatre économistes auteurs de l'étude, un modèle efficace pour sortir de la crise.


BON POINT
Comparé au budget de référence, qui est celui adopté par le projet de loi de finances de septembre 2011, et en considérant que les budgets suivants seraient identiques, l'instauration d'un "budget vert" permettrait la création de 400 000 emplois supplémentaires à l'horizon 2015. Ces créations d'emplois supplémentaires permettraient une baisse du taux de chômage à 8,3 % en 2015.
Par ailleurs, l'augmentation progressive de la fiscalité écologique couplée au plan d'économies d'énergies permettrait une baisse des émissions des gaz à effet de serre. La baisse des émissions de CO2 serait de 32 % d'ici à 2020, ce qui permettrait d'atteindre les objectifs préconisés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).


EMPLOIS VERTS
Un bon point également pour les écologistes en ce qui concerne la diminution de la dette, si l'on en croit les auteurs de l'étude, puisque les choix budgétaires d'Eva Joly permettent de ramener le déficit public sous les 3 % en 2014. Enfin, contrairement aux idées reçues, selon lesquelles les écologistes seraient tous des adeptes de la décroissance, le modèle soumis à l'audit des chercheurs aurait un effet positif sur la croissance.
Le mécanisme est simple : les créations d'emplois et les investissements verts créent un effet d'entrainement favorable à l'activité économique. Dès la première année d'instauration d'un "budget vert", les mesures préconisées auraient un impact positif de 0,9 point de produit intérieur brut (PIB) et de 1,8 point de PIB sur deux ans.
C'est la première fois qu'un parti politique, et qu'une candidate à l'élection présidentielle soumettent leurs hypothèses de travail à un audit effectué par des chercheurs
indépendants. Les résultats obtenus devraient susciter débats et réflexions.


Commentaire Ligue Roc/Humanité et Biodiversité : L’implication dans l’analyse par trois des économistes cités aurait été réfutée par ces derniers, plus d’informations sont accessibles sur le  Site internet de l'OFCE.



Source : Site internet de La voix du Nord, le 26-01-12

Corinne Lepage accélère sa campagne présidentielle en dévoilant près de Lille son projet d'« écologie de centre »
par Yannick Boucher


Les oreilles de la magistrate Eva Joly ont dû siffler comme une éolienne en plein vent. Hier, une avocate des combats écologistes a présenté pour la première fois son projet à la presse, dans le bureau d'Emmanuel Druon, le dirigeant « écolonomiste » de la papeterie Pocheco à Forest-sur-Marque...
Dire que la campagne de Corinne Lepage est lancée serait exagéré. « C'est beaucoup plus difficile qu'en 2007 mais j'aurai mes 500 signatures », a-t-elle déclaré.


Amère solitude
« Je fais l'objet d'un traitement scientifique d'absence des médias. On m'empêche de m'exprimer, je n'ai jamais été invitée sur un plateau télé, sauf une fois un quart d'heure chez Laurent Ruquier. Je suis une femme libre, je ne négocie aucune circonscription, je ne dois allégeance à personne et je sais convaincre, aussi parce que je suis avocate dans des procès condamnant les pollueurs et les grands lobbies. Forcément, ça gêne », a-t-elle précisé. L'eurodéputée de la région Nord confirme sa réputation de lanceuse d'oursins dans les poches des grands lobbies. Elle s'en explique. « Le pouvoir a été confisqué par un petit clan dans le monde politique, économique ou médiatique et moi je ne fais pas partie du petit club. » Elle précise qu'« il n'y en a que pour les grands groupes alors que la priorité doit aller aux PME », charge Total qui « ne paie pas ses impôts sur les sociétés et ferme des raffineries », réclame une autre répartition des richesses (« on doit payer à due proportion de ses revenus ») et fustige la crise de la dette (« si nous revenions simplement au niveau de revenus de 2000, la dette ne serait pas de 80 % du PIB mais de 60 %, ce qui réglerait beaucoup de choses ! »).


Mais où est donc Corinne Lepage ? Antinucléaire viscérale, elle porte beaucoup de propositions que les Verts ne renieraient pas. Revendiquant une « écologie du centre » et « une mutation en douceur », elle peut plaire aux électeurs de François Bayrou, elle qui a quitté le MoDem après avoir refusé par ailleurs un poste de ministre, ce qui lui fait dire qu'« autour de Nicolas Sarkozy, on ne me l'a jamais pardonné ». Bref, fâchée avec tout le monde, la présidente de Cap 21, 160 adhérents dans le Nord-Pas-de-Calais, terre de mission. « Eva Joly dispose de 20 fois plus de temps de parole que moi ! », déplore-t-elle. Le bras de fer risque de se durcir entre les deux femmes.


L’ÉCOLONOMIE SUR LE PAPIER
C'est dans une papeterie nordiste qu'a pris forme un concept servant de base au projet de la candidate. Projet soutenu par Emmanuel Druon, dirigeant atypique et engagé de la cause écologiste (il avait déjà permis aux Verts de présenter dans ses locaux leur programme aux dernières élections européennes). Hier, devant plus de 200 invités, Emmanuel Druon a reprécisé les contours de sa pensée : « C'est une économie de transition vers une réduction maximale de l'impact de l'activité sur l'environnement. Je démontre chaque jour que, dans une usine, il est plus rentable de travailler de façon écologique que de ne pas le faire. » Énergie solaire, épuration des eaux usées par les plantes, terrasses végétalisées, process non polluants, reboisements, Pocheco forme un alliage subtil entre le marketing durable servant la communication d'entreprise et la satisfaction réelle de l'intérêt général sur l'urgence de la lutte contre le changement climatique.





Source : Site internet de France soir, le 25-01-12

Présidentielle : "Dédé l'abeillaud" affirme avoir 300 parrainages


Un apiculteur breton, déguisé en abeille et candidat à l'Élysée, assure avoir réuni 300 signatures. Il estime être le « seul candidat de la biodiversité ».
« C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui ». La phrase est de Rémi Gaillard, amuseur public qui a fait des dizaines de fois le buzz sur la toile grâce à ses vidéos loufoques. David Derrien, agent de service à Plougastel-Daoulas (Finistère), semble avoir fait sienne cette devise. Déguisé en insecte butineur, il est devenu « Dédé l'abeillaud », candidat à l'Élysée. C'est un « moyen fantaisiste de faire passer des choses sérieuses », estime ce défenseur de la cause des abeilles. Et si le mode opératoire de ce Breton de 41 ans fera certainement sourire les professionnels de la politique, lui se targue d'une belle collection de parrainages. « Nous avons réuni près de 300 promesses de signatures. Mais on a atteint un plafond et nous souhaitons aller au-delà », a-t-il indiqué mercredi lors d'un point presse, précisant qu'il était le « vrai et seul candidat de la biodiversité ».


Interdire les insecticides
Vêtu de son costume jaune et noir, une grosse paire de lunettes et de petites antennes sur la tête, David Derrien, qui confie avoir auparavant toujours voté pour les Verts ou Europe Écologie-Les Verts, a réussi à mobiliser « le réseau apicole » et de « défenseurs de l'environnement » pour obtenir ses parrainages. Son programme : la lutte contre les pesticides et produits phytosanitaires qui font des ravages au sein des ruches, menaçant par la même occasion l'ensemble de la biodiversité. L'apiculteur amateur se veut hors de conflits politico-politiques : « Moi, je n'ai pas d'ennemis, que des adversaires. Mes adversaires (l'industrie des phytosanitaires et de biotechnologie végétale) pratiquent le terrorisme d'État avec des armes de destruction massive ». Dédé l'abeillaud a d'ailleurs déclaré qu'une fois élu à l'Élysée, sa première mesure serait d'interdire tous les insecticides systémiques, « comme en Italie ».




Source : Site internet Novethic, le 23-01-12

« Présidentielle 2012 : l'environnement en crise »



Cette interview de Daniel Boy, politologue, traite de la place du sujet environnemental dans la campagne Présidentielles 2012 en comparaison avec celle de 2007. L’article est disponible sur le site de Novethic.


Source : http://www.bienpublic.com, le 16-01-12

L’Alliance écologique, « des idées à contre-courant »
Jean-Marc Governatori a présenté les propositions de son parti à Dijon.



« L’Alliance écologique incarne l’écologie politique indépendante en France », explique Jean-Marc Governatori, secrétaire national de ce mouvement né en 2009 et candidat à la présidentielle 2012. Jean-Marc Governatori, qui a présenté son projet, vendredi soir à Dijon, devant une quarantaine de personnes, a insisté sur le positionnement de son mouvement « au-delà du clivage gauche-droite » et sur ses « idées à contre-courant ».
Alliance écologique indépendante propose une politique en huit points et 212 propositions pour agir sur les causes : « L’autonomie des personnes ; une politique migratoire contribuant à ce que les personnes soient bien dans leur pays d’origine ; une politique judiciaire efficace pour que le moins bien loti ait une vie digne ; le rejet de la drogue ; une énergie qu’on ne consomme pas ; la suppression des déchets par leur non-production ; l’isolation des centrales nucléaires ; la préservation en amont de la santé ; une agriculture productiviste sans pesticide ni OGM ; le transport collectif, le vélo ou la marche à la place du carburant. »
Parmi les propositions : une TVA sociale et écologique modulable réduite sur les produits de première nécessité, les produits bio […], haute sur les produits emballés et les produits de luxe. Interdiction de création de nouvelles grandes surface, pas de charge sur l’embauche d’un premier salarié, un débat national public de six mois ponctué par un référendum avant un vote du peuple pour l’éducation, la protection animale. […]
« Nous sommes le 7 e parti français par le score électoral réalisé aux Européennes et aux cantonales 2011 », rappelle Jean-Marc Governatori qui a recueilli 90 signatures à l’heure ou nous écrivons ses lignes.



"Transition écologique" : Eva Joly promet 1 million d'emplois

Eva Joly, la candidate des écologistes à l'élection présidentielle 2012 a développé vendredi dernier son Pacte écologique pour l'emploi, alors même qu'elle rencontrait des salariés de M-real qui s'opposent vivement à la fermeture de leur usine de papier (l'Eure) "rentable" et défendent également sa conversion écologique.



"La raffinerie Pétroplus est en train de fermer ses portes. Si nous engagions la transition écologique, nous aurions dès demain les moyens de produire ici (NDLR : à Alizay) des agrocarburants de nouvelle génération qui correspondraient à 20% de la capacité de production de Pétroplus" a précisé Eva Joly.

Un consortium européen aurait proposé une offre combinée entre le papetier et le raffineur. Le premier produirait un nouvel agrocarburant à partir de bois, tandis que le second le raffinerait sur le site de Petroplus.
« La France poursuit des mirages et des impasses pour répondre au chômage, à commencer par l'espérance vaine d'une croissance retrouvée. La réponse des écologistes pour créer un million d'emplois, c'est l'économie verte et le vivre-mieux ; c'est l'économie de proximité ; c'est le retour du long terme dans l'économie par la rénovation du dialogue social. En changeant de perspective, de modèle, nous montrons aujourd'hui que nous sommes les seuls à ouvrir le chemin pour créer de nouveaux emplois », a déclaré par ailleurs Eva Joly.

Ce Pacte écologique pour l'emploi repose sur 5 piliers dont celui de la création nette d'1 million d'emplois par "la transition écologique", d'ici 2020. "Il ne s'agit pas d'une promesse en l'air, nous avons chiffré et mesuré l'impact de la transition écologique de l'économie. Ma priorité, c'est de montrer qu'en France, créer de l'emploi, oui c'est possible." a affirmé la candidate verte. Et d'affirmer son slogan : "Un million d'emplois, c'est faire le choix de la transition énergétique, des énergies renouvelables et des économies d'énergie !"

Dans son discours, elle a aussi interpellé Henry Proglio (PDG EDF), lui indiquant "que nous sommes les seuls à ouvrir le chemin pour véritablement créer de nouveaux emplois. Ces chiffres sont précis et calculés dans le dossier de presse que vous avez entre les mains."

Rien que dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie, Eva Joly a chiffré le nombre de création d'emplois à plus de 400.000. Voici ci dessous, les éléments mis en avant par les Verts pour atteindre cet objectif, dont celui de la reconversion progressive de la filière nucléaire.



Extraits du chiffrage détaillé sur le document 1 million d'emplois (disponible ici en intégralité) :



"Les énergies renouvelables : +141 000 emplois directs et indirects"
Le développement de la part des énergies renouvelables est fortement créateur d'emplois. Les énergies renouvelables sont en effet des énergies produites localement, contrairement au pétrole et au gaz importés. Les énergies renouvelables ont aussi un mode de production plus intensif en travail que les énergies fossiles. Le développement des énergies renouvelables permettrait la création de plus de 110 000 emplois directs et indirects d'ici 2020 (2). En détail, la filière solaire permettrait la création de 80 000 emplois pour une puissance installée de 20 gigawatt (soit 20 fois la puissance du parc solaire installé à fin la 2010). La filière éolienne pourrait créer 40 000 emplois pour une puissance installée de 30 gigawatt (soit 6 fois le parc actuel). La filière bois pourrait créer 15 000 emplois directs et indirects et le biogaz 6 000.
En matière d'énergie renouvelable, la France doit suivre la voie tracée par l'Allemagne dont 10% de l'énergie totale est aujourd'hui d'origine renouvelable et a ainsi créé une filière qui emploie 5 fois plus de salariés qu'il y a 10 ans.

"Les économies d'énergie : +440 000 emplois directs et indirects"
La politique de l'énergie repose sur deux piliers : produire ET économiser. La réhabilitation énergétique des logements est prioritaire pour diviser par quatre les émissions de CO2. L'objectif est d'atteindre un rythme de 900 000 logements par an réhabilités aux normes basse consommation d'ici 2020. La réalisation de cet objectif permettrait la création de 440 000 emplois nouveaux dans le secteur du bâtiment. 70% de ces emplois seront créés par la rénovation des logements, le reste dans le tertiaire. Au total, 130 000 emplois directs et indirects seront créés dans les ouvertures, 260 000 dans l'isolation et 45 000 pour les systèmes de chauffage efficaces (3).
"Des emplois à reconvertir dans les énergies fossiles : -65 000 emplois directs et indirects"
Personne ne croit plus aujourd'hui en une croissance infinie de la consommation d'énergie fossile. Ces secteurs sont peu intensifs en main-d'œuvre et consistent principalement en la distribution de produits importés. D'ici 2020, la conversion à l'économie verte doit permettre une réduction de 30% de la consommation de pétrole et de gaz. Cette diminution de la consommation des énergies fossiles se traduirait par la perte de 65 000 emplois directs et indirects.
"Une reconversion progressive de la filière nucléaire : -70 000 emplois directs et indirects"
L'industrie nucléaire et ses 240 000 emplois directs et indirects ne vont pas disparaître brutalement. Le démantèlement du parc nucléaire et le renforcement du niveau de sécurité des centrales en activité exigeront de maintenir une partie importante de l'emploi. D'ici 2020, les destructions d'emplois devraient principalement se concentrer dans les centrales qui fermeront d'ici 2020 (37 réacteurs, soit 63% du parc installé) ou verront leurs chantiers arrêtés (réacteur EPR de Flamanville).
L'étude PricewaterhouseCoopers pour Areva (4) estime que le démantèlement d'un réacteur implique de conserver un tiers des emplois d'une centrale en activité. L'arrêt de 37 réacteurs devrait donc se traduire par la suppression de 20 000 emplois directs sur les 47 000 emplois dans l'exploitation et la maintenance. L'arrêt de la construction de l'EPR de Flamanville et une réduction progressive des activités d'enrichissement et de retraitement entraîneront la perte de 20 000 emplois directs.
Le développement d'un savoir-faire en matière de démantèlement sera susceptible de créer des une nouvelle filière dont les emplois ne sont pas comptabilisés ici. Au total, 70 000 emplois directs et indirects seront supprimés d'ici 2020.


Source :
(2) Méthodologie P. Quirion, CIRED CNRS, et ratios emplois issus de l’étude ADEME /IN NUMERI, Marchés, emplois et enjeu énergétiques des activités liées à l’amélioration de l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables, situation 2008-09 perspectives 2010
(3) Idem
(4) Etude PricewaterhouseCoopers pour Areva : ICI




Nicolas Sarkozy à Eurexpo... pour présenter ses voeux

Les opposants au projet "OL land" de Décines dans le Rhône ont bien l'intention de faire entendre leur voix lors de la visite annoncée  du Président de la République à Lyon-Eurexpo le jeudi 19 janvier. Une rencontre avec "le monde économique local" qui ne compte pas dans la campagne électorale - pour laquelle Nicolas Sarkozy n'est officiellement pas encore candidat - mais qui a pour objectif de "présenter ses voeux"...
Dans un communiqué, les opposants au Grand stade demandent, "au nom du combat que nous menons depuis plusieurs années (...) de lui rappeler sa déclaration et son engagement de l'issue du Grenelle de l'environnement". Le Président de la République déclarait en effet le jeudi 25 octobre 2007 devant un parterre de personnalités *:

"Ma première pensée va à tous ceux qui ont œuvré à la réussite de ce Grenelle de l’Environnement qui restera comme un moment important dans la prise de conscience par notre société qu’elle ne peut plus vivre dans le gaspillage, qu’elle ne peut plus négliger les conséquences sur l’avenir de la planète de sa façon de vivre, de produire et de consommer... Il faut avoir le courage de décider autrement, de changer les méthodes, de préférer la décision issue de la négociation plutôt que la décision issue de l’administration...
Il faut avoir le courage de reconnaître que nous ne pouvons plus définir des politiques en ignorant le défi climatique, en ignorant que nous détruisons les conditions de notre survie. Premier principe : tous les grands projets publics, toutes les décisions publiques seront désormais arbitrées en intégrant leur coût pour le climat, leur « coût en carbone ».
Toutes les décisions publiques seront arbitrées en intégrant leur coût pour la biodiversité. Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé.

Deuxième principe, nous allons renverser la charge de la preuve. Ce ne sera plus aux solutions écologiques de prouver leur intérêt. Ce sera aux projets non écologiques de prouver qu’il n’était pas possible de faire autrement. Les décisions dites non écologiques devront être motivées et justifiées comme ultime et dernier recours. C’est une révolution dans la méthode de gouvernance de notre pays totale et nous allons appliquer immédiatement ce principe à la politique des transports. Le Grenelle propose une rupture et bien, je propose de la faire mienne.
La priorité ne sera plus au rattrapage routier mais au rattrapage des autres modes de transports.
"
* Déclaration de Nicolas Sarkozy devant  le Premier ministre,  le Président du Sénat, le Président de l'Assemblée nationale,  le Président Al GORE,  le Président BARROSO...

Le collectif d'associations indique qu'il avait alors perçu cette déclaration comme un changement radical dans la manière d'approcher et de traiter les grands projets d'aménagement. "Or, nous constatons que dans le projet de l'OL Land et son grand stade il n'en est rien", indique-t-il aujourd'hui.
Les organisations regrettent l'engagement de l’État auprès du porteur (privé) de ce projet, et les lois spécifiques votées par le parlement favorisant la construction et le financement des équipements nécessaires à l'organisation de l'Euro2016.
Il rappelle aux élus UMP qui seront invités à la cérémonie que certains de leurs collègues parlementaires n'ont pas hésité à critiquer "la scandaleuse débauche financière que connaît le monde footballistique".
Selon eux, il est encore temps que l’État et l'ensemble des parties prenantes au protocole des partenaires (Conseil Général du Rhône, Grand-Lyon, Sytral...) se ressaisissent et, compte tenu de la dégradation financière que connait notre pays, demandent l'abandon de ce projet sur Décines pour une réorientation des crédits disponibles sur l'aménagement de Gerland "et surtout sur les besoins en logements, aménagement des établissements de santé, des crèches, écoles...".



La crise financière pourrait constituer une opportunité pour arrêter le projet...
Pour Joël Dubros, coordinateur de la CEDRUL, "il y a là une réelle opportunité pour toute la classe politique de faire preuve d'exemplarité et, de se remettre en phase et de renouer le lien rompu avec la société civile. La ville de Lyon ne serait pas pour autant absente de l''Euro 2016, car les matches peuvent se jouer à Gerland".

Un référendum demandé par plus de 20% des électeurs de Décines.
Le collectif d'associations s'appuie dans ses demandes sur "les attentes des populations" : plus de 23% des électeurs de Décines (3820 sur 16.076) ont selon eux signé une demande explicite de référendum d'initiative populaire sur ce sujet de la construction du Grand Stade dans leur ville.

G.R.
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Source : www.la1ere.fr, le 06-01-2012

Europe Ecologie se penche sur les Outre-mers (extraits)
Par Maité KODA

Europe Ecologie – Les Verts a présenté son programme comprenant 22 propositions pour les Outre-mers français.
Europe Ecologie – les Verts veut en finir avec la République coloniale. Le parti de la candidate Eva Joly a présenté son programme présidentiel. Cent trois pages en tout, dont un volet de 22 propositions consacré à l’Outre-mer.


C’est pour ces "outremers français qui concentrent aujourd’hui les défis et inégalités" qu’EELV a concocté un programme dédié, en privilégiant, avant tout le développement durable. 
Sur le plan économique tout d’abord, le parti, propose une "réorientation" de la défiscalisation vers les investissements en matière "d’agro-transformation" et d’énergies renouvelables. Pour ce faire il préconise la création d’une "banque publique régionalisée d’investissement des outremers régionalisée."
Le coût de la vie, très élevé dans les Outremers a entraîné plusieurs mouvements de protestations aux Antilles-Guyane, dans l’océan Indien mais également dans le Pacifique. Il est lié à l’importation de nombreux produits alimentaires en provenance de l’Hexagone. EELV veut donc encourager les activités issues du développement local ainsi que "la transformation des matériaux et des produits locaux". Dans la même veine, les écologistes veulent donc passer d’un modèle "agro-exportateur" à celui d’une agriculture permettant la souveraineté alimentaire et une production de qualité.
Les services et transports publics ainsi que la mobilité sont également au cœur du projet écologiste, avec notamment une lutte contre le "tout-voiture" qui passerait par la création d’une autorité unique d’organisation des transports terrestres et maritimes des voyageurs "dans chaque outremer".


 

Source : leplus.nouvelobs.com, le 05-01-2012

Voeux d'Eva Joly et Corinne Lepage : j'ai écouté, et je regrette Nicolas Hulot
Par Laurent Samuel, journaliste spécialisé en écologie.

LE PLUS. Au cours des traditionnels voeux pour 2012, aucune des deux candidates "écologistes" n'a fait référence à la protection de l'environnement dans son allocution. Un oubli fâcheux et inquiétant ?

Dans leurs messages de bonne année, mis en ligne sur le net, aucune des deux candidates se réclamant de l'écologie, Eva Joly (EE-LV) et Corinne Lepage (Cap 21), n'a prononcé ce mot. Les termes nature, biodiversité, changement climatique n'étaient pas davantage présents dans leurs discours.
Tout juste Corinne Lepage a-t-elle évoqué la nécessité d'une "croissance verte".

Aucune de ces deux candidates n'a parlé de laïcité non plus. Un oubli étonnant de la part de Corinne Lepage, dont l'engagement en faveur de la défense de la laïcité est une "marque de fabrique".
Nicolas Sarkozy, François Hollande et Marine Le Pen n'ont pas non plus parlé de la crise écologique dans leurs voeux (j'avoue ne pas avoir écouté les messages des autres candidats, si d'aventure l'un d'entre eux a évoqué le sujet, qu'on me le signale...).

Face à cet oubli de l'écologie par les principaux candidats, y compris celles qui s'en réclament, et au vu des magnifiques numéros d'Ushuaia Nature, notamment celui sur le Tchad, diffusé le 29 novembre dernier sur TF1, on regrette plus que jamais que les votants à la primaire écologiste aient été assez inconscients pour préférer Eva Joly à Nicolas Hulot pour les représenter à l'élection présidentielle.

Dans cette émission, Nicolas Hulot montre en effet de manière très concrète (et en prime time sur TF1 !) les conséquences du bouleversement climatique non seulement sur l'environnement africain, mais aussi et surtout, sur les peuples qui y vivent. Une formidable leçon d'écologie sociale, bien plus efficace que les discours gris et péremptoires d'Eva Joly.

La grande force de Nicolas Hulot est aussi, grâce à la beauté des images de son magazine, de nous faire aimer et respecter la nature. Une dimension qui devrait être au coeur de la démarche des écologistes, mais qui s'en trouve aujourd'hui dramatiquement absent.

Sans doute Nicolas Hulot était-il trop pur et trop naïf pour survivre dans le marigot des crocodiles verts. Il n'en est pas moins vrai que son absence (de la campagne électorale mais aussi de l'antenne de TF1) est une mauvaise nouvelle à l'aube de cette nouvelle année.

Pour conclure, risquons un voeu : que l'écologie (le sujet, pas seulement l'étiquette) fasse son come-back dans la campagne présidentielle !


 

 

Source : lefigaro.fr, le 29-12-11

Chasse/oies : le FN contre la fermeture

Le Front national a protesté aujourd'hui contre la fermeture anticipée de la chasse aux oies, avancée par le Conseil d’État au 31 janvier au lieu du 10 février à la requête d'associations environnementales. "Le père Noël est vraiment une ordure !", s'agace dans un communiqué Guillaume Vouzellaud, conseiller politique de Marine Le Pen chargé de la chasse. "Et dire que nos pères les chassaient jusqu'à la fin mars ! C'était notre tradition. Et cette coutume n'était pas 'contra legem' au regard du droit naturel", poursuit-il. Le Conseil d’État s'est appuyé sur la directive européenne oiseaux, selon laquelle les oiseaux migrateurs ne doivent pas être chassés durant leur migration prénuptiale."Marine Le Pen entend rétablir, pour la chasse également, les valeurs qui ont fondé notre société moderne. (...) Les chasseurs français ne seront pas, en ce début du XXIe siècle, les nouveaux serfs d'une Union européenne déracinée, hégémonique et totalitaire", ajoute Guillaume Vouzellaud.


 

Source : Site du Journal de l’environnement, 20-12-11

Eva Joly : tout un programme
Le 20 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg

Pesant une centaine de pages, le programme électoral de la candidate d’EELV vise à réconcilier l’homme et la nature, l’industrie et les territoires, la France et l’Europe. Ce qui n’exclut pas, bien au contraire, de s’intéresser fortement à l’environnement. Morceaux choisis.

En 1981, François Mitterrand voulait changer le monde avec ses 110 propositions, dont 3 seulement concernaient l’environnement. Trente ans plus tard, Eva Joly veut engager la France «vers la société écologique», grâce à un méga-programme s’étalant sur 102 pages.
Adopté en début de semaine, «Vivre mieux, vers la société écologique», n’est pas un catalogue de mesures ni une brochette de bonnes idées. N’en déplaisent aux pourfendeurs des «Khmers verts», il s’agit là d’un programme souvent ambitieux, qu’un Jacques Chaban-Delmas aurait pu cataloguer dans ses projets de Nouvelle société.

Plus sérieusement, le programme d’Europe-Ecologie-les Verts (EELV) touche véritablement à tout. Il prône la réduction de l’empreinte écologique de notre société, un environnement plus sain, une économie écologique au service des populations, une nouvelle organisation de l’éducation et de la recherche, une société plus ouverte. Le tout devant aboutir à une «6e République dans une Europe fédérale.»
Sur la centaine de pages que pèse le document, les chapitres touchant à la protection de l’environnement s’étendent sur une trentaine. Ce qui est inédit, pour le moment: tous les candidats n’ont pas encore publié leur profession de foi.

Le titre du chapitre consacré à l’énergie annonce la couleur: «Se libérer de la dépendance aux énergies fossiles et au nucléaire». Sans surprise. Mais pour se libérer tout à la fois de l’atome et du charbon, EELV fait montre d’imagination: réforme des marchés carbone, taxation carbone des transports internationaux, taxe carbone aux frontières de l’Europe, contribution Climat-énergie, tarification de l’énergie progressive en fonction des kilowattheures consommés, réforme du mécanisme des certificats d’économie d’énergie. Autant de propositions (sortie du nucléaire en 2031 mise à part) auxquelles pourraient souscrire des politiques de tout bord.

Les énergies renouvelables devant assurer 40% de la production d’électricité en 2020 (contre 11,7% aujourd’hui), les Verts et leurs alliés entendent simplifier les tarifs, les procédures et le cadre règlementaire. Les citoyens pourront directement investir dans les fermes éoliennes ou solaires, en devenant coopérateurs ou actionnaires de projets. Déjà en déficit à cause du blocage gouvernemental et de l’explosion des énergies solaires et éoliennes, la Contribution au service public de l’électricité (que paient tous les consommateurs d’électricité) sera réformée. Sans que l’on sache comment.

Pour assurer sans doute une plus grande efficacité des marchés de l’énergie, les groupes EDF et GDF Suez seront atomisés, si l’on peut dire. Les écologistes souhaitent notamment séparer, plus que comptablement (ce qui est le cas aujourd’hui) les activités de production, de transport et de distribution. Cela n’est jamais que le souhait exprimé depuis des années par la Commission européenne.

Rappelant, fort à propos, que le bâtiment consomme 43% de l’énergie primaire, EELV milite «pour des investissements forts dans la réhabilitation». «En 2017, 500.000 logements par an devront être rénovés», avancent les rédacteurs. Une ambition pas si éloignée de celle de la loi Grenelle I qui fixe un rythme de 400.000 logements à rénover par an à compter de 2013. Problème, ni du côté de EELV, ni sous les ors de l’hôtel de Roquelaure, on n’a encore trouvé de moyens pérennes de financer un si beau projet.

Pour réduire l’empreinte carbone des transports, les partisans d’Eva Joly ne prétendent pas mettre, comme les cyclistes européens [JDLE], tout le monde sur un petit vélo. Ils privilégient plutôt le développement des trains régionaux (les régions devenant pour l’occasion autorités organisatrices de mobilité durable) et les transports publics de proximité. Les tarifs de péages autoroutiers sont modulés en fonction des émissions de chaque véhicule. Sur tous les axes, la limite de vitesse sera abaissée, de même qu’en ville où fleuriront les zones 30. Ou comment développer les Zapa[1] plus vite que prévu?

Afin de «protéger et restaurer la nature et respecter l’animal», les écolos entendent lancer «un moratoire sur les OGM et les gaz de schiste» (quels rapports entre les deux?). Les trames vertes et bleues seront opposables à tout projet d’aménagement. Les biotechnologies et les phytosanitaires seront «mis à l’écart». Les nitrates, les pesticides et le recours à l’irrigation seront fortement taxés. Les aides publiques à l’agriculture seront «bio-conditionnées». En taxant l’urbanisation des terres agricoles, le gouvernement Vert financera l’acquisition de champs destinés à être convertis à la culture bio. Les aides aux cultures «énergétiques» seront interdites. A contrario, la production d’agro-matériaux (chanvre, pailles) sera aidée.

Une loi donnera le statut «d’être vivant» à l’animal. L’organisation de la chasse sera revue de fond en comble, notamment pour réformer le fonctionnement des associations de chasse, l’octroi du permis et interdire certaines chasses «particulièrement cruelles».

La gestion de l’eau apparaît comme l’un des projets les plus ambitieux, pour ne pas dire utopique, de la candidate écologiste. Reconnue comme un patrimoine de l’humanité (au même titre que la gastronomie française?), l’eau «doit être protégée des prévarications et pollutions». Raison pour laquelle EELV veut la fin de l’accord général sur le commerce et les services. Pour succéder à cet accord, instituant tout de même l’Organisation mondiale du commerce, Eva Joly préconise la création d’un autorité mondiale de l’eau (en remplacement du Conseil mondial, très lié aux multinationales françaises du secteur), laquelle garantirait le respect d’un contrat mondial de l’eau.

Parce qu’il faut aussi réduire la consommation d’or bleu, les écolos proposent d’appliquer les lois existantes, de généraliser les programmes d’économie et de doubler les réseaux, histoire de ne pas arroser les trottoirs avec de l’eau potable. Les tarifs dégressifs accordés à certains industriels seront supprimés. Et les agriculteurs devront payer leur prélèvement.
[1]
Zones d'actions prioritaires pour l'air


Source : Le monde.fr, le 20-12-11

Aubry précise la position de Hollande sur l'agriculture

La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a précisé mardi 20 décembre la position de François Hollande sur le volet agricole figurant dans l'accord conclu avec les écologistes.

Europe 1 a affirmé lundi que le candidat socialiste aurait pris ses distances avec l'accord conclu en novembre avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV) sur l'agriculture. D'après la radio, M. Hollande aurait assuré, dans un courrier à Xavier Beulin, le dirigeant du principal syndicat agricole, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), que le texte signé par le PS et EELV ne l'engageait pas.

M. Beulin, qui a d’ailleurs été convié pour un rendez-vous avec M. Hollande début janvier, craint que l'accord signé entre le PS et EELV soit "nuisible" aux agriculteurs français, notamment la volonté de développer fortement l'agriculture biologique.

"L'avenir n'est pas dans le productivisme intensif et dévoreur de pesticides", est-il écrit dans le texte de l'accord, qui prévoit notamment la "relocalisation de l'agriculture favorisant les productions de proximité en lien avec les collectivités locales" et un "soutien à l'agriculture paysanne et biologique pour atteindre les 20 % de la surface agricole utile (SAU) en bio" (voir la page 11 du texte, en PDF).

PAS DE "DÉSACCORD" MAIS DES DIVERGENCES
Interrogée sur la teneur du courrier qu'aurait envoyé M. Hollande au dirigeant de la FNSEA, Mme Aubry a affirmé sur RTL : "Ce qu'il dit [François Hollande, ndlr], c'est qu'il n'est pas en accord avec Les Verts sur le projet agricole. Ce qui est totalement différent" de l'affirmation selon laquelle il ne serait pas engagé par l'accord global avec les écologistes, a-t-elle précisé.
Mme Aubry a affirmé que le PS et EELV ne sont "pas en désaccord" sur la question agricole. Selon elle, les deux partis ont seulement des divergences sur le rythme auquel les mesures doivent être mises en place dans ce secteur.

Parlant des écologistes, elle a déclaré : "Eux, ils vont plus loin. Ils disent : on veut partout du bio, etc ... aujourd'hui, ce n'est pas possible. Il faut des étapes. C'est un peu comme pour la politique énergétique et il [François Hollande, ndlr] dit ce qu'il pourra faire ; et il le dit avec sérieux et détermination. C'est essentiel."

POUR UNE AGRICULTURE "DE PROXIMITÉ ET DE QUALITÉ"
La maire de Lille, qui fait partie du conseil politique de la campagne de M. Hollande, a exposé la politique du PS en matière agricole. "A Cluny, il y a un an et demi maintenant, avec les cinq syndicats agricoles, le Parti socialiste a fait des propositions qui sont celles que François Hollande a reprises", a-t-elle rappelé.

Avant de citer les mesures défendues par le PS et son candidat : "Nous voulons une agriculture de proximité, une agriculture de qualité ; et il faut aider les agriculteurs français qui ont été abandonnés par le pouvoir actuel quand les quotas laitiers sont retirés, quand l'arrachage des vignes, quand l'aide au stockage est supprimée par Bruxelles et qu'on ne fait rien. Nous voulons un accompagnement pour une agriculture de proximité et de qualité, avec la PAC [politique agricole commune] et avec le gouvernement français ; voilà ce qu'il propose. Et c'est profondément ce que nous défendons."

L'UMP a sauté sur l'occasion pour tenter de décrédibiliser le candidat PS. La déléguée générale adjointe de l'UMP, Valérie Rosso-Debord, a fustigé lundi dans un communiqué "la nouvelle reculade du candidat socialiste concernant l'accord signé entre EELV et le PS sur l'agriculture".


Source : Site du Journal de l’environnement, 19-12-11

L’UMP, un parti vert pâle
Le pacte écologique semble bien loin.

Le 19 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg

Le parti majoritaire vient de publier son projet de programme électoral. Un document où l'environnement est bien peu présent.
Nathalie Kosciusko-Morizet a beau être l’une des nombreuses conseillères de son parti, son influence au sein de l’UMP semble être des plus modestes. Du moins, si on la mesure à l’aune de la place consacrée à l’environnement par le programme électoral du parti présidentiel.

Envoyé la semaine passée aux adhérents, le projet UMP est pourtant prometteur: un an de travail, participation d’un mystérieux conseil des Clubs et des Think Tanks, «plus de 50 débats, colloques et conventions» organisés. Pas de doute, les «populaires» ont bien préparé la campagne.

Pour autant, et malgré l’organisation d’une convention sur le développement durable, les traces vertes sont rares dans le document riche pourtant de 15 pages grand format.

Rédigé par une équipe dirigée par Bruno Le Maire, l’actuel ministre de l’agriculture, le texte affirme vouloir promouvoir «l’indépendance et la sécurité alimentaire». Mais ne souffle mot de l’agriculture biologique, des organismes génétiquement modifiés, des pollutions (de l’air et de l’eau) imputables aux intrants. L’UMP veut juste défendre «les terres agricoles contre la spéculation, notamment en périphérie des grandes villes». Un vrai sujet: plus de 12.000 hectares de surfaces agricoles sont «artificialisés» chaque année, nous rappelle une récente étude du Commissariat général au développement durable.

Sans crainte de fâcher le gouvernement, l’UMP s’inscrit aussi «dans la continuité du Grenelle de l’environnement». Ce qui la dispense de proposer des idées nouvelles. Rien d’étonnant, donc, à ce que le parti tricolore confirme le choix du nucléaire (le Grenelle n’en a soufflé mot) ou veuille faire passer à 23% de notre mix énergétique la part dédiée aux renouvelables (c’est la loi!). Bonne nouvelle toutefois: l’UMP veut «amplifier les efforts de recherche en faveur des énergies renouvelables». Sans préciser lesquelles ni avec quel argent.

Chaud partisan «d’une Europe plus forte et plus protectrice», le parti néo-gaulliste milite pour la mise en œuvre de «taxes réciprocité». Ciblant les produits des pays extra-européens dont les normes sociales et environnementales sont plus souples et les émissions de CO2 plus fortes que sur le Vieux monde, ces taxes risquent de nous mettre à dos la plupart des puissances exportatrices et accessoirement l’Organisation mondiale du commerce.

En quelques lignes, l’UMP dévoile une nouvelle arme contre les changements climatiques. La formation dirigée par Jean-François Copé propose de taxer les transactions financières. Le produit de cette taxe Tobin d’un nouveau genre devant servir au «développement économique et social des pays les moins avancés et la lutte contre le changement climatique». Sans doute, ce que l’ONU appelle des «financements innovants».

Last but not least, s’il est élu, le candidat UMP poursuivra «les initiatives pour donner naissance à une organisation mondiale de l’environnement». Un projet déjà initié par le président Jacques Chirac, lors de son premier mandat.


Source : Le monde.fr, 19-12-11

Marine Le Pen dénonce "le drame" écologique des yaourts voyageurs

Le 19 décembre 2011, par Eric Nunès

C'est sur les Champs-Elysées, au centre du marché de Noël parisien, paradis des babioles "made in China", que Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle, a invité la presse, lundi 19 décembre, à l'entendre parler patriotisme économique, pouvoir d'achat et écologie.

Entourée de son avocat et soutien Gilbert Collard et d'une nuée de journalistes, la parlementaire européenne choisit de traverser une exposition d'automates consacrés à la protection de la nature pour décliner un volet écologique de son programme présidentiel. Son plan : contraindre les industriels à produire des machines qui durent. "Nous vivons aujourd'hui dans une société du jetable et de la surconsommation", lance Marine Le Pen. "Aujourd'hui, un appareil électroménager a une durée de vie de cinq ou six ans. Ces articles sont volontairement cassables pour pousser à la consommation", dénonce-t-elle.

"Ces produits, lorsqu'ils étaient construits en France, étaient bien plus solides que ceux qui sont produits en Chine. La ré-industrialisation de la France permettra de revenir à cette démarche de qualité, à une relocalisation des activités et fera du bien au pouvoir d'achat des Français", poursuit la candidate. Comment conduire les industriels à lâcher leurs lignes de production en Chine pour se réimplanter dans l'Hexagone ? En les contraignant à produire de la qualité. "Les produits qui cesseront de fonctionner après cinq ans de vie devront être remboursés", avance Marine Le Pen.

LE FN SUR LE TERRAIN DE L'ÉCOLOGIE
La relocalisation de la production en France fait également partie du plan écologique du Front national. "Je trouve très incohérent le comportement des écologistes, qui sont des mondialistes, favorables à l'ouverture totale des frontières", indique Marine Le Pen, qui évoque les produits chinois et embraye sur les yaourts.

"Lorsqu'un yaourt fait 15000 ou 20 000 km pour arriver chez nous, c'est un véritable drame pour la planète, dramatise-t-elle. Nous sommes les défenseurs du patrimoine, et, par conséquent, nous avons la nécessité de prendre conscience que la faune, la flore, notre planète sont un patrimoine que nous devons transmettre à nos enfants." Interrogée sur sa légitimité sur le terrain de l'écologie, la candidate d'extrême droite préfère revenir à ses fondamentaux. Plutôt que de se perdre sur les thématiques écologiques, elle questionne "le patriotisme" de la candidate EELV d'origine norvégienne, Eva Joly.

Pour terminer sa balade, Marine Le Pen tire une dernière salve à destination à la fois de la candidate écologiste et du Parti socialiste. "Je me perds en conjecture sur le sens de son combat. Elle n'est pas légitime pour parler écologie, toutefois, comme ancienne juge d'instruction elle pourrait l'être pour évoquer les questions de corruption du Parti socialiste dans le Nord - Pas-de-Calais. Mais elle se garde de dénoncer le système de ses partenaires socialistes." A son côté, Gilbert Collard tient dans ses mains une lionne en peluche. Made in China.


Source : site de l’IFOP, 19-12-11

Les français et l’écologie politique

Quelques semaines après la signature d’un accord entre Europe Ecologie - Les Verts et le Parti Socialiste pour les élections législatives, l’Ifop a souhaité connaître l’avis des Français sur la stratégie à suivre par l’écologie politique. 61% des personnes interrogées estiment ainsi que l’écologie politique devrait suivre la voie de l’indépendance vis-à-vis des autres institutions politiques, tandis que 39% considèrent que le mouvement devrait plutôt passer des accords avec d’autres partis politiques comme le Parti Socialiste ou l’UMP.

Notons par ailleurs que les sympathisants d’Europe Ecologie – Les Verts préféreraient que l’écologie politique tende vers l’indépendance (58%).

Parmi les candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2012, Corinne Lepage est jugée comme la personnalité incarnant le mieux l’écologie, juste devant Eva Joly (40% contre 36%). Candidat de l’Alliance Ecologiste Indépendante, Jean-Marc Governatori est quant à lui cité par une personne sur quatre (24%). L’ancienne juge d’instruction est cependant majoritaire auprès des sympathisants de gauche (55%) et plus précisément auprès des sympathisants d’Europe Ecologie - Les Verts (60%).

Echantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) du 13 au 15 décembre 2011.

Lien vers le sondage IFOP avec l’Alliance écologiste indépendante : http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=poll&id=1714

Téléchargez l'étude "Les Français et l'écologie politique"


Source : Le figaro.fr, 14-12-11

Bayrou pour une "écologie positive"

AFP Publié le 14/12/2011 à 17:46

Le candidat à l'Elysée François Bayrou a indiqué aujourd'hui qu'il voulait placer sa campagne et les politiques publiques sous le signe de "l'écologie positive", après une visite autour des lacs de la forêt d'Orient dans l'Aube. "Nous avons été précurseurs du 'produire en France', nous voulons être précurseurs sur le sujet de l'écologie positive, celle qui prend en charge la totalité des liens de l'homme avec la nature", a-t-il déclaré.

"Dans la campagne, on parle beaucoup du nucléaire, de l'énergie, mais pas de la nature. Mais c'est le lien entre la nature et l'homme qui devrait être l'essentiel de la réflexion", a poursuivi le président du MoDem, dont deux responsables viennent des Verts.

"L'accord EELV/PS ne dit pas un mot de la défense de la nature", a dit François Bayrou, qui juge l'accord "purement politicien: "ou bien le nucléaire est dangereux, et il faut fermer toutes les centrales, ou bien il y a des assurances de sécurité, auquel cas il n'y a aucune raison de fixer un calendrier politicien" de fermeture des réacteurs.

"L'écologie positive" passe "par la défense de la nature, la promotion de la biodiversité, la sauvegarde de ce qui est en danger, comme les abeilles dont dépend presque 50% de l'alimentation humaine", selon le député des Pyrénées-Atlantiques. "Ces sujets sont l'occasion de recentrer le débat politique au-delà des partis", a jugé le candidat centriste qui veut introduire "la dimension écologique" dans chaque décision politique. "On ne peut pas dire que cela soit un succès", a-t-il dit sur le Grenelle 1 de l'Environnement, qu'il avait voté. M. Bayrou s'est déclaré "inquiet de ce qui s'est passé à Durban et de la sortie du Canada du protocole de Kyoto".


Source : Le site de Sciences et avenir, 05-12-11

Climat : en France "tout le monde s'en fout complètement", déplore Corinne Lepage
Mots-clés :
Onu, climat, réchauffement, environnement, France2012, Nature & environnement

L'ex-ministre française de l'Environnement Corinne Lepage, candidate à l'élection présidentielle de 2012, a déploré lundi à Durban (Afrique du Sud) qu'en France, les politiques "se foutent complètement" des négociations en cours sur le réchauffement climatique. "Dans le monde politique, tout le monde s'en fout complètement!", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"C'est très regrettable. Cela traduit une analyse profondément inexacte de la crise économique et financière que nous vivons", a estimé la députée européenne. "En France, on n'a pas compris que tout cela faisait un tout. En négligeant l'un (la crise climatique), on risque d'aggraver l'autre (la crise économique)".
"La situation est catastrophique sur le plan climatique et on est dans le scénario le plus noir avec des conséquences à moyen terme extrêmement préoccupantes", a-t-elle ajouté.

L'ancienne ministre, présente à Durban avec la délégation du parlement européen, a par ailleurs déploré que "la dimension écologique des sujets" ait disparu de la campagne électorale en France, que ce soit sur le climat ou la biodiversité. "Dans la campagne, cela a totalement disparu. Ce n'est plus du tout un sujet porté par Eva Joly (candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, NDLR). Le nucléaire, elle en a fait sa chose. Mais sur le reste, tout est passé à la trappe, on ne l'entend pas".

Interrogée sur son avenir politique, Mme Lepage a réaffirmé qu'elle avait l'intention d'aller jusqu'au bout et d'être présente lors de l'élection présidentielle. "Mes signatures rentrent. Il y a derrière moi énormément de gens de la société civile qui m'aident et qui m'appuient", a affirmé la présidente de Cap21, qui avait déjà été candidate à la présidentielle de 2002 et avait obtenu 1,88% des voix.

Plus de 190 pays sont réunis jusqu'à vendredi à Durban sous l'égide de l'ONU pour tenter de donner une suite au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et plus, largement, trouver les moyens de limiter la hausse de la température de la planète à +2°C. Après plus d'une semaine de pourparlers entre négociateurs, les ministres, parmi lesquels la ministre française de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, devaient commencer à arriver mardi dans cette ville sud-africaine située au bord de l'océan Indien.

 

La biodiversité dans la campagne électorale : un enjeu qui monte ?

En novembre dernier, la Ligue Roc envoyait aux candidats à la Présidentielle un questionnaire visant à connaître la place qu’ils accordaient à la biodiversité dans leur projet pour la France. Voir notre questionnaire.

Ce 31 janvier 2012, nous avons reçu les réponses de Mesdames Artaud, Joly et Lepage, et de Messieurs Hollande et Morin. Nous attendons encore celles des autres candidats.
Toutes ces réponses seront analysées par un panel d’experts sur la base d’une grille d’évaluation complète qui permettra de juger de la force et de la cohérence de chacun des projets et de les comparer entre eux.
A suivre sur ce site fin février/début mars.



En attendant, prenez connaissance des propos des candidats lors du Congrès de notre fédération France Nature Environnement dans les rubriques « Vu dans la presse » et « Ce que disent les candidats ».

 

Ce que disent les candidats

Les articles qui suivent reprennent les discours ou sont extraits des documents de campagne des candidats à la Présidentielle. Ces extraits ont trait à la biodiversité ou concernent des propositions l'impactant directement. Nous mettons en ligne tous les documents dont nous avons connaissance.
Si un candidat ne figure pas, c'est que nous n'avons pas trouvé d'élément.




 

La biodiversité, des clés pour un débat

Une production de la Ligue Roc

Ce film est une initiative de la Ligue Roc et coproduit avec l'Inra.
La biodiversité est, à côté du climat, l'autre défi écologique majeur auquel notre société doit faire face. Pourtant si le mot progresse dans les discours, la prise de conscience de l'ampleur du défi reste à parfaire, et les actions à mener demeurent en deçà des besoins.
Dans ce film, autour d'Hubert Reeves, des personnes venues de tout horizon apportent les éléments du débat.
Pourquoi est-ce important ? Qui est concerné ? Quelle perspective d'action ? Pas de leçon donnée, mais un appel à la réflexion et à l'engagement de toute la société.

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Corinne Lepage

Invitée au congrès de France Nature Environnement du 28 janvier 2012, Corinne Lepage s'est exprimée sur sa prise en compte de l’environnement et l’intégration de propositions issues de la plate-forme de la fédération, regroupant 3000 associations de protection de la nature.

Son discours est disponible sur son site.

 
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Le fantastique spectacle des migrations de papillons Monarque mérite l’attention et la protection de l’humain.

Photos : Michel Lamarche FindNature.com
Musique : Robert Len robertlen.com
Texte : Hubert Reeves

Un manifeste de la Ligue Roc

A commander :

www.biodiversite2012.org

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