Foire Aux Questions

- Les définitions et concepts essentiels

- Pourquoi ? Comment ? Qui ? Et autres questions de fond

Cette liste est destinée à s’enrichir au fur et à mesure que de nouvelles questions nous seront posées.

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© Léo Gobeil

Section 1 : Définitions et concepts essentiels

 

Qu’est-ce que la biodiversité ?

- Officiellement, la biodiversité est définie par la CDB (Convention sur la Diversité Biologique) comme étant la "variabilité des organismes vivants, de quelque origine qu’ils soient, incluant notamment les écosystèmes et les complexes écologiques dont ils font partie (...) Cela comprend la diversité au sein des espèces, entre espèces ainsi que celle des écosystèmes". .

( La Convention sur la biodiversité a été adoptée le 22 mai 1992 et ouverte à la signature des Etats lors de la Conférence de Rio en juin 1992. Elle est entrée en vigueur le 29 décembre 1993).

- Cette définition officielle signifie que la vie sur la Terre comprend trois aspects interdépendants : la diversité des espèces, la diversité du bagage génétique de chaque individu et la diversité de tous les milieux terrestres et aquatiques qui sont autant d’ habitats essentiels au maintien des espèces dans leur diversité et la diversité de leurs populations et des individus qui les composent.

Nous proposons, pour enrichir la réflexion, cette définition : La biodiversité désigne, sur l’ensemble de la Terre ou dans un espace donné, l’ensemble de la diversité des êtres et associations d’êtres qui y vivent (homme compris) et de leurs interrelations, cet ensemble étant considéré comme une entité à la fois évolutive - car elle conditionne la perpétuation et l’adaptation du vivant - et fonctionnelle, car elle régule les processus nécessaires à la vie (les grands cycles de l’eau et des éléments chimiques, le climat, le renouvellement des sols, etc.). La biodiversité est un enjeu biologique, écologique, économique, éthique et culturel pour l’humanité, pour le présent et pour le futur. Aujourd’hui la biodiversité est en crise du fait de l’homme.

Pour plus d’information sur la définition de la biodiversité, cliquez ici.->

Qu’est ce que la biosphère ?

- C’est la couche formée, à la surface de la terre, par l’ensemble des êtres vivants et de leurs milieux de vie.

Qu’est-ce qu’une espèce ?

- Une espèce est un ensemble d’êtres vivants ayant un aspect semblable (ressemblance morphologique), féconds entre eux et engendrant des descendants eux aussi féconds.

Chaque espèce est désignée localement par un nom populaire mais il existe un nom scientifique en latin, le même dans tous les pays (exemple : Tettigonia viridissima, la Grande Sauterelle Verte ; Erithacus rubecula, le Rougegorge familier).

Qu’est-ce que le code-barre d’une espèce ?

- C’est un système de classification des animaux et des végétaux basé sur une courte séquence ADN qui permet d’identifier en quelques minutes, et sans erreur, n’importe quelle espèce vivante parmi les quelques 1,8 millions connues (à condition de disposer d’un laboratoire bien équipé et de compétences particulières).

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Qu’est-ce que la richesse spécifique ?

- La richesse spécifique correspond au nombre d’espèces en présence dans un peuplement ou une zone considérée.

Qu’est-ce que la diversité spécifique ?

- La diversité spécifique se définit à la fois par rapport au nombre d’espèces en présence (richesse spécifique) mais également en fonction de l’abondance relative des espèces dans le peuplement considéré (certaines espèces peuvent être communes ou au contraire très rares).

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Qu’est-ce qu’un peuplement ?

- Un peuplement est un ensemble d’individus appartenant à différentes espèces (donc un ensemble d’espèces).

Il existe différentes dimensions de peuplement :

1) la dimension spatiale : ensemble d’individus de différentes espèces appartenant au même écosystème (ex : le peuplement d’une haie)

2) la dimension taxinomique : ensemble d’individus de différentes espèces appartenant au même groupe taxinomique (ex : le peuplement des coléoptères)

3) la dimension fonctionnelle : ensemble d’individus de différentes espèces ayant la même fonction écologique (ex : le peuplement des herbivores).

Un peuplement fonctionnel se définit donc comme un ensemble d’individus en général du même groupe taxinomique occupant le même habitat et ayant la même fonction écologique.

Qu’est-ce qu’une population ?

- Une population est un ensemble d’individus appartenant à la même espèce (ex : une population de Coccinella septempunctata, la Coccinelle à 7 points).

Qu’est-ce qu’un écosystème ?

- Un écosystème est formé à la fois par un support physico-chimique appelé biotope (sol, air, eau...) et par l’ensemble des vivants du lieu qui constituent la biocénose. Chaque milieu a un nom qui le distingue des autres : marais, bosquet, haie, canopée. A chaque écosystème correspond un paysage différent.

Qu’est-ce que la biodiversité écosystémique ?

- C’est, au sein du même écosystème, l’abondance relative des espèces, la structure de leurs populations, et les processus biologiques qui relient les différentes espèces (prédation, parasitisme, mutualisme,...).

Que sont les gènes ?

- Les gènes sont des éléments chimiques déterminant les caractères apparents et les aptitudes d’un organisme, ils contiennent les instructions pour son développement. Leur ensemble constitue le génotype d’un individu. La couleur de vos yeux et de vos cheveux dépend de gènes.

Qu’est-ce que la biodiversité génétique ?

- C’est le fait qu’une même espèce peut présenter des populations différentes selon la localisation de son habitat et que, dans une même population, chaque individu a des particularités propres. Une race est une subdivision d’une espèce animale domestiquée fondée sur des caractères devenus héréditaires. L’horticulture crée de même des subdivisions d’espèces végétales qui en sont des variétés.

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Photo : Richard Blackbourn

Section 2 : Pourquoi ? Comment ?

 

Pourquoi est-il important de protéger la biodiversité ?

- Parce que notre avenir en dépend !

1) Pour la fourniture de biens et de services indispensables au développement et au bien être humain : Pour nos aliments, la plupart de nos médicaments, de nombreux matériaux (bois, textiles, ...), et même pour l’énergie dont nous avons besoin (que ce soit le pétrole, issu d’une "biodiversité fossile", ou la biomasse qui sera sans doute une ressource énergétique importante demain, et qui l’est déjà pour de nombreux habitants des pays du sud). Au delà de ces aspects purement matériels, nous dépendons des "services écologiques", comme le cycle de l’eau, de l’azote, du carbone, la stabilité et la fertilité des sols, la régulation du climat, la pollinisation, etc. Si on devait rémunérer les organismes vivants qui travaillent gratuitement à notre profit, le coût serait astronomique !

2) Parce que la diversité des êtres vivants, des milieux et des individus, est la base fondamentale de la dynamique de l’écosystème mondial, véritable "assurance vie" des générations futures, face aux changements globaux en cours (bouleversement climatique, ...) et face à l’incertitude.

3) Pour des raisons éthiques, philosophiques, religieuses, propres à chacun de nous. Mais aussi pour des raisons esthétiques, et pour la satisfaction de savoir qu’une espèce vit et n’est pas menacée de disparition...

Il y a, on le voit, plusieurs niveaux de réponse à cette question, mais une seule conclusion : Ne laissons pas disparaître les espèces vivantes les unes après les autres sans réagir.

 

Ne faudrait-il pas mieux se préoccuper d’abord de lutter contre la faim, la pauvreté, la guerre, et s’intéresser aux humains qui souffrent ?

- Bien sûr que notre première préoccupation, ce sont les enfants, les femmes, les hommes du monde entier...

C’est pour notre propre espèce qu’il est important d’agir, là ou nous sommes, pour la protection de l’environnement et de la diversité biologique. Dès aujourd’hui :

Parce que ce sont d’abord, et surtout, les populations les plus fragilisées, les plus pauvres, qui souffrent des désordres environnementaux.

Parce que la diversité des êtres vivants, des milieux et des individus, est la base fondamentale de l’écosystème mondial, véritable "assurance vie" des générations futures, face aux changements globaux en cours et face à l’incertitude.

Pour les raisons détaillées ci-dessus (les biens et les services écologiques), un développement durable ou soutenable n’est possible, aujourd’hui et demain que si les écosystèmes sont en bon état de fonctionnement. On peut être pauvre, mais vivre dignement dans un environnement sain, alors qu’on est condamné à la misère et à la déchéance si on est pauvre dans un environnement dégradé.

Les espèces ont toujours disparu. Peut-on vraiment dire qu’elles disparaissent plus vite qu’elles ne devraient ? Et que l’homme en serait la cause ?

- Il est dans la logique « naturelle » de l’évolution que des espèces apparaissent, et que d’autres s’éteignent, sur des échelles de temps longues. L’important, pour que le potentiel d’évolution du vivant se perpétue, c’est que le nombre d’espèces qui disparaissent ne soit pas supérieur, ou pas trop, à celui de celles qui apparaissent. Il est aussi important que la variabilité génétique, à l’intérieur de chaque espèce, soit suffisante pour permettre aux potentialités d’évolution de s’exprimer, ce qui implique que les effectifs conservés soient suffisamment importants.

D’après les informations que nous pouvons déduire des « archives paléontologiques », l’espérance de vie d’une espèce serait de l’ordre de 5 millions d’années, et le taux d’extinction « normal » de l’ordre de 0,002%. Ce qui devrait, compte tenu d’une biodiversité estimée actuellement à 10 à 20 millions d’espèces, nous conduire à constater entre 200 et 400 extinctions par siècle, ou autrement dit, 2 à 4 extinction par an, tout groupes animaux et végétaux compris.

Sans rentrer dans le détail des chiffres, les taux actuellement constatés sont de 500 à 600 fois plus élevés que ces valeurs attendues, alors même que nos observations sont limitées aux espèces que nous avons déjà identifiées. Selon l’UICN, Les taux d’espèces aujourd’hui menacées seraient respectivement de 24% pour les mammifères, de 11% pour les oiseaux, et de 11% pour les plantes vasculaires. Ce sont ces taux, particulièrement élevés, qui permettent à de nombreux auteurs de dire que nous sommes au seuil d’une sixième crise d’extinction de masse, après celle, bien connue, qui a vu la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années.

L’impact des activités humaines sur ces taux d’extinction est aujourd’hui bien connu, et attesté depuis le néolithique, voire, selon certains auteurs, le paléolithique supérieur. En dehors du bouleversement climatique en cours, dont la rapidité pose de nombreux problèmes d’adaptation aux organismes vivants, de nombreuses causes, directement liées aux activités humaines, peuvent être invoquées, telles que la destruction ou la modification des milieux, la prédation directe ou indirecte, l’introduction d’espèces invasives, sans oublier la pollution des milieux (pesticides et autres substances organiques, métaux lourds, etc.).

Le lecteur souhaitant approfondir cette question est invité à consulter l’essai d’Anne Teyssèdre : "Vers une sixième grande crise d’extinction ?" (pdf - 260 ko)

Quelles sont les causes de l’érosion de la biodiversité ?

Les causes de disparition de la biodiversité sont nombreuses, pour s’en souvenir un motHIPPO , expression mnémotechnique très pratique.

- H pour habitat, on les détruit.


- I pour invasive. Les espèces invasives, c’est-à -dire celles qui, introduites par l’homme, perturbent un écosystème. En France, l’arrivée du Vison d’Amérique est une cause essentielle de la disparition du Vison d’Europe.


- P pour pollution.


- P pour population. La population humaine est en croissance constante et aménage toujours plus son environnement.


- O pour overexploitation (HIPPO est au départ une expression anglaise) c’est-à-dire la surexploitation par la chasse, la pêche, le trafic commercial.

Une nouvelle cause s’ajoute à toutes les précédentes : Le bouleversement climatique en cours, dont le rythme est trop rapide pour que les espèces et les écosystèmes puissent s’adapter ou se déplacer.

Pourquoi faudrait-il favoriser l’agriculture biologique ?

- Favoriser la production biologique locale, c’est contribuer à épargner la nature (pas de pesticides ni d’engrais de synthèse, moins d’érosion des sols, ...), à maintenir des variétés locales (les dizaines de variétés de pommes de terre et les centaines de variétés de pomme, par exemple), à réduire les émissions de CO2 en diminuant les distances de transport.

La mise en place d’un système d’aides favoriserait l’essor de cette forme d’agriculture et d’élevage.

Remarque : Les productions bio sont favorables à l’environnement à condition qu’elles n’aient pas traversé océan(s) et continent(s) pour nous parvenir (exception faite bien sûr de cultures non "locales" comme le café, le thé et le chocolat, par exemple). Les productions "bio" industrielles ne sont pas aussi favorables, parce qu’elles entrent en concurrence avec les petits producteurs. Le maintien de petits producteurs éviterait un exode dévitalisant les zones rurales tant au Nord qu’au Sud.

 

Quels liens y a t-il entre la biodiversité et notre santé ?

- Il y a, au minimum, une forte synergie.

L’Arc, Association pour la Recherche sur le Cancer, la FNATH, association des accidentés de la vie, et le Coordonnateur du Pôle Areca (Alliance des Recherches sur le Cancer) ont présenté le 22 mars 2006 les résultats d’un programme, engagé depuis 2002, pour étudier le rôle de diverses nuisances vis-à-vis des cancers et mettre au point des méthodes d�évaluation des expositions professionnelles. Les premiers résultats obtenus concernent l’amiante et les produits phytosanitaires. Les risques de tumeurs cérébrales sont multipliés par 2,6 pour les populations agricoles les plus exposées à ces produits et par plus de 3,2 pour certains types de tumeurs du cerveau. Au delà des professions agricoles qui utilisent ces produits dans le cadre de leurs activités professionnelles, ces résultats concernent également les personnes amenées à jardiner ou qui entretiennent leurs plantes d’intérieur avec ces produits.

On a observé une augmentation significative du risque de cancer chez le jardinier du dimanche qui traite son verger ou son potager avec des pesticides donc qui maltraite la biodiversité. Croyant privilégier ses fruits et ses légumes, en fait il se met en danger...

Pour en savoir plus l’impact des pesticides sur notre santé, voir le dossier de la Ligue ROC sur les pesticides, ou télécharger le rapport Arc / FNATH (Format pdf).

Par ailleurs, selon Andrew Dobson, de l’Université de Princeton, de nombreux pathogènes ne sont aptes à menacer les êtres humains que lorsque leur environnement naturel a subi des perturbations. La biodiversité est ainsi une importante barrière contre les maladies et, en particulier, contre les maladies à vecteurs (comme le paludisme), car ils tendent à s’attaquer aux êtres humains lorsque la biodiversité s’affaiblit.

En complément, voir aussi sur le site du Centre canadien de Recherche pour le Développement International (CRDI) ce texte : "Tuons-nous les plantes qui peuvent nous guérir ?"

 

Qu’est-ce que "l’hypothèse Gaïa" ?

- Cette hypothèse devenue théorie fut élaborée par le scientifique anglais James Lovelock : La terre, les êtres vivants qui la peuplent et son atmosphère sont conçus comme un organisme géant qu’il a nommé Gaïa en référence à la déesse Terre dans la mythologie grecque.

Cependant, James Lovelock a exprimé, à plusieurs reprises, ses distances avec certaines interprétations de sa théorie. Certains courants de pensées "New age" et d’autres se réclamant de l’écologie radicale "Deep ecology" s’en sont emparés. Cela donne lieu à des débats que nous n’ignorons pas mais dont ce site n’est pas le lieu.

Pour information : le spécialiste francophone de cette théorie est Jacques Grinevald, philosophe, professeur à l’Institut universitaire d’études du développement, à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et à l’Université de Genève. Vous pouvez lire en cliquant ici un exposé complet de cet universitaire.

 

Dans le match en cours, les forces de préservation de la biodiversité peuvent-elles l’emporter ?

- Si la population ’humaine et son activité industrielle ont des répercutions négatives sur le vivant, une prise de conscience existe, et si le rythme des extinctions se poursuit à vitesse accélérée, l’information circule de mieux en mieux et c’est bien à des humains qu’on le doit aussi. C’est une étape nécessaire qui fait qu’un homme averti en vaut deux. C’est toujours le premier pas qui coûte. Mais beaucoup de personnes font déjà des gestes "bons pour la planète". Malgré les constats parfois effarants, il y a des signes d’espoir.

Nous voilà donc avec deux forces en présence dont nul ne peut savoir laquelle l’emportera.

Hubert Reeves, la Ligue ROC, et tous les contributeurs de ce site ont clairement décidé de défendre les couleurs de la biodiversité. Et déjà d’autres contributions parviennent... c’est comme la boule de neige qui n’était qu’une bille au départ et qui grossit, grossit, grossit et devient énorme...

Il n’est plus possible de ne pas choisir son camp, de rester les bras croisés. Et la période électorale déjà commencée doit permettre de mesurer le défi à relever, de regarder de près les idées et les propositions émises par les candidats, sans oublier de s’impliquer soi-même pour faire en sorte que les élus soient le reflet de qui les élit sans leur donner carte blanche.

 

Quelles mesures gouvernementales aident les particuliers à protéger la biodiversité ?

- Le gouvernement a décidé d’encourager toute adhésion aux associations de protection de la nature, et de favoriser la lutte contre l’effet de serre dont on sait qu’il aggrave les risques d’érosion de la biodiversité. Des possibilités de bénéficier de mesures fiscales sont offertes à tout particulier soumis à l’impôt sur les revenus.

Exemples :


- S’il cotise ou fait un don à une association reconnue d’utilité publique ou d’intérêt général (défense de la nature), une réduction d’impôt lui est accordée, égale à 66% du versement total effectué (dans la limite de 20% du revenu imposable),


- Si, dans son habitation principale (de plus de 2 ans d’existence), il installe un équipement utilisant le soleil ou le vent, ou s’il effectue des travaux d’isolation, il bénéficie d’un crédit d’impôt (maximum 50%).


- S’il achète un véhicule moins énergivore (véhicule hybride, par ex), le crédit d’impôt est de 2000 euros...

Voir : www.ecologie.gouv.fr ; ou cliquez ici pour télécharger le document.

 

Et L’Europe ?

- L’Europe, c’est une grande diversité de socio-écosystèmes dont aucun ne peut s’imposer à tous les autres. Comme dans tout regroupement qui cherche un consensus, on ne peut avancer que par compromis successifs à partir d’expériences vécues dans tel pays et de réussites dans tel autre. Dans cette perspective, il nous semble important que notre pays soit capable d’avancées majeures pour la biodiversité.

Ainsi, par exemple, l’approche des réseaux hydrographiques par bassin a été inventée en France en 1964, reconnue comme valable et reprise ultérieurement par une directive européenne (la "directive européenne cadre eau"). Le grand intérêt de cette démarche est le suivant : Dans chaque pays (subsidiarité) sur la totalité du territoire, sont repérées les "masses " d’eau (en clair des écosystèmes aquatiques : rivière, lac, nappe, etc...), puis un état écologique est dressé (inventaire scientifique) puis une concertation entre les acteurs locaux permet de déterminer des objectifs de "bon état écologique", puis un programme d’action est déterminé, des actions engagées, avec un objectif d’atteindre le dit bon état en 2015.

Sur la biodiversité, un consensus doit se bâtir en France, basé sur une gouvernance plus efficace (un état garant, la responsabilisation des élus et des acteurs locaux s’appuyant sur une démocratie représentative renforcée), des orientations de long terme et l’évaluations des résultats, etc... L’un de nos objectifs est de susciter en France ce nouvel état d’esprit. Réussissons. Et proposons alors aux autres pays d’y regarder de plus près.

Ressource complémentaire : Télécharger (format pdf) le document de la Commission "Enrayer la diminution de la biodiversité à l’horizon 2010 et au delà".

Pour sauver la biodiversité, ne faut-il pas décider au niveau mondial ?

- En effet, bien que les problèmes soient mondiaux, il n’existe pas (encore) de gouvernance mondiale globale et transversale sur ce sujet.

Mais un cadre institutionnel international, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), existe déjà. Des conventions internationales, comme la CDB, qui traite entre autre de la souveraineté des nations sur les ressources biologiques, ou laCITES sur le commerce international des espèces menacées sont déjà en place et permettent, dans certains domaines limités, d’apporter un début de réponse à cette question de la gouvernance mondiale de la biodiversité. Un processus consultatif, à l’initiative des scientifiques, travaille lui à la mise en place d’un réseau d’expertise et de veille international sur la biodiversité, analogue au GIEC (IPCC) sur le climat. Il s’agit de l’IMoSEB.

Il appartient à l’Europe, et à chacun de ses pays membres d’intégrer les considérations environnementales dans leurs politiques et d’influencer d’autres organes des Nations unies et des institutions financières internationales pour accroître le degré d’intégration de ces considérations...

La Communauté européenne et ses États membres sont parties à la convention des Nations Unies sur la diversité biologique et participent à son suivi. Le protocole relatif à la biosécurité (dit protocole de Cartagène) a été ratifié en 2002.

La stratégie européenne pour le développement durable adoptée par le Conseil européen de Göteborg reprend l’objectif de mettre fin au déclin de la biodiversité d’ici à 2010, comme énoncé dans le 6e programme d’action pour l’environnement.

Mais comme partout, le "principe de subsidiarité" (agir au niveau le plus pertinent et efficace), doit s’appliquer. Et mieux vaut compter sur la mobilisation citoyenne des élus et des électeurs dans chacun des pays...

 

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www.biodiversite2012.org

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