Biodiversité et développement durable

" Biodiversité " : Les enjeux qui se cachent derrière ce néologisme

Article collectif de Aye-Aye environnement - Groupe de travail animé et coordonné par Philippe Macquet

Avec la contribution extérieure et très active de M. Francis Hallé.

Résumé
Historiquement, la notion de diversité biologique forgée par les scientifiques fut d’abord synonyme de diversité des espèces. Elle trouve une portée plus large avec la préparation du « Sommet de la Terre », en 1992, à Rio de Janeiro.
Le contexte politique, économique et social - par la mobilisation qu’a entraîné ce sommet mondial - est tel que le concept de biodiversité se mue rapidement en un problème d’environnement global.
De la vision de « quelques » espèces localement menacées, on est passé à l’idée d’une crise écologique planétaire, laquelle peut générer une possible disparition massive d’espèces. C’est ainsi que l’on prépare, dans l’urgence, une Convention internationale sur la Diversité Biologique (CBD), qui sera finalement signée par 157 pays à la fin de la Conférence.
C’est donc au cours de cette décennie que le terme a pris une portée nouvelle et s’est trouvé, outre sa dimension écologique, élargi à d’autres enjeux.
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Le développement durable l’est-il encore pour longtemps ?

Par Michel Trommetter et Jacques Weber

Ce texte est extrait du livre "Biodiversité et changements globaux", publié en janvier 2005 en préparation de la conférence "Biodiversité, science et gouvernance", et reproduit ici avec l’aimable autorisation de l’éditeur.

Introduction : les enjeux.

Le concept de développement durable tel qu’employé aujourd’hui a été défini il y a 17 ans, par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (Cmed), présidée par Madame Gro Harlem Bruntland, qui a donné son nom au rapport de la Commission. La définition est la suivante :

« Un développement qui satisfait les besoins de la génération présente en préservant pour les générations futures la possibilité de satisfaire les leurs. »

Bien que se situant avant le sommet de Rio de Janeiro sur le développement et l’environnement (1992), le rapport Bruntland héritait une réflexion déjà ancienne, issue des conférences de Stockholm (1972) et Cocoyoc (1974), déjà sur l’environnement et le développement. Le présent ouvrage est publié 30 ans, soit une génération, après Cocoyoc, dont la déclaration disait déjà :

« Bien que trente ans se soient écoulés depuis la signature de la Charte des Nations unies, point de départ tendant à établir un nouvel ordre international, l’humanité se trouve aujourd’hui devant un choix critique. L’espoir de donner une vie meilleure à la famille humaine tout entière a été largement déçu (...). Au contraire, il y a plus d’affamés, de malades, de sans-abri et d’analphabètes que lors de la création des Nations unies. »

Cinquante ans - deux générations - après la Charte des Nations unies, il n’est peut-être pas si caricatural de se demander combien de temps durera le développement « durable ».

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www.biodiversite2012.org

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