Biodiversité et climat avant et après Copenhague
Lundi, 09 Novembre 2009 09:36
Le Colloque Orée : Biodiversité et climat avant et après Copenhague - Rencontres d’experts s'est déroulé jeudi 5 novembre après midi.
Jacques WEBER, économiste au CIRAD, chargé de l'élaboration du programme avec l'association Orée a sollicité des experts du changement climatique, de la biodiversité et des économistes de premier plan pour permettre aux participants de cerner les contours de ce que pourrait être le monde d'après Copenhague.
Cette après midi de conférence fut l'occasion de faire passer auprès des 200 personnes qui composaient le public, des messages forts :
- sur le caractère de Janus des évolutions du climat et de la biodiversité,
- sur les conséquences potentielles d'un échec ou d'un succès de Copenhague,
- sur les marges de manoeuvre, et les coûts associés.
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Biodiversité, changements globaux et développement durable : De nouveaux concepts pour de nouvelles approches
Mardi, 28 Juillet 2009 14:59
Ce texte est un extrait remanié d’un article (Chevassus et al, 2004) paru dans l’ouvrage collectif « Biodiversité et Changements globaux » publié par l’adpf (Association pour la Diffusion de la Pensée Française) à l’occasion de la conférence internationale de Paris de janvier 2005 sur la Biodiversité, et paru également dans "Pour la Biodiversité - Manifeste pour une politique rénovée du patrimoine naturel", éditions A.Venir 2005.
Par Bernard Chevassus-au-Louis, Robert Barbault et Patrick Blandin
Résumé : Nous avons vécu ces dernières années trois transitions :
La première transition est le passage d’une conception classique, séquentielle, allant de la connaissance à l’action, à une vision beaucoup plus systémique, dans laquelle les trois aspects de description, de compréhension et de gestion se développent simultanément et de manière interactive, afin que chaque activité bénéficie aussi vite que possible des résultats des autres.
La seconde transition est celle qui amène à abandonner la notion d’état d’équilibre des écosystèmes, vision déterministe qui voudrait les considérer comme le résultat d’une longue optimisation que l’homme viendrait perturber. S’y substitue une vision beaucoup plus contingente, marquée par l’histoire, selon laquelle ce sont les potentialités évolutives qu’il convient de préserver, l’état à un instant donné ne pouvant être considéré comme une référence absolue.
Autre transition, celle qui conduit à ne plus se focaliser seulement sur les espèces rares et les espaces protégés et à s’intéresser à la nature ordinaire, à la dynamique des espèces « banales ».
D’où deux autres conséquences de cette notion de durabilité : celle qui oblige à dépasser l’opposition que voient certains entre innovation et précaution, qui traduirait deux visions antagonistes du monde, pour réunir ces deux notions dans le concept « d’innovation durable » ; la nécessaire prise en compte de la diversité culturelle et de ces liens complexes avec la biodiversité, y compris dans la conception même de la notion de « nature ».
L’ensemble de ces nouvelles visions amène à l’évidence à promouvoir une « culture du débat », dès lors que l’état de la nature à un moment donné, et surtout son devenir, ne peuvent prétendre résulter de « lois » scientifiques et doivent donc faire l’objet d’une confrontation entre les conceptions et les attentes de l’ensemble des parties prenantes. Ces parties prenantes ne pouvant se réduire aux humains actuels, nous sommes amenés à poser la question de la représentation des générations à venir et surtout de la biodiversité dans ces débats.
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