Biodiversité : diversité biologique ou diversité du vivant.
Définition officielle : variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie : cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes. (article 2 de la Convention sur la diversité biologique, adoptée le 22 mai 1992 et ouverte à la signature des Etats lors de la Conférence de Rio le 5 juin 1992, entrée en vigueur le 29 décembre 1993)
Origine du mot : Le mot biodiversité est un néologisme composé à partir des mots biologie et diversité. L’expression « biological diversity » a été inventée par Thomas Lovejoy en 1980 tandis que le terme « biodiversity »lui-même a été inventé par Walter G Rosen en 1985 lors de la préparation du « National Forum on Biological Diversity » organisé par le « National Research Council » en 1986 ; le mot « biodiversité » apparaît pour la première fois dans une publication en 1988 lorsque l’entomologiste américainE.O. Wilson en fait le titre du compte rendu de ce forum. Ce dernier en donne la définition suivante : « la totalité de toutes les variations de tout le vivant ». Le succès de ce néologisme tient au fait qu’il a symbolisé l’émergence de plusieurs nouveaux regards sur cette diversité du vivant.
Une propriété du vivant : la diversité du vivant sur notre planète s’appréhende d’abord dans sa dimension de diversité immense des espèces. On estime aujourd’hui à plus de dix millions le nombre d’espèces d’êtres multicellullaires (dont huit millions d’espèces d’insectes) et de un à dix milliards le nombre d’espèces d’êtres unicellullaires (eucaryotes et procaryotes). Nous ne connaissons qu’une très faible partie de cette diversité spécifique : environ 1,7 millions d’espèces d’êtres multicellullaires ont été décrites à ce jour. Mais la diversité du vivant est encore plus complexe. Tout d’abord elle est présente à chaque niveau d’organisation du vivant, depuis la diversité des gènes, la diversité entre individus (et au cours du temps dans la vie d’un individu), entre groupes puis populations au sein d’une espèce, puis dans les interrelations de ces individus, populations, espèces entre elles et avec l’environnement, suivant le temps, et l’espace, les lieux, milieux, écosystèmes. La Terre abrite une extraordinaire diversité biologique, qui inclut non seulement les millions d’espèces qui habitent notre planète, mais aussi la diversité de leurs gènes, physiologies et comportements, la multitude des interactions écologiques entre elles et avec leur environnement physique, et la variété des écosystèmes complexes qu’elles constituent. On distingue en général au moins trois niveaux : la diversité écologique (les écosystèmes) ; la diversité spécifique (les espèces) ; la diversité génétique (les gènes).
Nous observons la diversité du vivant à différentes échelles, selon l’outil utilisé. L’oeil perçoit quelques éléments d’un paysage, les populations et les plus grands individus d’une biocénose, qui est un ensemble fonctionnel de populations animales et végétales. Mais les techniques de prises de vue aériennes ou d’imageries satellitaires sont nécessaires pour appréhender l’ensemble de ce paysage. A l’inverse, des techniques de grossissement sont indispensables pour observer des micro-organismes ou, pour distinguer des individus qui paraissent semblables à première vue. L’outil moléculaire permet enfin de différencier les constituants de base du vivant qui sont le siège des potentialités biochimiques, physiologiques et adaptatives inscrites dans le patrimoine génétique de chaque individu. Mais au-delà , si l’on étudie encore les composantes de la biodiversité (inventaires des écosystèmes, des flores et des faunes), on cherche de plus en plus à en comprendre le fonctionnement. On a franchi une étape dans la compréhension du système, de la complexité du vivant en général, en passant de sa description à l’étude de son fonctionnement.
Le moteur du vivant : Cette biodiversité est le produit de plus de 3 milliards d’années d’évolution, suivant deux mécanismes complémentaires : les différenciations et les mutations liées à la reproduction, le « tri » qu’opère ensuite l’environnement dans la survie des individus porteurs de cette mutation avant leurs reproductions. Les scientifiques constatent aujourd’hui que les mutations sont choses courantes au moment de la reproduction, en général avec peu d’effet notable : c’est en fait les grands nombres qui aboutissent à des différences marquantes dans le temps long des âges géologiques. La différenciation est accélérée dans le cas de la reproduction sexuée, qui brasse les gênes à chaque génération. Les impacts de l’environnement (c’est à dire des autres individus, des autres espèces, des autres milieux, de toutes les autres interactions) jouent aussi de manière extrêmement variée dans l’espace (sur toute la terre, du fond des océans à la haute atmosphère) et dans le même temps long. D’où l’importance de la compréhension de ces interactions multiples pour tenter de comprendre ce moteur du vivant. Et cette diversité permet à l’ensemble vivant, à la biosphère (ensemble des êtres vivants sur Terre) de réagir et perdurer face aux multiples changements de l’environnement terrestre (depuis la chute d’une météorite aux évolutions du climat en passant par toutes les modifications quotidiennes de ces interactions). En effet, si tel individu, telle espèce, tel milieu est affecté par un changement voire est détruit, d’autres individus, d’autres espèces, d’autres milieux survivront. La diversité est un gage de survie, c’est même l’un des deux éléments essentiels de la perpétuation de la vie sur Terre, avec la reproduction. On peut dire que la reproduction et la biodiversité sont les deux mécanismes, les deux moteurs fondamentaux de la vie.
La biodiversité est une dimension essentielle du vivant, car elle est porteuse du potentiel évolutif qui garantit la capacité d’adaptation des espèces et des écosystèmes face aux changements, auxquels elle participe d’ailleurs elle-même : la biodiversité est une dynamique des interactions dans des milieux en changement. Ainsi, la biodiversité représente un réseau complexe d’espèces et d’habitats en interdépendance et constitue le " moteur " du Vivant, la source et le gage de la pérennité des autres ressources. Désormais, les scientifiques du vivant dépassent la simple connaissance de la présence et absence d’espèces, qui est insuffisante : les caractéristiques et le fonctionnement des écosystèmes sont également déterminés par les interactions entre les espèces. La richesse actuelle du vivant est un résultat de l’évolution qui constitue un potentiel d’évolution pour le futur.
La crise de la biodiversité : depuis des dizaines d’années, les scientifiques ont pris conscience d’une disparition de nombreuses espèces à un rythme très supérieur à ce que les observations du passé géologique ont pu nous permettre de repérer. Le rythme actuel est très largement supérieur en vitesse d’élimination à ce qu’il fut lors des cinq grandes extinctions connues il y a des millions d’années. Nous sommes face à une sixième extinction. Non seulement des espèces emblématiques sont en danger, comme le tigre ou l’ours blanc, mais des espèces communes, comme l’hirondelle, le moineau, la perdrix grise. Mais ce ne sont pas seulement des espèces, mais bien des écosystèmes entiers qui disparaissent (plus de 50% des zones humides françaises ont disparu en trente ans ; la forêt primaire équatoriale recule à très grande vitesse, les zones de mangroves, des récifs coralliens disparaissent ou meurent). En fait, derrière ces disparitions d’espèces ou de milieux, ce sont des chaînes entières d’interactions, et donc d’autres espèces qui disparaissent. La richesse de la biodiversité est en régression, et donc le potentiel évolutif et adaptatif du vivant est touché. L’un des moteurs du vivant a des ratés.
L’homme dans la biodiversité : la biodiversité c’est « tout le vivant », donc l’homme en fait partie. Si la biodiversité c’est la dynamique des interactions, alors il faut prendre en compte les interactions essentielles de l’homme et du reste du vivant. De part tout d’abord le nombre de ces membres, l’espèce humaine a un impact très fort sur la biosphère, et ce depuis très longtemps. Elle a utilisé le vivant comme ressource, non seulement pour sa nourriture, pour se soigner, mais aussi pour de nombreux matériaux, pris dans le vivant actuel (bois, coton, ...) ou dans le vivant passé (calcaire, charbon, pétrole, ...). Elle a bénéficié des services du vivant depuis la stabilisation d’une atmosphère respirable à la limitation des évolutions climatiques, en passant par la dépollution des eaux ou la pollinisation. Le vivant est une ressource vitale pour l’homme, et donc la capacité d’évolution de pérennité du vivant est un enjeu de survie pour l’homme.
L’homme est la seule espèce consciente, aujourd’hui, donc à penser son environnement, et à façonner cet environnement. Le vivant est, de fait, investi de valeurs symboliques, culturelles et identitaires. L’homme est donc confronté à la diversité du vivant pour des raisons d’ordre biologique, écologique, mais aussi économique, éthique, culturel. Or les impacts de l’homme sur le vivant, et en particulier la biodiversité, ont pris, depuis un siècle, un tour dangereux pour cette biodiversité, avec des prélèvements excessifs, mais surtout des atteintes « indirectes » (urbanisation, pollution, changement climatique, etc...) destructrices, dépassant les rythmes de destruction jamais atteints dans l’histoire géologique. Or nous ne pouvons plus croire que les ressources naturelles, vivantes sont inépuisables, nous ne pouvons plus croire que le vivant est indestructible, et surtout que le vivant qui nous est indispensable est éternel. La destruction de la biodiversité, c’est la destruction des potentiels pour le futur, c’est la destruction des ressources pour l’homme, c’est la mise en danger de l’humanité elle-même.
Il est donc essentiel de mieux connaître la biodiversité, et en premier lieu son fonctionnement dans les interrelations de l’homme avec le reste du vivant, et de veiller à préserver les potentiels d’évolution de cette biodiversité. L’homme, conscient de son impact, de ses actes, se trouve en position responsable pour préserver l’avenir du vivant, c’est à dire son propre avenir.
Et ceci peut s’appliquer aussi à la « biodiversité domestique », par la meilleure connaissance et préservation de toutes les variétés d’espèces domestiquées, agricoles, depuis que l’homme du néolithique a commencé à sélectionner, croiser, trier. Là encore, il faut préserver les potentiels d’évolution, d’adaptation demain à des conditions différentes, nécessitant de mobiliser d’autres espèces pour continuer à nous nourrir, à nous vêtir, etc...
Proposition de définition : La biodiversité désigne, sur l’ensemble de la Terre ou dans un espace donné, l’ensemble de la diversité des êtres et associations d’êtres qui y vivent (homme compris) et de leurs interrelations, cet ensemble étant considéré comme une entité à la fois évolutive - car elle conditionne la perpétuation et l’adaptation du vivant - et fonctionnelle, car elle régule les processus nécessaires à la vie (les grands cycles de l’eau et des éléments chimiques, le climat, le renouvellement des sols, etc.). La biodiversité est un enjeu biologique, écologique, économique, éthique et culturel pour l’humanité, pour le présent et pour le futur. Aujourd’hui la biodiversité est en crise du fait de l’homme.

- Photo : Gilles Pipien
Et quelques sources :
Convention sur la diversité biologique, conclue à Rio de Janeiro le 5 juin 1992 , à l’article 2 :
« diversité biologique : variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie : cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes. »
Déclaration finale / appel de Paris, du comité scientifique lors/de la conférence internationale Biodiversité : science et gouvernance (24-28 janvier 2005) :
« La biodiversité constitue un patrimoine naturel et une ressource vitale pour toute l’humanité
La Terre abrite une extraordinaire diversité biologique, qui inclut non seulement les millions d’espèces qui habitent notre planète, mais aussi la diversité de leurs gènes, physiologies et comportements, la multitude des interactions écologiques entre elles et avec leur environnement physique, et la variété des écosystèmes complexes qu’elles constituent. Cette biodiversité, qui est le produit de plus de 3 milliards d’années d’évolution, constitue un patrimoine naturel et une ressource vitale dont l’humanité dépend de multiples façons :... »
Stratégie Nationale pour la Biodiversité, résumé (MEDD février 2004) :
« La biodiversité est une dimension essentielle du vivant. Elle s’exprime par la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des écosystèmes. Elle est porteuse du potentiel évolutif qui garantit la capacité d’adaptation des espèces et des écosystèmes face, notamment, au changement global. La biodiversité est un enjeu vital pour les sociétés humaines par les biens et services qu’elle procure. Les utilisations qui en sont faites ont marqué les paysages et l’ont façonné en retour. Elle est, de fait, investie de valeurs symboliques, culturelles et identitaires. L’homme doit préserver la diversité du vivant pour des raisons d’ordre éthique, culturel, biologique, écologique, mais aussi économique. » Introduction : « la diversité biologique, ou biodiversité, désigne la diversité de toute forme de vie sur Terre. Elle s’exprime à plusieurs niveaux : la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des écosystèmes. »
Site www.biodiversite.org (mai 2007) :
« Officiellement, la biodiversité est définie par la CDB (Convention sur la Diversité Biologique) comme étant la "variabilité des organismes vivants, de quelque origine qu’ils soient, incluant notamment les écosystèmes et les complexes écologiques dont ils font partie (...) Cela comprend la diversité au sein des espèces, entre espèces ainsi que celle des écosystèmes". . ( La Convention sur la biodiversité a été adoptée le 22 mai 1992 et ouverte à la signature des Etats lors de la Conférence de Rio en juin 1992. Elle est entrée en vigueur le 29 décembre 1993). Cette définition officielle signifie que la vie sur la Terre comprend trois aspects interdépendants : la diversité des espèces, la diversité du bagage génétique de chaque individu et la diversité de tous les milieux terrestres et aquatiques qui sont autant d’habitats essentiels au maintien des espèces dans leur diversité et la diversité de leurs populations et des individus qui les composent. »
Site de la ligue ROC :
« Qu’est-ce que la biodiversité ? Le grand scientifique américain, Edward O. Wilson, considéré comme l’inventeur du mot biodiversity, en donne la définition suivante : « la totalité de toutes les variations de tout le vivant » Selon les scientifiques, la biodiversité est la dynamique des interactions dans des milieux en changement. Elle se décline en diversité écologique (les milieux ), diversité spécifique (les espèces), et diversité génétique.
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Cette définition nous enseigne que protéger la nature c’est protéger la capacité d’adaptation du vivant. Il faut avoir en mémoire que pour une espèce qui disparaît de nombreuses interactions disparaissent. Supprimer une espèce c’est donc changer le cours des choses, une atteinte à la liberté qu’a le monde de se déployer ( Jacques Blondel- CNRS lors de la Conférence de Paris sur la biodiversité en janvier 2005).
La biodiversité est un concept scientifique mais c’est également du concret, elle inclut en effet : des valeurs morales, esthétiques et culturelles. C’est l’animal qui a le droit de vivre ou le paysage que l’on admire. des productions de biens tels que nourriture, bois, textiles, médicaments. C’est la variété de nos fromages ou 70% de certains de nos médicaments des plus importants. des équilibres globaux et différents phénomènes comme la pollinisation, la qualité des eaux, la fertilité des sols, la protection contre les maladies. Dans une région himalayenne on a dû réintroduire des insectes pollinisateurs pour maintenir la production de fruits. En France 75% des rivières sont polluées par les pesticides. »
Bernard Chevassus-au-Louis (message électronique mai 2007) :
« La biodiversité désigne, dans un espace donné, l’ensemble de la diversité des êtres qui y vivent (homme compris) et de leurs relations, cet ensemble étant considéré comme une entité à la fois évolutive et fonctionnelle. »
Bernard Chevassus-au-Louis (in conférence du 16 décembre 2004, INRA) :
Jacques Weber, directeur de l’IFB :
« L’ensemble du système vivant planétaire et de ses interactions »
Association « Semences paysannes » :
« Les variétés paysannes constituent une opportunité pour accroître la biodiversité cultivée (agrobiodiversité) Chaque terroir, chaque système agraire, chaque besoin alimentaire ou culturel nécessite sa variété contrairement au système « engrais-pesticides » qui impose partout un nombre restreint de variétés. De plus, les modes de cultures qui sont liés à ces variétés paysannes sont facteurs de préservation des ressources naturelles au sens large, car les plantes tendent vers une utilisation optimale des possibilités du milieu environnant, avec un impact positif sur plusieurs composantes de l’environnement, par exemple en matière de stabilisation des sols ou de biodiversité sauvage ou cultivée Un manque de reconnaissance, tant sur le plan scientifique et technique que sur le plan réglementaire De manière isolée et indépendante, des paysans et associations ont effectué un énorme travail de sélection évolutive (ou conservatrice) et de multiplication de semences et plants adaptés à leur terroir et/ou présentant des caractéristiques qualitatives intéressantes »
Le site du Centre d’Echange français pour la Convention sur la diversité biologique :
« Le mot de biodiversité a été forgé récemment en 1985 par W. G. Rosen à l’occasion d’un colloque. Mais ce concept a reçu une véritable popularisation dans le monde politique et dans la société en 1992 lors du sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio de Janeiro où, pour la première fois, on a pris conscience, à une échelle planétaire, de la dégradation de la nature. Pourtant la biodiversité est un objet d’étude très ancien. Les naturalistes étudient depuis des siècles la diversité des faunes, des flores et des écosystèmes. En somme, depuis très longtemps, ils font de la biodiversité, eux aussi, sans le savoir ! Le concept de biodiversité est défini par la convention sur la diversité biologique comme : « la variabilité des êtres vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie : cela comprend la diversité au sein des espèces, ainsi que celle des écosystèmes » (art. 2).
Les trois niveaux d’organisation de la biodiversité :
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Aujourd’hui, on étudie encore les composantes de la biodiversité (inventaires des écosystèmes, des flores et des faunes), pourtant, on cherche de plus en plus à en comprendre le fonctionnement. On a franchi une étape dans la compréhension du système, en passant de sa description à l’étude de son fonctionnement.
Enfin, il faut savoir que, de plus en plus, les scientifiques essayent de resituer la biodiversité dans une perspective environnementale plus large et on assiste à une intégration de la biodiversité dans les problèmes de société. Il y a d’abord une prise en compte du rôle de l’homme, soit en terme de dépendance directe (pour ses ressources biologiques, pour ses ressources alimentaires), soit en terme de dépendance indirecte par rapport aux services écologiques que rend la biodiversité (interférence avec les climats, bien-être que procure la nature...). »
L’IRD
« La biodiversité est tout simplement la variété du monde vivant. Nous ne sommes pas étrangers à cette diversité : le vivant a une unité. L’homme vit de la nature vivante : il y trouve des ressources, mais aussi des modèles que sa technologie développe. Il l’a trop souvent surexploitée ou gaspillée. Aujourd’hui, il entrevoit la nécessité de la perpétuer : pour cela, il lui faut mieux la connaître. Nous observons la diversité du vivant à différentes échelles, selon l’outil utilisé. L’oeil perçoit quelques éléments d’un paysage, les populations et les plus grands individus d’une biocénose, qui est un ensemble fonctionnel de populations animales et végétales. Mais les techniques de prises de vue aériennes ou d’imageries satellitaires sont nécessaires pour appréhender l’ensemble de ce paysage. A l’inverse, des techniques de grossissement sont indispensables pour observer des micro-organismes, ou pour distinguer des individus qui paraissent semblables à première vue. L’outil moléculaire permet enfin de différencier les constituants de base du vivant qui sont le siège des potentialités biochimiques, physiologiques et adaptatives inscrites dans le patrimoine génétique de chaque individu. »
Le CEMAGREF, Jean Jacques Brun :
« La biodiversité représente pour moi un " réseau complexe d’espèces et d’habitats en interdépendance ". Elle est le " moteur " du Vivant, la source et le gage de la pérennité des autres ressources. Désormais les scientifiques du vivant savent que la simple connaissance de la présence et absence d’espèces est insuffisante. En effet les caractéristiques et le fonctionnement des écosystèmes sont également déterminées par les interactions entre les espèces. »
et son collègue Philippe Boët :
« La biodiversité a longtemps été considérée sous le seul aspect richesse en espèces. En réalité la biodiversité s’applique au gène, à l’écosystème ou au paysage, ainsi qu’à la complexité du monde vivant en général. Sur le plan scientifique, on peut dire que la richesse actuelle du vivant est un résultat de l’évolution qui nous donne un potentiel d’évolution pour demain, mais on ne peut pas aller beaucoup plus loin à mon sens. »
et enfin, Patrick Blandin :
« Le terme « biodiversité » évoque la diversité des espèces à la surface du globe. Titre d’un colloque tenu aux USA en 1986 et du livre qui en est issu en 1988, ce terme s’est répandu dans le grand public après le Sommet de la Terre. Si la notion de diversité des espèces au sein des écosystèmes remonte aux années 40, la diversité du vivant s’appréhende aujourd’hui de façon plus complexe : on distingue la diversité écologique qui correspond aux différents milieux dans un paysage, la diversité en espèces d’un écosystème et enfin la diversité génétique au sein d’une espèce, distribuée entre différents individus. Ces trois niveaux de diversité sont tous à prendre en considération, car ils sont interdépendants. Un débat se développe dans les années 60 : la diversité des espèces dans une communauté garantit-elle sa stabilité ? Les controverses se poursuivent jusqu’à la fin des années 70. En fait, dans une perspective évolutionniste, l’important est de constater que la biodiversité actuelle est héritée de l’histoire et constitue l’unique potentiel d’évolution pour l’avenir. »
« La biodiversité est la diversité du monde vivant dans toutes ses manifestations. Elle désigne la diversité des espèces, celle de leurs gènes, la diversité des relations et des dépendances entre les espèces peuplant un même milieu, celle des liens inféodant les espèces à leur environnement. Elle comprend, enfin, la diversité des milieux, des paysages qu’ils composent et des rapports que l’Homme entretient avec les paysages et les organismes vivants qu’ils abritent. Elle reflète et conditionne l’histoire évolutive des espèces, leurs capacités d’évolution et d’adaptation, l’équilibre et la pérennité des écosystèmes. »
Wikipedia : article au 6 mai 2007Â :
« Le mot biodiversité est un néologisme composé à partir des mots biologie et diversité. La biodiversité désigne la diversité du monde vivant au sein de la nature.
L’expression biological diversity a été inventée par Thomas Lovejoy en 1980[1] tandis que le terme biodiversity lui-même a été inventé par Walter G. Rosen en 1985 lors de la préparation du National Forum on Biological Diversity organisé par le National Research Council en 1986 ; le mot « biodiversité » apparaît pour la première fois dans une publication en 1988 lorsque l’entomologiste américain E.O. Wilson en fait le titre du compte rendu[2] de ce forum[3]. Le mot biodiversity avait été jugé plus efficace en terme de communication que biological diversity.
Depuis 1986, le terme et le concept sont très utilisés parmi les biologistes, les écologues, les écologistes, les dirigeants et les citoyens. L’utilisation du terme coïncide avec la prise de conscience de l’extinction d’espèces au cours des dernières décennies du XXe siècle.
En juin 1992, le sommet planétaire de Rio de Janeiro a marqué l’entrée en force sur la scène internationale de préoccupations et de convoitises vis-à -vis de la diversité du monde vivant. »




