Depuis 2500 ans, Marseille a été choisi pour sa rade magnifique mais la mise en valeur de ce site naturel exceptionnel est devenue trés récemment une préoccupation majeure des marseillais. Notre association a été l’une des premiéres à informer d’un projet de complexe sportif dans le site des Calanques, classé au niveau national.
La revendication de ce qui sera le premier Parc National peri-urbain, à la fois marin et terrestre, s’est trouvée au cœur des derniéres municipales et les élus de toutes tendances ont pris conscience de l’attachement des marseillais à ces 6000 ha exceptionnels par leurs falaises et l’absence d’urbanisation sur 20 km de façade maritime.
Depuis plusieurs années cependant, la municipalité de Marseille préparait une opération-pilote d’immersion d’un ensemble de récifs artificiels dans la rade entre la côte et les îles du Frioul. Certes ce n’est pas une idée nouvelle puisqu’au Japon, elle date d’un demi-siécle et couvre des milliers d’hectares mais, pour notre pays, c’est la concrétisation d’un programme d’envergure destiné à réhabiliter les herbiers de Posidonies et la faune associée.
A une époque où les enjeux environnementaux sont croissants et font débat, les éoliennes même trouvant des opposants, il faut surtout noter que cette opération ’gagnant-gagnant’ trouve peu de contradicteurs : les pêcheurs professionnels comme les plaisanciers ont vite saisi que ces abris de béton étudiés pour constituer des habitats sous-marins nouveaux sur des fonds sableux allaient être colonisés en quelques années comme partout ailleurs. D’ailleurs ces récifs artificiels seront connectés les uns aux autres et gérés dans une optique de développement durable, avec un coeur interdit à la pêche et réservé à la reproduction.
Pierre JOUVENTIN
Directeur de Recherche au C.N.R.S.
Administrateur de la Ligue ROC