Exemples d'ailleurs

Bangladesh: protéger la biodiversité pour réduire la pauvreté

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La petite île de Saint-Martin, tout au sud du Bangladesh, abrite une riche mosaïque d’espèces vivantes. Sur terre, ses plages de sable fin offrent une aire de nidification vitale pour les tortues de mer, et les forêts qui bordent la côte abritent des myriades d’oiseaux différents. On trouve sous la surface de l’eau un écosystème riche en coraux et une vie marine qui font la réputation du Bangladesh, le pays de l’eau.

C’est cette abondance d’espèces qui fait vivre Saint-Martin.
 
L’île représente par bien des côtés un microcosme qui peut servir pour le Bangladesh : la pression extraordinaire qu’exerce la densité de la population sur les ressources naturelles est évidente à Saint-Martin, tout comme dans le reste du pays. C’est pourquoi le PNUD s’efforce d’aider l’île et le pays à élaborer des stratégies pour atténuer ou empêcher une réduction de la biodiversité.
 
À Saint-Martin et dans d’autres régions du Bangladesh, la biodiversité s’effrite avec la perte irréversible d’espèces, ce qui représente une vraie menace pour les systèmes vitaux dont dépendent tant de créatures, humaines et autres.
 
Les navires touristiques qui, chaque année, amènent des milliers de personnes impatientes d’explorer la remarquable beauté de l’île font aussi pression sur l’environnement à bien des égards. Même s’il est un des piliers économiques de Saint-Martin, le tourisme entraîne un accroissement de la population, du réseau routier et de la construction que ne peut absorber l’écosystème fragile de l’île.
 
Ainsi, la surpêche a grandement réduit les réserves halieutiques et les stocks de poissons ont du mal à se reconstituer, alors même que les pêcheurs voient augmenter la demande pour les produits de la mer. La pêche exerce aussi une pression sur les coraux et endommage souvent de façon irréversible les délicats récifs au fond de l’eau.
 
Il en est de même sur la terre ferme. Avec la demande accrue de terrains, les arbres et les habitats indispensables à la biodiversité disparaissent pour faire place à de nouvelles constructions et à l’extension urbaine.
 
À ces menaces s’ajoutent celles que font peser les changements climatiques. Le Bangladesh, que sa situation expose déjà aux catastrophes naturelles, risque de subir plus que d’autres les impacts du changement climatique, ce qui aggravera la réduction de la biodiversité, car les sources d’eau potable vont diminuer et les écosystèmes se modifier.
 
Pour trouver une solution, le PNUD aide la population et le gouvernement du Bangladesh à trouver un équilibre en matière de développement, afin de préserver la biodiversité tout en encourageant des changements positifs dans la vie des gens. Selon Mamunul H. Khan, de l’équipe du PNUD sur les changements climatiques, l’environnement et les catastrophes, la réduction de la pauvreté est un élément clé dans la lutte contre la dégradation environnementale.
 
Avec des stratégies comme la diversification des moyens de subsistance, les pouvoirs publics et le PNUD encouragent la population à adopter des pratiques fermières et agricoles qui ne nuisent pas à l’environnement et font un meilleur usage des ressources naturelles pour une conservation à long terme. Sans oublier que les stratégies en faveur d’un environnement durable, qui préservent et protègent la biodiversité, représentent également des outils indispensables pour lutter contre la pauvreté !
 
D’après M. Khan, la prochaine étape sera de lancer à l’échelon national des programmes de diversification éprouvés. Pour cela, il faudra acquérir une compréhension approfondie de l’écosystème, au travers d’études et d’enquêtes. Une fois qu’il en aura une connaissance étendue et nuancée, le PNUD collaborera avec le gouvernement du Bangladesh pour créer un plan national de mise en œuvre à long terme.
 
Avec des programmes de diversification probants, la population de Saint-Martin pourra continuer à vivre sur l’île en adoptant un mode de vie durable. Sans oublier que la biodiversité de cette île minuscule de la Baie du Bengale sera préservée pour les générations à venir.
 
Source : ici !
 

La biodiversité urbaine: une nature latente

La biodiversité urbaine est composée d’un ensemble d’espèces communes, souvent étrangères, des “mauvaises herbes” dans un milieu stérile entièrement construits pour les besoins humains. Avouons que cette façon de voir n’invite pas à connaître vraiment cette nature. Nous la supposons sans intérêt. Ainsi qualifiée, c’est très mal parti pour la quantifier!

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On ne s’attend pas à de la “nature” dans notre habitat de “culture”. Pourtant la biodiversité urbaine est réelle et n’est pas intrinsèquement pauvre. C’est notre regard absent, occupé à regarder ailleurs, qui est cause de cette fausse impression. Nous regardons par exemple les milieux naturels et voulons nous assurer de les préserver. Il est alors curieux de constater que nous ne souhaitons pas y voir notre trace: avec nos grands pieds nous sommes une espèce à “conscience coupable”. La réciproque semble vrai: s’il est interdit de trouver traces des humains dans la nature, en contrepartie la “nature” (la biodiversité) chez les humains est invisible parce qu’impossible. Une bien étonnante dichotomie s’est installée entre “notre” monde et  l’autre monde.

Cette “conscience coupable” n’est pas partagée par les végétaux...Les plantes lancent leurs graines urbi et orbi. Si elles trouvent du sol elles s’y déploient. La biodiversité urbaine est-elle pauvre? Pour répondre à cette question faisons une simple expérience: disposons des “pages blanches” pour voir ce qui s’y écrira. Retirons du béton et du bitume, exposons le sol. La végétalisation spontanée de ces surfaces deviendra autant d’habitats de la biodiversité en un mouvement d’auto-complexification et d’enrichissement.

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Le constat d’une faible biodiversité urbaine n’est donc en fait qu’une commode demi-vérité. Nous détenons les clefs et gardons le coffre fermé. Sous les pavés il y a le champ. La biodiversité urbaine est latente. La rareté des habitats que nous lui offrons ne lui permet pas de prendre place. La situation s’inverse facilement: des aménagements en autant d’invitations à la colonisation s’imposent. Poursuivant la métaphore photographique: ce sera le bain révélateur et l’image se développera...

La biodiversité urbaine ne requiert que de l’espace et si cet espace est caractérisé par une diversité morphologique (dénivellations, eau, etc.) l’effet sera meilleur.

Ainsi afin d’augmenter la biodiversité urbaine, voici un plan en trois points:

1- naturaliser les parcs

Les parcs à Montréal pourraient être décrits comme des surfaces planes, gazonnées et plantées d’arbres. Essentiellement ce sont des aménagements verts minimaux faciles à entretenir. De nombreux parcs étaient à l’origine des carrières épuisées, converties en dépotoirs puis en parcs. Dire qu’ils sont pauvres en biodiversité est une évidence. La naturalisation d’une partie de chaque parc ajouterait pourtant à cette trame verte humaine une trame verte pour la biodiversité. Il va sans dire que l’appréciation humaine de ces espaces mixtes serait enrichie par les multiples espèces de plantes, d’insectes et d’oiseaux qui en deviendraient eux aussi des “utilisateurs”.

2- conserver les terrains vagues

Les changements industriels des 40 dernières années ont laissé une chapelet de terrains vagues tout au long des voies ferrées. La valeur foncière de ces terrains est annulée bien souvent par les coûts élevés de leur décontamination ou le temps nécessaire à l’opération (phytorémédiation, par exemple). Hors ce qui ne cadre pas dans les perspectives économiques humaines ordinaires peut bien souvent faire l’affaire de la biodiversité.

Il ne faut pas oublier les occasions présentées par des terrains vagues insérés plus intimement dans la trame urbaine par d’autres processus économiques: édifices démolis en attente spéculative par exemple. Ces terrains vagues ont l’intérêt d’être inscrits dans l’espace résidentiel et offre une opportunité de verdissement localisé stratégiquement. Des services environnementaux de proximité en quelque sorte.

3- convertir les voies ferrées en biocorridor

La mixité d’usages des voies ferrées est déjà une réalité. Végétaux, insectes, oiseaux et mammifères utilisent ces voies de migration et de déplacement. La végétalisation spontanée de chaque côté doit être protégée, encouragée et améliorée. Comme pour les terrains vagues il faut s’assurer de la plantation d’arbustes fruitiers pour l’avifaune ou l’introduction d’espèces favorisant les lépidoptères par exemple.

Ensemble ces trois améliorations/créations d’habitats peuvent avoir un impact positif sur la biodiversité urbaine. Les espaces sans usages ou à la limite de l’utilité pour les humains ne sont pas des déserts. Avec un peu d’attention et certaines interventions ces espaces seraient des ajouts à la mosaïque d’habitats disponibles pour la biodiversité. Singulièrement, à Montréal, cette connectivité augmentée entre les habitats anthropiques “améliorés” peut aussi avoir une effet bénéfique sur les grands espaces plus ou moins naturels en marge de l’île. On déplore souvent en effet qu’ils ne soient connectés, séparés par le désert urbain.

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Des écosystèmes naissants

Évidemment quelques révisions de nos représentations de la nature et du milieu urbain doivent avoir lieu: la mixité biogéographique des espèces n’ayant pas la faveur de tous. Il semble toutefois que nous ne sommes pas les seuls juges de ces nouveaux assemblages écologiques. De nombreuses espèces exotiques ont déjà un rôle écologique précieux: bien des abeilles apprécient ces nouveaux nectars.

Notre regard absent nous prive aussi de la découverte d’un paysage hybride: le résultat du brassage biogéographique de l’anthroposphère. Cette phrase même est trop “anthropocentriste”: nous ne sommes pas les seuls maîtres à bord...nous ne sommes pas les dieux omnipotents que nous croyons! À ce compte nous pouvons faire mieux: retirons-nous un peu et faisons un peu de place, avec modestie, à la biodiversité urbaine. Ces paysages à advenir ne m’effraient pas, ils m’interpellent. Ils sont cette nature nue et vraie de laquelle les humains ne sont pas exclus. Il n’y a jamais eu de paradis terrestre...

C’est donc la paucité des habitats et notre mauvaise foi qui maintient une biodiversité minimale. L’espèce parmi les plus adaptables qui soient (la nôtre!) est celle qui se refuse le plus obstinément de constater l’adaptabilité chez les autres espèces. C’est en fait un orgueil jaloux, à la fois bien dissimulé et aveuglant: reconnaître l’adaptabilité des autres espèces ce serait dissoudre notre illusoire unicité. Pourtant ces espèces communes, indigènes apophytes, rudes rudérales, exotiques menaçantes et quelquefois envahissantes ont beaucoup à nous offrir. D’abord elles tracent littéralement la voie aux autres espèces et nous donnent une pressante leçon.

Avec le monde végétal la règle est assez simple et performante: faites l’habitat et les plantes le trouveront. Il est temps de se faire un adjoint de la flore urbaine et de partager un nouveau nectar avec la biodiversité. Elle se meure d’envie de se (et nous) rendre service.

Par Roger Latour : http://floraurbana.blogspot.com

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La Stratégie canadienne de la biodiversité - Faire notre part

Résumé :

La biodiversité soutient les sociétés humaines écologiquement, économiquement, culturellement et spirituellement. Toutefois, malgré l’importance de la biodiversité, la croissance démographique alliée à l’augmentation de la consommation des ressources entraînement une détérioration des écosystèmes ainsi qu’une diminution du nombre des espèces et de leur diversité génétique. Le déclin de la biodiversité à l’échelle du globe est maintenant reconnu comme un des plus graves problèmes environnementaux auxquels doit faire face l’humanité.

Conscients de l’impact mondial du déclin de la biodiversité, les pays du monde ont égocié la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique. La délégation canadienne a participé activement aux négociations qui ont mené à la Convention ; le Premier ministre l’a signée au Sommet de la Terre en juin 1992 et, en décembre 1992, le Canada devenait le premier pays industrialisé à la ratifier.

Les trois objectifs de la Convention sur la biodiversité sont :

- la conservation de la biodiversité ;
- l’utilisation durable de la biodiversité ;
- le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.

Ces objectifs illustrent la nature et la grande portée de la Convention. En qualité d’instrument général, la Convention fournit à chaque nation la base nécessaire pour évaluer ses efforts actuels afin de conserver la biodiversité et d’utiliser de manière durable les ressources biologiques, et pour déterminer la façon de combler les éventuelles lacunes et de profiter des occasions.

Une des obligations principales des parties qui ont ratifié la Convention consiste à préparer une stratégie nationale. La Stratégie canadienne de la biodiversité est la réponse du Canada à cette obligation ; elle a été élaborée comme guide de la mise en oeuvre de la Convention sur la diversité biologique au Canada. Toutes les orientations stratégiques énoncées dans la Stratégie ont leur raison d’être d’un point de vue national, mais certains éléments peuvent ne pas s’appliquer dans certaines régions. La Stratégie canadienne de la biodiversité reconnaît les responsabilités constitutionnelles et législatives qui existent actuellement, au Canada, face à la biodiversité. Elle insiste également sur l’importance de la coopération intergouvernementale en vue de créer le climat politique, administratif et de recherche requis pour l’avancement de la gestion écologique. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, de concert avec le public et les intervenants, poursuivront les orientations stratégiques fixées dans la Stratégie, suivant leurs politiques, leurs plans, leurs priorités et leurs possibilités financières.

La stratégie canadienne de la biodiversité est téléchargeable au format .pdf ou .rtf à partir de cette page...

 

Pétrole ou biodiversité ? L’Equateur choisit de préserver le parc Yasuni

 


C’est, semble t-il, une première mondiale : Pour préserver l’exceptionnelle biodiversité du Parc Yasuni, le président de la République de l’Equateur, l’économiste Rafael Correa, renonce aux ressources pétrolière que ce parc renferme.

 

Vous pouvez lire ci-après son discours devant l’assemblée générale des Nations Unies le 24 septembre 2007.

Discours du Président de la République de l’Equateur, l’économiste Rafael Correa

Dialogue de haut niveau sur le changement climatique de la 62ème assemblée générale des Nations Unies

New York, le 24 septembre 2007

Monsieur le Président, Excellences :

Permettez-moi pour commencer, d’exprimer au nom du peuple de l’Equateur et de mon Gouvernement, notre satisfaction pour la réalisation de ce Dialogue de Haut Niveau sur le Changement climatique, et de souhaiter le meilleur des succès à tous les Etats Membres pour les conclusions qui seront adoptées au cours de cette rencontre si importante.

Le Dialogue qui nous réunit aujourd’hui est un signal clair que le changement climatique a cessé d’être une préoccupation d’initiés, pour devenir une préoccupation au plus haut niveau politique. Dans ce contexte, notre engagement pour contrer le changement climatique nous oblige à une réflexion sur le modèle actuel de développement.

Le changement climatique n’a pas de frontières ; cependant il faut souligner que sa distribution et ses impacts sont inéquitables. Tandis qu’un citoyen moyen des Etats-Unis génère 6 tonnes de carbone par an, ou un européen moyen environ 3 tonnes par an, la moyenne mondiale des émissions de carbone par personne est d’environ 1,3 tonnes annuelles, avec une grande asymétrie. Une réalité qui établit clairement où sont les plus importantes responsabilités dans l’atteinte à l’environnement et à la vie sur la planète.

Cette exposition des faits ne prétend pas ignorer les émissions croissantes de quelques pays en voie de développement, [1] mais de mettre en évidence que le modèle actuel de croissance, basé sur l’utilisation intensive des combustibles fossiles et dans la consommation excessive, est un modèle non durable, qui ne bénéficie qu’à une minorité "privilégiée" de la société moderne, mais qui nous affecte tous énormément.

Durante les dernières années, les désastres climatiques ont coûté la vie à plus de 3 millions de personnes dans le monde, ont affecté à 800 millions d’autres, avec des dommages immédiats qui dépassent les 23 milliards de dollars. De ces dommages, 90% se sont produit dans les pays en voie de développement.

Monsieur le Président,

L’Equateur est un pays marginal en termes d’émissions (moins de 1% du total mondial), mais dans lequel les conséquences du changement climatique pourraient occasionner la transformation graduelle des forêts tropicales par des savanes ; le remplacement de la végétation semi-aride par la végétation aride ; une perte significative de la biodiversité ; le recul des glaciers et des changements dans le régime de précipitations avec des impacts potentiels sur la disponibilité de l’eau pour la consommation humaine.

Les mesures d’adaptation au changement climatique supposent une forte charge pour le budget des pays en développement, qui pourraient atteindre 40 milliards de dollars, selon les études de la Banque Mondiale. Nous n’avons pas besoin de crédits pour l’adaptation, qui augmenteraient le poids de la dette externe. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une compensation pour les dommages causés par la quantité d’émissions disproportionnée, tant historique qu’actuelle, des pays industrialisés. En d’autres termes, l’inéquité dans l’origine et la répartition des effets du changement global ne peuvent passer inaperçus dans ce débat sur le changement climatique.

Cependant, l’Equateur est disposé à de grands sacrifices, avec justice et créativité, pour contrer le réchauffement global. L’initiative du gouvernement équatorien de maintenir le pétrole du champ pétrolier ITT dans le sous-sol, - réserve qui se trouve dans une zone écologique hautement sensible appelée Yasuní -, signifie l’engagement de ne pas exploiter les près de 920 millions de barils de pétrole et, de cette façon, de conserver une des régions renfermant la plus grande biodiversité du monde. Cependant, cela impliquera de cesser de recevoir d’énormes investissements et près de 720 millions de dollars par an, quantité significative pour un petit pays de 13 millions d’habitants et près de 6 millions de pauvres. Nous sommes disposés à faire cet immense sacrifice, mais nous exigeons la co-responsabilité de la communauté internationale et une compensation minime pour le bien-être environnemental que nous générons, et duquel bénéficie toute la planète.

Le modèle Yasuní-ITT, impulsé par le gouvernement équatorien, évitera l’émission de 111 millions de tonnes de carbone provenant de la combustion du pétrole. Le coût d’opportunité pour l’Equateur de ne pas exploiter le pétrole est d’au moins 10 à 15 dollars par baril. Cependant, l’Equateur demande au reste de l’Humanité une contribution de seulement 5 dollars par baril, pour conserver la biodiversité, protéger les peuples indigènes en isolement volontaire qui habitent là-bas et éviter les émissions de dioxyde de carbone. Le total de la compensation sollicitée auprès du reste de l’Humanité est d’environ 4,6 milliards de dollars. Cela serait un extraordinaire exemple d’action collective mondiale pour réduire le réchauffement global, pour le bénéfice de toute la planète.

Monsieur le Président,

Notre proposition prévoit de plus la création d’un Fond Fiduciaire Yasuní-ITT, dans le cadre du Plan National de Développement, qui inclut, entre autres, la diversification des sources d’énergie, le développement de capacités et d’investissements en éco-tourisme, et l’application d’un agenda intégral qui comprend la santé, l’éducation, et la réhabilitation environnementale.

En plus du soutien technique et économique, la proposition équatorienne cherche à transformer les vieilles conceptions de l’économie et le concept de valeur. Dans le système de marché l’unique valeur possible est la valeur de change, le prix. Le projet Yasuní-ITT se base surtout sur la reconnaissance des valeurs d’usage et de service, des valeurs non financières de la sécurité environnementale et du maintien de la diversité planétaire. Il s’agit d’inaugurer une nouvelle logique économique pour le XXIème siècle, dans lequel on compenserait la génération de valeur, et pas seulement la génération de marchandises.

Pour la première fois un pays pétrolier, l’Equateur, où un tiers des ressources de l’Etat dépend de l’exploitation de cette ressource, renonce à ces revenus pour le bien-être de toute l’humanité et invite le monde à se joindre à cet effort à travers une juste compensation, pour qu’ensemble nous asseyions les bases d’une civilisation plus humaine et plus juste.

Merci beaucoup.

[1] L’asymétrie se constate en rapportant les émissions à la population des pays (per capita). Valeurs approximatives basées sur le AR4 IPCC IIIWG Technical summary : pays Annexe I : 4,2 tCO2eq/cap ; pays Annexe I : 16,1 tCO2eq ; Etats-Unis : plus de 25 tCO2 eq/cap ; Union Européenne : environ 14 tCO2 eq/cap ; Amérique Latine et Caraïbes (en moyenne) : environ 7 - 8 t CO2 eq/cap ; Asie du Sud (inclut l’Inde) : 2-3 tCO2 eq/cap). Noter qu’une tonne de carbone = 3.7 tonnes de CO2.

 

Luxembourg : une nouvelle brochure sur la biodiversité et la gestion forestière

En date du 2 octobre 2007, le ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, Fernand Boden, a présenté une nouvelle brochure portant le titre "Biodiversité et gestion forestière", en présence de Jean-Jacques Erasmy, directeur de l’Administration des eaux et forêts, et Hubert de Schorlemer, président du Groupement des sylviculteurs.

Biodiversité et gestion forestièreCette brochure a été réalisée par le Groupement des sylviculteurs dans le cadre du programme Interreg IIIB "Proholz-Probois" avec le soutien du ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, de l’Administration des eaux et forêts et de l’Union européenne.

Le but de ce guide est de sensibiliser les propriétaires forestiers à la biodiversité en forêt. En offrant des solutions concrètes et faciles à mettre en place, la brochure s’adresse en particulier aux propriétaires forestiers privés et leur montre comment augmenter la biodiversité en forêt.

"La forêt constitue un important réservoir pour la biodiversité et un refuge pour de nombreuses espèces animales et végétales", a déclaré Fernand Boden lors de la présentation, avant d’ajouter qu’ "il est primordial de conserver la forêt et sa biodiversité. Dans une optique du développement durable, une exploitation écologique des forêts permet de trouver un équilibre entre la production d’un matériel naturel, qui est le bois, et la conservation du patrimoine forestier pour les générations à venir."

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Photos : Michel Lamarche FindNature.com
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Texte : Hubert Reeves

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