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La biodiversité, notre assurance vie, va mal
La biodiversité, c’est la vie et son fonctionnement. L’humain en fait partie et en dépend. Chaque jour, nous profitons de ce que nous offre la biodiversité, tissu vivant de la planète, notre « assurance-vie ». Or, la biodiversité est en régression, les constats scientifiques sont clairs et sans appel. Il faut donc inverser la tendance, mais comment agir ?
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Les réseaux écologiques, une réponse indispensable
A la base, une politique de protection de la nature pouvait se permettre de s'appuyer sur des morceaux de nature remarquable protégés, par-ci et par-là , et qui faisaient office de « réservoirs », tels les parcs nationaux, les réserves naturelles etc.
Mais dans le contexte actuel d'une biodiversité en voie de régression massive du fait de la réduction des surfaces non bâties (l’équivalent d’un département disparaît sous le bitume tous les 10 ans), de la pollution, de la surexploitation des ressources, de la dégradation des milieux… la préservation de fragments de nature isolés dans l'espace, si elle reste nécessaire est insuffisante. Au milieu d’une « matrice » hostile, on ne peut se contenter de protéger tels ou tels milieux remarquables sans lien avec les autres.
En effet, la biodiversité est faite d’interrelation, entre les espèces, entre les espèces et les milieux… Ces interrelations permettent la résistance d’un milieu donné à une agression, à un changement, elles permettent aux écosystèmes de fonctionner. Sans ces interrelations, la vie ne perdurerait pas depuis des millions d’années et elle ne sera pas capable de s’adapter pour durer encore et préparer l’avenir, le nôtre compris.
Or fragmenter, isoler les milieux et les populations d’espèces qui y vivent, c’est réduire les interrelations.
On voit bien dès lors la nécessité de retisser la trame du vivant, la nécessité de relier les milieux, la nécessité de permettre aux espèces de se déplacer. Il faut « penser réseaux et continuités écologiques » : c’est tout l’enjeu de cet ambitieux projet de Trame Verte et Bleue.

Il y a continuités et continuités
Pour un oiseau d’eau migrateur, la continuité peut s’entendre par le maintien ou la reconstitution de zones humides de loin en loin le long du littoral du nord au sud. Pour un insecte pollinisateur, la continuité peut correspondre à un ensemble d’espaces sans pesticide ni insecticide. Pour un petit mammifère, une simple succession de haies suffira. Pour la grande faune, un couvert forestier ou de prés de façon continue sur de grandes distances est nécessaire (on peut là parler de corridors). Pour une plante, il va s’agir de maintenir des milieux favorables. Des batraciens auront, quant à eux, besoin d’un réseau de mares, etc…
Au final, la TVB doit être la résultante de multiples (re)constitutions partout, de continuités « fines », constituées de milieux favorables indispensables (les zones noyaux) et de ce qui permet d’assurer des connexions. On parle de la trame des landes, de la trame littorale, de celle des vieilles forêts et bocage, de la trame des milieux agricoles extensifs, de la trame des cours d’eau et milieux associés etc. L’objectif c’est de maintenir et même d’augmenter les espaces favorables à la biodiversité et leurs liaisons. en se rappelant que l’important c’est d’éviter l’irréversible : quand une tourbière disparaît sous un parking ou une pelouse sèche sous un lotissement, c’est pour toujours !
Concrètement comment faire ?
Si l’on veut que la TVB existe, il faudra qu’en dernière étape les documents d’urbanisme (le PLU des communes, ou le SCOT d’un groupement de communes par exemple) aient parmi leurs objectifs le respect des continuités écologiques. C’est-à -dire que lors des choix d’aménagement du territoire, il faudra définir les zones contribuant à la TVB.
Par exemple dans une commune rurale des haies devront être maintenues et relier des bosquets, des mares conservées, des prairies d’élevage extensif également. Une entreprise devra s’engager à conserver la pelouse sèche à orchidée qui est dans son terrain et l’ouverture d’une nouvelle zone à urbaniser sera déplacée pour ne pas faire disparaître un verger ancien, refuge pour de nombreuses espèces.
Par exemple lors de l’élaboration d’une nouvelle ligne TGV, des zones devront être exclues car trop importante pour les continuités écologiques, tandis qu’ailleurs les travaux de réalisation devront prévoir des passages à faune. Des projets de route devront être abandonnés s’ils font disparaître irrémédiablement un milieu ou une espèce (par exemple le grand contournement de strasbourg ne peut conduire à la disparition des derniers hamsters sauvages).
La TVB n’est pas un outil de protection de plus, elle est un outil d’aménagement du territoire qui doit permettre la prise en compte de la nature sur l’ensemble du territoire.
Associer tout le monde
Pour que cette ambition réussisse il convient de mobiliser tous les acteurs, les élus, les agriculteurs, les forestiers, les entreprises mais aussi les populations locales. c’est d’autant plus vrai dans un pays comme le notre ou les dynamiques naturelles sont liés aux dynamiques de la société (nous n’avons plus de grands espaces « sauvages »). Comme le dit Robert Barbault du Muséum National d’Histoires Naturelles « Faire la trame verte et bleue c’est renouer les réseaux du vivant pour que la nature fonctionne mais c’est aussi dans les territoires, renouer les liens sociaux autour de la nature qui nous est indispensable »
Extrait d’un article paru dans l’Echo de la Ligue ROC.

